Le PLD, ou la bolossitude en politique réelle

Présidentielle — Article écrit par le 5 mai 2012 à 11 h 41 min

Je voulais n’en faire qu’une brève d’info, mais c’est une trop morale parabole pour passer si vite dessus. Et c’est trop tentant aussi.

Donc le Parti Libéral Démocrate a soutenu Bayrou. En nous expliquant assez filandreusement que c’était le bon choix parce que Bayrou proposait de n’augmenter les impôts qu’en proportion des baisses de dépenses. Imposer plus pour rendre encore moins que les socialistes, c’était une position que des libéraux n’avaient pas encore soutenue, je crois.

Puis le PLD nous a expliqué après le premier tour qu’il fallait voter Sarkozy au 2e tour. Soit voter au 2e tour pour celui sur qui son candidat du premier tour n’avait pas arrêté de taper à tour de bras, sans proportion avec ses critiques de la gauche socialiste ou communiste.

On peut certes faire des choses comme ça en politique. Par exemple quand on s’appelle Staline, qu’on signe le pacte germano-soviétique puis qu’on explique que l’Allemagne, d’alliée est devenue ennemie, le parti suit. Sans broncher. Il faut juste s’appeler Staline et avoir le NKVD pour faire serrer les rangs…

Puis Bayrou, dont j’incline à penser que, vexé de sa petite prestation, il a juste voulu faire parler de lui et être au centre de la vie politique pendant trois jours, choisit Hollande.

Et le PLD nous gratifie donc d’un joli communiqué tout adorné de courbes et de sinuosités :

Le Parti Libéral Démocrate prend acte de la décision de François Bayrou de voter à titre personnel pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle. Bien que ce choix intime ne soit pas une consigne de vote destinée aux électeurs, c’est un signal fort qui aura des conséquences importantes pour le centre de notre échiquier politique. Nous avons défendu la candidature et les thèmes de campagne de François Bayrou jusqu’au premier tour parce que ses thèmes étaient justes. Son choix du second tour nous apparait contradictoire avec sa volonté affichée d’assainir la situation financière de la France et d’engager des réformes de compétitivité.

Il prend acte ? effectivement on ne voit pas bien ce qu’il pourrait faire d’autre, puisque son soutien n’était si j’ai bien compris qu’un soutien inconditionnel, d’enthousiasme, n’était assorti d’aucune espèce de garantie fondée sur un réel rapport de force — et pour cause.

Le choix intime est un signal fort bien qu’il ne soit pas une consigne de vote ? Bah oui. C’est précisément pour profiter de cette ambiguïté fondamentale qu’on dit qu’on ne donne pas de consigne, mais qu’à titre personnel et patin et couffin…

Puis le PLD se voit acculé à expliquer qu’il a cru à des paroles verbales, en toute sincérité et candeur, et qu’il n’avait visiblement fait aucun calcul réellement politique dans son soutien à Bayrou. Ce qui pour un parti politique, justement, est un peu dommage. Avouer avoir fait un mauvais calcul serait plus honorable que cette espèce de nullité vide.

Car arrivés à ce point d’aveux, on attendrait une sorte de mea culpa. Ou, pour ne pas sortir de la politique froide, une leçon pour l’avenir. Une sorte de conclusion, ne serait-ce que pour éviter aux déjà rares électeurs du PLD de la tirer eux-mêmes, eux qui risquent sans doute de la tirer sévèrement.

Même pas.

Au lieu de cela, on a droit à un deuxième paragraphe de contorsions impuissantes :

Le PLD ne s’est jamais privé de critiquer les errements graves de la politique menée par Nicolas Sarkozy. C’est notamment le cas avec la menace de fermer les frontières, le recul de nos libertés ou la multiplication de nouveaux impôts. Pour autant, nous nous opposons encore plus fermement à la politique économique irresponsable proposée par François Hollande consistant à poursuivre la course effrénée de la dépense publique, sans remise en question et sans réformes structurelles.

Est-ce donc une bonne manière de soutenir un candidat que d’expliquer qu’on vote pour lui en ayant toujours « critiqué [ses] errement graves » ? Nul doute qu’un tel soutien sera efficace, et même vaudra au PLD, en cas de victoire qu’on dit improbable de Nicolas Sarkozy, l’attention du chef de l’État réélu. Nul doute qu’il verrait dans le PLD un soutien si ferme qu’il le favoriserait de quelque manière pour aider à le faire croître.

La menace de fermer les frontières ? Ah oui, ça manquait ça, attaquer précisément l’argument le plus efficace du candidat que l’on soutient. Et au nom de quoi ? au nom de l’éternelle et désespérante petite ritournelle immigrationniste de ces micro-milieux libéraux qui ressentent perpétuellement le besoin de se dédouaner par là. « On veut moins d’impôts, mais attention, hein, on est fréquentables, la preuve on veut plus d’Africains qui nous apportent tant de diversitude bienfaisante et de richesse culturelle. »

« Excusez-nous de nos idées, hein, tenez, on vous donne notre smartphone en échange. S’il vous plaît nous tapez pas. » Les boloss du PLD dans toute leur splendeur.

Et ils finissent en nous expliquant finalement qu’ils renvoient les deux candidats dos à dos, mais qu’ils voteront quand même pour l’un des deux.

Ajoutons pour faire bonne mesure qu’en l’absence semble-t-il de tout accord formel avec le Modem, chaque voix que le PLD aura apportée à Bayrou lui ira sous forme de financement politique pour soutenir Hollande à l’avenir. Et manquera pour soutenir le développement propre du PLD. La somme il est vrai ne doit pas monter bien haut, mais ça reste cocasse pour des libéraux formées en école de commerce de se faire faire comme ça les poches par le matois centriste qui met volontiers en avant son bon sens paysan.

Peut-être nos bons Libéraux-Démocratistes devraient-ils se faire donner quelques leçons de marketing et d’économie de marché.

Donnons-leur trois piste :

  1. vendre un produit dont personne ne veut est problématique ;
  2. prétendre le faire en vantant la concurrence ou en dénigrant son propre produit n’est guère avisé ;
  3. vendre de la lessive en promettant qu’on pourra laisser un flot de boue entrer dans la machine à laver tant elle lave plus blanc avec cette lessive-là ne convaincra jamais personne.
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    13 commentaires

  • Cherea dit :

    un mec de gauche qui va à droite c’est un traître (besson, Kouchner…)

    un mec de droite qui va à gauche c’est du courage (Bayrou.)

  • Gil dit :

    « On veut moins d’impôts, mais attention, hein, on est fréquentables, la preuve on veut plus d’Africains qui nous apportent tant de diversitude bienfaisante et de richesse culturelle. »

    Je ne suis même pas sûr que ça ne soit pas sincère (bon, connais pas vraiment les gars du PLD, mais souvenir de libéraux-libertariens frankaouis bien co…, pardon, bien angéliques)…

    • Nicolas dit :

      Bien sûr que c’est sincère. Ils veulent sincèrement se dédouaner de l’image qui leur est renvoyée d’eux-mêmes : salauds de droite égoïstes qui boivent le sang des ouvriers qui restent et des intermiteux du spectacle. La sincérité ne les excuse pas, et même moins que d’autres, eux qui devraient mettre en avant la vertu d’égoïsme.

    • Gil dit :

      Ah non, bien sûr que ça ne les excuse pas, je pense même que c’est pire :)

      Et ce que je voulais dire, c’est qu’il y en a qui croient sincèrement aux vertus de l’immigration.

      • kobus van cleef dit :

        j’ai du mal à croire que quelqu’un de sensé puisse sincèrement croire aux vertus de l’immigration

        sauf dans mon quartché

        mais ils sont tous hypradiplômés du service public

        c’est vous dire

        ceci posé , les logements sociaux les font pas rire non plus

        heureusement c’est au bas de la pente que ça se situe
        , les n’haîgres et les pauvres
        et les clodos aussi

        ma mère est un peu pareil ( la sainte femme), elle habite le 16ème , professe un racisme somme toute recevable ( mais que c’est crasseux , l’europe de l’est, jamais rien vu d’aussi crasseux) ,et prétend porter bayrou dans son coeur , car tu comprends « c’est un littéraire, avec lui les profs se sentaient bien »

        je lui rétorque que effectivement, ils se sentaient tellement bien qu’ils ont jamais fait grève , c’est donc qu’il leur a tout lâché , carrières, rénumérations , visibilité médiatique et que c’était pas les profs qui décidaient ou non de la grève mais les leaders syndicaux

        exclusivement

        incompréhension

        explications
        « as tu déjà , en tant que prof , fait grève une fois, une seule ? »
        « ben non »
        « as tu déjà été encartée une fois une seule dans un quelconque syndicat? »
        « ben non »

        voilà

        les profs , en eux même n’ont aucune importance

        c’est la masse qui en a

        et la masse est dirigée par un aparatchik , qui décide , seul , du sort des élèves ( une semaine ou un mois de grève …ceci dit ….au vu des conneries qu’on leur fait ingurgiter….ça fait pas une différence monstrueuse….étonnons nous que ce sujet , celui du bourrage de crâne de la marmaille n’ai pas été abordé durant la campagne)de la rénumération de ses mandants ( une semaine ou un mois sans bosser c’est parfois lourd et il est finit le temps béni où les ministres payaient les jours de grève sans rechigner….d’ailleurs mailly l’avait dit « le gouvernement nous frappe au porte-monnaie » lorsque la réformette des retraites a eu raison des ballades à pied dans les centre-ville)et , en somme , de la valeur de l’enseignement en vronze ( que penser d’une école en grève un mois par an? une école dont l’enfant est au centre des soucis mais où on le fait défiler comme de la chair à canon, de la piétaille napoléonienne ?une école dont les programmes et les heures de cours sont délirants à la fois dans leur volume et dans leur énoncé?)

        on pourrait reparler de la valeur de l’enseignement en vronze , mais je crois que c’est pas encore le moment

  • NOURATIN dit :

    Le L du milieu est de trop.
    De toute façon tous ces faux culs de centristes ventre mou nous empoisonnent
    depuis quarante ans avec leur façon d’empêcher la droite de conduire une politique de droite. Chaque fois, c’est pareil, ce sont eux et personne d’autre
    qui nous mettent dans le pétrin.

  • Lama1983 dit :

    Le PLD s’est suicidé en rejoignant Borloo
    De toute façon, la France est foutue… grâce aux médias, à l’éducation nationale, aux politiques qui n’y connaissent rien.
    Si vous y croyez encore, rendez vous sur mon blog http://bougerlafrance.kazeo.com/

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