Archives pour décembre 2011


Varsovie

Actu, Culture, Musique — Article écrit par le 31 décembre 2011 à 19 h 08 min

Comme d’habitude, je finis mon année ilysienne avec Varsovie, et comme les autres 31 décembre, il est rigoureusement interdit de se laisser aller à la moindre critique négative, parce qu’on ne critique pas les copains d’XP.
Même pas en rêve.


12 filles pour 2012

Ilys girls — Article écrit par le 31 décembre 2011 à 18 h 30 min

J’aurais essayé, pour la nouvelle année, de faire plaisir à tous les goûts avec les miens. C’est bien le maximum que je puisse faire. J’aurais bien dans l’idée de traiter de pute une ou deux jolies étudiantes venant commenter sur le site afin de mieux les choper ensuite, mais il n’y a aucune étudiante sur ILYS. Et je ne suis même pas payé.

A se demander pourquoi je participe.

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12 mesures que Bidou ne prendra pas une fois élu

Politique, Présidentielle — Article écrit par le 31 décembre 2011 à 9 h 49 min

Car Bidou ne sera ni élu ni même candidat : nos lecteurs fidèles s’en souviennent, voilà 5 ans, le Conseil constitutionnel avait répondu avec effronterie : « allez vous faire lanlère avec votre peluche trop douce » à nos demandes de non-discrimination des minorités visibles furry. Le portrait de Bidou avait même été diffusé aux policiers avinés de garde rue de Valois afin de ne pas le laisser entrer s’il s’y présentait.

Il y a des moments comme ça où l’on mesure mieux ce que nos institutions ont de comique, par exemple quand on compare le CC avec la Cour de Karlsruhe ou la Cour suprême des États-Unis. Chez nous, c’est une bande de vieux complètement incompétents — dans une discipline d’ailleurs grotesque qui s’appelle le droit constitutionnel — placés là par leurs copains pour avoir une retraite dorée. « Tu parles de sages de mon cul » avait sobrement commenté Bidou à l’époque, avant de partir pour la clandestinité dans le maquis jurassien, traqué par les sbires du calamiteux Jean-Louis Debré qui n’avait pas apprécié qu’on traite ainsi sa haute juridiction, poil au conseil-croupion.

Quelles sont donc les 12 mesures que ne pourra pas prendre Bidou dans les 12 premiers jours de son quinquenat qui n’aura pas lieu ?

1er jour. L’Euro et le monde

Suppression de l’Euro et son remplacement provisoire à 1 pour 1 par le Franc-Bidou, dénonciation des traités européens sur la monnaie unique, retour à l’Acte unique européen, conférence bancaire nationale afin d’adopter le paiement en or pour succéder au Franc-Bidou provisoire. Les prix seront exprimés en poids d’or, chacun ayant en banque un certain poids d’or dont seule la propriété est transférée lors de paiements électroniques. « Comme les démagogues qui me succéderont ne pourront pas imprimer d’or, ils seront bien attrapés » est la conclusion de Bidou lors de son allocution télévisée du premier jour sur l’Euro.
« La France n’a pas d’amis dans le monde, elle n’y a que des intérêts ; en Europe elle ne reconnait que les États, les fonctionnaires européens doivent obéir, un point c’est tout » déclare en outre Bidou au Quai d’Orsay lors d’un grand discours où il annonce aussi que les fonctionnaires européens seront tous soumis à la taxe unique qu’il prévoit d’instaurer, cette taxe étant dans leur cas déduite de la participation française au budget de l’UE. Voyant que tout cela est fort bon, même si ça va prendre un certain temps à se mettre en place, Bidou va ensuite se coucher. Il se relève dans la nuit pour signer un décret qui constate par avance la nullité de toutes dispositions internationales qui seraient contraires aux lois et décrets pris à partir de dorénavant. Na.

2e jour. Réforme fiscale

Suppression immédiate de tous les impôts et taxes nationaux au profit d’une taxe unique de 6,66% sur tous les revenus et plus-values, sans exception ni niches fiscales. « Le fisc c’est le diable, c’est comme ça que j’ai décidé en prenant conseil d’un rabbin expert en guematria, vous pouvez donc avoir confiance, mes chers compatriotes » précise Bidou au JT de Jean-Pierre Pernaut qui est confirmé dans ses fonctions. Le taux d’imposition est inscrit dans la constitution et quiconque propose de l’augmenter est passible de 5 ans de prison au moins.

3e jour. Réforme des collectivités locales

Les communes et les provinces d’ancien régime reconstituées seront les seules collectivités locales. Tout le reste est supprimé au profit de conseils intercommunaux d’élus municipaux se tenant le soir à partir de 19 heures, les indemnités d’élu local sont supprimées : « S’ils ont un métier, qu’ils le fassent la journée et en vivent » déclare Bidou devant l’Association des maires de France. (La Loire-Atlantique est rattachée à la Bretagne.) Le taux des impôts locaux sera réduit de moitié par rapport au taux actuel, le droit de voter des impôts locaux ou leur augmentation est soumis à référendum municipal ou régional avec un seuil de 80% d’approbation. Le référendum local peut aussi être engagé sur demande de 10% des électeurs pour virer à la majorité simple n’importe quel élu local séance tenante. Voyant que décidément tout cela est bien engagé, Bidou va se coucher en notant dans son carnet de penser à régler le sort des fonctionnaires, il y a un soir, il y a un matin.

4e jour. Réforme de la justice

La peine de mort par guillotine sera rétablie ; Robert Badinter est placé en résidence surveillée à Saint-Pierre-et-Miquelon, ses biens personnels sont confisqués pour être symboliquement redistribués aux familles des gens assassinés depuis 1981. Tout crime accompagné de violences devient passible de la peine de mort. Des peines plancher pour tous les crimes et délits encadreront désormais la capacité d’appréciation des magistrats, qui ne pourra plus s’exercer qu’en aggravant les peines plancher. Le parquet est définitivement déclaré à la botte du gouvernement. « Vous comprenez, sinon, ces gens de justice, on leur donne ça, ils vous prennent ça… » déclare Bidou avec sagesse en présentant ces mesures sur Twitter, ce que le CSM flétrit comme un manque de considération pour la dignité de l’autorité judiciaire. « Ranafout ! », répond Bidou sur Twitter.

5e jour. Lois du rétablissement des libertés et petits plaisirs

Par modification de la constitution où sera inscrit le principe de la liberté d’opinion complète et entière, les lois Pleven-Gayssot-Fabius-Aubry-Lellouche sont de fait vidées de toute force. « On les garde quand même pour faire honte à leurs auteurs » déclare Bidou. Les lois contre le tabac, l’alcool, les sucres, les graisses, les putes et toutes ces bêtises prohibitionnistes sont abrogées. Les maisons closes sont rouvertes. « Faut bien occuper le peuple sinon ils vont gueuler et on va perdre du temps » déclare laconiquement Bidou en faisant un clin d’œil à son ami D.S.K. qu’il a nommé Secrétaire général de l’Élysée.

6e jour. Loi sur les armes

Tout citoyen honnête doit pouvoir posséder autant d’armes à feu qu’il veut, sans aucune restriction autre que pour les armes de destruction massive. Toutes les lois et règlements limitatifs dans ce domaine sont abrogés. Seuls les auteurs de crimes violents peuvent se voir retirer ce droit après une procédure longue et susceptible de multiples appels, toutefois non suspensifs. Le maniement de base des armes sera enseigné à l’école pour éviter les accidents et parce qu’un peuple libre, etc.

7e jour.

Comme Bidou prend son rôle à cœur, il ne se repose pas le 7e jour. Sans désemparer, il supprime le statut de la fonction publique : les fonctionnaires, tant nationaux que territoriaux, retombent dans le droit commun des contrats, qui est par ailleurs largement libéralisé. Seules exceptions provisoires : les policiers, gendarmes, militaires et magistrats. L’éducation nationale sera démantelée et progressivement supprimée par privatisation : « Ce qui est gratuit ne vaut rien, s’ils veulent avoir des enfants, qu’ils payent leur éducation » déclare Bidou avec un bon sens tout confucéen. Les allocations familiales – fort réduites – sont renversées : on n’en touche que pour les deux premiers enfants, « après c’est un choix qu’on doit assumer » explique Bidou devant la fédération des familles catholiques réunie à Bordeaux, où son discours est sifflé. « Ah les cons ! » déclare Bidou en atterrissant au Bourget.

8e jour. Suppression de la sécurité sociale

Une assurance maladie a minima est imposée pour que personne ne soit à la charge des autres en cas d’urgence ou de maladie grave, mais le choix de l’assureur et des garanties supplémentaires est libre. L’assurance vieillesse sera elle aussi privatisée sur le modèle chilien. Bidou l’annonce au siège d’Axa, qui offre le champagne. Pendant ce temps, la police ferme l’URSSAF de Seine-Saint-Denis à coups de gaz lacrymogènes car François Hollande s’y est enfermé en appelant à la résistance et a fait apposer un grand portrait de Salvador Allende sur la façade.

9e jour. Droit du travail

Bidou annonce la réforme du code du travail, qui devra désormais tenir en cinq feuillets. « Le SMIC, qui n’est qu’une interdiction de travailler en dessous d’un certain tarif arbitraire, est supprimé » déclare en particulier Bidou. Les inspecteurs du travail sont licenciés sans indemnité ni retraite et sont privés de dessert pour le restant de leurs jours.

10e jour : L’immigration

L’ensemble de la politique d’immigration est revue : presque aucune naturalisation ne sera plus accordée, le droit d’asile ne sera plus accordé qu’exceptionnellement, le droit du sang interprété de façon très restrictive remplace le droit du sol. Chaque TGI doit réunir en permanence une commission de dénaturalisation qui aura à connaître de tous les délinquants et criminels dont les ascendants sont entrés en France après le 1er juillet 1950. Les inexpulsables sont parqués dans le Massif central dans des camps de rétention où ils n’ont que le minimum de nourriture et de soins jusqu’à ce qu’ils avouent d’où ils viennent pour y être expulsés de leur plein gré. Les clandestins n’ont plus aucun droit, ils ne seront soignés qu’en cas d’urgence vitale et avant expulsion, les frais seront réclamés à leur pays d’origine ou une fois par an soustraits des budgets par lesquels la France contribue aux différents organismes internationaux. (Par décret présidentiel les jeunes femmes asiatiques et d’Europe de l’est venues travailler ne sont pas concernées par ces limitations, car elles sont assimilées à des biens d’importation en vertu des décisions du 5e jour.)

11e jour. Droit opposable à l’orgasme

Conformément à ses promesses de campagne de 2007, Bidou institue le droit opposable à l’orgasme. « Je tiens les promesses, même celles des autres » déclare-t-il à cette occasion, au grand effroi des derniers gauchistes bien pensants qui hurlent au pétainisme et expriment cet effroi dans leur fanzine polycopié, Libération (les aides à la presse ont été supprimées dès le premier jour avec la majorité des autres subventions, par décret, comme trop dispendieuses).

12e jour.

La flat tax de 6,66% n’est pas applicable aux investissements ou dépôts faits par des étrangers non-résidents, qui sont exemptés d’impôts, peuvent créer comptes bancaires et sociétés offshore de manière très libérale. Tracfin n’a plus à connaître des sommes qui rentrent dans notre pays. « Je n’ai jamais compris pourquoi personne n’y a pensé avant, à faire de notre beau pays un paradis fiscal » déclare Bidou lors d’une visite à la chambre de commerce franco-monégasque où il est applaudi avec ferveur.

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12 stratégies pour éviter de se faire tondre en 2012

Economie — Article écrit par le 30 décembre 2011 à 16 h 03 min

1/ Plus de dettes que de liquidités tu auras. Attendu que les États détiennent le monopole de la violence, qu’ils sont endettés et qu’ils disposent d’une technologie – la « planche à billet » – qui leur permet d’imprimer autant d’euros qu’ils le souhaitent, tu veilleras soigneusement à rester du bon coté un fusil en évitant de détenir du papier-monnaie mais en en devant le plus possible aux autres. Parce que tu sais, Ô lecteur avisé, qu’il vaut mieux voir fondre la valeur de ses dettes que celle de son épargne.

2/ Des actions tu achèteras. Règle numéro 1 des investissements en actions : « acheter au son du canon et vendre au son du clairon. » Il ne t’aura pas échappé, Ô lecteur aux oreilles de lynx, que c’est bien le bruit de la poudre et l’odeur du salpêtre qui dominent l’actualité. Par ailleurs, si les actions ont ceci de commun avec les obligations qu’elles génèrent des revenus, elles ont en revanche ceci de différent qu’elles génèrent des revenus variables. L’inflation qui pointe le bout de son groin à l’horizon te suggère donc avec insistance de privilégier les premières par rapport aux secondes. Les actions, tu vas donc les acheter et voici quelques suggestions pour te guider dans tes emplettes.

3/ Les actions américaines tu préfèreras ; si le pays d’Oncle Sam n’a pas brillé par sa clairvoyance ces dernières années, le citoyen étasunien moyen reste globalement plus compétent en matière économique que nous autres, habitants de la vieille Europe. Ainsi donc, tu as quelques bonnes raisons de penser que le gouvernement des États-Unis sera moins prompt à saborder son économie que les clowns à roulettes (copyright h16) qui nous gouvernent. C’est donc outre Atlantique que tu feras ton marché.

4/ Les financières et les pétrolières tu privilégieras. Tu feras ça précisément parce que ton cerveau reptilien te dit de n’en rien faire (rappel de la règle numéro 1) et parce que toi, Ô lecteur malin comme un singe, tu n’es pas un lézard mais un primate évolué et doué de raison. Ainsi donc, tu sais que dans un monde de monnaies-papiers administrées par des planificateurs soviétiques à la solde des clowns à roulettes déjà évoqués plus haut, la possibilité d’un nouveau « credit crunch » et d’une nouvelle vague de faillites bancaires relève plus de la théorie que de la pratique.

5/ La dette publique (et notamment AAA), comme la peste, le choléra et le scorbut tu fuiras. Non pas, Ô lecteur dont la sagesse égale ou surpasse même celle de l’ibis sacré du Nil, que tu crois ne serais-ce qu’un instant à un défaut de paiement mais plutôt que des taux d’intérêt réels négatifs et le doux ronronnement de la planche à billet te donne toutes les meilleures raisons du monde de penser que celui qui s’y risquera y laissera plus d’une plume. Sage et érudit, tu sais que des taux qui remontent c’est aussi des prix qui baissent ; et tu sais aussi qu’au niveau des prix actuel et avec l’inflation qui se prépare, la dette publique c’est la déculottée garantie.

6/ Il suit de la précédente que du fonds en euros de ton contrat d’assurance vie tu te débarrasseras. Car bien sûr, tu sais qu’en ultime analyse, les marchés financiers tant décriés c’est toi. Ainsi donc, tu préfèreras les « unités de comptes » (c’est-à-dire des fonds d’investissement) investis au moins en partie en actions.

7/ Dans l’immobilier (et avec effet de levier) tu investiras. Tu privilégieras cependant les investissements les moins onéreux au mètre carré et éviteras soigneusement les petites surfaces, notamment parisiennes. Car toi, Ô lecteur doté d’une ouïe qui n’a rien à envier aux fennecs du désert, tu as entendu et bien compris que les clowns à roulettes envisagent très sérieusement de nous refaire le coup du plafonnement des loyers – solution mainte fois essayée et aux effets invariablement catastrophiques. Tu préfèreras donc des grandes surfaces en province ou même de l’immobilier commercial – pour les détails, tu te rapprocheras de l’ami XP.

8/ La bulle tu chercheras. La question n’est pas de savoir s’il y aura une bulle mais de savoir où et quand elle se gonflera. Forts de l’expérience de celles et ceux qui nous on précédé, nous savons toi et moi qu’elle peut avoir lieu sur le marché des actions ou sur le marché immobilier et qu’elle suit de quelques années l’ouverture toute grande des vannes de la banque centrale ; bref, c’est pour bientôt. Des prix totalement déraisonnables dans un secteur lourdement subventionné et favorisé par les pouvoir publics ; telles sont les caractéristiques de la bulle que nous cherchons. Tu y investiras avec la même ferveur que les autres à cette différence près que tu te tiendras prêt à vendre à mon signal (ton serviteur assurera le service après-vente).

9/ L’or et les métaux précieux tu n’accumuleras pas. Beaucoup l’ont fait avant toi et tu sais que l’administration fiscale des clowns à roulette ne va pas tarder à s’y intéresser. Quitte à stocker des matières premières, tu préfèreras celles qui sont aujourd’hui moins onéreuses et moins fiscalement repérables.

10/ De la même manière, le Franc suisse tu éviteras. Aux raisons applicables aux métaux précieux s’ajoute le fait indiscutable que le CHF est aussi une monnaie-papier administrée par une banque centrale en liaison directe avec la direction générale du groupe Nestlé. L’expérience récente prouve que ladite banque centrale se fiche comme d’une guigne du pouvoir d’achat de l’helvète moyen mais répond diligemment à toute demande de dévaluation provenant de l’état-major des grandes entreprises suisses.

11/ Des marchés émergents en général et de la Chine en particulier éloigné tu te tiendras. Si l’Empire du milieu a copié nos bonnes recettes, il a fait de même avec nos idées les plus absurdes en y ajoutant une dose certaine d’autoritarisme et de gigantisme. L’admiration que suscite le gouvernement local chez nos souverainistes et autres étatolâtres socialoïdes doit éveiller chez toi, Ô lecteur, la méfiance salvatrice de la souris face à un gros morceau de gruyère posé sur une planche en bois au pied du garde-manger.

12/ Dans un nouveau passeport, tu investiras. 2012 ne sera certainement pas la fin du monde mais un second tour Marine le Pen contre Jean-Luc Mélenchon n’était désormais plus totalement impossible, mieux vaut se tenir prêt.

Bonne chance à toutes et à tous.

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12 auteurs à lire avant de visiter 12 villes en 2012

Littérature — Article écrit par le 30 décembre 2011 à 9 h 20 min

Rien de plus insupportable que de voyager. Les queues aux aéroports, n’être que  pour un seul instant à la merci d’un pauvre type préposé à la sécurité qui peut te faire enlever les chaussures, te palper le cul et autres parties…Et en plus de se retrouver dans un pays paumé où la moindre bouteille de pif potable te coûte un bras. Non vraiment, voyager est décidément pour les types sans imagination. Néanmoins, si vous avez la « bougeotte », si vous « voulez voir le monde », « aller à la découverte de l’autre » et autres joyeusetés, vous devez vous prémunir d’un bon guide de voyage. Et par pitié, évitez les pathétiques  » guide de routard », rien de plus pourri que d’acheter un guide du routard, d’aller dans un café indiqué dans le dit guide et de se retrouver avec un connard comme toi, qui a acheté son guide du routard et a filé au premier troquet de la rubrique Où boire un verre?. Pas mieux qu’un écrivain qui connait sa ville et l’écrit pour découvrir un bled. Alors voici 12 auteurs à lire avant de visiter 12 villes en 2012…

Comme je lis beaucoup de polars, on va surtout visiter les States et la Scandinavie…et puis quelques autres villes.

New York pose  problème. Après Céline, on a compris que la ville était debout, et puis bon faut être con pour se perdre dans  NY, un espace coupé de rues qui ont des numéros pour noms. Chinatown, Little Italy…Puis bon, c’est des bouquins pour jeunesse désabusée, cynique et qui veulent en finir façon Terby , ceux qui écrivent NY, Breat Easton Ellis, Jay McInerney. Faut encore aller chercher du côté du polar pour s’aventurer dans des coins intéressants de la ville, on peut prendre Jérôme Charyn, mais il y a fort à parier que le NY des années 80 n’a rien à voir avec celui de l’après Giuliani…aujourd’hui pour visiter NY, il faut partir avec les écrits de Nick Tosches sous le bras, et lire  Trinités (à mon sens le meilleur roman sur le crime organisé des 30-40 dernières années). Vous trouverez les meilleurs restaurants italiens et chinois de Big Apple.

On ira faire enfin faire un tour du côté de Philadelphie. Les seules images que j’en avais étaient les films de Rocky Balboa et Philadelphia avec Tom Hanks. J’aime bien les salles de boxe mais pour le reste, comprenez que je n’avais pas de guide pour aller visiter cette ville historique américaine. Alors j’ai lu deux polars de William Lashner qui ont pour cadre sa ville de Philadelphie. Son héros est un avocat mi-pourri, mi-véreux…et puis comme toujours on a les meilleures adresses en termes de bordels et de restaurants.

Si lors d’un périple outre-Atlantique, vous n’avez rien de mieux à foutre que de visiter Washington, sa Maison Blanche, son président noir…et bien prenez n’importe quel roman de Georges P. Pelecanos. Toute la ville est méticuleusement décortiquée, auscultée. Ghettos noirs, misère sociale, petites frappes, descendants d’immigrés grecs…superbe écrivain que Pelecanos, peut-être un poil trop professionnel, c’est à dire que tout y est parfaitement déroulé sans laisser place à aucune surprise.

Ensuite pour continuer sur votre périple East Coast, vous pouvez foncer vers le Sud avec Miami et tout la Floride: des romans déjantés, la dope, des politiques corrompus, des retraités, des gangsters latinos, des sudistes complètement allumés…c’est principalement avec Carl Hiassen..et son fameux jackpot…ou encore Tim Dorsey et son Florida Roadkill…ce sont des romans relevant plus de la grande bouffonnerie et de la farce que du polar…mais bon on s’accommode…et on découvre tous les bons coins de l’Etat le plus riche des Etats-Unis par habitant.

En filant vers l’Est, après la Floride vous filez droit sur la Louisiane, là on prend James Lee Burke avec soi. On ira du côté de Bâton Rouge et New Orleans, des blacks; des ghettos, de la bonne bouffe cajun…l’Amérique profonde comme on l’aime chez ILYS. En revanche pas encore de polars frappants sur la Nouvelle-Orléans de l’après Katrina.

La première fois que je me suis pointé à Los Angeles avec le quartet d’Ellroy  sous le bras et bien je me suis retrouvé dans  un ghetto pourri. Oui car à Los Angeles, à l’exception d’Hollywood et de Beverly Hills, tout bouge. Alors un auteur qui t’explique par le menu le L.A.des années 50 ne te sert à rien si tu visites la ville en 2012.  C’est un peu comme lire les mystères de Paris pour visiter le Paris de Delanoé, même pas le guide des Vélibs et Autolib chez Eugène Sue. Donc tu te dis, je vais acheter Eddie Bunker pour m’orienter, mais ce qui était vrai pour les années 50 l’est aussi pour les années 70…Alors tu vas vers le  rayon voyage et là miracle, tu tombes sur Michael Connolly…c’est pas le meilleur des écrivains de polars de LA, les deux précédemment cités le surpassent, mais c’est assurément celui qui vous sera le plus utile pour ne pas se perdre dans les méandres de la cité des anges en 2012.

Voilà pour les States. Maintenant Septentrion.

Plutôt que d’aller trois fois vers le Nord, allez-y une fois et faites Oslo,Stockholm et Reykjavik d’une traite. Pour les deux premières, prenez Henkell et Jo Nesbo. De ce que je connais de ces deux villes bien que je n’y ai jamais foutu les pieds, c’est joli, propre, mignon. En revanche on doit s’y faire chier, la distribution de l’alcool est monopole d’état, tout est consensus dans les relations sociales, peu de conflits et la vie est très chère, et désormais tous rouleront en Volvo, Saab venant de déposer le bilan ce qui est probablement la plus mauvaise nouvelle de l’année 2011. Pour Reykjavik, on lira Arnaldur Indridasson. Comment décrire cette ville?? Dans les romans de Indridasson, l’intrigue est complexe et il ne se passe pas grand chose. Ses livres sont exactement à l’image de ce que je me faisais de ce pays, froid, chiant, beau et puis un charme suranné qui vous emporte. Pas vraiment un guide de voyage les romans de Indridasson… apparemment ça a l’air compliquer de se perdre dans Reykjavik tellement c’est petit, et très facile de se paumer en revanche dans les landes du Nord. Donc si vous partez crapahuter en-dehors de Reykjavik, suivez les instructions des bouquins d’Indridasson.  Il va falloir attendre un peu avant de trouver dans les romans ce à quoi ressemble la Scandinavie de l’après Breivik.

La Belgique est aussi un pays, avec des villes, des belles mêmes. Il parait que Bruges fait partie des endroits à visiter. Donc si j’y vais à l’occasion d’une moule frites  et pour le trajet du train, je lirai un peu de Pieter Aspe, la quatrième forme de Satan par exemple. A ne lire vraiment que si vous avez l’occasion d’aller à Bruges, sinon c’est rigoureusement inutile. Je ne sais pourquoi mais j’ai l’impression que Bruges est une ville qui doit ressembler à Bourges. Voilà pour la Belgique.

Passons par la France.

Les villes portuaires ont toujours attiré délinquance, petite et grande, en premier lieu Naples et Marseille. Pour Naples, je ne peux que vous conseiller l’enquête très factuelle et fouillée de Saviano avec Gomorra.

Pour Marseille, il y a pléthore de romanciers à décrire leur ville. Mais le plus symbolique reste JC Izzo; un gauchiste désabusé mais encore un peu niais que Fabio Montale…La trilogie marseillaise vaut essentiellement par Chiourmo, éventuellement Total Kheops…et vous aurez les plus beaux coins de la région et comment y accéder pour aller pêcher la bonne poiscaille de la Méditerranée…et quelques bordels en prime. Izzo est mort il y a une quinzaine d’années, pas sûr qu’il reconnaisse sa ville aujourd’hui. En revanche les quartiers nord déjà chauds bouillants à l’époque et Izzo ne voit comme explication de cette délinquance que le racisme des Français envers les derniers venus.

Finissons par une autre ville portuaire, Barcelone. Leur catalanisme à la con,  on peut suivre les traces de Pepe Carvalho, c’est également un voyage gastronomique mais bon les spécialités catalanes ne sont pas non plus des plus fines…je ne suis pas fan, mais ça passe comme une bière fraîche en plein été…on boit, on passe un bon moment et on oublie…Andreu Martin aussi avec Barcelona connection…Prochaine évolution j’imagine dans le polar traitant de Barcelone, l’importance du club de football dans la ville. on a déjà commencé à le voir dans Des jumeaux presque parfaits de Teresa Solana.

Voilà pour quelques villes à visiter en 2012. 12 villes, 12 auteurs. Bien sûr vous pouvez faire l »impasse sur nombre d’entre elles. Certains suggéreront qu’il y avait d’autres auteurs avec d’autres coins, on pense à Cormac Mccarthy pour le Texas, à Jim Harrison pour le Montana, ses collines, ses cow-boys…et puis pas un écrivain à conseiller pour visiter Paris vont me dire certains. Aucun auteur de polar, pour ma part, n’a encore bien saisi le cauchemar actuel que représente Paris.

Bonnes fêtes.

 

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12 émissions de télévision en état végétatif qu’il faut débrancher en 2012

Télévision — Article écrit par le 28 décembre 2011 à 12 h 06 min

Oh je sais bien qu’on me rétorquera qu’il n’y à qu’à pas regarder. Évidemment. On peut d’ailleurs dire cela de beaucoup de choses, mais ça ne suffit pas à les faire disparaitre. Non, en cette période de fêtes, il est d’usage d’avoir une pensée pour les indigents. Prions donc pour que s’achèvent les souffrances manifestes de tous ces pauvres hères des médias en général et tout particulièrement de ceux qui suivent pour les raisons que je vais donner, afin que règne enfin l‘entertainment total sur nos écrans, et point la soupe chloroformée qu’ils veulent absolument déverser dans les crânes de nos enfants lorsque ces derniers ont le malheur de quitter leurs FPS et autres jeux vidéos réellement éducatifs. Précisons que si j’en donne douze, et même un peu plus, elles se recoupent toutes entre elles pour former un unique et fantomatique mouroir, véritable couloir de la mort de la servitude kulturelle volontaire ponctué de jingles pavloviens que nos élites shootés à la com’ s’acharnent thérapeutiquement à déclarer d’utilité publique afin d’y administrer leur morphine à juste dose en toute liberté.

 

 


On n’est pas couché

Certes, l’expulsion aux forceps des deux épouvantails très surestimés Zemmour & Naulleau- malgré une date de péremption tout de même proche-  avait déjà réduit l’intérêt de ce show terminal à zéro. L’adjonction de deux radasses agressives qui n’ont absolument rien à dire mais qui vont le dire quand même fait passer le baromètre dans le négatif. Laurent Ruquier la marionnette joufflu et ricanante pataugeant dans ses propres contrepèteries comme dans des couches ne peut alors faire penser à autre chose qu’à un gisant saisi d’ultimes convulsions nerveuses. C’est sans espoir, on va donc se pieuter sans scrupule aucun.

 


Le tour du monde en 80 secondes

Il faut l’admettre, Canal+ est une chaine innovante. C’est tout de même le nec plus ultra de ce que le morbide et bruyant esprit de gauche bling-bling peut produire et donner à voir. La séquence en question, une sorte de description d’images d’actualité, offre une torture inédite. L’adjectif pour rendre compte de l’espèce de ton à la fois blasé, lassé, méprisant et étouffant de sous-entendus, n’existant pas, on ne peut donc essayer de le comparer qu’aux sermons coco-nord-coréeo-cubains déversés en boucle par des hauts-parleurs dans les oreilles des travailleurs du peuple, mais condensés en 1mn20 et avec l’air d’incarner d’un stoïque désespoir complice la dernière radio libre. La voix off s’appelle Christophe Tison, célèbre victime autobiographée de la pédophilie, des drogue et des médias. Qu’on l’achève.

 

Mon Œil

C’est un peu la même chose que précédemment, mais en version France 2, c’est à dire avec toute la finesse pachydermique du gauchisme d’Etat. Il ne faut pas rater cette séquence, passant uniquement le samedi à 13h15, pour se faire une idée assez précise du travail de lavage de cerveau entrepris par les maboules de France Télévision à faire passer Goebbels pour un anarchiste clinophile. Montage indigeste, tournures de phrases de prof de français militant au NPA se prenant pour Zola, là encore sous-entendus excédés livrés à la tonne contre « la droiiiiiiiiite » avec montée hystérique dans les aiguës servant de ponctuation, cet énième supplicié volontaire du service public veut certainement dénoncer quelque chose mais n’arrive qu’à se faire passer pour un échappé de Saint-Anne pas encore débarrassé de sa camisole tenant absolument à nous faire comprendre qu’on est aliéné et qu’il faut ouvrir les yeux. Il s’appelle Michel Mompontet et il souffre, si vous le croisez  opinez et contactez urgemment les urgences psychiatriques ou la fourrière vétérinaire la plus proche.

 


Zemmour&Naulleau

Privés du public de gnous sur gradins, des comiques pas drôles, des invités difformes et du zébullon de backroom Ruquier, les deux polémistes officiant désormais à compte d’auteur, on s’aperçoit qu’en effet, ils ne disaient rien d’extraordinaire, ce dont on se doutait déjà mais que le cerveau avait du mal à décrypter dans l’ambiance d’élevage de poulets industriels concoctée par un interrogateur de Gantanamo qu’était le  cloaque « On n’est pas couché ». S’ensuit une vaine et longue tentative d’arrachage de vers du nez dont on ne cherche même pas à suivre les pseudo-esquives des convives dubitatifs. Ils n’ont pas encore perdu leur triple A mais les marchés ont tranché : vendez, ça vaut plus un clou.

 


Avant-Premières

C’est bien simple, prenez absolument tous les déchets produits chaque semaine par l’industrie culturelle française et faites-les défiler comme des putes à numéro dans un bordel de Bangkok, rajoutez une présentatrice issue de la diversité, catégorie phrases creuses et transitions à contre-temps, décorez avec des plantes vertes ébouriffées officiants également et sans surprise dans la presse papier, avec carte, rajoutez des séquences vidéos ou critique d’art (?) si cohérentes qu’on se demande si on n’a pas zappé accidentellement sur un truc du même genre mais pas exactement pareil, faites pérorer maladroitement tout ce monde d’une telle façon qu’on a l’impression de se balader dans une prison chinoise où les incarcérés seraient sommés de chanter tout le bonheur que leur inspire leur existence, et vous aurez assez fidèlement la description de cette chose qui sent déjà la mort. Cotisez-vous pour leur payer un cercueil.

 


Toques et politique

L’émission « Toques et politique » du grassouillet Périco Légasse, animateur TNT au lait cru pour collectivité territoriale, ayant fermé (trop de députés invités seraient décédés par intoxication socialo-alimentaire, c’est dire la dose), on ne peut plus lui souhaiter que de digérer pour l’éternité, fusionnant ainsi avec ces sénateurs sous les hospices desquels il se gavait. Bonne nouvelle, certes, mais pour être tout à fait honnête, c’est l’intégralité des émissions de journalisme d’Etat pondues par la chaîne LCP-Public Sénat qu’on aimerait voir agoniser étouffées sous la masse des subventions pour sujétion opinante qu’elles touchent par wagons entiers autant que par les hectolitres de propagande visqueuse qu’elles sécrètent, sans compter les places de parking réservés, dans tout le décorum de la soumission soviétoïde qu’elles incarnent jusque dans leurs grotesques logos. Mais cette liste ne suffirait pas en faire la somme. L’unique moyen de les voir disparaitre serait donc de s’en remettre à leurs vices. Offrons alors restes de foies gras et chocolats dans des paquets tricolores et doublons le budget frais de bouches de ces turlupins numériques jamais rassasiés, afin qu’une explosion de viscères en direct sur leurs immaculés plateaux clignotants les emporte enfin, tels un feu d’artifice du 14 Juillet.

 


Des mots de minuit

Retour dans le service public pour un spectacle d’une longévité symboliquement parlant plus proche de l’angoisse existentielle (pourrait-on ne pas mourir ?) que de l’espoir. Rien que la tronche de cow-boy pénétré à branche de lunette dans la bouche, comme une tétine intellectuelle,  de Philippe Lefait suffit à avoir envie d’aller physiquement sur le plateau un couteau sous la gorge pour le supplier d’arrêter de se mettre en scène dans un rôle d’un sous-pivot indéboulonnable de bar lounge de province. La façon qu’à ce dernier à demander immanquablement, avec un sérieux indestructible, à ses invités lorsque l’un d’entre eux vient de parler, semble-t-il, « et vous, Truc, qu’avez-vous entendu de Machin ? », comme un prof de français miteux cherchant absolument à créer le dialogue entre quatre zombies de la littérature ou autre, ne peut que pousser à couper le son, laissant ce spectacle vertigineux d’ennui et de suffisance se contracter silencieusement dans les eaux glacée des horaires de la télé de nuit, dans la dimension soporifique et somnifère qui lui sied. Laissez-le couler et rejoindre les stomiiformes.

 

 

C Dans l’Air

Yves Calvi, étoile montante du poujadisme d’information en milieu social-démocrate, sévit dans une bonne grosse émission mensuelle sur France deux. Néanmoins, là où il a fait ses armes et où il continue de distribuer ses « comprenez-moi bien » et autres « mais vous comprenez que le français, comme moi, il se pose des questions » baignant dans l’huile de friture du débat du comptoir validée par les services d’hygiène, est bien son émission « C dans l’air » tous les soirs de la semaine sur France 5. La recette est simple : prenez un bon gros morceau d’actualité bien faussement polémique, un épais présentateur qui se veut la caisse de résonance des interrogations citoyennes forcément angoissées, ajoutez un replet panel d’experts recyclables et recyclés dont on devine qu’ils ont demandé à leur femmes d’enregistrer l’émission pour la postérité, et vous obtenez ce suiffeux machin mou qui tourne tout seul et qui n’arrête pas de supplier qu’on le regarde et qu’on lui pose des questions sms ou par mail. Et tout ledit panel d’experts répond, avec la satisfaction certaine d’être de cette race d’hommes qui font avancer les choses et calment les foules et qui seront là le lendemain si on leur redemande pour administrer leurs lumières sur un tout autre sujet, c’est à dire pour refaire la même. Laissez-les s’engraisser lentement, leur couenne finira par les étouffer.

 

 

Le JT de Pujadas

Il faut l’avouer les JT se suivent et se ressemblent depuis des décennies. Depuis toujours, donc. Et leurs présentateurs avec. En cela, Pujadas, le schtroumpf gris de la grand-messe du 20 heures, ne fait pas réellement exception à la règle. Si ce n’est qu’il incarne dans une sorte de précipité chimique tout le kitch du corporatisme journalistique. Ce playmobil de l’interrogatoire doux avec les puissants mais ferme avec les cancrelats dépressifs n’en perd jamais une pour essayer d’incarner, et il y parvient tout à fait, toute la haute idée qu’il se fait de « la profffession » dont il se veut le héraut, lâchant même avec appétit un regard brillant d’autolâtrie repue vers le spectateur, que-dis-je, La France, ne comprenant pas qu’on l’aura bientôt oublié comme les autres, et dont les futurs réminiscences à l’occasion d’un énième show de la télé se commémorant maladivement elle-même n’évoqueront que le souvenir d’une époque d’une petitesse blafarde, hargneuse et veule. Laissez le aboyer, un voisin s’occupera bien un jour de lui.


Xenius

Arte, la chaîne qui s’invente des lignes Maginot à fur et à mesure qu’elle incarne l’uniformisation protestanto-écologique colorée de l’époque a, suite aux années les plus sombres du comique vert, enfin accouché de son messie. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit ici d’écologie citoyenne et de rééducation européiste. Les présentateurs jeunes et dynamiques, allemands ou français, s’il l’on parvient encore à discerner quelque chose, parfaits résumé en basket de toute l’optimisme vigilant de ces temps, sautillent comme des cabris en criant « CO2! ou « Energie! » ou encore « dedemain » de tout leur sourire bright, faces télétubbesques comme autant d’extrémités de tentacules d’un monstre lovecraftien extirpé d’un rêve érotique d’Eva Joly, ne sont là que vous faire justement comprendre que maintenant, c’en est finit de rigoler avec la planète, Jacques Delors et le futur des enfants asthmatiques. Ils y arrivent si bien que la terreur sauve parfois cette émission du ridicule. Achetez un 4×4 GMC et traquez -les sans relâche.

Bourdin

Déjà, une émission qui porte sobrement le nom de son présentateur ne peut être autre chose qu’une énième mise en scène nombriliste d’un pantin journaleux quelconque. Avec Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, le pari est réussi, on croirait revivre la scène de la cellule de verre du Silence des Agneaux, où on aurait remplacé la jeune Clarice Starling par des auditeurs chargés de confesser par téléphone toute la misère que les médias censurent habituellement, afin de rameuter l’audimat, et le Bourdin Lecter d’humer avec concupiscence le parfum de la peur, de la gêne et de l’audience assurée pour mieux enterrer ensuite ses brebis sous des mises en gardes suintantes d’hypocrite moraline et de répugnants consensus. C’est qu’il veut garder les mains propres, le serial killer du réél, et réussit à hisser l’opportune lâcheté au rang d’art. N’oublions que dans l’amusant film, ledit Lecter était un ancien psychanalyste, et on peut boucler la boucle en relevant qu’il s’agit bien ici de sadisme rémunéré, où le thérapeute ne fait qu’aggraver volontairement la névrose de ses patients, pour toucher le chèque et donner rendez-vous à la semaine suivante en faisant ses gros yeux culpabilisateurs. Arrêtez tout et transférez le dans une zone de haute sécurité sans moyens de communiquer.

 


Ce soir (ou jamais)

Certes, Frédéric Taddei s’en vu amputé d’une bonne partie des ses plages de diffusion. Mais ça n’a pas suffit. L’actualité vue par le monde de la culture, soit le néant commentant l’insignifiant, énième clone fatigué des émissions de Polac, c’est concrètement l’ouverture des cages d’improbables et minuscules macaques médiatiques hébétés, ravis de se voir encore arriver à pousser des grands cris en gesticulant dans l’arène des spotlights, à tel point qu’on se demande si ça ne relève pas de tests de médicaments ourdis par des laboratoires pharmaceutiques. Toute cette ribambelle de débiles mentaux n’ayant absolument rien compris de l’époque feignent ainsi sur deux heures d’avoir des opinions et, on peut toujours rêver, des divergences. Cette véritable cour des miracles de la sottise épatée d’elle-même n’en peut plus qu’on lui laisse encore la parole.  Il y a les vieux loups assurés, les jeunes lions balbutiants, les momies sorties du congélateur, les stars avachies, les vedettes de l’instant, les profs encanaillés, les sociologues hydrocéphales, les frigides philosophantes, les curés à usage unique, les moralisateurs au long court, les sinistres solaires, bref : tout le mensonge de la diversité bruyante recouvrant l’uniformité de son vide, s’acharnant à démontrer qu’il y a quelque chose plutôt que rien.

Frédéric Taddeï, concepteur-animateur de ce fond de cuve de la télé gratiné au micro-onde, est d’autant plus coupable qu’il lui arrive de poser des questions, voire de subtiles, pour aussitôt se signer d’un sourire mi-abruti mi-sadique au spectacle de ces béni-ouistitis se jetant entre eux les restes des cacahuètes cérébrales dont la nature les a dotés. Le pathétique est consommé lorsqu’occasionnellement un invité se détache des autres par un minimum de civilité, une absence de veulerie ou un propos véritablement non-aligné : il se voit alors immanquablement ensevelit par des monceaux de mauvaise foi, des gravas de caricatures et des pelletées de ricanements morbides. La voilà, c’est la messianique victime sacrificielle, celle qui grandit les nains à ses frais, donne l’apparence du débat et l’excuse de la pluralité. Elle n’avait qu’à ne pas venir.

Il est à peu près certain que Taddeï a dû longtemps rêver de tenir le rôle qui est aujourd’hui le sien, comme une femme d’asseoir enfin ses fonctions biologiques, ne pouvant se résigner à admettre que le rejeton tient plus de l’attardé vicieux que de la compensation narcissique rêvée, il s’acharne donc à essayer encore de faire croire que le filet de bave qu’il essuie du menton de sa progéniture ratée tient du crachat conceptuel post-moderne. Achetez-lui l’intégrale de Droit de réponse, qu’il admette que c’était déjà au moins aussi minable et qu’il laisse Patrick Sébastien s’occuper de la bande-son, que tout cela soit enfin cohérent à défaut de toute autre chose.

 

 

 

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Laxisme judiciaire 12

Droit — Article écrit par le 27 décembre 2011 à 17 h 45 min

N’oublions pas le petit Noël de nos bons magistrats, qui torpillent les plan anti-cambriolages en remettant en liberté à tour de bras pendant les fêtes :

Dispositif anti-cambriolages : nouvelle méthodologie en action !

21 décembre, en après-midi, suite à un appel « 17 police secours », la brigade anti-criminalité se rend rue du Faubourg Saint Denis (10e) pour un cambriolage en cours dans un immeuble. Sur place, les policiers perçoivent des bruits suspects provenant du 6e étage, constatent qu’une porte d’entrée est forcée ; ils interpellent trois individus en train de fouiller l’appartement.

Agés de 16 et 17 ans, ils sont placés en garde à vue dans les locaux du service d’investigation transversale (SIT) qui est chargé, dans le cadre du nouveau dispositif, du traitement des cambriolages en flagrant délit dans la capitale.
L’antenne locale de police technique (ALPT) procède au relevé des traces papillaires qui confirme la présence des cambrioleurs interpellés et permet d’établir que deux d’entre eux sont connus pour des faits similaires.

Entendus par les enquêteurs, ils nient les faits reprochés prétextant rechercher un squat pour dormir. Tous 3 ont été déférés, puis remis en liberté.

Source : PPFlash du jour à 16h35.

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12 crimes de masse pour 2012

Droit — Article écrit par le 27 décembre 2011 à 9 h 07 min

Après les dix génocides ratés de 2010 -et n’ayant pas non plus connu le succès en 2011- passons aux crimes de masse en 2012.

Dans la catégorie des crimes imprescriptibles, le crime de masse n’existe pas. Il y a le crime de génocide, rare. Celui de crime contre l’humanité, qui devient de plus en plus répandu grâce à l’abrutissement des masses. Et le crime de guerre qui est, disons-le, l’un des plus simples à réussir. Généralement il suffit de faire la guerre pour que, presque inévitablement, un ou plusieurs crimes de guerre ne soient commis. Ainsi la guerre du Kosovo de 1999 a pu voir une organisation, l’OTAN, combattre dans cette province au nom de crimes de masse insupportables commises par les serbes, et s’adonner elle-même à des crimes de guerre par ailleurs. Le crime de guerre est le corollaire quasi obligé de la guerre.

D’ailleurs, dans quelques années et comme en conséquence, on devrait voir arriver le crime d’agression. Qui, lui, pourrait être défini comme le crime de faire ou vouloir faire la guerre.

Tout simplement.

D’ici là je ne serais ainsi pas étonné de retrouver une petite douzaine de crime de masse à la fin 2012.

Sauf en cas de fin du monde bien sûr.

Fin du monde qui doit arriver quelque part en 2012, mais je dois vous avouer que je ne sais plus quand. En tout cas, si la fin du monde arrive en décembre, il est fort possible que l’humanité parvienne avant sa fin à commettre une douzaine de crimes de masse cette année.

Je compte au moins sur les Africains pour ça.

La Cour Pénale Internationale aussi. Il y a quand même une belle flopée de fonctionnaires internationaux à faire travailler, à payer et auxquels accorder des plaques minéralogiques vertes. On préférerait que ce ne soit pas pour rien.

Mais revenons à nos douze crimes de masse pour 2012. D’autant que le crime de masse, les agoraphobes, misanthropes et députés d’Europe Ecologie me comprendront, cela semble foutrement cool.

12/ Le réactionnaire fou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’était le crime de masse de l’année 2011. Anders Behring Breivik. Fini le bon vieux forcené qui se retranche chez lui pour faire un carton sur les passants et les voisins. Le processus européen et l’immigration de masse ont donné aux forcenés de solides raisons de mieux cibler leur coup de sang. Ces deux facteurs nécessaires et l’impression bien réelle de dépossession qui va avec (ainsi en France ou avec un taux d’abstention supérieur à 50% on songe sérieusement à faire voter les étrangers aux élections locales) seront encore une fois présents en 2012.

11/ Les multirécidivistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On pense bien sûr à Nordine Amrani et son épopée du centre-ville de Liège. Qui n’a rien à voir avec Anders Behring Breivik. On peut, par contre, ajouter la longue liste des multirécidivistes qui, avec le temps et les condamnations, deviennent de plus en plus dangereux. Sociopathie. Intelligence faible. Alors si on rajoute à ce tableau déjà inquiétant une haine savamment entretenue et une tendance à la victimisation… On connait le processus. Dans un autre genre nous avions un Youssouf Fofana par exemple. Et tant d’autres. 2012 ne devrait rien changer. Il y a là un crime de masse le plus souvent silencieux qui dure.

10/ L’avortement féminin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non, non. Pas l’avortement tout court. Quand on pense déjà aux nombres de personnes qu’il faudrait stériliser de force… Je parle donc spécifiquement de l’avortement des bébés de sexe féminin. Ne nous y trompons pas, la femme est un facteur d’instabilité géopolitique puissant. On le sait depuis l’antiquité. Alors le manque cruel de femme ressemble à un cataclysme, et disons-le tout de go, à un crime de masse. Quand les jeunes chinois et les jeunes indiens, après nous avoir volé nos emplois, se mettront en tête de nous voler nos femmes, la troisième guerre mondiale ne sera plus très loin. On me dira qu’ils pourront, tel l’africain de base, nous les voler sans pour autant nous mettre sur la gueule autrement qu’une fois de temps en temps dans les transports en commun. Mais c’est négliger le fait que l’homme asiatique, lui, n’est pas attirant une seconde pour une occidentale de base. Il faudra donc qu’ils nous les vole et nous les force. Nul doute alors que nous et nos amis africains seront obligés de réagir. Dès 2012 ?

9/ L’Afghanistan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chasse au traître vendu à l’Occident a déjà commencé. Nul doute qu’elle se poursuivra en 2012 à la mesure du retrait des troupes occidentales. Ceux qui avaient parié dès le début qu’il convenait de ne pas s’attacher aux occidentaux ont eu raison. Tout le but du jeu pour les Talibans en 2012 sera d’éviter de massacrer des villages entiers pour que le retrait américain se poursuive. Toutefois, si on regarde le passé récent, il y a de fortes chances pour que les Talibans se lancent dans quelques petits meurtres de masse. L’étude intensive du Coran n’a manifestement pas que des effets positifs sur le cerveau.

8/ Twitter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai jamais compris Twitter. Un truc pour semi-débiles travaillant dans les médias, dans le monde politique ou artistique d’après ce que j’ai pu voir. Une sorte de bar PMU mais sans pouvoir se bourrer ou se foutre sur la gueule et enfonçant encore plus loin la brève de comptoir -en état de sobriété de surcroît. Mais ayant le délicieux avantage, comme un post de blog, de pouvoir être diffusé au plus grand nombre. Eh bien, Moi, ça Me donne des envies de meurtre de masse. Et je ne dois pas être le seul. Un espoir pour 2012 ?

7/ Le boson de Higgs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui, pour être éventuellement découvert l’année prochaine, entraîne le meurtre de masse, par collision, de milliards et de milliards de protons presque chaque jour. Quatre cent mille milliards de collisions déjà en 2011. Quatre fois plus de prévues pour 2012.

6/ L’Érythrée

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 1998 contre l’Ethiopie et 2008 contre Djibouti, il se murmure que l’Érythrée se ferait quand même drôlement chier depuis plusieurs mois. Alors même que la Somalie, elle, se marre bien en lançant régulièrement des pirates à l’assaut des navires occidentaux. A Assab, paraît-il, on s’agite. L’objectif serait de déclarer la guerre au Yémen d’en face pour contrôler le trafic maritime de la mer Rouge à la source. Secrètement financée, dit-on, par l’Afrique du Sud, l’armée Érythréenne et ses célèbres divisions danakils de la mort devraient déferler et tout piller, raser et tuer sur le territoire yéménite en 2012.

5/ La République Démocratique du Congo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est le champion toute catégorie, sur la durée en tout cas sinon le Rwanda fait concurrence, du crime de masse depuis a chute de l’URSS. A la fois, donc, par le nombre de morts, par le pourcentage de population déplacée, par la durée du conflit et par le fait que chaque année nous avons droit à de nouveaux massacres (dont tout le monde se fout joyeusement) et, presque chaque année, de nouvelles tentatives plus ou moins échouées de coups d’Etat. Son président, Joseph Kabila est fortement pressenti pour être la Nouvelle Star de la Cour Pénale Internationale quand il sera renversé (s’il n’est pas tué). C’est, je l’avoue, une certaine impatience que j’attends ce que la RDC nous prépare pour 2012.

4/ Le Mozambique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le massacre de masse des fermiers blancs se poursuit tranquillement, à la mesure de l’aide alimentaire internationale. Il se murmure que l’épuration ethnique pourrait s’accélérer en 2012, le programme spatial mozambiquais promettant, selon les têtes pensantes du régime, de fournir de la nourriture spatiale en abondance au peuple noir du Mozambique.

3/ Le programme nucléaire iranien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Israël déclenche l’opération « Vitrification totale » en septembre 2012. En moins d’une heure l’Iran devient un pays rayé de la carte. Le monde entier s’émeut et crie au crime de masse. Les dirigeants des pays occidentaux et autres rappellent simplement que les Israéliens possèdent eux aussi l’arme nucléaire et savent s’en servir. Une partie non négligeable de l’opinion israélienne se dit qu’il faudrait peut-être profiter de ce creux de popularité pour régler le problème palestinien, jordanien, syrien et égyptien par la même occasion. Une campagne de soutien à Israël devient le premier lien sponsorisé d’ILYS.

2/ Les Kouriles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la deuxième visite du président russe dans les îles depuis 2010, le Japon décide en février 2012 de lancer une attaque surprise sur les quatre îles les plus méridionales des Kouriles. La France n’ayant pas eu le temps de délivrer les deux premiers navires de guerre classe Mistral pour cause de présidentielle, les forces russes se retrouvent rapidement désorganisées et ploient sous le nombre. On retrouve par ailleurs des milliers de cadavres de phoques sur les côtes. L’émotion dans le monde est énorme. Elle redouble quand on s’aperçoit que les japonais avaient pour objectif réel de tuer ces phoques afin de commercialiser leur huile qui aurait, selon eux, des propriétés aphrodisiaques pour les jeunes filles en costume d’écolières. Brigitte Bardot presse le gouvernement français d’aider au plus vite le fier peuple russe et notre ami Vladimir Poutine.

1/ Une variante de la grippe H1N1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modifiée à de la bave de poulet et des excréments de porc volant, elle s’échappe de manière accidentelle de l’aquarium de Monaco où elle était mystérieusement étudiée par un proche du prince Albert. Celui-ci, immédiatement, accompagné d’un gros chat blanc, décolle dans un fusée Soyouz depuis le Rocher et investit de force la Station Spatiale Internationale. Transportée à l’origine par une jeune femme blonde américaine prostituée de luxe, le virus se répand rapidement parmi la plupart des membres du parti socialiste français. Le monde médiatique est le second touché, notablement le petit monde des femmes journalistes. La cause devient donc nationale et un chicksothon est organisé dans la semaine. Les français sont obligés par la police et l’armée d’y participer malgré les avertissements de l’OMS. La France est mise sous embargo international. Schengen est rétabli d’urgence et les frontières fermées. De plus de soixante millions de français, on passe en décembre 2012, fin officielle de l’épidémie, à six millions. Daniel Cohn-Bendit, rescapé depuis sont évacuation par hélicoptère allemand au début de l’épidémie, explique alors qu’il faut absolument ouvrir les portes du pays à l’immigration la plus forte possible.

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Du 12 pour 2012 ?

Sportivité — Article écrit par le 26 décembre 2011 à 9 h 06 min

On me dit qu’il est désormais aisé d’acheter des kalachnikovs dans n’importe quelle cité digne de ce nom pour 400€. Et que ceux qui les acquièrent n’hésitent plus à s’en servir, c’est à dire à vider leur chargeur comme des épileptiques sur n’importe quel obstacle, ne serait-ce que pour braquer le premier pompiste venu. Là encore, quel meilleur exemple illustre le fait que la démocratisation est synonyme de vulgarité et de gâchis ?

Il est évident que gens civilisés ne peuvent se résoudre à adopter ce genre d’armes ne serait-ce que pour répliquer.

Il est temps de revenir à ce qui constitue le calibre cynégétique par excellence, dont les mérites ne sont plus à prouver et qui de plus, bonne nouvelle, est légal pour tout possesseur d’un permis de chasse.

Reste ensuite à savoir quelle est la meilleur façon d’utiliser cette cartouche : contrairement à ce que l’on pourrait croire, un large choix s’offre à vous, dans une multitude de styles.

 

London calling
Quitte à y aller, autant y aller à fond. Ici une paire de la célèbre marque anglaise, inventeur du mécanisme de percussion à platine, garant d’un fonctionnement parfait : Holland & Holland. Réservé aux plus fortunés, voilà qui est définitivement punk pour chasser des volailles classées espèces protégées telles que-sous leurs nom scientifique- la Basketus Capuchus ou le Faisandus Communistus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nazdrovia !
La firme russe Baikal est réputée pour la résistance aux intempéries et aux conditions extrêmes de ses produits. Rien de tel alors que leur « Coach gun » IJ 43 pour assurer la sécurité de votre diligence contre les attaques de brigands de tout poil. Notez que le chien extérieur est l’équivalent sonore de la pompe du fusil à pompe dans toute négociation. Et puis, comme me disait un ami russe, « si tou a plou do mounitions, tou peux toujoul taper avec ».

 

 

 

 

 

There ! A mexican !
Ah, les grands espaces américains !  L’ennui, c’est qu’au niveau frontière, c’est une vrai passoire. Tout texan respectueux de la nature qui se respecte possède un Remingtion 879 P comme Police afin de préserver son écosystème. Ici modèle customisé par Scattergun Technologie. Moustache de rigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, on peut

Je sais, vous allez me dire qu’on avait plus l’habitude de voir un juxtaposé à canon et crosse sciés dans les mains d’un braqueur que d’un gentleman. Mais, comme je vous l’ai expliqué en préambule, les choses ont changé. Pratique, seyant à la ceinture, il annonce la couleur et n’a même pas besoin d’être dégainé pour qu’une horde de keupons en scooter comprenne que vous êtes complètement barré et que si ça ce trouve, votre truc, c’est le couteau.  Pourquoi ne pas ajouter un perfecto et un chiot, mieux : un chaton sur l’épaule ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 High-Tech pour les jeunes

Et oui, même avec du bon vieux 12, on peut s’autoriser à inventer des fusils qui sortent de l’ordinaire. Certes, la faute de gout guette toujours, mais soyons honnête, il faut parfois en passer par là pour initier les plus jeunes à ce calibre, quitte à ce que leurs inclinations s’affinent par la suite. Mais lorsque vous saurez que ce Kel-Tec KSG possède bien deux chambres d’alimentation tubulaire sous le canon, ce qui porte sa capacité totale à 14+1 cartouches, vous aurez peut-être envie de l’emprunter à votre progéniture pour vous faire vous aussi un petit FPS IRL.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pull !

Vous aimez la vitesse ? Adorez la précision et le beau geste ? Considérez la balistique comme un art ? Prévoyez de tirer jusqu’à 50 cartouches à l’heure et même plus ? Pensez qu’en 2012 ça va pulser grave et pas que sur les terrains de skeet ? Inutile d’en dire plus, ce qu’il vous faut, c’est un bon fusil de trap. Le quasi-indestructible Browning B25 vous attend. Il ne vous reste plus qu’à fabriquer une grosse catapulte et acheter des bombes de peinture rose fluo, afin de varier un peu les cibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eat that, Pussy !

Bon, l’avantage du 12, basiquement, c’est que ça envoie du bois. Si en plus vous lui ajoutez un fonctionnement auto et semi auto, un chargeur à tambour de 32 coups et cerise sur le mac-do, une cartouche spéciale dont le projectile est une sorte de breneck explosive à ailettes qui se déploient trop kawaï, vous obtenez la Atchisson Assault Shotgun AA-12. Manteaux type cirés conseillés, ça risque d’éclabousser un peu.

 

One shot  forever

Et si à l’inverse du modèle précédent, on essayait de réduire au maximum le nombre de coups possibles avant d’avoir à recharger, jusqu’à un ? Comme avec cette Remington 1893 ?

Pourquoi faire ?

Mais pour le style. C’est qu’il ne va pas falloir rater sa cible. Précision, sang-froid et une sacré dose de culot. Entre vous et ce type d’arme, il ne peut alors s’instaurer qu’une relation intense, passionnée, sans équivoque. Il alors tout à fait normal que lui donniez un nom de femme. Que vous parliez. Que vous la bichonniez avec constance. Aucune infidélité ne sera pardonnée.

 

 

 

Les peaux-rouges s’en souviennent

Mais quel bon dieu de rapport entre l’extermination des sauvages d’Amérique et un gouverneur de Californie à moto ? Et bien la Winchsetser 1887, à levier donc, ici en version allégée de sa crosse, ce qui permet de faire d’élégants moulinets pour recharger. Vous l’aurez compris, cette arme est faite pour construire l’histoire et préserver son territoire, à cheval ou en Harley.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extinction des dinosaures

On sait bien que faire revenir des espèces primitives dans un monde civilisé, même si on les parque dans des clapiers, est quelque chose qui ne peut que dégénérer. Il vous faut alors quelque chose de pratique, sûr et, même si vous êtes en short et chapeau de garde-chasse afrikaner, rien n’empêche un soupçon de modernité. Le Franchi SPAS 12  s’impose. Voilà qui devrait remettre à leur place ceux qui s’amusent à ignorer Darwin. N’oubliez pas pour autant de regarder par dessus votre épaule, les raptors sont toujours en bande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Der Waldgaenger

Votre truc c’est la forêt ? Communier avec la nature  en respectant le cycle de la vie ? Vous confondre avec le paysage ? Pas de problème, on a ce qu’il faut : le Browning Pheonix Camo. Les puristes tiquent un peu, mais pour la chasse à l’approche en solo, c’est tout à fait pensable. Et puis, le modèle acier et bois est toujours dispo. Quant à ceux qui ne veulent définitivement pas abandonner leurs habitudes urbaines, sachez qu’il se mariera très bien avec cette mode récente du style campagne à la ville. D’autant qu’on annonce de plus plus d’espaces verts dans les métropoles. Les écolos auront eu au moins ce mérite. Ils en seront récompensé. N’en doutons pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour abattre les éléphants roses

Alors pour ceux qui doutent encore qu’un communiste est forcément un ivrogne, sachez que cette chose a été conçue par et pour le KGB et porte le doux nom de OTS-62. On peut mettre 5 cartouches dans le barillet et l’ensemble doit peser dans les 2,4 kgs. Je ne sais pas trop ce que ça vaut sur le terrain, mais j’imagine qu’il ne faut pas être trop loin de sa cible. Peut-être cela a-t-il été pensé pour ceux qui justement la voient en double ? Dans tous les cas, on peut sincèrement croire qu’il existe un monde parallèle total pour les amateurs de vodka, auquel le réel doit s’adapter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Plus ou moins 12 accouchements avant 2012

Récit — Article écrit par le 24 décembre 2011 à 16 h 30 min

Pour remonter les audiences d’Ilys, Il Sorpasso a décidé de frapper un grand coup à Noël et de faire dans le tabloïd d’élite en publiant tout et n’importe quoi : JMM et ses filles nues, par exemple! Sollicitée par Il Sorpasso pour un « mes douze machins trucs » je suis tombée dans des abîmes d’angoisse et d’interrogations et j’ai décidé –Noël= naissance dans une crèche =bonheur=esprit de la Nativité respecté !-  de vous livrer l’histoire de mes neufs accouchements, je me suis dit que ça vaudrait bien douze gerbes de la part de lecteurs. Ou bien douze paragraphes. Et que cela complèterait quelques virils articles à la sauce survivaliste. Quoi de plus « survival » qu’un poupon au milieu des ruines après tout??  Vous allez voir que ces histoires d’accouchement frisent très souvent la survie la plus basique et l’improvisation la plus totale. C’est un des moments dans la vie d’une femme et d’un homme où toute maîtrise nous échappe et c’est intéressant de se confronter dans sa vie à ces risques « ultimes ». Il y a des façons plus classes de le faire, certes, mais une Miss Potts n’est pas classieuse, simplement pondeuse. Quoi qu’il en soit, je pense que vous aurez l’amabilité de comprendre que s’il faut attendre que j’accouche VRAIMENT douze fois, hé bien ça risque de ne pas arriver. Oui, je sais : vous êtes déçus-déçus-déçus. L’Occident passera à cause de ces chrétiens qui veulent pas faire de mouflets, heureusement certains vous ont expliqué  que tout passe, même le Chrétien. Et que c’est pas trop grave a priori.  C’est fou, je sais. Allez vomir.

La naissance de mon aîné a été charmante et gracieuse en tout points ; depuis la nuit où nous nous sommes réveillés mon mari et moi dans une mare de flotte, en passant par le moment où, pliée en deux par « les douleurs de l’enfantement », j’observais passablement ahurie mon mari en train de faire son nœud de cravate. –« Mais tu fais quoi ?-Ben je me fais beau pardi! Tu voudrais quand même pas que le bébé ait une mauvaise image de son paternel dès le départ !! » Abasourdie par la logique imparable du raisonnement, je me traînais en bas des 7 étages sans ascenseur du studio parisien dans lequel nous logions, et m’affalais dans notre 4L. Qui ne voulut pas démarrer. Pendant un temps très long. Finalement tout rentra dans l’ordre et nous arrivâmes dans une clinique privée très huppée et, au bout de la nuit qui n’en finissait pas, mon mari sortit son saucisson dans la salle d’accouchement et se mit à dévorer benoîtement ses rondelles pendant que j’agonisais. « L’image paternelle » avait-il dit ?

Ici, je me permettrais une petite incise, un peu plus grave, mais les récits de Noël se doivent d’alterner la bonne humeur et une forme d’émotion plus profonde : c’est le moment de cette alternative. Ceux d’entre vous qui souhaitent continuer dans le bien lourd sauteront sans complexe ce passage, bien évidemment.

Deux jours  après la naissance du fiston, j’étais avec mon père dans ma chambre et le bébé avait été emmené pour des examens médicaux de routine. Soudain, une infirmière-religieuse (clinique privée tenue par des sœurs) arrive et me dit brutalement : « l’enfant a de la fièvre, il nous faut le transférer dans tel hôpital, mieux équipé pour les soins aux nourrissons ». La foudre m’est tombée dessus à ces paroles, la foudre et la Mort parce que j’ai vraiment cru un instant (et mon père aussi) que l’enfant était au plus mal. Je me suis tournée vers mon père, sans lui dire un mot (je ne pouvais pas parler) mais avec un regard qui a du être des plus explicites car ce dernier s’est immédiatement tourné vers l’infirmière en lui disant d’une voix décidée : « Ma sœur, il y a ici un verre d’eau, s’il faut baptiser l’enfant, nous le ferons immédiatement ». Il vous faut comprendre, chers lecteurs,  que mon Néerlandais de père avait envoyé aux orties à l’âge de 18 ans sa foi catholique et qu’il ne pratiquait plus. C’était un sujet tabou à la maison .D’où l’émotion qui m’étreint encore aujourd’hui en écrivant ces lignes et qui provient de l’incroyable compréhension qui s’est opéré en deux secondes chrono,  en un regard, le mien, qui voulait dire mais sans oser (baptiser l’enfant signifiait qu’il était mourant et je ne pouvais pas l’admettre et donc  l’exprimer) et celui de mon père qui a tout compris de mon désir immédiat et qui a fait fi de ses doutes et refus personnels. L’infirmière a réagi alors en expliquant que le bébé n’était pas à l’article de la mort, que le baptême urgent n’était donc pas utile et mon père a emmené lui-même dans sa voiture  son premier petit-fils se faire soigner dans un hôpital voisin. Je n’ai jamais oublié cet instant, l’émotion est toujours aussi vive et puissante. Le souffle de la mort et le souffle de Dieu s’étaient croisés au-dessus de nos têtes, tout simplement.

Reprenons cette chronique d’un genre particulier…

Pour mon E., c’est l’image maternelle qui en prit un coup. J’avais terminé un dîner avec quelques amis, j’avais rangé ma cuisine, mis en route mon lave-vaisselle lorsqu’il me fallut partir ; toujours avec la fameuse 4L… Nous sommes tombés un soir de pleine lune, au milieu d’une demi-douzaine de parturientes (le mot peut faire vomir, chers lecteurs, ne vous gênez pas) et nous dûmes témoigner de l’urgence de mon accouchement en prouvant que ma pauvre petite fille s’étranglait avec son cordon. Oui, il faut se battre parfois pour accéder à une salle d’accouchement ! Tous les coups sont permis ! Trop tard évidemment pour une quelconque péridurale, mes nerfs lâchaient et je traitai la sage femme débordée de  « pétasse ». Mon mari, choqué et toujours très gentleman, même au milieu de l’apocalypse (lecteurs d’élite, retenez cette leçon : on ne perd pas ses bonnes manières même en plein  Chaos), me reprit immédiatement avec un solennel  et définitif: « Mais enfin voyons ! Tais-toi donc et accouche ! » J’obéis, mortifiée et honteuse. Une ravissante crevette naissait alors, minuscule, et la sage femme, perfide, me glissait : « vu son poids ridicule, vous l’avez certainement laissé mourir de faim pendant neuf mois  à cause d’un problème de cordon atrophié ! » je crois que je ne me suis jamais remise de cette réflexion abominable et les quantités astronomiques de nourriture que je prépare tout le temps trouvent leur origine en ce soir de septembre.

ML : aucun souvenir d’accouchement (lecteurs, profitez-en pour vous rafraichir  et boire un verre d’eau)…  Elle était parfaite mais gloutonne  et prenait tellement de lait qu’une sage femme décidait dès le deuxième jour de la mettre à la diète en la privant du sein maternel pendant trois-quatre heures. Epuisée par les hurlements de ma dévoreuse, j’obtenais un billet de sortie du médecin pour aller cuver ma déprime dans le bar d’en face de la clinique. Tout ceci en short et t-shirt des plus élégants (lecteurs, autre leçon du survivaliste d’élite : une accouchée se doit de retrouver sa ligne de jeune fille dès la maternité et éviter les cheveux gras, la paupière lourde, le teint blafard et les peignoirs en tissu éponge).  Il faut dire que je partageais ma chambre avec une espèce de gauchiste mariée à un vieillard divorcé et déjà père. Ce dernier avait accepté de faire un mouflet à sa jeune épouse mais ne voulait guère en entendre parler et ne rendait pas visite à sa pauvre femme qui découvrait, seule, les affres… heu les joies d’une maternité. L’ambiance était glauque et entre deux tétées, je témoignais de mon expérience auprès de la pauvre fille esseulée prête à se flinguer et à vendre le petit au plus offrant.

F. : joie des accouchements en province ! Lors d’une dernière visite médicale, dans son cabinet, le médecin me poussait à intégrer directement la maternité en ville (30km de chez moi) parce que le cordon, là encore, s’invitait un peu trop autour du cou de mon bébé. Je repris comme une grande la BX rouge pétante (avec aileron arrière pour faire plus beauf ou sport à votre convenance) avec ML  sous le bras (trop petite à l’époque pour aller à l’école comme les deux aînés). Sur le lit d’accouchement, ML, assise quasiment sur mon ventre, grignotait des biscuits en attendant que mon mari arrive et l’emmène ailleurs pour que je puisse accoucher tranquillement. Du suivant.

P. : arrivé dans l’après midi, je téléphonais sur le lit d’accouchement à mon mari pendant que la sage femme me récitait  mécaniquement le rituel « poussez madame, vous y êtes presque ». Je livrais mes instructions : « va chercher les enfants à l’école, tu trouveras le goûter dans le tiroir du buffet, n’oublie pas les devoirs, il faut donner le sirop à F. … » La conversation s’éternisait et l’accouchement aussi il faut bien l’avouer.

R. : partie au milieu de la nuit, j’arrivais au bord de l’accouchement à la maternité  grâce aux dos d’âne qui fleurissaient la route (30km encore) et la sage femme qui  recevait dans ses mains le poupon tout cyanosé  (cordon une fois de plus) s’écriait avec un air pincé : « Je n’ai même pas eu le temps de passer ma blouse ». L’enfant était un peu sonné mais se remettait assez vite de cet accouchement express. Moi aussi d’ailleurs. Mais je gardais une  plus importante fatigue que pour les précédents ou plutôt, à cause des précédents, et je me souviens d’un début de baby blues… J’avais fini par mettre R. dans un coin reculé de la maison, au bout de dix jours seulement, et lui avoir dit un soir : « Tu sais, R., Maman t’aime très fort, mais là je crois que cette nuit, si tu pleures, je ne viendrais pas te voir, je suis trop trop fatiguée. » Une amie compatissante m’avait conseillé de parler à l’enfant. Je crois personnellement que cela servait surtout à me déculpabiliser…  mais bon. Quoiqu’il en soit, mon Rémi a du comprendre quelque chose ou accepter bêtement l’inévitable, car il a fait ses nuits très vite.

Les jumeaux : nous étions alors de retour en région parisienne et l’accouchement devait se faire au bloc opératoire pour prévenir toute complication. Sans mon mari. Mon mari n’a pas assisté à tous les accouchements, loin de là,  et je crois pouvoir dire que ce fut pour son plus grand soulagement (et le mien aussi d’une certaine façon, on ne peut pas dire qu’on soit vraiment sous son meilleur jour à ce moment là ! Lecteurs, vous pouvez vomir encore…). B. arrivait assez vite sans péridurale évidemment et G., au contraire,  n’était pas résolu du tout à sortir… coincé bien haut au chaud dans mon ventre, il se présentait par le siège comme tous les jumeaux et l’on finit par m’endormir pour le déloger, ce rebelle. Lorsque je me réveillai quelques minutes après, les deux poupons étaient là, tous mignons et je m’exclamai d’une voix pâteuse : « pourquoi ne m’a-t-on jamais endormie pour les autres ??!! C’est le plus chouette accouchement que j’aurais vécu… » Les suites ou plutôt les débuts avec ces deux lardons furent épiques : il nous est arrivé, le premier mois, de donner au milieu de la nuit deux biberons d’affilé au même bébé et de laisser crever de faim l’autre. Mon mari, mort d’épuisement, prenait les trains pour aller travailler et ne se réveillait qu’au bout de la ligne, parfois grâce à la main compatissante d’un voisin assis en face.

G., mignonette et pressée est arrivée sans bruit –déjà fort bien élevée- sous le drap du lit pendant que la sage femme cherchait un stylo pour me faire signer des papiers…Je vous livre pour cette petite dernière un récit plus détaillé, même si vous êtes au bout du rouleau, chers courageux lecteurs… Adhonc, oui, les papiers et l’accouchement…. Nous sommes aujourd’hui  à l’ère Administrative et du moment que les règles sont respectées on peut vous expliquer sans mentir : «Tout Va Bien,  il n’y a pas de dysfonctionnements ! » Je ne disais rien, occupée à mon affaire, mais je sentais bien qu’elle pointait le bout de son nez… Mais comment expliquer au médecin que le bébé arrivait alors qu’il FALLAIT SIGNER LES PAPIERS ?? Autant parler à une autiste… j’ai donc gardé mes forces pour accoucher de la petiote.  Mon mari avait demandé en m’emmenant plus tôt dans la soirée s’il n’y avait pas moyen que le liquide amniotique perdu  (mare de flotte dans la bétaillère qui en a vu d’autres rassurez-vous et non, je ne détaillerais pas aujourd’hui ces « autres » !) se reconstitue ? Vraiment pas ?? . Une façon absurde, il faut en convenir,  de repousser l’accouchement  comme nous repoussons le problème de la dette aux calendes grecques. Lecteurs, retenez encore cette dernière leçon : on a beau être un philosophe forgé au réalisme le plus forcené, il arrive que le délire vous prenne par surprise car l’homme n’est pas que raison.

Une fois l’accouchement passé  ainsi que la visite de toute la horde, la journée s’était déroulée tranquillement et j’avais retrouvé quelques gestes oubliés auprès de ma fille. Le soir, changement de service, changement d’ambiance. Vers dix heures, une sage-femme revêche faisait son entrée, me demandait si tout allait bien, me recommandait froidement de ne pas l’appeler (« nous sommes débordées ! ») et me disait enfin du bout des lèvres qu’on allait se charger de ma fille pour la nuit (la première nuit, les bébés sont généralement pris en charge par les sages-femmes ce qui permet à la mère de récupérer un peu de forces) dans une heure. J’acquiesçais timidement. A deux heures du matin, le bébé pleurait plein pot, toute à la joie de la découverte de ses talents de vocalises et, prise de vertiges, je verdissais pendant qu’à l’horizon rien ne poudroyait ni ne venait. Je finis par sonner : « Ah, on vous avait oublié… » Bon. Les soirs suivants furent semblables, je demeurais seule dans ma chambre avec le poupon et connaissais à nouveau la joie des nuits blanches. La télé devint ma compagne la plus fidèle et la plus aimable, je passais par tous les programmes télé ; j’apprenais tout,  par exemple, sur le brame du cerf. Un autre soir, rediffusion de reportages sur les sites de rencontres et sur le problème des prostituées. Plusieurs hommes témoignaient : « Ma femme vient d’accoucher, alors vous comprenez… Je vais aux putes ! ». Avec ma fille dans les bras, je m’indignai : « Bande de connards !! ». Là, la télé comme soutien, c’était vraiment foireux… Je passai alors aux architectes de l’extrême : beau métier… Pour un de mes enfants, par exemple, plus tard peut-être, dans le monde en ruines post apocalyptique, il y aura tout à reconstruire après tout.

Voilà, maintenant que tout est démystifié, même un accouchement,  c’est pile ou face désormais : soit vous serez désireux et tout bouillants de vous lancer dans la grande aventure de la vie, soit vous jetterez l’éponge que vous avez passée tout au long de cette lecture et vous déciderez que, hum, tout ceci n’est pas pour vous. Et que le monde ne vaut pas le coup qu’on s’y attache. En tout cas, pas de cette façon. Mais il y en plein d’autres… Chantal Delsol dit que « la vie est aventure » et que  « les peuples capables de durer seront forcément des aventuriers », « des êtres spirituels plus que rationnels car la raison ne court jamais l’aventure », des êtres « nourris par l’espoir, lequel n’a rien de rationnel » et espoir qui suppose que « toutes les joies du monde n’ont pas encore été répertoriées. »

Je vous souhaite,  chers aventuriers-lecteurs, de tout cœur, d’être tout à fait déraisonnables comme nous l’avons été, mon mari et moi, et avec  votre sang, votre sueur et vos larmes de traquer et  de trouver  de nouvelles joies dans vos vies.

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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