Battisti, l’assassin protégé par le Frankistan

Actu — Article écrit par le 11 juin 2011 à 14 h 10 min

Dans la foulée de l’affaire DSK, ce violeur en série dont l’oligarchie française s’apprêtait à faire un Président de la République, avant la très providentielle ingérence américaine dans nos sales affaires nationales, la France vient encore de démontrer combien elle baigne dans une crasse morale indescriptible, avec l’affaire Battisti.

Battisti, c’est un criminel de sang marxiste auquel la France a très officiellement permis d’échapper à la justice, elle s’est pour l’occasion une nouvelle fois roulée dans sa fange, et comme à l’occasion de l’affaire DSK, elle semble contente d’elle et même un peu plus, puisqu’en barbotant dans sa merde, elle croit de toute évidence administrer une leçon de chose et de morale à la terre entière.

Que nous disent ceux qui se félicitent de ce déni de justice? Que la France avait donné sa parole, et c’est sur cette hallucinante assertion, qu’il faut s’arrêter…. Ce qu’ils prennent pour la parole de la France, c’est en réalité la parole du Président de la République Mitterrand, et cette confusion mentale caractérisée nous apprend à peu près tout ce qu’il faut savoir de ceux qui profèrent de telles âneries….

Quand on a la structure mentale d’un démocrate et qu’on n’est pas viscéralement étranger au concept d’État de droit, on sait que la France, dans cette histoire, n’a donné sa parole à personne, pour la simple et bonne raison que ce n’est pas possible, que la France donne sa parole à qui que ce soit…. Autant il est possible que Cuba, la Corée du nord ou le Venezuela donnent leur parole par l’intermédiaire des potentats qui incarnent physiquement l’un de ces coupes gorges, autant il est tout à fait inenvisageable que le chef d’un état de droit s’autorise à incarner son pays, à substituer ses convictions au droit et ses jugements personnels aux jugements de cour… On peut même imaginer que dans un état de droit par excellence, au hasard les États-Unis, le Président qui s’autoriserait à incarner son pays et puiserait dans son délire matière à s’ingérer dans les affaires des juges ou des policiers se verrait empêché, destitué et qui sait, jeté en prison.

La seule parole qu’est en mesure de donner un état de droit, et c’est du reste une obligation, c’est de s’obliger à ce que ses institutions soient en bon état de marche…. En l’occurrence, ici, la France n’avait qu’un seul droit et une seule obligation, c’est à dire avoir une police qui fonctionne, qui soit indépendante du pouvoir politique et qui prenne acte de ce que la police italienne tenait très officiellement Battisti pour un criminel de sang…

Ceux qui se félicitent de l’impunité de Battisti avancent deux autres arguments qui eux aussi, en disent long sur le fait que la démocratie est un concept qui dépasse leur entendement, qui leur est fondamentalement étranger :

- Ils pensent qu’eu égard à la nature des crimes de Battisti (des crimes politiques…), ceux-ci justifieraient une amnistie.
- Ils estiment que Battisti est vraisemblablement innocent des assassinats dont la justice italienne le juge coupable.

Il s’agit là d’opinions tout à fait recevables, et il n’est pas scandaleux d’affirmer sa conviction que Battisti n’a tué personne ou qu’il faudrait passer l’éponge…. Seulement, les amis de Battisti ne réclament nullement leur droit à dire ceci (ils l’ont déjà, en France comme en Italie), ils ne plaident pas le droit pour Battisti à se déclarer innocent ou à demander une amnistie, ils n’exigent même pas qu’un juge puisse décréter son acquittement, pour le dire d’un mot ils ne sont pas en demande de droit mais exigent au contraire qu’on le bafoue autoritairement, que la justice soit empêchée par la force afin que leur opinion personnelle tienne lieu de décision de justice .

En empêchant l’extradition de Battisti, Mitterrand n’a rien fait d’autre que de se livrer à un abus de pouvoir, il a contraint par la force la police à ne pas remplir sa mission, et j’en veux pour preuve que si un policier avait pris sur lui d’ignorer les requêtes de ses confrères italiens pour des raisons de convictions personnelles, il aurait été peut-être condamné par la justice française et sans aucun doute chassé de son administration.

Affirmer que la France a donné sa parole au prétexte que le chef de l’État a donné la sienne sans que rien ne l’y autorise, c’est dire en substance que le droit ne concerne pas les représentants de l’État, que la volonté générale doit se sustituer au droit, que le droit doit plier sous la volonté politique….

Mais dans le fond, tout est logique… Battisti est un assassin marxiste qui voulait imposer ses vues par la force, il est bien logique que ses amis proches ou lointains, les Communistes ou les Jacobins, ne voient rien à redire à ce qu’on impose son impunité par la force, dans le cas de l’affaire Battisti en contraignant des fonctionnaires de police à foutre des dossiers à la poubelle…. Très concrètement, cela veut dire que la police italienne à signalé un assassin à ses homologues français mais que le chef de l’Etat leur a donné l’odre ne ne pas l’appréhender, et ce que nous apprend l’affaire Battisti, c’est que ça ne choque pas un souverainiste, qu’un tueur soit illégalement protégé par le pouvoir éxecutif, que c’est à cela qu’il pense vraiment, quand il évoque la parole de la France en faisant plein de gestes ridicules, avec des trémolos plus grotesques encore que ceux de Villepin à la tribune de l’ONU.

Si la France était les États-Unis, la fameuse Doctrine Mitterrand aurait été suffisante pour qu’un juge force ledit Mitterrand à s’excuser publiquement à la télévision juste avant de se voir jeté de l’Élysée à coups de pieds, avec obligation de ne plus jamais s’en approcher à moins de dix kilomètres.

Prenons pour finir un peu de hauteur: que nous rappellent les affaires Battisti et DSK? Qu’il nous faut remercier chaque jour le ciel de ce que la France ne soit plus un pays souverain depuis 1940. Puisque Les Jacobins qui la tiennent en coupes réglées estiment que ce qu’ils appellent la parole de la France justifie pleinement que l’on mette les cours de justice en jachère, nous ne pouvons imaginer qu’en tremblant ce à quoi ils s’autoriseraient, si leur pré carré n’avait de compte à rendre à personne et s’il n’était pas un petit trou paumé au fin fond de l’alliance atlantique, c’est à dire d’un ensemble à peu près civilisé…

Addendum: Je me suis éloigné de quelques pas, et je viens de comprendre de quoi parle ce texte que j’ai écris il y a quelques jours, ce que dévoile l’affaire Battisti et ce qu’il y a d’intérêt à l’évoquer, à sauvegarder le phénomène, comme le dit Houellebecq… Que voit-on? Des gens totalement effrayés par leur éventuelle libération, qui rêvent qu’un homme providentiel incarne la France, c’est à dire leur pays, c’est à dire d’une certaine manière eux-même.
Ils s’accrochent à l’idée que si leur patrie, c’est la France, c’est Mitterand qui l’incarne ici, qu’en parlant, il a donné leur parole… Ce que montre cette tranche d’actualité, ce sont des gens pris de panique, et ce billet, c’ est dans le fond une toile où est croquée une foule prise de panique dans un incendie, rien d’autre.

Pourquoi tant de gens haïssent le Président Sarkozy? La réponse tient en une phrase: il ne fait pas président. A chaque apparition, et par sa seule présence, il menace de ne plus rien incarner du tout, malgré son titre, et l’antisarkozisme n’est rien d’autre qu’une expression de panique.

    12 commentaires

  • Saku dit :

    Excellent billet!
    Vous retournez un à un tout les arguments des pro-battisti, en particulier cette histoire de parole donnée…

  • XP dit :

    Merci!

    Mais beaucoup plus que de retourner les arguments de ces gens-là, ce que j’ai voulu faire, c’est décrire ce que dévoile vraiment cette affaire: des gens totalement effrayés par la liberté, qui refusent de vivre, d’une certaine manière, et qui rêvent qu’un homme providentiel « incarne » la France, c’est à dire leur pays, c’est à dire eux même.

    « La France, c’est ma patrie, Mitterand incarne la France, il a donné la parole de la France….  »
    D’où leur panique quand ils ont vu que peut-être, ça ne marcherait pas comme ça, que personne n’incarne leur pays par procuration…
    Voilà, c’est de ça qu’il s’agit… D’une recherche de servitude et de panique.

    • XP dit :

      D’ailleurs, ce texte me laissait sur ma faim… Je viens d’y ajouter quelques lignes:

      Addendum: Je me suis éloigné de quelques pas, et je viens de comprendre de quoi parle ce texte que j’ai écris il y a quelques jours, ce que dévoile l’affaire Battisti et ce qu’il y a d’ intérêt à l’évoquer, à sauvegarder le phénomène, comme le dit Houellebecq… Que voit-on? Des gens totalement effrayés par leur éventuelle libération, qui rêvent qu’un homme providentiel incarne la France, c’est à dire leur pays, c’est à dire d’une certaine manière eux-même.
      Ils s’accrochent à l’idée que si leur patrie, c’est la France, c’est Mitterand qui l’incarne ici, qu’en parlant, il a donné leur parrole… Ce que montre cette tranche d’actualité, ce sont des gens pris de panique, et ce billet, c’ est dans le fond une toile qui montre une foule prise de panique dans un incendie, rien d’autre.

      Pourquoi tant de gens haïssent le Président Sarkozy? La réponse tient en une phrase: il ne fait pas président. A chaque apparition, et par sa seule présence, il menace de ne plus rien incarner du tout, malgré son titre, et l’antisarkozisme n’est rien d’autre qu’une expression de panique.

  • Aquinus dit :

    Comme une lointaine résurgence de cette terrible chose que fut la monarchie absolue, celle qui a jacobinisé notre pays, brisé ses provinces, aboli ses droits et privilèges locaux, transformé une noblesse enracinée et indépendante pour en faire les poudrés impuissants de la cour parisienne.

    Nous tournons toujours autour de ce concept avec DSK: ne pas oublier qu’il s’est fait gauler dans un territoire (NYC) où la justice est rendue de façon infiniment plus proche des gens c’est-à-dire des victimes potentielles de DSK, qu’au nom du pouvoir et de l’Etat c’est-à-dire des complices de DSK. Si le procureur de NYC et le chef de la police se foutent ouvertement de la gueule de leurs électeurs, ils perdent leur boulot et les avantages qui vont avec.

    De la même manière on peut imaginer qu’en 1600 un banquier d’Ile-de-France pris la main dans le sac en en Béarn, aurait eu un peu plus de mal à être rapidement évacué et couvert par les siens, parce que la justice locale avait peut-être et paradoxalement plus de comptes à rendre aux gens du coin que celle d’aujourd’hui rendue démocratiquement depuis une Paris. Parce que la noblesse béarnaise était rivale et non entièrement soumise aux diktats parisiens, et aurait donc eu intérêt à ne pas s’applatir devant le roi mais à sauter sur l’occasion pour renforcer les droits de leur province.

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