Archives pour décembre 2010


Vendetta, R.J. Ellory

Littérature — Article écrit par le 7 décembre 2010 à 11 h 08 min

Seul le silence, premier roman traduit en Français de R.J. Ellory avait posé son auteur et sa maison d’éditions, Sonatine. C’était l’histoire relativement classique d’un tueur en série servie par une écriture sèche, sans fioriture, avec un goût de cendre dans la bouche. C’était surtout le style qui m’avait causé dans cette histoire, un polar crépusculaire (j’utilise bien sûr cet adjectif à dessein, c’est le mot à la mode dans le monde du polar sur la quatrième de couverture, crépusculaire est au polar ce que festif et citoyen sont à la mairie de Paris). J’ai récemment lu son deuxième roman traduit en Français, Vendetta.

On retrouve un type mort dans une bagnole, littéralement massacré. On se rend vite compte que le macchabée est le garde du corps de la fille du gouverneur de Louisiane, et que celle-ci a été enlevée. Le FBI est sur les dents et cherche sans trouver la queue d’une cerise…L’assassin prend contact avec le FBI et déclare qu’il va se rendre et tout leur dire à la condition qu’il livre tous ses secrets uniquement à un obscur fonctionnaire du ministère de la Justice, Ray Hartmann, qui bosse à New-York, lui-même perturbé par des problèmes familiaux. Donc Ray Hartamnn débarque à la Nouvelle-Orléans, ville de son enfance…pour causer à Ernesto Perez, kidnappeur de la fille du gouverneur Ducane et tueur de la Mafia depuis une bonne quarantaine d’années…Il raconte donc son histoire, son enfance en Louisiane, fils d’une Américaine et d’un Cubain, boxeur dans des combats clandestins…qui commet son premier meurtre à l’âge de 15 ans, lorsqu’il plante un représentant de commerce essayant de lui refourguer des encyclopédies…et puis son enfance dans le Sud des USA finit avec la mort de sa mère…Il prend alors la tangente pour La Havane, patrie de son père…et là commence réellement son éducation mafieuse…Alors on voyage pas mal, on va de la Nouvelle-Orléans à la Nouvelle-Orléans, via La Havane, Miami, Vegas, New-York, Los Angeles, Chicago, re-NY…

Bon vous avez saisi l’histoire, l’enlèvement de la fille du gouverneur de Louisiane n’est qu’un prétexte pour dérouler l’histoire des USA du point de vue mafieux à partir du milieu des années 50…Hoffa, Kennedy, Las Vegas…tous les grands noms…

Bon Ellory, c’est pas pour rien que c’est un anagramme d’Ellroy…Vendetta se lit vite et bien, c’est littéralement un page-turner, 800 pages englouties sans problème aucun. Si je devais résumer Vendetta en quelques mots, c’est:

Vendetta= American Tabloid∩American Death Trip∩Casino∩Les Affranchis∩Le Parrain∩Le Samurai…

Vous aurez compris, Vendetta est une compilation de seconde main des grandes oeuvres qui ont traité du crime organisé, c’est un peu un reader’s digest du genre. Si vous connaissez bien le sujet, vous n’apprendrez rien de nouveau, si le sujet vous intéresse et que vous êtes novice…alors ça peut le faire. Sur le sujet, je recommande mais très chaudement Trinités de Nick Tosches, que j’ai lu il y a plus d’un lustre et dont le souvenir reste vivace..(relecture et chronique à venir courant 2011…)


Cantona et les banques

Economie — Article écrit par le 6 décembre 2010 à 19 h 18 min

Je n’avais pas beaucoup envie de parler d’Éric Cantona. D’abord parce que son histoire de retrait d’argent n’a pas grand sens, ensuite parce qu’il m’est, je ne sais pas pourquoi, vaguement sympathique. Disons plus que la moyenne des joueurs de soccer. Un bête préjugé, sans doute.

Aussi, lorsqu’un aimable lecteur à nom de chaton nous a envoyé sur la boîte d’Ilys un extrait de la prose des tireurs de buts et d’argent, mon premier mouvement a été de chercher en P2P un album fait par Greg voilà quelques années, plus ou moins commandité par une gande banque française, et qui s’appelait Achille Talon et l’archipel de Sanzunron. On y voit Hilarion Lefuneste se mettre à détester l’argent et prôner un sain retour à la vie sans banques ni billets dans un paradis tropical du nom de Sanzunrons, où il entraîne son voisin Talon. Le paradis s’avère bien entendu un enfer et d’aventure en aventure la moralité de l’histoire est que chacun des personnages venus là pour fuir l’argent et la banque les réinvente naturellement et nécessairement au cours de ses activités quotidiennes.

Il s’agit donc de s’en aller retirer demain 7 décembre tout son argent de sa banque. C’est idiot. D’abord parce que la banque sera fondée à refuser, il est rare qu’on puisse retirer de grosses sommes d’un coup sans prévenir à l’avance. Les comptables de Mme Bettencourt en savent quelque chose. Alors vous pensez que Mme Michu, hein… Ensuite c’est absurde parce qu’il suffirait, pour que ce soit possible, que la banque centrale imprime quelques dizaines de milliards. Elle le fait chaque jour – ou plutôt elle fait quelque chose qui y est équivalent sans avoir à imprimer physiquement les billets – pour racheter en sous-main des emprunts d’État de pays dits périphériques de la zone euro. Alors pourquoi pas pour les copains de Cantona ? De plus c’est parfaitement irresponsable : combien de gens se feraient délester dans la rue avec toutes leurs économies dans leur cabas ? Combien de grand-mères se feraient piquer leurs biffetons cachés sous le matelas ou entre les paires de draps ?

Néanmoins l’inculture économique est telle qu’il faut bien aller voir les arguments de ces gens. (Comme nous irons un jour voir les arguments du nouveau programme de la fille Le Pen avec ses histoires simplistes et idiotes de Pompidou et d’emprunt.)

Je ne sais pas d’où vient le texte, j’espère que notre aimable correspondant nous éclairera s’il est besoin.

Or donc, écoutons :

(…)

Nous, les citoyens du 21ème siècle, héritiers des générations qui se sont sacrifiées pour que nous soyons et demeurions des citoyens libres et dignes, nous exigeons la création d’une BANQUE CITOYENNE, au service des CITOYENS, une banque qui mettrait notre argent à l’abri des fièvres spéculatives, à l’abri des bulles financières toutes condamnées à exploser un jour, à l’abri des opérations qui transforment nos emprunts en actifs et se servent de nos dettes pour acheter d’autres richesses.

Nous voulons des banques qui ne prêtent que les richesses qu’elles possèdent. Des banques qui aident les petites et moyennes entreprises à relocaliser l’emploi, des banques qui prêtent à taux zéro. (*) Des banques qui soutiennent les projets qui profitent aux citoyens plutôt qu’aux « marchés » Des banques où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille. Des banques dont nous n’aurons plus à nous méfier. Des banques dont le succès sonnera le glas des marchands de morts, de maladies et d’esclaves. Sur les ruines de l’ancien système, nous voulons construire un système bancaire qui ne sacrifiera plus la dignité humaine sur l’autel du profit.

(…)

(*) Ce que les banques islamiques accomplissent avec succès en refusant la pratique de l’usure pour des motifs religieux, nous pouvons l’accomplir pour des raisons citoyennes. »

Passons d’abord sur ce qui va exciter les excités : la mention de la finance islamique. Il est bien évident que les banques islamiques, qui n’existent pas par charité chrétienne, ne prêtent pas à « taux zéro » : elles ne pratiquent pas le taux d’intérêt, autrefois dénommé usure, mais pratiquent des opérations qui y équivalent. Sans entrer dans les détails, une banque islamique ne prête pas à intérêt, mais deux stratégies principales la rémunèrent :

  • Elle peut prendre des parts dans des sociétés dont elle partage alors les bénéfices pour se rémunérer, souvent avec des clauses qui limitent ses pertes possibles. Le tout revient bien à donner de l’argent et à en reprendre le même montant plus une rémunération.
  • Elle peut acheter un bien et le revendre aussitôt plus cher (ce qui représente l’intérêt qu’aurait pris une banque non-islamique) à quelqu’un qui paiera en paiements franctionnés. On a donc bien là aussi une rémunération de l’argent prêté.

Autrement dit nos bons amis cantonesques confondent l’interdiction d’une pratique (l’usure) et l’interdiction de ce à quoi elle sert (la rémunération de l’argent prêté). Résumons : sur ce point ils sont simplement mal informés et un peu naïfs.

Reprenons donc dans l’ordre une fois ce point évacué :

Nous, les citoyens du 21ème siècle, héritiers des générations qui se sont sacrifiées pour que nous soyons et demeurions des citoyens libres et dignes, nous exigeons la création d’une BANQUE CITOYENNE, au service des CITOYENS,

Bla bla bla. En quoi cela change-t-il le fait qu’un plus un fasse deux et pas quarante-trois, et que s’il n’y a pas d’intérêt à créer, posséder, exploiter des banques, il n’y aura pas de banques ? À moins que nos bons amis ne pensent à une sorte de service public de la banque ? Il faudra donc payer pour assurer ce service via les impôts plutôt que via les tarfications bancaires commerciales. Avec ce que cela veut dire de manque de concurrence dont on sait qu’il tire les prix vers le haut et les services vers le bas. Quant à la responsabilité supérieure dans un tel système, il suffit de se demander combien d’inspecteurs des finances ont été emprisonnés en France depuis un demi-siècle après qu’on ait recherché leur responsabilité personnelle dans des erreurs ou imprudences…

une banque qui mettrait notre argent à l’abri des fièvres spéculatives, à l’abri des bulles financières toutes condamnées à exploser un jour, à l’abri des opérations qui transforment nos emprunts en actifs et se servent de nos dettes pour acheter d’autres richesses.

Précisément. Si elle ne faisait rien de cela, ce ne serait pas une banque. Ou plutôt : une banque qui ne fait rien de ce qui est ici énuméré, ça s’appelle un tupperware et on l’enterre au fond du jardin.

En outre l’argument, en plus d’être absurde au fondement, serait faux s’il avait un commencement de réalité : fièvres spéculatives et bulles financières n’existent que parce que le marché ne fonctionne pas librement. À preuve la « crise » actuelle, qui n’a été possible que parce que les banques centrales, étatiques et monopolistiques, ont maintenu artificiellement des taux bas, incitant États, entreprises et particuliers à s’endetter de manière invraisemblable pendant des années et même des décennies. Elles continuent d’ailleurs à maintenir ces taux artificiellement bas. Le déclencheur conjoncturel de cette « crise » a lui été le secteur des prêts hypothécaires américains, c’est à dire le secteur le plus contrôlé et réglementé de l’économie américaine ; ce qu’on appelle maintenant Freddy Mae avec une ironie contractée, c’étaient deux entreprises géantes en fait gérées par le trésor américain, et qui n’étaient plus des entreprises commerciales et indépendantes que de nom. Que ce soient les banques centrales ou le trésor américain, pourquoi ont-ils agi ainsi ? justement pour prétendre faire ce que réclament les cantoniens : une finance meilleure, plus juste, plus humaine, qui prête aux pauvres et patin et couffin. La régulation n’est jamais une solution : elle est toujours le problème, car elle ne peut tout prévoir, elle rigidifie, elle permet à des situations anormales de se perpétuer et d’enfler jusqu’au point où leur absurdité explose en provoquant des dégâts énormes.

Nous voulons des banques qui ne prêtent que les richesses qu’elles possèdent. (…)Des banques où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille.

Bref ils veulent tout et son contraire, comme d’hab. Soit la banque prête et il y a un risque, soit elle ne prête pas, et il n’y a pas de banque. Encore une fois : une telle banque, c’est un tupperware rempli d’or et enterré au fond du jardin. Mais pour avoir une carte bleue, vous pouvez vous brosser chers amis.

Des banques qui aident les petites et moyennes entreprises à relocaliser l’emploi,

Traduisons : des banques qui détruisent de la richesse au lieu d’en créer. Parce que pour produire dans le Loir-et-Cher plutôt qu’à Vientiane, il faut payer la différence, consistant non pas tant en salaires qu’en charges sociales. Mais avec l’argent de qui faire ça ? qui acceptera de mettre son argent dans une banque qui lui rendra seulement 20% de ce qu’il aura déposé en expliquant que le reste a été utilisé pour « relocaliser des emplois » ? Pas nos bons cantoniens, qui veulent une banque où déposer leur argent en laquelle ils puissent avoir confiance.

Des banques qui soutiennent les projets qui profitent aux citoyens plutôt qu’aux « marchés ». Des banques dont nous n’aurons plus à nous méfier. Des banques dont le succès sonnera le glas des marchands de morts, de maladies et d’esclaves. Sur les ruines de l’ancien système, nous voulons construire un système bancaire qui ne sacrifiera plus la dignité humaine sur l’autel du profit.

D’abord sans les grands méchants marchés financiers, il y a longtemps que nos sociales-démocraties européennes citoyennes, humanistes, éthiques, écoquitables et tout le toutim auraient fait faillite puisqu’elles vivent à crédit depuis des décennies. Ensuite sans les marchés, comment les entreprises se financeraient-elles ? Comment arriveraient-elles à couvrir les risques sur leurs matières premières sans les contrats à terme et autres produits dérivés ?

Les pays où il y a peu de marchés financiers, il en existe dans le monde. Par exemple le marché financier du Somaliland est assez étique, ce qui le rend probablement aussi très éthique aux yeux de nos bons apôtres. Reste à savoir si les habitants de cette joyeuse contrée ne préféreraient pas avoir un peu plus accès aux grands méchants marchés financiers. Il faudrait leur demander ce qu’ils pensent de leur dignité du côté de Mogadiscio. Et s’ils seraient prêts à la sacrifier pour avoir accès aux crédits et à la consommation pour s’acheter à bouffer, des iPad et avoir des téléphones Samsung gratos (qui sont gratos chez nous parce que les entreprises de télécommunications peuvent emprunter un peu plus chaque fois qu’un client s’engage sur 24 mois). Ce serait instructif d’avoir l’avis des Somalilandais.

À défaut, on recommandera aux amis de M. Cantona de tenter l’expérience inverse et d’aller s’installer là bas, contrée de lait et de miel où règnent, c’est bien connu, la concorde, la dignité humaine et la prospérité puisque le système financier y est réduit à sa plus simple expression, que ses méfaits insignes y sont réduits par la force des choses.

 

On le voit, ces propositions (à peine des propositions… ces vagues velléités mal attifées de morale dévoyée) n’ont pas de sens, elles sont contradictoires et relèvent d’abominables utopies qui, en général, quant elles arrivent à trouver un début d’application, finissent dans des charnier bourdonnants de mouches à viande.

Heureusement donc que demain M. Cantona ne mettra rien à mal. Sauf peut-être quelques automates distributeurs de billets. Et encore.

Les conseils qu’on peut donner aux gens à propos de leur banque sont bien plus simples que ces contes pour grands enfants un peu retardés et autres fadas de la citoyenneté suractivée :

  • D’abord ne soyez pas à découvert. Ça coûte horriblement cher.
  • Pour ne pas être à découvert, ou le moins possible, commencer à mettre un peu d’argent de côté chaque mois, même si ce n’est que vingt euros, sur un compte épargne.
  • Choisissez votre banque. HSBC avec ses tarifs chers et pléthore de services en échange, en avez-vous besoin ? Si vous n’utilisez que trois services différents dans l’année, allez plutôt à la Banque postale.
  • Investissez votre argent, ne le laissez pas dormir : ce n’est pas très compliqué, ça peut même être amusant, et il y a des produits peu risqués à condition de se renseigner un minimum sans se laisser dicter aveuglément ce qu’on fait par l’un ou l’autre.
  • N’achetez jamais un produit d’épargne en fonction de l’avantage fiscal qui y est provisoirement attaché (sauf si vous êtes très riche, mais là votre conseiller en gestion et optimisation de patrimoine le fera pour vous).

Évidemment si Éric Cantona disait cela, les journalistes n’en parleraient peut-être pas…

Évidemment aussi ça ne vous protègera pas d’une catastrophe monétaire qu’on sent monter, on y reviendra, ce n’est pas le but ici. Mais ça vous permettra de ne pas nourrir contre votre banquier un ressentiment inutile qui pourrait vous jeter dans les bras de pareils démagogues.

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Dans justice, il y a hochet

Droit — Article écrit par le 6 décembre 2010 à 16 h 49 min

Le procès Papon avait été filmé. Il aurait du être largement diffusé depuis longtemps -comme la loi le prévoit dans le cas des procès pour crimes contre l’humanité. Il ne l’a été que confidentiellement. Peut-être que cette frilosité tient au fait que le procès a été un fiasco complet et une plaisanterie jusqu’à son verdict. Peut-être faudra-t-il attendre 2048. Le procès Papon s’est tenu plus de cinquante après les faits, la diffusion libre du procès Papon aura sans doute lieu cinquante ans après que le procès ait été tenu.

J’espère qu’on me laissera le regarder à l’hospice.

Je dis tout cela parce qu’un nouvel exercice passionnant de justice et de mémoire (certains disent d’histoire) va bientôt se dérouler à Paris.

Le procès des années Pinochet.

Sans Pinochet.

Sans les principaux accusés.

Et en fait sans aucun accusé du tout.

C’est ce qu’on appelle un procès par contumace. Ou, autrement dit, un procès pour rire. Ou, autrement dit encore, un procès pour les victimes et l’histoire. Les victimes de l’histoire. Cette dernière n’a cependant rien demandé à la justice et la jugera peut-être sévèrement ensuite. Folle hubris que de vouloir dire l’histoire dans les prétoires… Mais que voulez-vous ? On sent chez certains professionnels du droit un dépit terrible. D’où cette atroce manie de déclarer comme historiques les procès avant même qu’ils ne soient tenus. Et de se faire ses petites archives télévisuelles.

Les journalistes sportifs font exactement la même chose avec des sujets moins sérieux et des statistiques. Puis, à la moindre nouveauté ou anomalie dans ces dernières, ils décrètent des évènements historiques. Le PSG a gagné trois matchs de suite. Cela n’était pas arrivé depuis 1986. C’est historique.

Les accusés chiliens et autres qui ne se retrouveront pas à Paris pour leur procès ne seront pas jugés -en leur absence- selon le principe de compétence universelle. Principe qui veut qu’on puisse juger partout dans le monde les auteurs des crimes les plus graves, quelques soient la nationalité des auteurs ou des victimes ou encore du lieu où a eu lieu le crime. C’était en application de ce principe là que le juge espagnol Baltasar Garzón avait rallongé le voyage de Pinochet à Londres en 1998. Mais pas de compétence universelle cette fois.

Autant dire qu’il va être rapidement assez compliqué de trouver quoique ce soit d’historique à ce procès.

Qui se concentre donc sur les victimes françaises sous Pinochet. Parmi lesquelles on trouve un conseiller de Salvador Allende et un ancien prêtre « reconverti dans la réforme agraire ». Et deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), qui était un mouvement de lutte armée rêvant d’une société sans classe après une transition de dictature du prolétariat. Les deux premiers ont disparu dans l’effervescence du coup d’État. Les deux autres ont disparu bien après. L’un en juillet 1974 au Chili. L’autre en novembre 1975 en Argentine, après avoir été arrêté au Chili en octobre 1973, détenu un an puis expulsé en France.

Disons les choses clairement. Les deux premiers sont -avant tout- des dommages collatéraux. Victimes de la situation avant de l’être des hommes. Tandis que les deux seconds sont des mercenaires tombés au front. Et depuis quand les mercenaires sont-ils des victimes ?

On fait donc un procès par contumace avec rien du tout.

Ni accusés. Ni victimes. Juste des avocats, des magistrats, des « grands témoins » (traduisez des témoins qui n’ont rien vu) et des familles de disparus.

Je ne veux pas avoir l’air de donner des conseils à ces familles des disparus, mais un colloque aurait été très bien aussi. Alors, oui, je sais que que rien ne vaut la solennité d’une cour d’assise, même sans jury populaire. Mais peut-être était-il possible de louer la salle ? Et pour la mise en scène, je suis sûr que Robert Hossein, qui acquittait Seznec au théâtre il y a peu, s’en serait très bien chargé. Avec la juste la dose d’émotion qu’il faut. On aurait même pu ressusciter Pinochet pour l’occasion. Avec peut-être Michael Lonsdale dans le rôle ? Ou Kad Merad ?

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Miss natio et vive la concurrence

Actu — Article écrit par le 5 décembre 2010 à 22 h 01 min

Je découvre ce matin que Miss France est Miss Bretagne. C’est amusant quand on se souvient que la dite « Mme de Fontenay » avait déclaré que les Bretonnes et les Alsaciennes n’étaient pas jolies car pas assez métissées. La beauté selon elle étant indiscernable du métissage. Je ne sais pas si le propos concernait toutes les ethnies peuplant la planète. La victoire de la Bretagne, région magnifique par ailleurs, rend sa mise à l’écart plus agréable encore.

On se souvient aussi que la Fontenay a toujours sanctionné les miss se voulant trop sexy. Ce qui a conduit à son départ suite à un désaccord avec Endemol. Serait-ce les difficultés, les effets de la saine concurrence ? En tout cas, les photos de Miss Natio sont beaucoup plus suggestives que celles qu’on a l’habitude de voir pour Miss France. Maillot échancré, petite robe remontée, poses sur des tables, un lit, sur le parquet ; il y a du relâchement. Les filles mêmes apparaissent plus charmantes que les beautés longilignes et souvent fades de Miss France. Par un étonnant paradoxe Miss Natio va plus loin dans le sensuel, bien loin de la chaste dignité prônée par la vieille peau.

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Daily Booty Revival

Ilys girls — Article écrit par le 4 décembre 2010 à 15 h 49 min

De temps en temps, un peu de nostalgie ne fait pas de mal. Les fans de petite-mort auront une pensée émue à l’évocation de cette catégorie qui faisait leur joie quotidienne. Les autres découvriront de quoi il était question et trouveront peut-être que c’était bon.

C’était le bon temps même.

Le concept de la Page Three Girl (PTG pour les intimes) est désormais adaptable à ILYS. Dans une version Page One Girl (POG). Regardez. Là. En bas à droite. Sous la chaste dénomination « Photos ». C’est que, sous la pression de certains des membres d’ILYS, des chatons seront également mis en avant dans cette section. Ne me demandez pas exactement pourquoi. Ce n’est pas que je ne trouve pas les chatons mignons hein. Ils le sont. Adorables.

C’est juste que je supposais que nous en avions déjà tous au moins un chez nous. Et que notre problème, si on doit en avoir un, n’était pas vraiment de manquer de chatons mais plutôt de jolies filles dénudées.

Mais j’ai du me tromper.

Tant mieux.

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Les trains d’immigrés qui traversent la Suisse et arrivent en France

Vidéo — Article écrit par le 3 décembre 2010 à 20 h 17 min

Sur la TSR.


Villepin, carpette mondiale

Actu — Article écrit par le 2 décembre 2010 à 10 h 03 min

Il y a très exactement 205 ans, Napoléon Ier remportait la « Bataille des trois Empereurs », du côté de l’actuelle Moravie, en République tchèque…Austerlitz, optimiste plaine, assurément…C’est une grande date pour la France, du moins pour sa grandeur, le 2 décembre.

  • 2 décembre 1804, Sacre de Napoléon Ier, magnifiquement mis en image par David, à Notre Dame de Paris…tableau visible au Louvre
  • 2 décembre 1805, victoire d’Austerlitz qui assure à Napoléon Ier le contrôle de l’Europe continentale.
  • 2 décembre 1851, coup d’état de Napoléon III

Bref, le 2 décembre est une date importante, que l’on doit célébrer comme il se doit.

Dominique de Villepin, haut fonctionnaire aux responsabilités par le fait du prince, a écrit de nombreux ouvrages traitant de l’Empereur. En 2005, il est le premier ministre de Jacques Chirac et accessoirement de la France. Admirateur déclaré de Napoléon Ier, deuxième personnage le plus important de l’État, je l’attendais du côté d’Austerlitz, le 2 décembre 2005 afin de commémorer cette date symbolique…date à laquelle la France n’a jamais été aussi puissante, aussi porteuse d’idéaux que lui, Villepin…

Rien, que dalle, pas une manifestation de l’État…pas une commémoration officielle…pourquoi? Franchement…je cherche et ne vois qu’une explication…La France vient de sortir des émeutes de banlieues, Taubira a fait passer sa loi, la loi du 23 février 2005 reste toujours en travers des associations communautaristes… et un historien sorti de nulle part compare Napoléon à Hitler, car il a rétabli le Code noir et l’esclavage…

Bref que des personnages aussi insignifiants que Taubira ou Ribbe, appuyés par des associations communautaristes…puissent empêcher la commémoration d’une date aussi importante de l’histoire de France prouve deux choses:

  • La facilité confondante avec laquelle on peut contraindre le pouvoir politique
  • Que Villepin qui aime à se décrire comme officier de cavalerie dans l’armée impériale ne vaut même pas la merde dans un bas de soie…

Sag mir wo die blumen sind

Actu — Article écrit par le 1 décembre 2010 à 2 h 28 min

C’est ici

Il faudra un jour que je cherche à comprendre pourquoi j’éprouve une telle sympathie pour le bruit que fait la langue allemande et pour quelle raison, à mesure que je vieillis, je me sens de mieux en mieux parmi  ces gens-là….

 Les marseillais me font l’effet inverse, notez-bien… Plus le temps passe, et moins je supporte leur accent à la con, leurs bras qui s’ouvrent toutes les deux minutes et ne se referment jamais, les bouches, comme ils disent eux-mêmes pour parler des pires de leur race, les bureaux de tabac qui ne prennent pas ma carte Golden parce qu’on n’est pas équipé, putaing de con….

En Allemagne, quand vous êtes sur un trottoir et que vous avez le vague projet de traverser dans les trente secondes, les automobiles s’arrêtent à titre préventif. Quand vous allez boire une bière, même si vous entendez la patronne gueuler sur son mari dans la cuisine, elle vient tout de même vers vous en souriant, elle ne monte pas sur  scène avec des problèmes de couple et de menstruations, elle ne vous fait pas partager d’autorité sa mauvaise humeur comme si elle était un chauffeur de taxi parisien.

Dans le fond, nous venons de décrire ce qu’on appelle la civilisation… Moi je suis un anarchiste qui voudrait réduire le commerce avec son prochain à la plus simple expression, et je me rends compte qu’il n’y a rien de mieux que la civilisation et l’urbanité, pour que nous arrivions enfin à nous ignorer et vivre en parfaite intelligence, comme l’a dit en d’autres termes René Girard.

Comme je ne ne fais jamais rien comme les autres, pour mes vieux jours, je vais m’acheter une maison en Sarre, juste en face de la Moselle, au milieu des brumes, et là-bas, personne ne viendra me faire chier la bite.

Je me nourrirais de leurs saucisses dégueulasses, je me saoulerais la gueule l’après-midi, et le soir, j’irais dans les pubs pour mater leurs jeunettes, car s’il y a bien un truc qui ne se dément pas, c’est bien qu’elles sont appétissantes, les pisseuses teutonnes.


Sag mir wo die blumen sind

Vidéo — Article écrit par le 1 décembre 2010 à 0 h 19 min

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