Maniement habile (de nain)
Le 08/02/10 à 12:15 par Mike Steve Donovan
Un vélo d’enfant. En pleine ville. Un tout petit vélo. Sur la route. Et sur le vélo, le buste penché en avant, un affreux front bombé occupant son visage comme l’armée allemande la France, une infâme petite naine. Aux commissures de ses lèvres, un peu de rouge. Du sang probablement. D’enfant sans doute. Le possesseur du vélo certainement.
Bordel.
Nos enfants ne peuvent plus jouer dehors sans tomber sur un nain.
Il n’est que neuf heures du matin.
Et cette chose m’arrivant au genou, tentant maladroitement de pédaler sur un minuscule vélo, va probablement finir, à son rythme, par me bloquer le passage pendant quelques secondes.
Elle n’a pas vu le passage clouté ?
Vous me direz, le danger pour elle vient plutôt de ce qui vient sur les côtés ou d’au-dessus, que d’en bas. Ce n’est pas en tombant à deux kilomètres heure et de vingt centimètres de hauteur qu’elle risque de faire mal. Par contre, pour peu qu’un 4×4 équipé d’un pare-buffle passe par là…
Prions.
Mais non.
Je pourrais bien entendu lui décocher un grand coup de pied dans la gueule. Briser sa petite mâchoire. Me saisir du petit corps étourdi pour le soulever au-dessus de ma tête et le projeter de toutes mes forces contre un mur ou un pare-brise. Ou alors le ligoter avec une corde solide et relier celle-ci à un crochet d’attelage d’une voiture à l’arrêt au feu rouge. Ou encore la bâillonner et la démembrer vivante et bien consciente chez moi. Quoique je pourrais aussi…
Il faut que je me calme.
Je ne vais rien faire du tout.
Déjà il y a du monde.
Et les gens sont certes soucieux du péril nain mais ne veulent pas une seconde que celui-ci soit réglé devant eux, dans la rue, avec une violence à laquelle ils ne sont pas préparés.
Ensuite je ne veux pas me salir ni les mains, ni les chaussures. Non. Il faut penser plus grand. Plus systématique. Il faut faire cela à l’écart. La prendre chez elle. Elle et ses semblables. Les emmener ailleurs, au secret. Le tout sans esclandre. Il suffirait sans doute de leur promettre de plus grandes jambes.
Et, là-bas, loin du monde, à l’abri d’une sorte de base, les envoyer dans l’espace dans un petit vaisseau. Il y a des planètes dont on soupçonne qu’elle pourrait abriter de l’eau. Peut-être la vie. Les nains y seraient bien là-bas. Ils auraient tout l’espace dont ils ont besoin. Tout serait adapté à leur taille là-bas. Là-bas ils pourraient enfin vivre entre eux.

Excellent. Ca me rappelle “un tueur”. Ne me dites pas que ce n’est pas archivé quelque part, d’ailleurs.
On vous a reconnu, vous êtes un lanceur de mains, non?
Une sorte de solution définitive (oups ! j’allais dire finale) au problème du nanisme, en somme.
“J’tape des nains, j’tape des nains, car je suis méchant, j’les balance sur les côtés en arrière et en avant,
J’les jette très très très haut oh-oh…
Avec mes pieds sur leur figure ça n’abîmera pas mes chaussures”
ici
nain seul ça va encore, le problème c’est quand y en a plusieurs…