Le Mensonge
Le 05/02/10 à 17:49 par Mike Steve Donovan
Je suis un journaliste dans l’âme.
Je ne m’intéresse pas aux trains qui arrivent à l’heure, modérément à ceux qui arrivent en retard mais je suis immédiatement intrigué par ceux qui n’arrivent pas. Du tout. Autre symptôme, je crois être lu et, pire encore, je suis fermement persuadé que ce que j’écris a une incidence.
Il faudrait me faire soigner.
Voilà pourquoi je ne vais vous entretenir que maintenant de la dernière pièce de Pipo Delbono, La Menzogna (Le Mensonge), qui se joue jusqu’à demain, me semble-t-il, au théâtre du Rond-Point. Autrement dit, vous n’aurez pas le temps d’être tenté d’aller voir ce qui s’y trame. Trop tard.
Je disais que je n’aimais pas les trains qui arrivent à l’heure. Ce n’est pas tout à fait vrai bien sûr. Quand je les prends moi-même, je suis bien aise qu’ils le soient. Mais, alors, je ne vois plus du tout l’intérêt d’en parler.
Vous comprendrez donc que si je vous parle de cette pièce, c’est parce qu’elle m’a horrifié.
Il me faut bien avouer quelque chose en préambule. Je n’aime pas le nu sur scène. Ou alors quand il est justifié. Et particulièrement bien justifié. Sinon je n’en vois pas l’intérêt. Or, bien souvent, le nu au théâtre est signe soit de réalisme, soit de voyeurisme. Pour le premier le cinéma existe. Pour le second il y a des établissements spécialisés à Paris qui s’en sortent déjà très bien de ce point de vue.
Ici, une jeune femme se déshabille devant nous avant que quatre ou cinq hommes ne se mettent progressivement à en faire de même. Dont Pipo Delbono lui-même. Et avant lui un trisomique, Gianluca, parfaitement glabre. Gianluca qui s’amuse sur scène à faire le petit chat. Faisant mine de se lécher les avants-bras, courant partout et imageant des coups de griffe. Avant il était, toujours aussi nu, derrière une sorte de cage en fer, uniquement vêtu de perles, à gesticuler.
C’est pratique. Les trisomiques. Ils ont une conscience altérée -pour le moins- de ce qu’on leur fait faire.
Alors pourquoi se priver ?
Et entre ces performances d’artistes (dont le célèbre Bobo, cinquante ans en hôpital psychiatrique, sourd et muet), des acteurs en soutane et autres beuglaient, criaient, oui, simplement criaient, dans le micro tenu par Pipo Delbono pendant au moins cinq minutes. Et ce n’est qu’un exemple.
Il me faut avouer autre chose. J’aime, quand on m’immobilise pendant une heure et demi dans un théâtre, qu’on me dise quelque chose. Et, de préférence, quelque chose de subtil. Sinon je peux toujours regarder Canal + de chez moi.
Ainsi, si je puis entendre que les curés sont des pervers liés à la mafia, si je puis entendre que les ouvriers sont des personnes seulement humbles et travailleuses, si je puis entendre que la domination sociale est partout et que les puissants sont des êtres dégénérés, j’aimerais tout de même qu’on me le dise de manière subtile.
Et j’aimerais aussi qu’on respecte mon rôle de spectateur. Il est facile, pour un metteur en scène, de plonger son spectateur dans le voyeurisme, dans l’embarras, de se moquer de lui, de le choquer. Quand, comme Pipo Delbono disait lui-même alors qu’il était dans le public, on ne sait pas exactement quand le spectacle commence, c’est peut-être parce qu’il n’y a pas de spectacle… Si le metteur en scène-acteur peut se balader indifféremment sur scène ou dans le public et prendre des photos de tous, je dois avouer que forte est la tentation pour le spectateur de monter également sur scène. Surtout quand ce qu’on lui propose n’a aucun sens, ou un sens trop pauvre. Mais non. Nous ne sommes pas dans la rue. Mais dans un théâtre. Les gens sont placés. Ils sont plongés dans une semi-obscurité. Ils sont dans leur rôle.
On peut trouver cette position trop confortable. Peut-être. Mais elle est indispensable si on veut mettre le spectateur en confiance. Et lui dire quelque chose. Le public ne demande pas mieux de se faire surprendre. Mais il n’aime guère être pris en otage.
J’ai cru comprendre à la fin et si on excepte la critique sociale indigente et tellement évidente qu’elle en devenait vulgaire -si je puis dire, que le corps, dans sa nudité resplendissante n’est-ce pas, lui, au moins, ne mentait pas.
Peut-être. Et encore. Avec la chirurgie esthétique, les tatouages, etc. Un corps même nu peut encore nous mentir. Mais, quand bien même. Qu’est-ce que nous dit un corps nu ? Pas grand chose. Que le type a du bide. Un sexe qui n’est pas celui à Soral. Bref, ça ne m’en dit pas grand chose sur le genre d’homme qu’il est vraiment.
Je ne comprends pas la passion des gauchistes pour les corps nus.
Au théâtre comme ailleurs, il n’y a rien de moins égalitariste qu’un corps nu. D’un coup d’œil la sélection peut se faire. On ne peut tricher que modérément. Il n’y a rien de plus discriminant que la nudité. Tandis que les femmes, ou même les hommes, peuvent par divers artifices vestimentaires et autres cacher les parties disgracieuses de leur corps et mettre en avant leurs atouts. Des gens s’étripent au moment des soldes pour des morceaux de chiffons. Des filles se maquillent pendant des heures. Avec un peu de savoir-faire et un peu d’argent, des filles pas très jolies peuvent se sublimer et même, éventuellement, rivaliser en beauté avec d’autres à l’origine bien plus belles mais ne sachant pas aussi bien se mettre en valeur.
A la limite j’ai envie de comprendre le NPA et sa candidate voilée.
Imaginons un monde ou hommes et femmes porteraient en permanence la burqa. Une noire pour les femmes. Une grise pour les hommes. C’est une idée. Le physique ne serait plus discriminant. Si on excepte certains biais sociaux qui demeureraient, la conversation reprendrait tout ses droits. Enfin. On séduirait par la seule parole. Générant, je l’entends bien, une autre forme de discrimination mais qui, étrangement, a tendance à plaire à beaucoup plus de gens. Ceux qui vous parlent sans rire de beauté intérieure par exemple.
L’idée de base est simple. Il serait formellement interdit de retirer sa burqa autrement que dans l’intimité de la chambre d’un couple marié.
Après, pour assurer le fonctionnement du système, il existe deux solutions.
Un système iconoclaste, empêchant la reproduction visuelle de personnes n’ayant pas de burqa. Afin d’éliminer la comparaison qui pourrait pousser un homme ou une femme, en découvrant leur conjoint, à se dire qu’ils ont tiré un mauvais numéro.
Ou bien l’interdiction du divorce et le châtiment sévère de l’adultère.
Voilà un système qui me semble, a priori, rêvé pour tous ces gauchistes n’espérant que l’égalité à chaque niveau.
Mais non. Essayez donc de proposer cette solution, en précisant bien qu’elle n’a aucun rapport avec l’islam, et vous verrez comment ils la recevront. Tandis qu’une Christine Boutin, qui voit certainement tous les avantages qu’elle aurait pu retirer elle-même d’une telle mesure, est par exemple pas choquée du tout par la candidate voilée du NPA. Qui, elle-même, pour des raisons esthétiques également, devrait considérer l’éventualité de passer à la burqa plutôt qu’au simple voile.

Au moins vous aurez échappé aux godes dans le derrière. Vous avez eu de la chance.
XP, j’ai du mal à croire que tu n’aies que 24 ans! tous tes articles sentent le “vécu”. Mon fils a 23 ans, il n’est pas bête (en Master scientifique), mais toi….chapeau!
Qu’est-ce que vous alliez foutre là, si ça n’est pas indiscret ? Parce que rien qu’en lisant des articles le concernant, on a des envies de meurtres – mais de là à aller voir un de ses spectacles…
On peut aussi penser qu’il est normal que le gauchiste théatreux veuille justement présenter le corps humain comme preuve dernière de nos différences, pour mieux faire oublier qu’il n’y plus de différences dans tous les autres domaines (l’esprit, les mentalités, la pensée, etc). De même le voile islamique chez besancenot n’a pas de réalité religieuse, mais bien le sens politique de : je suis musulman, donc arabe, donc discriminé, donc je lutte contre l’oppresseur. L’oppresseur, toutes ces filles le disent, ce n’est pas celui qui les force à porter voile ou bourka (elles le font d’elles-mêmes), mais celui qui les force à être tête nue. On en vient donc au fait que pour exister, il faut être discriminé-oppressé, quitte à s’affubler de tous les colifichets.
C’est une idée de nouvelle incroyable que vous tenez là:une famille, entière (parents, grands-parents, enfants…) qui ne se seraIent jamais vus, qui auraient des amis, des voisins, des collègues de travail, des petits camarades d’école, des amantes… qu’ils n’auraient jamais vu.
Enfin, quand je dis “C’est une idée de nouvelle incroyable que vous tenez là”… disons plutôt “que vous teniez là”.
Au fond, les idées, c’est comme l’argent:l’important, ce n’est pas d’en avoir, mais que les autres en aient.
Désolé, et sans rancune, j’espère! Et d’ailleurs, pour votre peine, je vous gratifie de toute mon estime. Qui sait même si je ne parlerais de vous favorablement dans mon autobiographie posthume. Je dirais que vous étiez un garçon sympathique. Sans imagination, mais sympathique.
MSD, faites gaffe, vous allez devenir cinglé à force d’aller à ce genre de spectacle. On vous retrouvera un fusil à la main en train de dézinguer le conseil municipal d’une banlieue communiste.
Je me demande juste un truc : qu’est-ce qui vous a poussé à aller voir ce genre de chose ? Une curiosité de réac poussant le sens du devoir ilysien jusqu’à un niveau d’abnégation jusque là inégalé ? Le vague espoir d’emballer une intello à lunettes et à forte poitrine qui vous a traîné au théâtre pour votre édification ? Ou bien un billet gratuit offert par le conseil général ?
La description du “spectacle” est à faire se dresser les cheveux sur la tête.
Il ya des divertissements tellement plus sains :
http://www.youtube.com/watch?v=wXDs9ki_bG4
Et effectivement, les corps nus sont une incitation à la discrimination et exposent une bonne partie du patrimoine génétique de l’individu au regard de tous – il suffit d’imaginer Brad Pitt à côté de Guy Carlier ou Diams face à Angelina Jolie, et là, forcément, une sorte de discrimination naturelle se fait malgré nous.
Il n’y a d’ailleurs rien de plus sinistre qu’un camp de nudiste. Le mot camp est assez significatif d’ailleurs.
@Tovaritch
Je suis plutôt d’accord avec vous. XP a beaucoup de talent, et il le montre une fois de plus avec cet excellent billet. Comme il est modeste et qu’in n’aime pas se faire mousser, de temps en temps, il se fait appeler Xyr, Blueberry, MSD, DVI, Il Sorpasso, Nicolas… (avez vous lu le magnifique billet que XP a écrit sous le nom d’Il sorpasso qui s’intitule “attentat suicide? un petit bijoux), mais ça ne trompe personne. On reconnait sa griffe.
Pipo Delbono, je me souviens, j’ai bossé dans un théâtre comme étudiant, il allait y venir jouer. D’ailleurs, il présentera ce spectacle fin du moins de Mars dans ledit théâtre.
Rétrospectivement, j’ai eu de la chance de travailler sur “Del Sarto”, une des rares présentations de la pièce de Musset.
Heu, j’ai vu delbono y’a deux trois ans… m’en souviens même pas. Entre deux séances de fistfucking (humour juif^^) et les concerts judéo-nazi d’exploited et de kickback, faut dire… ——->^^
ps : petit envie gratuite de traiter “nadia” (gros mec poilu pédé frustré d’ 1m90, c’est évident) de “truie” (second degré quoi, merde)^^et leroy de saloperie de bolchevik-nazi à mini-couilles détachables. Ca veut rien dire cetes, mais … que dire du néant … hmm ?
Kiss
pps : dernier comm. pas du tout ironique malgré les apparences. il est vrai que parler des ces déchets stalino-gogol n’incite pas au sérieux, avouons-le^^