Il était de bon ton, quand j’étais un jeune branleur, de détester The Police et de considérer cette bande de peroxydés comme des gros blaireaux. Quelques camarades plus indépendants avaient tenté de me convaincre du contraire. Ils avaient essayé de me faire voir les connections évidentes entre leur musique et celle de nos idoles, nous autres hard-mods. Ils avaient essayé de me les faire admettre comme des ancêtres respectables, mais rien n’y faisait : les petits sauts ridicules comme des rastas, que nous exécrions, les coupes de cheveux improbables, style mulet RDA, les fringues de nazes, en bout de ficelle, zips, fond de pantalon informe ou autre innovation douteuse dont ils semblaient spécialement friands, et surtout, surtout, Sting. Sting, ce n’était pas possible.
Je dois reconnaître aujourd’hui que je me suis trompé. Pas sur Sting. Sur The Police. Parce que des morceaux comme ” Can’t Stand Losing You”, quand même, tiennent sacrémment la route, et ne paraissent pas du tout démodés quand on les compare à la déferlante early eighties du moment, avec des groupes comme Vampire Weekend.
Le rythme haletant et suspendu, la tension du refrain terminant crescendo, et une certaine tristesse diffuse, ce morceau est parfait. Et pourtant, comme je l’ai détesté.
Oui, je le confesse, parfois j’écoute The Police. En boucle. Je sais, c’est sidérant.

La vieillesse est un naufrage …. :((((((((((((((((((((((((^^
Avec VENICE, nous reprenions du Police… ^^
http://sd-16866.dedibox.fr/juke/POP-ROCK-1009-Truthhitseverybody(Police).mp3
Merci SK. Je ressens la même chose
En même temps, un type qui a joué dans Quadrophenia ne peut pas être totalement mauvais.
http://www.youtube.com/watch?v=bi5IsOqLOi8
http://www.youtube.com/watch?v=KfUNQ91tbGI
Et puis Message in a bottle, c’est un sacré riff.
L’intro se Message in the bottle, suivi de la voix de Sting, m’ont toujours plngés dans un ennui profond, à me faire tourner tout de suite le bouton sur france info. Suis-je le seul dans ce cas?
Notez que ceci n’est pas un jugement de valeur.
Le Riff de “message in the bottle” au bout de 30secondes fait très très mal à la main du guitariste qui l’interprète… c’est un riff maboule de ouf avec des accords de quarte doublés à la quinte… bref, des écarts de doigts qui font pleurer.
POLICE EST UN TRES GRAND GROUPE !
Stewart Copeland un batteur sec, nerveux, avec un jeu de charley unique…
Andy Summers a énormément apporté au niveau des sons qu’il a utilisé. Sans Andy, pas de The Edge… avant The Edhe, LE bidouilleur en sons c’était Andy ! Ces sons clairs magnifiques… personne ne les utilisait comme lui avant son arrivée. Et puis le p’tit père a sorti des disques de Jazz, après la séparation de POLICE, pas inintéressants… il a, entre autre collaboré avec Robert Fripp… ce qui n’est pas rien…
http://www.youtube.com/watch?v=LTTHQgmpQII
Enfin, Sting, quoi que l’on puisse penser de lui (son côté “je défends le tiers monde, etc… est vite gonflant)… est un des compositeurs les plus brillants encore vivant, avec une culture musicale qui ferait pâlir le Rocker le plus aguerri… ^^
P.S : puisque j’évoquais Robert Fripp… voyez ce superbe morceau avec le chanteur de JAPAN (vous vous souvenez ? Denis L. probablement…^^), David Sylvian, dans lequel Fripp sort des sons de guitare bien inspirés…
http://www.youtube.com/watch?v=LivZtancfJg
Entièrement d’accord avec Nebo. Je rajouterais que certains albums de Sting en solo sont magnifiques. Jusqu’à son live du 11 septembre 2001 disons.
@ Nebo : En fait, je n’écoutais pas Japan à l’époque… trop jeune^^
Sinon, à propos de riff, et afin qu’il n’y ait pas que pour les guitaristes (les Français, pour je ne sais quelle raison, semblent penser que le terme est réservé aux grattes) :
http://www.independent.co.uk/news/world/australasia/men-at-work-plagiarised-down-under-riff-1889937.html
Rosco : En effet. Une des “connections évidentes”.
Nebo : cher ami, pardonnez-moi, mais le côté “hâchement technique, tu oua ” , j’y suis complètement imperméable. Dans mon hall of fame perso trônent Joy et The Stooges, alors… La technique, ça me fait penser à ces magazines de hardeux avec leurs idoles échevelées spécialistes des solos compliqués et ridicules, les steeve machin, summum du mauvais goût.
Et puis The Edge, quand même… Je préfère le bonnet de Mark Hollis.
…et puis niveau technique, c’est quand même pas le sweeping avec saut de cordes et tapping à 200 à la noire de Paul Gilbert…
Nebo vraute :
“c’est un riff maboule de ouf avec des accords de quarte doublés à la quinte… bref, des écarts de doigts qui font pleurer.”
Mouais. Vous connaissez Necrophagist, Death, Atheist ou Cynic ? …Parce qu’ils font la même chose, mais en doubles croches :^P
Apprenant la basse dans les 80’s, je passais sans arrêt de Sting à Steve Harris. Deux types de jeu que tout oppose, mais que je ne parviens pas encore aujourd’hui à départager. Ce n’est qu’en arrivant à la ville, que j’ai compris qu’il fallait dire qu’on aimait pas Maiden ou Police. Alors j’ai commencé à imiter le jeu de Peter Hook et de Machin Gallup, pour plaire aux étudiantes en lettres. Mais en réalité il n’y a pas grand chose de plus jouissif à jouer que les lignes de basse de “Bed’s too big without you” ou de “The trooper”.
Pour ceux que la voix et les gimmicks de Sting rebutent, il vous suffit d’écouter les deux premiers albums en se concentrant uniquement sur la batterie. Rien que pour ça, ça vaut le coup.
La technique c’est un truc de blaireau ; un peu comme si l’orthographe et une connaissance poussée de la stylistique faisaient de grands écrivains…
Bref quelque chose que bossent les médiocres et qui ne fait bander que les kékés.
Le génie c’est ça : http://www.youtube.com/watch?v=hm1e4DnRiAM
@Alex
C’est sûr il suffit de naître génial, de prendre n’importe quel instrument de jouer n’importe comment pour créer une musique merveilleuse. ça me rappele le discours des gens qui font directement du “free jazz”, sans savoir jouer du jazz. C’est devenu un conformisme : pour être crédible, il faut ne pas savoir jouer, ou “n’en avoir rien a foutre de la technique”. Pour ma part, j’ai souvent du dissimuler mon niveau de jeu, pour trouver des groupes avec qui jouer. Un peu comme au collège quand on doit parler à l’envers, pour pas passer pour un “bourge” et pour avoir des potes…
@step : il faut apprendre à lire…
Je parle de technique en tant qu’alpha & oméga (NDsk: “La technique, ça me fait penser à ces magazines de hardeux avec leurs idoles échevelées spécialistes des solos compliqués et ridicules), ce qui est le fantasme typique de n’importe quel semi-guitariste boutonneux.
Mais savoir jouer de la guitare, ce n’est pas maitriser la branlette à 200 BPM…
Enfin écrire “pour être crédible, il faut ne pas savoir jouer, ou “n’en avoir rien a foutre de la technique”. suite un à post faisant mention de Johnny Marr…je ne sais pas quoi faire pour vous aider, si ce n’est peut-être vous faire cadeau d’une corde.
SK, aucune importance, le problème de la “technicité” n’est pas un problème en soi… la technique n’est qu’un outil… les peintres ne peignent pas de la même façon que les hommes préhistoriques dans les grottes de Lascaux… ^^… il y en a eu des “découvertes” entre Lascaux et… disons… les impressionnistes… ces outils permettent d’exprimer des choses selon des angles différents. Même Joy Division, après la mort de Ian Curtis, ont évolué musicalement… ils sont devenus meilleurs… ^^… techniquement, justement… ils ont appris à jouer. Bon, je n’ai jamais été un grand fan de “New Order”… ^^… mais force est de reconnaître qu’ils ont su évoluer et prendre, en tant que musiciens, de l’ampleur.
Andy Summers, a su apporter des couleurs nouvelles dans ses sons de guitare, et des couleurs nouvelles, ça fait avancer le schmilblick, si j’ose dire. Une nouvelle façon d’aborder les suites d’accords, de les enrichir, pour ne pas avoir à jouer toujours de la même façon. Il suffit d’entendre les guitares sur un morceau comme celui-là…
http://www.deezer.com/listen-2304717
…ça n’est pas uniquement une affaire de technique et de “branlette” musicale… c’est tenter d’aller vers d’autres territoires non encore explorés…
C’est exactement ce qu’ont su faire également les Stooges, aussi, en un temps où tout le monde ne pensait que dans une seule direction, celle du “Flower Power”, eux se sont pointés avec des guitares énormes, violentes, crasseuses, des riffs gorgés de poison et de foutre sanglant… avec Iggy, en plus, qui montrait sa queue à la première occasion en se roulant sur des tessons de bouteilles… ouais, ça a remis les pendules à l’heure.
http://www.deezer.com/listen-2794449
Il n’empêche, que lorsque Iggy s’entoure de musiciens qui “savent jouer”, et que David Bowie se met à le produire (ce n’est qu’un exemple), cela donne des petites perles qui lui permettent d’exprimer des émotions autres que celles du… nihilisme. ;-) Parce que s’il y a bien un personnage dans le monde du Rock qui peut prétendre avoir fait le tour du Nihilisme (putain… c’est le cas de le dire) c’est bien Monsieur Iggy Pop…
http://www.deezer.com/listen-1098154
Et puis il a le sens des couleurs, Iggy Pop, pas seulement celui des guitares furieuses… ^^
http://www.deezer.com/listen-966687
Vous pouvez préférer le bonnet de Mark Hollis… mais c’est l’exemple même du musicien authentique… si vous connaissez je ne vais pas vous en faire une tartine. Il mène son petit bonhomme de chemin et souffre en silence de n’être associé qu’aux gros tubes de Talk Talk, alors qu’il dépasse de loin les limites de cet ordre.
Il est trop facile de cracher sur Steve Vai & co… déjà parce que les pistes sont brouillées. Les fameux et fumeux “Shredders” de la guitare… il y a là-dedans à boire et à manger… et Steve Vai, pour ne citer que lui, sort largement du lot, parce que son formateur essentiel fut tout de même Frank Zappa, véritable génie musicale… C’est affaire de goûts et de couleurs, certes, mais vous voyez, je suis en mesure de savourer Mark Hollis, d’enchaîner sur The Cure ou Killing Joke, avant de m’achever avec un bon Motorhead. Pour récupérer… ^^… je me soigne avec Miles Davis ou… Bach… ou Mozart. C’est ma pente naturelle : la diversité… hu hu hu hu !
Atroxe, je n’écoute pas Necrophagist, Death, Atheist ou Cynic… j’aime la lumière et au Démon je préfère le Christ… c’est, comment dire ?, une affaire de positionnement… ^^
Quand j’avais 17 piges, je jouais dans un groupe punk qui s’appelait Incubators… ouais… et bien nous étions détestés par tous les punks de notre région parce que nous savions jouer. C’est pas grave, on tirait leurs nanas en douce, dés qu’ils avaient le dos tourné… parce que, elles, elles aimaient bien entendre des suites d’accords sensés avec des mélodies dessus… ^^Et pourtant nous ne faisions aucune ballade… que du rentre dedans… on reprenait même les Cockney Rejects mieux que l’original… hu hu hu…
Un de mes solos de guitare préféré c’est celui de la chanson ” The sky is cryin’ “ par Stevie Ray Vaughan… c’est, pour ainsi dire, une ou deux notes, tout le long, tirées et étirées à l’infini… avec une émotion incroyable (si on aime le blues, le vrai, avec des couilles de taureau texan)… et bien je défie n’importe quel guitariste sachant maîtriser deux ou trois notes de jouer ce solo comme Vaughan le jouait… parce que jouer vraiment c’est mettre sa peau sur la table, comme disait Céline dans le cadre de l’écriture. Alors en effet, il y en a qui joue vite et bien, mais qui sa branlent beaucoup, c’est exact, ils doivent même (je suppute) niquer comme des lapins, mais s’ils mettent leur peau sur la table, s’ils font de la musique sérieusement sans se prendre au sérieux, qu’ils fassent du Jazz, de la samba ou de l’accordéon en bal musette, ce sont de vrais musiciens. Voilà tout…
Un bon exemple est le groupe canadien, aujourd’hui dissous, Tea Party qui se permettaient aussi bien de faire du Hard Rock à l’ancienne…
http://www.deezer.com/listen-3147105
…que du mix furieux de techno arabisante…
http://www.deezer.com/listen-3177409
…et puis les mêmes reprenaient “Heroes” de Bowie, sur scène… ou “The song remains the same” de Led Zeppelin… ou, tenez vous bien, Joy Division… et moi qui les ai vu en 2000, à Paris, au Café de la Danse, je peux vous dire que ça avait de la gueule… tenez…
http://www.youtube.com/watch?v=KUW3C3sfJBo
@Nebo : Vous voulez du blues avec les couilles ? Écoutez Rory Gallagher. J’ai commencé à jouer de la guitare après avoir entendu son Irish Tour, plus particulièrement “A million miles away”.
http://www.youtube.com/watch?v=RxiEMpcI83E
Rory Gallagher, c’est ILYS, résumé avec des notes.
Cher 1984, les deux seules fois où j’ai chialé comme un môme à la mort d’une “célébrité”, c’est récemment lorsque Bashung est mort… et Rory Gallagher en 1995. Trop de leurs chansons m’ont accompagné lors de mes dérives adolescentes, pour des raisons différentes et sur des plans différents. J’ai découvert Rory en 1977… en même temps que les Sex Pistols… j’avais 12 ans… et le premier disque que j’ai écouté de lui a été “Irish Tour” aussi. “Craddle Rock”… quelle claque ! J’ai eu la chance de le voir 3 fois… à l’Olympia… au Bataclan… et au Plan de Ris Orangis… un son énorme et un feeling redoutable. Avec mon ancien groupe nous reprenions “Follow me” et “Wayward Child” du monsieur… je n’ai malheureusement pas d’enregistrement de nos versions sous la main sinon je vous l’aurais balancé directement en lien comme je l’ai fait pour notre version de “Truth hits everybody” de Police… voir plus haut…^^
Il est mort quand j’avais 7 ans, soit 7 ans avant que je ne le découvre. Je crois qu’aujourd’hui je donnerais ma mère pour le voir sur scène…
C’est marrant, moi c’était Hendrix qui m’accompagnait – accompagne ? – lors de mes dérives, et Rory qui me ramène dans le droit chemin, avec Aznavour. Je ne me l’explique pas encore.
Nebo, votre version de “truth hits everybody” est excellente, quant à votre “culture” rock, elle me surprendra toujours. Vous incarnez sur ce blog d’élite le “clochard céleste” de la bande, félicitations. :)