Cultures molles
Le 24/11/09 à 21:34 par Il sorpasso
Là, tu commences à penser-enfin, moi, en tout cas, j’ai commencé à penser-que les italiens, malgré toutes les caricatures dont ils font l’objet chez nous : la frime, la tchatche, la Mafia, Berlusconi, les services publics défaillants, la télé paillettes, Eros Ramazzotti, le racisme sur les terrains de foot, eh bien malgré tout ça, moi, je dis qu’ils ont plus de caractère que nous, plus de personnalité que nous, plus de chien, et qu’ils se sentent bien mieux dans leur peau que nous. T’as qu’as comparer l’influence des cultures italiennes et françaises sur le reste du monde. Bon, bien sûr, par culture, je ne parle pas du Quattrocento, ni de Dante, ni d’opéra. Là, par définition on est battus en France, ils ont esthétiquement cent cinquante ans d’avance sur tous les points. Parce que, franchement, à part l’impressionnisme et nos philosophes, on a toujours été plus ou moins des copieurs austères et mégalos du style italien, non ? Bien sûr je parle pas des Romains, ça ne compte pas. Parce que les Romains, en matière d’influence sur le monde, je crois qu’on a pas fait mieux en termes d’espace et de durée, dans l’histoire de l’humanité, on est d’accord ? Non, je parle de la vrai culture populaire, de la culture effective : je parle des pâtes, des Vespas, de la pizza et de l’expresso : tu vois, toi, un coin dans le monde où en trouve pas ? Je pense aussi à toute l’influence de l’émigration italienne aux Etats-Unis, les films, les acteurs, tout ça. Parce que là aussi, la personnalité des Italiens pourrait tout à fait se mesurer à la place qu’ils se sont faite dans l’histoire et la culture américaines. Parce que aux Etats-Unis, on est d’accord, on ne pardonne pas les cultures molles, on intègre les trucs les plus efficaces, les plus universels. Nous, à part Lafayette…Vuitton, Dior, Saint Laurent, Bocuse et les bouteilles de château-margaux, O.K. Mais, je suis désolé, c’est pas de la culture populaire, ça entre pas en compétition. On a eu des colonies, partout, O.K., mais à l’échelle du “conscient collectif populaire”, si je puis dire, qu’est ce qu’on a laissé, concrètement ? Je ne veux pas faire le procès de la France, non. J’adore mon pays, je suis bien content d’être français, mais je suis critique c’est tout. Et même sur la qualité de notre cuisine. Tiens je vais finir par devenir lourd, mais t’as remarqué qu’en Italie, les mauvais restos sont rarissimes ? La proportion de bons et de mauvais restos me paraît exactement inverse qu’en France. En Italie, non seulement t’es généralement mieux reçu qu’en France, mais en plus t’es quasi-certain de bien manger. Dans la première trattoria venue, les pâtes, la pâtisserie, le café, la cuisson de la viande, les fruits de mer, tout ça c’est bon. Alors qu’en France, la brasserie du coin, on est d’accord, c’est du foutage de gueule : pain dégueulasse, salade plastifiée, vinaigrette translucide, steak-frites bâtard, carafe d’eau javellisée, desserts à goût de frigo, café merdique, serveur qui se la joue et te fait la tronche. Non ?
Nicolas Fargues, “J’étais derrière toi”, P.O.L

exactement, exactement.
lors de mon dernier voyage en Europe, je suis allé directement à Gènes, puis cinque terre, etc. Nous ne sommes pas passé par Paris.
Je ne peux plus voir la France. je ne supporte plus.
Si on trouve tant de restos excellents et pas chers en Italie, c’est parce que la cuisine italienne, même la meilleure, est très peu coûteuse à réaliser. Tous les ingrédients sont bon marchés.
Par contre, en Italie, la viande est en général trop cuite.
En espagne, le moindre sandwich chaud est délicieux et pas cher, le café dix fois meilleur qu’en France, la bière locale (Estrella, Mahou) cent fois meilleur qu’une Kro, et on peut fumer dans la plupart des bars (et le tabac est deux fois moins cher)… comptez pas sur moi pour revenir en France^^ ^^
Concours à la grosse bite très intéressant, mais à part ça, nier l’existence d’esthètes français innovateurs est quand même TRES TRES gros pour quelqu’un qui se prétend français. Le seul exemple de Fragonard invalide l’argumentation de Fargues.
Pour ce qui est de culture populaire, on n’a pas moins que les 2 000 000 000 de disques de Jackson dans notre escarcelle, parce que le mec à la base il a bien pompé sur le Marceau, lui-même héritier des troubadours, cirques et ménestrels pluricentenaires en France. Simplement l’influence française, comme il dit, c’est mou, c’est diffus, et puis c’est pas un réflexe de s’en vanter qu’on y a recours, parce que c’est pas à la mode…
Les restaus, d’accord.
@Gil
La Mahou especial est très très bonne^^ La normale, pas plus que ça par contre, trop amère.
Mais en France aussi on a des bières encore meilleures, elles sont simplement pas commercialisées… destruction du goût par la grande distribution, mais n’attaquez pas le goût français déjà lui-même sans défenseurs… Vas goûter une bière des Templiers (produite dans l’Eure) disponible dans les petits commerces, et on reparle.
C’est ridicule là d’ accuser la France en son absence, alors qu’elle n’est plus elle-même, qu’elle est diaphane. S’il avait La Hire ou le Grand Coësme ou un Ventadour en face, je peux vous dire que le rital converti chanterait d’un autre air.
Les restaus, PAS d’accord. Côté culture culinaire populaire, on rappellera que la pizza, c’est dans 99,99% des cas, de la merde (et, comme la pasta – au potentiel bien supérieur – c’est extraordinairement cher lorsqu’on analyse composition et préparation), et qu’Autogrill est le premier opérateur européen, voire mondial, de restauration autoroutière. Côté boisson c’est Caporetto : bière en-dessous de tout, vin trahi par des réglementations trop laxistes et mal respectées (surprise), espresso certainement pas meilleur qu’un bon percolateur à la française (la petite cafetière italienne en alu est employée par 0,000001 % de la population hors Italie, donc la seule version objectivement supérieure du café n’a pas été exportée), spiritueux sans intérêt (grappa = antigel avec arômes naturels).
@Mahault
“Vas goûter une bière des Templiers (produite dans l’Eure) disponible dans les petits commerces, et on reparle. ”
Non mais là… je parlais des bière communes et pas chères (bar, à la maison). Le rapport qual./prix me semble supérieur ici. Quand je reviens en France, mon père m’offre de la Kro et j’ai du mal à pas recracher^^
@denis l.
Je trouve le café dans les bars français bien souvent dégueu. Et la cafetière en alu me semble plus répandue que ça. En tout cas en Espagne on en trouve beaucoup.
Gil a raison. Même si la bouffe dans une taverne espagnole n’est pas meilleure qu’en France, c’est l’atmosphère qui fait la différence. On se sert, on crache les coquilles de pistache à terre, tout le monde discute et s’insulte, qu’on se connaisse ou pas, et à la fin tu payes au plus ou moins, sans prise de tête.
En Espagne, l’insulte est un art, on y met beaucoup de recherche, hors de question de se contenter d’un mot étranger un d’inverses les syllabes d’un mot existant. Croyez-moi, c’est dans les bars, à la mi-temps du match de foot, entre un verre de vin et des anchois frits, que la langue espagnole se recrée sans cesse et évolue.
@denis.l
Vous êtes plaisant, mais souffrez la contredite :
Quel référentiel pour le prix de la pizza ? Voilà un biais comparatif d’amalgamer pizzas “françaises” à 5€ le centimètre de croûte, et pizzas italiennes tout en déliés dans leurs dimensions volumiques et économiques ! Différentiel de prix dû au syndrôme
je-nicke-le-client-avec-mon-bénef-de50-%-et-jme-casse-au-soleil qui s’est emparé de la France, et qui, je crois, est moins vivace chez nos voisins. Trois-cent mille petits commerçants en France consomment autant d’étiquettes qu’ 1 000 000 ailleurs.
Je m’attacherai plus tard à démontrer que vous faites fausse route en qualifiant de “merdique” la composition des pizzas. Gare à trop prêter l’oreille au bruit de fond d’un radotage mariné aux fantaisies de cordons-bleus anorexiques pendus à Marie-Claire et de gargotières de ragoûts leader price, car nul doute ne persiste qu’un esprit aussi tendu que le vôtre peut par son extrème concentration se relâcher, hélas! sur ce qu’il considère comme inoffensif, et par un espiègle tour de succube, se donner à l’opinion qu’il pensait combattre en rejettant, comme une mère son enfant, ce sain et humble aliment qu’il recherchait tant dans sa quête de Sainte Gastronomie, qui est la pâte à pizza.
@ Gil : Le café des bars français est un espresso… La machine étant pilotée par un rat aveyronnais, kabyle et de plus en plus souvent chinois. Le percolateur à la française est devenu rarissime, hélas. Quant à l’espresso bu en Italie, il est un peu meilleur que le précédent, sans plus.
@ 1984 : Une mienne ex a été successivement en poste quelques années à Buenos Aires puis à Madrid. Elle est tombée de haut alors qu’elle pensait passer des ploucs à la métropole raffinée… c’était exactement l’inverse, et elle avait été particulièrement accablée de la présence constante de grossièretés dans la bouche des Madrilènes l’entourant (lesquels ne sortaient pas du ruisseau), contrastant avec le raffinement (dont elle prenait rétrospectivement conscience) des Porteños.
@ Mahault : Il ne me viendrait jamais à l’idée de manger une pizza fabriquée par un non-Italien. Merdique en surgelé cela va sans dire, mais merdique aussi (en proportion du prix) en restauration “authentique”. La pasta, c’est une autre affaire. C’est trop cher pour ce que c’est, certes, mais on peut nourrir des espérances légitimes. La pizza…
Par ailleurs, je ne lis jamais Marie-Claire, et me fais mes opinions, qu’elles soient diététiques ou gastronomiques moi-même, (ou, s’il s’agit d’investir quelque effort avant d’investir quelque argent, je ne lis que des critiques masculins, la gastronomie n’étant que très exceptionnellement une affaire de femmes). Merci bien…
Si je veux manger une chose chaude, plate et salée avec les doigts, j’opte pour une bonne Flammekueche.
Le 24/11/09 à 23:41@ le Grand “CoësRe”
Le 25/11/09 à 1:00 @ “étoufferait” son enfant
Putain on n’a même pas de correcteur automatique
@1984
Le problème en Espagne, c’est que comme tout le monde se donne du “hijoputa” et du “maricón”, quand vous voulez vraiment insulter qq un, vous n’y arrivez pas^^
@denis l. : La mainmise grandissante de ritals de cauchemar du genre Lavazza dans les bars a tendance à tirer la qualité vers le bas, sans oublier la qualité de la flotte employée, si chère et pourtant toujours à la limite de l’inconsommable. Mais en cherchant un peu chez les autres fournisseurs, et en évitant de succomber aux sirènes du “prends ton café chez moi et je t’offre tout le matos pour le préparer et le servir” qui tient lieu d’argument commercial dans la profession, il reste possible de servir un bon café. Ca n’arrive juste pas souvent.
@denis l.
En effet les Sudaméricains sont souvent choqués par la grossièreté et la brutalité des Espingouins. Comme quoi… j’ai connu un Russe travaillant en Espagne qui m’a expliqué que chez lui, on vous planterait un couteau dans le ventre pour le millième de ce qu’on dit en Espagne le plus naturellement du monde à son collègue de travail (”fils de p…”, “je ch… dans la p… de mère qui t’a enfantée”^^)
Le problème, c’est qu’on finit par parler pareil au bout de qq années…
@ Ledobra : étant en partie bolognais (docte un peu, rouge pas trop, gras non plus, mais c’est parce que je suis de nature maigre) je m’insurge. Vous savez combien ça coûte le parmesan ? et la vraie bonne charcuterie ? Et le poisson de l’Adriatique, il est soldé peut-être ? Pffffff… sans parler de la main d’oeuvre à mobiliser pendant des heures pour faire un plat de lasagnes.
@ Denis : la pizza, c’est italien si on veut, mais pas de partout. Chez moi mes grand-tantes, elles ne savent pas en faire, parce que ça ne se mangeait pas de leur temps. C’est la génération après-guerre qui a appris à faire des pizzas même dans les régions où on n’en mangeait pas. (Et ça peut-être très bon quand on n’oublie pas les anchois.)
Pizza ou pas pizza, reste que la vespa, c’est le top du style. Et puis faut pas oublier Aldo, la classe !
http://www.youtube.com/watch?v=eJ4gbcU3hww
Quand même, s’engueuler sur le prix de la pizza chez ILYS… Je vais plutôt lire quelques pages de Thierry Maulnier, tiens.
@denis l: Ce n’est pas du tout la même échelle de vulgarité qu’ici. En français, dire “Je chie dans ta putain de mère” à la place de dire “eh merde” est extrêmement vulgaire alors qu’en espagnol, “mierda” est presque plus vulgaire que “Me cago en tu puta madre”. C’est la mentalité, le climat, la nourriture, c’est un sens de la surenchère et de l’exagération constante. Chez les vieux, surtout. Observer les vieux se disputer, ça vaut absolument tout l’or du monde. C’est là que la langue espagnole prend tout son sens et toute sa beauté.
Quant aux Argentins, ils massacrent l’espagnol, ils mériteraient la mort rien que pour avoir eu l’outrecuidance de remplacer les y par des “dj”
@Gil : C’est plus difficile, ça requiert plus d’inventivité, c’est tout.
“Alors qu’en France, la brasserie du coin, on est d’accord, c’est du foutage de gueule : pain dégueulasse, salade plastifiée, vinaigrette translucide, steak-frites bâtard, carafe d’eau javellisée, desserts à goût de frigo, café merdique, serveur qui se la joue et te fait la tronche. Non ?” :
Faut pas pousser, il y a plein d’endroits à Paris ( et des brasseries) ou en Province où on peut bien manger pour un prix honnête. Faut se renseigner, c’est toujours pareil.
Par contre, pour le café, c’est vrai, il est rarement bon en France. Ne parlons même pas du chocolat. Un chocolat en Italie, c’est respectable.
Dites, c’est bien gentil avec vos guéguerres italo-franco-madrilènes, mais vous oubliez le reste de l’Europe, qui à l’instar de mon beau pays helvète, ne sait pas manger décemment (on passera sur la Suisse Romande, qui a su profiter de l’influence française pour engendrer quelques chefs de talent). D’ailleurs, ne dit-on pas “Manger en Suisse” pour se goinfrer ?
@Nicolas:
qu’est ce que vous vous dire, combien ça coûte? En France? A peu près le double du prix en Italie. Sinon on peut en trouver du très bon pour 9 euros le kilo. Pour une mozzarella di bufala, 4-5 euros.
Et, sincèrement, il ne me semble pas que la charcuterie italienne soit beaucoup plus cher que la française.
Enfin, ce que je voulais dire, c’est qu’une pizza ça ne coûte pas cher au niveau ingrédients: pâte, mozzarella, tomates, basilic…
Et j’objecterai à denis l. qu’il est très aisé de trouver une pizza correcte en Italie (en France c’est impossible, à cause du prix et du gruyère qu’on met dedans). De plus, à 4-5 euros, c’est une alternative séduisante et sérieuse au Kebab. Le truc, c’est qu’il faut d’abord trouver une pizzeria qui n’embauche pas de CPI. Mais une fois que c’est fait, vous n’êtes pas obligés d’aller verser votre taxe islamique au kebab du coin. Alors qu’en France les alternatives sont plus rares, plus chères et moins bonnes…
Sinon Nicolas, vous êtes d’où exactement?
@1984
“En français, dire “Je chie dans ta putain de mère” à la place de dire “eh merde” est extrêmement vulgaire”
Je dirais plutôt que “me cago en la puta madre que te parió” est inimaginable traduit en français; plus que choqué, le Français ne comprendrait pas… sinon en effet, ce genre d’expression est si courant qu’il en perd sa vulgarité; la mentalité espagnole tend à l’exagération (dans la moquerie, dans les histoires de cul, dans le blasphème, aussi).
“Quant aux Argentins, ils massacrent l’espagnol, ils mériteraient la mort rien que pour avoir eu l’outrecuidance de remplacer les y par des “dj””
Bé, plutôt qu’un “dj”, c’est un “j” comme en français (”la boteja”pour “la botella”). Les linguistes expliquent très bien cette substitution. Sinon, gloire à Borges, le plus grand styliste de l’espagnol au 20º s. !
Si la culture italienne est supérieure à la française dans bien des domaines (architecture, peinture, sculpture, automobile, pour ne citer que les plus évidents), ce n’est PAS le cas de la cuisine. Tout d’abord la cuisine italienne est beaucoup moins variée que la française. L’extraordinaire variété de nos plats (passer de la bouillabaisse à la choucroute, sans oublier le cassoulet ou le boeuf bourguignon) est proprement imbattable. Ensuite, comme l’a fait remarquer Denis, la cuisine italienne est chère proportionnellement à la qualité des ingrédients employés. 15 euros pour des pasta alla vongole c’est une arnaque. Ensuite, la pizza, en dehors de Naples (et encore!), bof. La pizza napolitaine authentique ne comprend que des anchois, de la tomate et de la pâte. Il est cependant évident que la plupart des Français (surtout ceux du nord de la Loire) ne connaissent pas la vraie pizza italienne, et n’ont découvert ce plat que par l’intermédiaire de son atroce version étatsunienne.
“A year in the merde”, Stephen Clarke.
Ca se lit d’une traite.
Vertumne: la vraie pizza napolitaine, la margerita, a été créée en l’honneur de la reine du même nom et comporte trois ingrédients, qui symbolisent les trois couleurs du drapeau italien: la mozzarella, le basilic, la tomate.
Et sérieusement, où est ce que vous trouvez des vongole à 15 euros???
@ denis.l
Il y a chez vous une omnicompétence à la BHL, vous intervenez sur tout, les noirs, les blancs, ici, vous faites fort, même les pizzas trouvent en vous un spécialiste, vous avez un mot sur tous les sujets et vous délivrez vos certitudes le plus souvent déshonorantes de l’air sentencieux d’un vieux bonze oriental repus, vos illusions de supériorité se répandent sur l’écran de nos ordinateurs comme une tâche de gras sur un jabot de cérémonie, vous n’êtes pas bourgeois et surtout pas gentilhomme, mais qu’est-ce que vous êtes ridicule.
J’ai rarement lu une argumentation aussi débile, digne d’un étudiant en sociologie de l’Université de Renne. Ce n’est que banalités, amalgames et évidence.
En plus, question cuisine, pour rater une pizza ou des pâtes il faut quand même le faire exprès…
L’influence Française est certes moins évidente, moins visible, mais tellement plus profonde.
@Robin des Bois
Pour juger si un commentateur intervient trop, pas assez, ou juste ce qu’il faut, il faut faire un un ratio nombre/qualité des interventions.
La dite-qualité se juge sur trois critères:l’intérêt des informations qu’elles contienent, la pertinence des raisonnements, et surtout l’intention de l’intervenant ( a-t-il le eu le scrupule de vérifier s’il a les moyens intellectuels de participer au débat avant de commenter,souhaite-il l’enrichir ou le bousiller, vient-il pour donner son opinion sur le sujet ou épancher sa nature de petit flicaillon…).
Partant, on peut conclure que vous internenez autrement plus souvent à mauvais escient que Denis.
Vous êtes un flic, Robinet, un totalitaire, de ceux avec lesquels on garnit les rangs de la Stasi quand ils ont de la chance, et ceux des proffaillons de l’éducation nationale quand ils n’ont pas les moyens de leurs pulsions.
@Skandal
Soyons juste:pour rater un boeuf bourguignon ou une blanquette de veau, il faut faire fort aussi^^
Una question aux connaisseurs:
La cuisine italienne n’est-elle que pasta et pizzas ? Car apparement, le débat ne tourne qu’autour de ça (ce n’est pas une question-piège, je n’y connais rien).
@Gil: disons que ça en constitue une grande partie, mais vous avez plein d’autres choses: le risotto, la polenta, la bagna cauda, les patisseries siciliennes (cassata, cannoli), les viandes (osso bucco,il vitello tonnato), le tiramisu,etc.
J’ajouterai que “les pâtes” c’est très réducteur. Vous avez des centaines de pâtes différentes, à combiner harmonieusement avec des centaines de sauce différentes, pour obtenir la meilleure combinaison.
Et préparer des pâtes, ce n’est pas facile. Pas UN restaurant français, même “italien”, ne sait faire des pâtes qui ne soient pas atrocement trop cuites.
Denis: j’oubliais: pour le café, il est bien plus court en Italie. Mes amis italiens sont choqués de devoir demander un café expresso extra court pour qu’on ne leur apporte qu’un demi litre de café (pas assez fort).
Mais d’après moi, l’avantage indéniable c’est qu’en Italie la variété des cafés est extraordinaire: espresso, cappuccino, marocchino, caffè latte, caffè macchiato, etc.
En France, on ne trouve guère qu’un grossier cappuccino, bien trop cher: en Italie, le café est à un euro, le cappuccino à un euro dix…
@ lebodra: en fait il semble que nous ayons tort tous les deux:
Purists, like the famous pizzeria “Da Michele” in Via C. Sersale (founded: 1870) [7] consider there to be only two true pizzas – the “Marinara” and the “Margherita” and that is all they serve; these two “pure” Piazzas are the ones preferred by many Italians today. The Marinara is the older of the two and has a topping of tomato, oregano, garlic and extra virgin olive oil. It is named “Marinara” not because it has seafood on it (it doesn’t) but because it was the food prepared by “la marinara”, the seaman’s wife, for her sea faring husband when he returned from fishing trips in the Bay of Naples.
http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_pizza
Pour la cuisson des pâtes, d’accord avec vous, les Français ne savent pas non plus choisir le bon feu. Le comble étant de les plonger dans l’eau à peine tiède et les laisser “mijoter” à feu moyen. Cela donne de grosses pâtes molles qui s’effilochent comme de vieilles chaussettes. Horrible.
@ Robin: ta gueule Robin.
@XP
Je suis pas tout a fait d’accord, mais je vous l’accorde, pour faire un bœuf bourguignon immangeable, il faut être idiot…
Sur la Pizza : c’est le plat du paysan, fait avec des ingrédients que tout exploitant agricole digne de ce nom a chez soit (pâte à pain, tomate du jardin, basilic du jardin, mozzarella du troupeau de bufflonnes au bout du champ, et si on a un peu d’argent, quelque tranche de jambon). Pour le reste, il y a autant de mauvais restos en France qu’en Italie…
@Gil : “Bé, plutôt qu’un “dj”, c’est un “j” comme en français (”la boteja”pour “la botella”).”
Non, je parlais du “yo” qui se transforme en “djo”, presque “tcho” dans certaines régions. C’est horrible, inécoutable. Mais le pire de tout, sur le continent américain, ce sont les mexicains ou les cubains. Pas au niveau de la prononciation, au niveau du rythme. Presqu’absolument toutes leurs phrases sont à contre-rythme, généralement avec la dernière syllabe accentuée, ça donne des “pendejooooo” trainants et dégoulinants alors que toute la puissance de la locution vient de l’accentuation de l’avant-dernière syllabe avec un air de dégout surjoué.
C’est un peu l’équivalent hispanique de l’accent suisse romand. Ça mérite la mort, tout simplement.
Les bonnes pizzas en France, c’est assez rare, ok. Elles sont pas mal chez Positano, rue des canettes. Je garde un souvenir ému des délicieuses pizzas de la rue des juges ( je crois…) à Naples pour une somme dérisoire.
Pour vérifier que la cuisine italienne ne se limite pas qu’aux pâtes ( elles y sont parfaites aussi), I Golosi, quartier Richelieu Drout. Une adresse à garder jalousement.
@ SK: vous connaissez Non solo cucina, dans le XVI°?
@ lebodra : ” en Italie la variété des cafés est extraordinaire ” …
… Oui, votre liste fait un peu penser à la carte de Starbucks^^
@ Vertumne : ” la plupart des Français (surtout ceux du nord de la Loire) ne connaissent pas la vraie pizza italienne, et n’ont découvert ce plat que par l’intermédiaire de son atroce version étatsunienne “…
… Pas d’accord. La plupart des Français ont découvert la pizza soit dans une gargotte tenue par des Ritals pur jus, soit dans un rayon surgelé, le produit étant d’ailleurs souvent fabriqué en… Italie. La chaîne US à laquelle vous songez n’est présente que depuis quelques années, et doit représenter 0,1% du CA des pizzerias françaises. J’ajoute – et je suis sérieux – que j’attends toujours une pizza vraiment bonne (il y en a des sympathiques, je l’admets, mais tout ça ne vole pas bien haut, hormis bien sûr le taux de rentabilité pour le gargotier), et la “meilleure” que j’aie jamais mangé (je ne plaisante pas), je l’ai mangée debout à Paris, dans un (apparemment) infâme fast food cloné d’une chaîne new-yorkaise, et je me souviens même de son nom “Meat Pano”. Médaille d’argent ex aequo : plusieurs des pizzas de la Pizzeria des Théâtres à Strasbourg, rue Brûlée (faut pas être superstitieux : le nom ne renvoie pas à un plat trop cuit, mais à un pogrome moyenâgeux^^), l’inconvénient de l’endroit étant qu’il est fréquenté par des intellectuels de gauche (TNS, Arte, j’en passe).
@ Vertumne : “la culture italienne est supérieure à la française dans bien des domaines (…) automobile (…)” …
… Pardon ??? La qualité automobile a été française des origines jusqu’à la seconde guerre mondiale. Le seul Italien vraiment génial en la matière – Bugatti – a dû s’exiler en Alsace pour trouver un sponsor (le baron de Dietrich) et surtout une main-d’oeuvre à la hauteur de son projet : produire les meilleures voitures du monde, que ce soit pour le sport ou pour le prestige. La seule invention italienne : la carosserie autoporteuse, par Lancia. Soyons sérieux. Quant au prestige italien actuel, Lancia est moribond, Alfa survit à peine, De Tomaso est mort, Abarth n’est plus qu’un label depuis longtemps, Maserati est gentil mais guère crédible, Lamborghini n’est devenu crédible que grâce à Audi, et en fait Ferrari est un peu… seul (de plus, c’est une marque d’une profondeur historique limitée : naissance fin des années 40).
@ SK : ” Je garde un souvenir ému des délicieuses pizzas de la rue des juges ( je crois…) à Naples pour une somme dérisoire. ” …
… Dans “L’Or de Naples” de De Sica je crois (film à sketches, en N & B), on voit Sophia Loren en marchande de pizza, et il me semble bien qu’elle les frit ! Ceci correspond-il à votre souvenir ?
” I Golosi, quartier Richelieu Drouot. Une adresse à garder jalousement ” …
… Bon, ben il faudra commencer par racheter tous les guides gastronomiques en vente, plus ceux qui traînent chez les bouquinistes, puisque l’adresse est celle d’un des Italiens les plus cotés de la capitale depuis quelques années^^ (on n’en attendait pas moins d’un SK, d’ailleurs)
@ Gil : ” La cuisine italienne n’est-elle que pasta et pizzas ? ” …
… Sûrement pas. Mon meilleur repas italien à Paris : il y a quelques années, la Polenta alla Bergamasca de la défunte Barcarola, servie une fois par semaine à une heure fixe, sous le regard perçant de la patronne, une vieille aux yeux bleus délavés, glaciaux comme ceux d’un Commandant de camp nazi vu par Hollywood ou ceux de feue ma grand-mère paternelle d’origine à moitié tessinoise – comparaison redondante, d’ailleurs : on ne plaisantait ni avec le premier ni avec la seconde^^
Mon meilleur repas italien tout court : à Amersfoort (Pays-Bas), il y a quelques semaines. J’étais, avec une poignée d’autres Français, invité à dîner par un archevêque (je n’en fais pas une habitude, notez). Moi qui rêvais d’anguilles fumées et autres spécialités locales, j’ai craint le pire en voyant la puissance invitante pousser la porte d’un resto rital – genre auberge, pas pluri-étoilé. En fait, le patron est devenu comme fou à la vue du col romain du saint homme^^ et plus encore à la vue de la couleur de sa chemise (les Italiens sont incollables sur ces choses-là), il nous a donné la meilleure table et a improvisé (c’était vérifiable, ladite table ayant vue sur la cuisine ouverte) un menu-dégustation : festival de poissons, de légumes, et ni pasta ni pizza à l’horizon. Mais mamma mia, quel repas (en sept ou huit services, quand même) ! Et j’ai bien eu l’impression que la facture ne reprenait de loin pas la moitié de ce qui avait été servi – délibérément, s’entend. Bref, l’opposé absolu du resto rital standard : pizza au pire, pasta au mieux, et arnaque sur l’addition. Comme quoi les miracles existent^^
@ Borin : Désolé de vous avoir traumatisé par la qualité ET la quantité de mes commentaires. Et navré d’en avoir rajouté à l’instant sur les deux tableaux. Ceci étant dit : ta gueule.
(je savais bien que j’avais laissé passer quelque chose…)
@ tapioca : ” mon beau pays helvète, ne sait pas manger décemment (on passera sur la Suisse Romande, qui a su profiter de l’influence française pour engendrer quelques chefs de talent) ” …
… Je serai d’une totale neutralité, ayant des racines (lointaines) dans chacune des trois grandes communautés linguistiques helvètes. Il me semble (j’ai la flemme de me lever pour aller au meuble contenant guides, atlas et cartes) que le Tessin a pas mal de fort bonnes tables (l’argent, il est vrai, stimule la gastronomie, et les bourgeois italiens venant visiter leur argent planqué, sont probablement d’exigeants gourmets, comme catholiques il leur faut probablement un prétexte pour aller dans le Tessin). Côté alémanique, en tout cas, j’ai le souvenir de deux très grands noms, probablement tous deux à la retraite (ou morts – en tout cas pour le second, j’aurais bien vu un petit VIH) : Hans Stucki au Bruderholz (Bâle) et Max Kehl à Zollikon (Zurich).
@ Vertumne : “Gargote”, avec un seul “t”. Vous aurez rectifié de vous-même^^
@denis.l : vous avez mis le doigt (et la langue aussi, ne soyons pas sectaires) sur le point crucial : si la Suisse sait faire à manger, c’est
1. pour nos amis exilés fiscaux (et les banquiers qui en profitent)
2. en pompant allègrement sur la cuisine des autres, à quelques exceptions près, très intéressantes
L’art culinaire helvète originel étant principalement composé de patates, de cornettes, de fromage (les trois mamelles du Betty Bossi suisse alémanique et de la tambouille militaire), de légumes peu nobles et de saucisses, on ne peut décemment pas considérer ceci comme de la grande cuisine. Tout ca pour dire que la cuisine française et la cuisine italienne sont au panthéon de mes plaisirs gustatifs, et que vous voir vous quereller là-dessus est triste quand on voit ce qu’on peut manger dans n’importe quelle autre pays, si possible au Nord des Alpes
P.S : la cuisine tradi tessinoise me fait quand même supérieurement plaisir : en bas de mon taf, il y a un restau ticinese qui nous sert de la polenta gros grain accompagné de pain tessinois, j’en salive à chaque fois
@ Tapioca : Certes, mais vos banquiers (et leurs clients étrangers) ont fortement contribué à tirer la société helvète vers le haut, et cela s’étend à la gastronomie – non seulement à travers les exigences desdits clients, mais plus généralement à travers l’enrichissement de la Suisse, condition d’une plus grande diversité alimentaire (sans même parler du maintien subventionné de l’agriculture traditionnelle). N’ayez aucun complexe : tout pays montagneux dispose de moins de choix d’ingrédients. N’ayez aucune crainte : personne ici ne se “querelle” (votre perception de ce qui précède comme une “querelle” est en elle-même très suisse^^)… surtout à l’échelle Ilysienne ! Et pour à la fois vous décomplexer et vous rassurer : il y a fondamentalement des cuisines régionales, toutes facettes de la cuisine européenne et par extension occidentale.
Je pense, mais je ne voudrais pas répondre à sa place, que Vertumne parlait de la supériorité automobile italienne en termes d’esthétique et de prestige.
@ lebodra : Vous avez très probablement raison, mais pour quelqu’un qui aime l’enracinement comme Vertumne, il fallait qu’un autre se dévoue pour lui rappeler que les racines de l’automobile française sont autrement prestigieuses. Dans les concours d’élégance automobile (”rétro”, donc), les voitures italiennes ne pèsent pas le dizième, et probablement pas le vingtième, des voitures françaises, et ce jusqu’à la période de la seconde guerre mondiale – elles n’apparaissent, en fait, de façon significative, que dans les années 50 et surtout 60. Quant aux voitures françaises, elles dépassent aussi les anglaises et même les allemandes (toujours jusqu’à la guerre, s’entend).
Et puis que voulez-vous, c’est un acte à la fois patriotique, pédagogique et préventif que d’introduire un peu de doute dans la tête d’un Corse, quant à la supériorité italienne, ça
lui évite des tentations séparatistes^^…
(et Dieu sait qu’on regretterait la séparation^^, surtout sur les plans financier et éthique)
@ Denis: “… Pardon ???…l’automobile”
Je note que pour les autres domaines évoqués par votre serviteur, à savoir l’architecture, la peinture et la sculpture vous ne m’avez pas contredit, je considère donc votre silence comme une approbation tacite ^^.
Pour l’automobile, l’Italie est supérieure à nous dans les modèles de luxe (Ferrari, Lamborghini, Bugatti, la France étant tout de même abonnée absente dans ce domaine). Et même dans la voiture populaire, Fiat (8e rang mondial) ce n’est tout de même pas rien, mais il est vrai que nos constructeurs savent plus que se défendre dans ce secteur. Bref, match nul question voitures, mais comme nous sommes des hommes de droite, je donnerai un avantage à l’Italie pour son côté élitiste :-)
” je considère donc votre silence comme une approbation tacite ^^ “…
… Point du tout. Il fallait le considérer comme une démarche charitable à l’égard de notre soeur latine^^ dont l’architecture, la peinture et la sculpture sont loin derrière leurs équivalents français, et ce depuis bien des générations. Vous êtes étroitement archaïque et négligez le récent et le présent :-)
” l’Italie est supérieure à nous dans les modèles de luxe “…
… Depuis peu. Vous êtes étroitement moderniste, et négligez le passé :-))
(et en plus, en vrai Rital, vous avez triché, Bugatti étant alsacienne depuis les origines – il y a eu une tentative de ressusciter la marque dans les années 80 ou 90, par des Italiens, et naturellement ça a foire – et propriété allemande depuis quelques années)
“et Dieu sait qu’on regretterait la séparation^^, surtout sur les plans financier et éthique”
Malheureusement pour moi, étant donné vos origines régionales et votre implantation actuelle, vous avez trouvé le moyen de vous associer aux deux seules régions donnant plus qu’elles ne reçoivent dans la grande péréquation nationale :-((
Cependant, nous n’avons guère à rougir de nos performances économiques (largement supérieure à la moyenne nationale)
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/corse/themes/etudes/ecocorse/ecoc117/1174g1.jpg
“Bugatti étant alsacienne depuis les origines”
Certes, mais l’éclair de génie à l’origine de la marque éponyme a germé dans un cerveau péninsulaire.
@ Vertumne : ” vous avez trouvé le moyen de vous associer aux deux seules régions donnant plus qu’elles ne reçoivent ” …
… Hé oui, question d’éthique (ethicu ? Non, c’est pas dans le dicu^^) ! Plus sérieusement, mes ancêtres ayant séjourné assez longtemps en Afrique du Nord française, ça compense.
Sinon, intéressant graphique, merci beaucoup. Cela confirme mon impression d’allègement progressif de mon portefeuille, ces dernières années^^
@denis l.
“J’étais, avec une poignée d’autres Français, invité à dîner par un archevêque ”
Oui, enfin là c’est de la triche !
Nous ne sommes pas du même monde^^