Elégance, suite
Le 21/11/09 à 23:14 par Il sorpasso
Tu as réfléchi pour les vacances
Quand est-ce que tu vas te décider
J’en ai marre de moisir en France
Au bureau ils auront tous voyagé
Et puis même les dimanches
Tu ne veux pas te promener
J’ai des kilos sur les hanches
A force d’attendre l’été
Un nouveau restau éco-bio
La rétrospective Rothko
Un magasin de déco
Un flashmob au Trocadéro
La prochaine fashion week
Un bar lounge et ludique
Un atelier porno chic
Un débat sur l’Afrique
Un ballet de danse mime
Une expo d’art minime
La semaine de la Chine
La quinzaine de la gouine
Il y a tant de choses à faire
Pendant les rtt
J’en ai parlé à ma mère
Qui pète la santé
Avec son nouveau mec
Elle est vraiment très gâtée
Pour visiter la Mecque
Il l’a fait liposucer
Aussi à Martine mon amie alter’
En prenant un thé toujours chez Tang Frères
Elle a parcouru les villes étrangères
Le repli sur soi c’est ringard austère
Elle est enceinte de trois mois
De père intermittent
C’est merveilleux cette fois
Il aura vraiment du temps
Pas comme l’autre sans-papier
Qu’elle avait épousé
Qui faisait que la cocufier
Et l’a fait avorter
Y’en a marre de tes livres
Et de tes théories
Tu ne veux pas plutôt vivre
Et laisser l’ironie
Si au moins
Tu me faisais un enfant
Les lendemains
Seraient enfin plus cléments
Quand te résoudras-tu à m’engrosser
A prendre tes responsabilités
Au lieu de te dédouaner
Avec tes insanités
J’ai l’impression d’être incomplète
On est dans une impasse
Tu es un monstre abject
Et les années passent
Je deviens folle tu ne vois pas
Tous ces cachets pour m’endormir
Tu ne veux pas être papa
Et m’arracher à ces délires
C’est bien fini je vais partir
Tu va pouvoir revoir l’autre pute
Arrête donc tous ces soupirs
Tu rêves toujours de ses turluttes
C’est vraiment ce que tu veux
Que je m’en aille loin de toi
Que tu finisses petit vieux
Sans enfants bien à toi
Pas de descendance
Ni statut social
Que des idées rances
Et foutaises raciales
Pas de postérité
Ni de plan quinquennal
Que des grossièretés
Et lubies anales

” lubies anales” …
… Que vient faire ici la capitale de la Slovénie ?
(les vers du Sorpasso, eux, sont plutôt originaires de Mirlitown^^)
J’adore!
Comme tous ceux qui aimment la poésie surtout en prose, les vers de mirliton me font beaucoup marrer.
on dirait muray dans “minimum respect”
Ils étaient encore morts
L’autre soir, je me suis couché tôt.
La vieille avait mis une bouillotte au fond de mon lit… Pour ceux qui sont jeunes et ne savent pas, je précise qu’il s’agit d’une poche d’eau bouillante que l’hiver, on enfonce entre les draps, dans les grandes maisons de familles juchées en altitude.
Si j’en crois mon expérience, ce sont toujours les vieilles qui font ça, pour que leurs petits-enfants ne soient pas retrouvés morts de froid le matin, qu’à leurs corps défendants ils n’ouvrent pas une période de deuil dont les survivants feraient croire après deux jours qu’elle est finie tout en en résignant à l’observer jusqu’à la leur, de mort.
Le matin, j’avais fabriqué une espèce de lance-pierre avec un morceau de bois et un élastique pour tirer dans les poules.
Je n’en ai tué aucune, je ne me souviens même pas d’avoir détaché une seule patte de son tronc, mais je me rappelle en revanche de les avoir traumatisé au point qu’elles se sont toutes retrouvées dans la cour. La vieille a même dû aller chercher les plus affolées sur la route départementale, dans le virage, précisèment là où les touristes arrivent à toute vitesse… Dans l’absolu, ça n’est pas rigolo du tout, mais je vous assure que la vieille courant après ses poules avec ses bottes en plastique et son chiffon sur la tête pour l’instant d’après taper dans le pare-brise d’une voiture en conseillant au chauffeur de regarder mieux la route, je confesse que c’est jubilatoire, sur le moment.
Après que tout fût rentré dans l’ordre, elle a fait le geste de me frapper, puis elle m’a promis de me renvoyer chez ma mère pour me punir. Moi, je savais que c’était du flan, puisque de toutes façons, les vacances se terminaient le lendemain à six heures trente pétante, qu’elle ne s’en réjouissait pas du tout et que la veille, je l’avais entendu évoquer mon départ en pleurant.
Ce soir-là, je me suis roulé dans ce grand lit comme un serpent, j’ai pensé à ce mois passé dans la montagne, à mon retour en ville, à la vie qui allait continuer de plus en plus mal, et c’est en dépit de mes sept ans d’alors, que j’ai trouvé pour la première fois la paix en songeant à la mort…C’est bien cette nuit que j’ai acquis la plus grande de mes certitudes e, même temps que la plus consolatrice,à savoir que cette histoire de fou racontée par un idiot se
Un portrait de la jeune française malheureuse d’une ironie confinant à la misogynie. Quand même on rit bien.
@ Il Sorpasso : Malgré les dires des éternels imbéciles, il ne faut jamais rougir de faire des vers (ou à prendre son pied avec eux) Ils auront toujours le dernier mot et le dernier toast…
@ Martin-Lothar : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’endroit, parmi les commentaires ci-dessus, où vous auriez identifié une quelconque tentative de faire “rougir” le Sorpasso ? Faute de réponse argumentée et exacte, votre propos restera pour l’éternité frappé d’imbécillit^^
On rappellera, au sujet de Martin-Lothar, qu’il est habituellement le seul commentateur sur le blogue du Déliros(TM) (même si – pour des raisons qui m’échappent, et que je veux croire compassionnelles et surtout provisoires – l’ami Restif lui aussi, depuis quelque temps, l’a rejoint). Cela en dit long sur l’intéressé, dont je livre ici à la sagacité du lectorat ilysien, cet accès de lucidité extrait de son dernier commentaire chez ledit Déliros(TM) : ” Je ne suis qu’un con, un pauvre con.”
@ Denis : En fait, cher Denis, j’ai la faiblesse de trouver le Lapin délirant ™ (parfois) intéressant. Oui, c’est sans doute par compassion (c’est le dernier, paraît-il — soignions-le hein !) En fait, si je suis sur son blogue, c’est aussi parce que je me préoccupe de plus en plus de la santé mentale de notre ami Restif ! Il déménage, certes, mais j’ai l’impression qu’il fume n’importe quoi en ce moment !
Aidons-le !
Soyons Chrétiens — une dernière fois au moins Denis !
Je vous en conjure !
Aidez-moi !
^^ (comme vous dites)