Devoir de mémoire
Le 30/09/09 à 21:46 par Il sorpasso

Il n’y a pas à chercher bien loin, à trop réfléchir, pour savoir pourquoi une ex rappelle. Même cinq ans après. C’est de ma faute je n’aurais pas dû décrocher. Décrocher pourra être retenu contre vous. Me méfier des numéro inconnus m’avait toujours prévenu de ce genre d’épreuves. Et puis surtout, une fille qui change de numéro, ce n’est jamais très bon. Trop instable. Avec l’âge, des automatismes se créent, des convictions apparaissent, basées sur des réflexions simples. Mais j’étais fatigué, je n’ai pas réfléchi. Et peut-être que, oui, j’espérais quelqu’un d’autre.
Évidemment elle est seule et s’ennuie. Évidemment elle veut à tout prix me faire cracher qu’il en est de même pour moi. Même mon bonheur synthétique, mes plaisirs éventuels, ne sont que des “étendards”. L’honnêteté ne paie jamais. On est toujours perçu comme mielleux ou à l’inverse, pourri de cynisme. Parfois les deux. Pas d’échappatoire. Ce que femme veut- vous faire dire sur vous même-, etc..
Et puis cette formidable capacité à réécrire l’histoire. Elle ne m’avait pas paru si terrible cette relation. Je n’avais pas ressenti, moi, qu’elle ne s’était ” jamais sentie autant femme”. Si j’avais su. J’ai failli avancé que c’était peut-être ça le problème, mais je ne suis pas sûr qu’elle aurait saisi l’ironie.
J’ai pensé l’appeler l’ex à babouche.
D’autant qu’elle les énumère, les comportements pénibles qu’elle a pu avoir. Mais c’est moi qui ai rompu. Elle ne le dit pas, ça, mais nous le savons tous les deux. Je ne suis qu’un lâche, à peine mieux que les autres, dont elle m’épargne le catalogue.
Quand j’étais étudiant, vers l’âge de 19 ans, avec un ami, nous avions déjà l’expression de FAP. Rapport aux beurettes. Femme à problème. Depuis, les catégories se sont sophistiquées. Malheureusement, quelque part.
Alors que je voyais bien qu’elle tournait autour du pot, qu’elle allait me sortir que je fuis toujours mes responsabilités d’homme, comme à l’époque, ahaha, je me suis lancé dans une explication simple, limpide même, sur la dissymétrie des genres et donc, des attentes, tentative lamentable de rétablissement de la pression. Que n’étant pas doué d’utérus et n’ayant pas encore abdiqué de la fantastique destinée guerrière qui m’appelle quelque part, et que je manquerai pas de trouver un jour, faire des gosses ne m’apparait pas encore comme le summum des charges.
Ce brillant exposé a dû la saouler, car elle m’a demandé ce que je lisais en ce moment. Je lui ai donné la dizaine de titre plus ou moins en cours, mais je ne crois pas qu’elle ait pris des notes.
Enfin elle a minaudé un peu pour savoir si physiquement, je tenais encore la route. Ce qui m’a fatalement amené à lui réclamer des photos d’elle. Et évidemment, c’est moi qui suis passé pour le goujat.
Bon, il parait que je n’ai qu’à venir voir par moi-même.
Étant donné que je n’ai aucune envie de la baiser avec capote, et parce que la perspective, même de très faible probabilité, de me retrouver avec une étrange lettre administrative neuf mois plus tard ne m’enchante pas plus que ça non plus, je m’abstiendrai.
Il m’a fallu tout de même quelques minutes avant de conclure sur ce point, baigné d’un léger malaise. Comme un con de lapin dans les phares d’une bagnole. Ce n’est même pas ses intentions qui m’écœurent, mais le fait qu’elles soient insaisissables. Qu’elles ne soient que l’expression du long sanglot du manque à exister qui exige de l’aide. Une sorte de droit opposable à la légitimité d’être femme.
Ça m’a rappelé des souvenirs, que j’ai décidément du mal à embellir. Quant à parler des bons, je ne suis pas sûr qu’elle, comme d’autres, soit disposée à les entendre.
Les femmes vous reprochent jusqu’aux faveurs qu’elles ont pu vous offrir.
Plus rien de ce qui est gratuit dans ce bas monde ne peut être seulement évoqué.

Décidément, je retrouve les traces de bien des trajectoires de mon existence, carissimo Sorpasso.
“Il m’a fallut” : Quitte à vous emmêler le pinceau, mettez un “s” plutôt qu’un “t”… à limite, on est plus “dans le jus” du récit !
Merci à vous, cher talent ilysien !
@ Sorpasso : De quoi de quoi ? On refuse de faire son devoir démographique ? A part ça…
… ” cette formidable capacité à réécrire l’histoire ”
… ” Les femmes vous reprochent jusqu’aux faveurs qu’elles ont pu vous offrir ”
Deux phrases remarquables du point de vue psychogynécologique.
Et si la phrase suivante est exacte – ” Quant à parler des bons, je ne suis pas sûr qu’elle, comme d’autres, soit disposée à les entendre ” – alors vous avez bien raison de ne pas remettre ça, si j’ose dire.
“Quand une femme vous quitte, elle vous reproche deux choses : le mal que vous lui avez fait, et celui qu’elle n’a pas eu le temps de vous faire.”
Et puis ce sont les femmes qu’on ne paye pas qui nous coutent le plus cher…
Superbe, surtout la fin. Extrêmement vrai.
Je n’aime pas ce billet. Il me choque.
Décidément, vous n’êtes qu’un petit Narcisse un peu fat ! Le pauvre bambin, une ex le rappelle et le voilà tout chose ! Non, mais, franchement, vous n’avez pas honte d’écrire des trucs pareils ?
Déprimant, ce billet. Les histoires d’ex sont vraiment glauques.
Ce qui est glauque, c’est le coup de fil cinq ans après: ça pue le désespoir ou le calcul machiavelique… Dans tous les cas ça n’augure rien de bon.
Ce billet est d’une finesse rare.
Alors vous aussi Ilsorpasso vous êtes sorti avec Millie ?
…on n’y comprend que dalle à vos conneries sentimentales, serait-il possible de nous dresser un tableau des entrées et des sorties hebdomadaires, merci.
@ Ioulia
“Je n’aime pas ce billet. Il me choque.”
Restez, les prochains ne vous décevront pas.
@ xyr
“Superbe, surtout la fin.”
ouais (le début est plutot mauvais vous avez raison) moi aussi j’ai bien aimé le moment où il se la fait sans capote cette biatch…
Ioulia Frac et ariane, XYX.
Me trompe-je en pensant qu’il vous manque quelque chose pour vous expliquer les secondes qui passent et nous les retransmettre, adeptes de la classification FAP?
[...] presque logique, mais déstabilisant. Je n’aime pas être déstabilisé. Donc après l’ex de cinq ans, me voilà confronté à la non-ex de vingt ans. Dès la réception de la lettre à [...]