La douleur du non-dit
Le 25/09/09 à 1:38 par Mike Steve Donovan
Il y a quelques jours, au théâtre de l’Atelier, j’assiste à La douleur de Duras. Avec Dominique Blanc dans une mise en scène de Patrice Chéreau.
A la fin, il faut quelques longues secondes pour que les spectateurs se décident à applaudir la performance. Pas ces secondes de gêne, ces secondes nées de la peur de devenir l’ignare, l’inculte, ayant applaudi avant que la pièce ne se termine. Non, pas celles-ci.
Simplement, toute la salle est soufflée. Tout y est suspendu. Avant de pouvoir faire descendre sur la scène des tonnerres d’applaudissement, il faut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Se dire que c’est fini. D’autant que la fin se révèle abrupte. On a du mal, très clairement, à sortir de la situation. C’est dire que nous y sommes entrés entièrement.
Je ne sais pas s’il peut y avoir plus bel hommage pour un acteur de théâtre que ces secondes là.
Aujourd’hui les applaudissements ne veulent rien dire puisqu’on ne siffle plus jamais au théâtre. Non, poliment, les applaudissements crépitent à chaque fois. Et quelques personnes enthousiastes peuvent, par leur seules claques, entrainer plusieurs rappels.
J’en veux pour preuve cette autre pièce, vue non loin du théâtre de l’Atelier, au Ciné 13.
Les non-dits.
Le texte est de Pascal Loison et Jeremy Buis. Et la mise en scène revient au seul Jeremy Buis.
Je précise bien les auteurs et le metteur en scène, parce que je pense qu’il faut leur faire de la publicité. Ces gens-là sont les fossoyeurs du théâtre. Quiconque n’ayant pas pour habitude de s’y rendre et se laissant entrainer à voir cette pièce là est définitivement perdu pour le théâtre. Ces gens-là, ce Loison et ce Buis, participent aussi activement à la désertification des théâtres que Dominique Blanc, elle, participe à les remplir de nouveau.
Je n’ose croire que les effets s’annulent, mais cela se pourrait bien.
Les non-dits est une pièce de théâtre qui n’en est pas une. En effet, les acteurs ne parlent pas. La pièce n’est pas pour autant muette. Au contraire, elle se révèle très bavarde. Mais tout se fait en voix off. En playback comme ils s’en vantent. Et il n’y a pas que les dialogues à être diffusés par les enceintes du théâtre, non, vous n’échapperez pas aux didascalies, aux “indications” (”Connor se gratte le nez” et, sur scène, Connor se gratte alors le nez) et mille autre facéties.
Imaginez un adolescent de treize ans un soir de gastro-entérite. Il a du mal à dormir. Il veut s’occuper. Et il se dit, tiens, si j’écrivais une merde ? Trois heures plus tard, vous avez le texte intégral de la pièce de Jeremy Buis et Pascal Loison.
C’est lourd, c’est con, c’est laid.
Il n’y a aucune histoire. Il n’y a aucun rebondissement. Aucune péripétie. Aucune situation. Aucune relation. Rien. Rien. Juste de l’humour d’handicapé mental. Le genre d’humour qui fait mettre, en “playback” (ou comment rendre mort un spectacle vivant) toujours, dans la bouche d’une actrice réduite, comme ses comparses, au rôle de pantin abusant de la pantomime la plus vulgaire, cette réplique mémorable, “J’ai envie de pisser”. Et la voilà qui sort de scène. Trente secondes après, bruit sonore de chasse d’eau. Et, encore trente secondes plus tard, la voilà qui revient reprendre sa place dans une discrétion jouée avec la finesse requise.
Si.
D’ailleurs, la mise en scène est truffée de tels moments. Et que la bande sonore fait semblant de s’enrayer. Ou qu’un acteur fait mine d’oublier tel accessoire pour qu’une actrice jouant le rôle d’assistante déguisée en lapin de playboy vienne le lui apporter.
Véridique.
Vous vous voyez, assis sur un canapé confortable, devant votre télévision, à vous ennuyer profondément en regardant un épisode d’une série complètement conne et en rêvant distraitement qu’à chaque instant quelque chose, enfin, se passe ? Par exemple que le héros se coince les doigts dans la portière de la voiture. Vous vous dites que ce serait bien marrant.
Ne mentez pas, tous nous avons laissé dériver ainsi notre esprit face à l’ennui.
Eh bien Loison et Buis trouvent aussi cela rigolo. Et ils ont décidé d’écrire une pièce uniquement dans ce principe. Une histoire inexistante qui ennuie profondément le spectateur et dont l’unique objet est de mettre en scène leurs idées hilarantes de rupture. Connor exprime en voix off l’idée de mettre quelque chose à la poubelle ? Il n’y en a pas sur scène ? Alors la fille déguisée en lapin en apporte prestement une énorme des coulisses. Henry a oublié la télécommande de sa petite amie Sarah, femme-robot venue de Russie et doté d’un sein gigantesque (”on a eu le temps d’en poser qu’un, c’est que c’est cher ces choses-là !” s’exclame Henry en voix off et moults mimes sur scène) ? Le petit lapin vient lui donner un télécommande Wii.
Autrement dit le degré zéro de la production artistique est atteint.
D’autant qu’un autre problème réside dans le fait que ces idées qui nous amusent dans notre canapé, devant la télévision, ne nous font plus rire du tout si nous sommes soudainement contraints à les regarder pendant plus d’une heure, après avoir fait une autre heure et demi de route jusqu’au théâtre, avoir tourné pour se garer dans Montmartre, et payé douze euros.
On attend autre chose que l’étalage de nos fugaces réflexions paresseuses censées égayer un programme télévisé éreintant d’ennui. On a pu le penser, mais jamais, jamais, on n’aurait eu l’incroyable prétention de le mettre en scène et de montrer cela aux gens.
Cela me fait penser à une autre idée géniale, une alarme très sonore, genre buzzeur, signalant que tel personnage ne dit pas la vérité… Et j’en passe. D’autant que je n’ai pas tout vu, gagné de temps en temps par un fou rire incontrôlable devant tant de nullité.
Les critiques sur billetreduc.com sont, pour la plupart et la mienne exceptée, élogieuses.
Je dois avouer que je ne comprends pas. Cela me dépasse ce manque de goût, cette aptitude à se contenter du vulgaire, de ce qu’il y a de plus laid. Moi, en sortant du théâtre, je savais qu’on s’était foutu de ma gueule pour douze euros. Je me suis tu parce que la mère d’une des actrices potiches (les pauvres acteurs doivent être bien désespérés pour se commettre dans une telle infamie) était là, à côté de moi, et que dire ce que je pensais au *** de metteur en scène qui faisait signer son livre d’or à la fin du spectacle (véridique encore) lui aurait fait inutilement de la peine.
Mais j’ai déjà prévu d’y retourner, directement à la fin bien sûr, un soir, pour lui dire ce que j’en pense. Et, avec un peu de chance, si les choses dérapent un peu et qu’il s’énerve, j’aurais la possibilité de lui mettre mon poing dans la gueule.
Il y a des choses qui méritent une nuit en garde à vue.

Beau billet qui sonne tout à fait juste. Merci.
Eh ! bien, MSD, maintenant il faut que vous nous parliez de cette pièce que vous avez aimé, et des autres.
Encore ! Encore ! Bravo ! Bis !
SK a raison : dites-nous en plus sur vos expériences théâtrales !
Si ce n’est pas déjà fait je vous recommande la lecture de la Malscène de Philippe Beaussant qui déchiquète le théâtre et l’opéra français actuels. Pas loin, le théâtre de la colline a parfois de bonnes choses.
Marguerite Duras 1 – Pascal Loison et Jeremy Buis 0
On attend qu’elle remette son titre en jeu.
Magnifique.
Bravo; la sanction pénale est une idée à creuser. Je suis pour aussi.
J’ai une admiration perverse pour les modèles commerciaux qui se foutent aussi ostensiblement de la gueule des gens, qui encore en redemandent à la sortie. Finalement la seconde pièce reprend le modèle des talk-shows : un peu de cul, de l’humour gras, de la scatophilie, avec une BO enregistrée. Et doit être certainement plus rentable que la première.
@ Capitaine Sans-façon : ” Pas loin, le théâtre de la colline a parfois de bonnes choses. ” …*
… Feu un de mes oncles, grand amateur de théâtre devant l’Eternel, me confiait dans les années 90 qu’il avait renoncé à son abonnement au théâtre de la Colline, parce que pratiquement toutes les pièces alors faisaient référence d’une manière ou d’une autre à la Shoah et aux HLPSDNH. J’espère pour vous que ça a changé.
[Édité pour mettre l'abbr sous les initiales, il y a encore des niais. Z&T]
Merci, cela donne envie de mettre un coup de poing sur le clavier de quelqu’un et de lui sonner les trois coups.
Il y a des temps de sociétaires de la part du public qui veulent tout dire.
^^
Il est non seulement devenu inconvenant de siffler une représentation théâtrale (mais, à la limite, je n’ai pas envie de siffler des comédiens désespérés, ils ne sont pas responsables du travail d’auteur et de mise en scène et il leur faut bien vivre), mais il est devenu intolérable de formuler une critique un peu vive sur internet (si ce n’est sur son propre blog).
Quand bien même la vraie violence était celle infligée par la pièce aux spectateurs.
Je comprends d’un autre côté les gens de billetreduc. Leur objectif, c’est de vendre. Même des spectacles qui se foutent de la gueule du public. Maintenant, j’aurais dans l’idée que quelqu’un qui achète un tel spectacle sur billetreduc n’est pas prêt de recommencer -et de se fier aux seules critiques “constructives”, c’est à dire positives, émises par des internautes qui sont probablement des relations des acteurs. Donc, au final, est-ce bien de l’intérêt du site de censurer gentiment les “critiques non-constructives” ?
La chute est magistrale.
@MSD
SVP, allez mettre un pain à l’autre naze avec son echarpe et ses lunettes demi-lunes, faites votre nuit de garde a vue, et surtout, faites-en un billet.
Perso, j’en ai fait deux fois une nuit de garde a vue. Pour outrage. Je ne ferais pas ça toutes les semaines, mais c’est pas non plus la mort du petit cheval. C’est trè instructif. J’ai même posé avec un panneau à côté d’autres suspects potentiels, pour que la victime derrière la vitre reconnaisse celui d’entre nous qui lui avait vraiment volé son sac (oui, oui, je le jure!). Comme dans les séries policières.
Bon, le problème, c’est qu’on ne peut pas fumer, et quand on a l’habitude de faire les cent pas comme c’est mon cas, 6M2 à deux, c’est un peu court. Mais sinon, ce ne sont pas les épreuves les plus difficiles que j’ai connu dans ma vie.
@ Z & T : ” [Édité pour mettre l'abbr sous les initiales, il y a encore des niais. Z&T] ” …
… Je dois vraiment être niais, mais je n’ai rigoureusement rien compris à ce qui précède.
@ MSD : Vous allez au théâtre à prix réduit et vous osez vous plaindre ???
En passant le curseur au-dessus de votre abréviation HLPSDNH, on lit Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire. J’imagine que cet encart pédagogique est dû à Z&T, qui mettait ainsi élégamment le prix sur l’étiquette.
@ denis.l
Ai vu “la Cerisaie” de Tchekov récemment, mise en scène par Alain Françon, Un moment agréable, jolis décors authentiques, bon jeu, théâtre d’atmosphère pas non plus inoubliable bien sûr.
Il programme tout de même la “poupée” d’Ibsen et les “justes” de Camus, j’espère que cela ne sera pas des types pas rasés en costards débraillés autour d’une chaise sur fond blanc…Enfin du moment qu’ils ne font pas caca !
C’est sur la comédie française que j’ai tiré une croix, assez de massacres !
Ah le théââââââtreuh contemporain, tout un programme. Et encore, ici il s’agit d’une création originale, si je puis dire… mais le pire, je crois tout de même, c’est lorsque des réalisateurs s’emparent de leurs mains sales d’un classique et, par la mise en scène, l’interprétation, la dénature de bout en bout… ma douce Irina a eu l’occasion, récemment, de vivre une expérience, euh… comment dire ?… édifiante, en allant voir “Cosi Fan Tutte” du divin Mozart, mis en scène par deux sinistres trous du cul nommés Luigi di Gangi et Ugo Giacomazzi. Irina a souhaité évoquer son expérience sur mon modeste Blog… et bien figurez-vous qu’un des deux branleurs gélatineux, Ugo Giacomazzi, probablement en quête d’articles élogieux sur la Toile Française suite à la prestation de sa troupe en notre beau pays est tombé sur mon blog et y est allé, en italien, de ses états d’âme fangeux. Ces blaireaux me font songer à Lalanne ou Cali qui se sentent offensés dans leur immense génie… ^^… par des personnes que, de toute manière, ils méprisent. Leur Humilité est inexistante…
http://incarnation.blogspirit.com/archive/2009/03/31/pardonnez-leur-mozart-car-ils-ne-savent-pas-ce-qu-ils-font.html
@ Minnie : Merci pour vos explications. Je n’avais tout bonnement rien remarqué.
@ Nebo : Merci, excellent. ” Lei non merita di vedere il mio lavoro “… ah l’enculé.
P.S. : Vous mentionnez une douce Irina. Je ne doute pas de sa douceur, pas plus que de ses autres qualités, mais je crains qu’il n’y ait de votre part déficit d’assimilation, voire même enfermement identitaire panslaviste et orthodoxe^^
@ ADMIN : Nonobstant les penchants excessivement exotiques de notre compatriote mâtiné de balkanique, il est un peu dommage que son blogue ne figure pas sous la rubrique “liens”. Après tout, si XP linke vers Poly^^…
Dites donc, qu’est ce que vous leur mettez à ces Messieurs, M’sieur Mike Steve Donovan (Messieurs si vous lisez ce commentaire passionnant, pardonnez nous, cet homme a lu les oeuvres complètes d’Ovide), si je puis me permettre.
Aussi votre platonique mais non moins excitante aventure avec Millie m’inspire un billet pour mon blog… pas pour tout de suite, mais sachez qu’ il y a tout de même quelques nouveautés à l’adresse sise : http://thepatrickbatemanofficialblog.blogspot.com/
Je rêve ou vous m’avez mis en modération de commentaires M. MikeSteve ?
…vous me décevriez beaucoup, moi qui vous aime tant au point d’imaginer écrire sur vous.
Toutefois, je n’hésiterai pas à faire un copié/collé des messages non diffusés sur ce fil sur celui d’un autre contributeur (en jouant de sa sympathie pour moi, ou au pire en lui donnant quelque argent)comprenez-le bien : pour mettre un peu d’ambiance…
P-s ne diffusez pas ce message indifféremment des autres; choisissez plutôt de ne diffuser que le deuxième, ou les trois, merci.
Estimé denis l. , merci pour votre suggestion de lien vers mon blog, c’est un beau geste, très touchant, ce serait un honneur de figurer dans les liens de ce Blog d’Elite, mais je ne le cherche pas particulièrement non plus, en ce sens que je considère tout cela avec une légèreté extrême et n’y accorde que l’importance qui lui est due. Autrement dit, et avec l’espoir que cela ne choquera pas trop, ILYS est pour moi un groupement de francs-tireurs qui savent danser au bord du gouffre, mais s’adonnent aux joies du “Sea, Sex & Sun” avec le même sérieux que lorsqu’ils ouvrent leur livre de Proust, de Nimier, de Muray… ou écoutent Nirvana. De sales petits morveux naturistes post-modernes sans lesquels mes dérives sur la Toile seraient moins drôles. Et puis il y a des plumes. Des passions avec la langue française. Et des commentaires qui m’arrachent de ces rires en ciel ouvert ou en abîme.
Pour ce qui est d’Irina, sachez qu’elle est bourguignonne, avec des touches du Jura… ;-) … et qu’Irina n’est qu’un pseudo qu’elle s’est choisie par amour pour la littérature russe. Elevée par ses grands-parents paternels, son papy lui a transmis des valeurs essentielles :
http://incarnation.blogspirit.com/archive/2007/10/09/il-faut-absolument-parler-aux-hommes.html
Et puis ça va faire bientôt 25 ans qu’elle me supporte, ce qui est, je vous l’accorde, un exploit :
http://incarnation.blogspirit.com/archive/2009/09/26/22-ans-de-mariage.html
Je suis un modèle d’intégration je vous dis… ^^
@ Nebo : Hmmm… Mieux vaudrait faire dans l’assimilation. Laquelle, je vous le rappelle, passe par le 12 degrés 5 et non par le chichon.
Bon, retour à Irina. Sa plastique, au vu de vos photographies, suggère la tragédienne comme la danseuse. Je reconnais qu’avec l’amour qui serait le sien pour la littérature russe (à laquelle nulle littérature ne peut prétendre être supérieure), l’ensemble justifie amplement le pseudonyme russe. Je promets donc de cesser de comparer – comme j’avais été enclin à le faire l’espace d’un instant – son pseudonyme, au port de la main de fatma par les Desouchettes compagnes de Maghrébins^^. Sympa, non ?
Au passage, je vous signale que votre premier lien est inopérant.
Même si on s’en console facilement avec le second, qui outre la découverte de la charmante “Irina”, nous vaut un lien vers une des meilleures chansons de feu Jean-Claude Massoulier : élégance de la simplicité (et inversement), et émotion sans un atome de vulgarité. Et un fond très sain. Ceci dit sans chercher à faire plaisir à qui vous savez, qu’on salue ici fraternellement.
Sinon, je crois avoir compris pourquoi votre blogue ne figure pas dans la rubrique “liens” d’Ilys. En effet, sur votre page d’accueil, vous proclamez que vos textes sont “protégés par les lois sur la propriété intellectuelle”. C’est plus que Nicolas n’en peut supporter, je le crains^^.
Enfin, permettez-moi de m’étonner que quelqu’un déclarant être hermétique à Wagner, puisse mettre sur son blogue du Rammstein…
“Tout homme qui exerce un art, et quel que soit cet art, et même tout homme qui acquiert une oeuvre d’art, cherche à prolonger sa durée biologique, à se rattacher au passé et à se projeter dans l’avenir.” Maurice Druon
On se demande, par contre, ce que tous ces crétins cherchent avec leurs créations qu’ils croient d’avant-garde.
Curieux que le lien ne fonctionne pas… de chez moi il fonctionne très bien. Dommage, vous auriez eu une idée de l’homme qu’a été le grand-père d’Irina. Cela étant dit, vous pouvez toujours aller sur mon Blog dans la catégorie Citadelle : Saint-Exupéry et en descendant la page, arriver à la deuxième note : Il faut absolument parler aux hommes.
La précision, “protégés par les lois sur la propriété intellectuelle”, en fait, c’était surtout pour les textes des chansons de mon ex-chanteur, dans la catégorie “Musique : Rêve Vénitien…”
Pour le 12°5, cela fait belle lurette que je suis on ne peut plus intégré… pour le chichon, que voulez-vous, j’ai l’esprit cosmopolite, mais attention !!! au sens du Club des Haschischins, n’est-ce pas… aucunement au sens des “wesh wesh… bien ou bien ?”
http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Hashischins
Ma douce Irina, sachez que je ne l’ai aucunement serbisée ! Au grand désarroi, parfois, de ma famille.
Wagner, cher denis l., passé ses sublimes introductions d’opéras, je baille très vite… très très vite. Je préfère encore lire directement les “Sagas Scandinaves”… ^^ Entre autre lorsqu’elles sont mises en perspective par Régis Boyer.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Régis_Boyer
Voyez-vous, je préfère de loin “Le Sacre du Printemps” de Stravinsky (et ça n’est pas pour faire le pan-slave de service), aux névroses obsessionnelles de Wagner. Bon, “Le Vaisseau Fantôme”, ça passe encore… j’arrive à l’écouter de bout en bout… mais tout de même, avec un certain effort. Il n’y a rien à faire… je préfère de loin Mozart, Bach, Mahler… Vaughan Willams… Irina pourrait mieux vous en parler que moi… la musique classique, dans le couple, c’est elle. :-)
Et Rammstein, ça n’est jamais que du Heavy Metal à tendance industrielle… dont Irina est très fan d’ailleurs.
@ Nebo : ” Ma douce Irina, sachez que je ne l’ai aucunement serbisée!” …
… Ah, enfin une bonne catholique bien de chez nous (Bourgogne, Jura), certainement solidaire des Croates opprimés. Franchement ça fait plaisir.
” certainement solidaire des Croates opprimés”
Aucunement… les CAB, c’est pas son truc. Et Tudjman et Izetbegovic, c’était bonnet blanc et blanc bonnet, l’un croyant dur comme faire (véridique) qu’il finirait par croatiser les bosniaques, l’autre persuadé que l’Islam finirait par régner, d’où… leur alliance stratégique et confiante. Mais cette histoire n’est pas terminé, vous savez, ça n’est qu’un pet de lapin dans l’histoire des Balkans.
Qu’il ait pu y avoir un peu d’alliance de circonstance contre l’oppresseur commun, c’est fort possible. Ceci dit, dans la pratique, précisons que les Croates, s’ils ne se sont pas livrés, à la même échelle, au même sport que les Serbes sur les Bosniaques, s’y sont livrés quand même. Soit dit en passant, une des raisons de mon affection pour Finkie réside précisément dans sa solidarité (peu payante médiatiquement) avec la Croatie, oubliée de tous dans un pays censément catholique.
Enfin, pour revenir au sujet : je note sur mon petit livre noir “Irina : mauvaise catholique”. (oui, je tiens des fiches pour Zak, moyennant quelques indulgences Sédévac’, d’ailleurs ça rime)
Je ne sais pas trop qui vous êtes, Mike Steve Donovan, mais je suis bien d’accord avec vous !
Et je me sens un peu moins seul à tirer à vue sur un certain nombre de productions théâtrales.
Léger désaccord cependant sur votre dernière phrase, non sur le principe en lui-même de la garde à vue, mais simplement parce que l’idée m’effleure que la nuit en garde à vue inspirerait immédiatement une nouvelle pièce la racontant, et dénonçant comme un nouveau goulag un quelconque dépôt, à la manière imbécile du surimbécile Beigbeder.
Bien à vous.
Bonjour bonjour !
Je suis Jeremy Buis … le metteur en scène des NON-DITS ( un abruti donc me semble t’il ? ).
Un droit de réponse mon gars ou tu viens me mettre ta baffe directement ?
MEREJ
Buis maudit… (oui c’est facile)
Droit de réponse ? Bien sûr. En commentaire déjà, ensuite, si c’est drôle -ou virulent- enfin, s’il y a quelque chose, j’en ferais un post. Peut-être même avec des pouet pouet en fond sonore. Sinon, maintenant que vous avez lu ce que j’avais eu envie de dire, ce qui était quand même l’objectif, il faudra que j’arrive à me motiver pour refaire une heure et demi de bagnole juste pour une baffe. Qui sait, cela dépend peut-être de votre droit de réponse.
Non mais qu’est ce qu’il faut pas lire!!! vous êtes sérieux là tous??!!!
Vous avez même pas bougés votre cul pour aller voir la pièce et vous êtes là a acclamer un espèce de psychopathe qui est prêt à mettre son poing dans la gueule du metteur en scène, parceque Monsieur na pas aimé la pièce!
Sans déconner faut se faire soigner là!!!
Et tout le monde applaudit et trouve cà magistral. Vous êtes tous ridicule. Y’en a pas un seul qui a un minimum de recul et qui cherche à se faire sa propre opinion, non! L’autre tordu sort des belles phrases et tout le monde se met a genoux.
Aller voir la pièce au lieu de raconter des inepties pareils “… un peu de cul, de l’humour gras, de la scatophilie, ….” non mais n’importe quoi! Venir critiquer quand on sait même pas de quoi on parle c’est complètement nul.
Et mike-machin pour moi, t’as un sérieux problème pour t’emporter comme çà sur une pièce de théâtre qui na rien d’engager et qui se veut juste divertissante. Tu peux ne pas aimer, mais y’a des limites à la critique et à ses propos. La violence que tu exprime est clairement dérangeante. Prend des cachets mecs et reste zen
Parfois, je repense à ces pièces de théâtre qui ont déclenché les sifflets, les huées, avec des acteurs incapables de finir la représentation, les empoignades entre spectateurs, le scandale, les prises de positions enflammées dans la presse.
C’était il y a une éternité il me semble.
Les temps ont bien changé. Désormais, vous n’applaudissez pas, vous sortez du théâtre sans faire le moindre scandale par délicatesse, la rage au ventre de vous être fait voler douze euros et surtout de précieuses heures de votre temps et, lorsque vous libérez ça sur internet, vlan, on vous affirme sans trembler que “la violence” que vous exprimez est “clairement dérangeante” et qu’il faut “prendre des cachets”.
Prendre des cachets.
C’est exactement ça. Des cachets. En continu. Pour ne plus se révolter. Pour se faire tondre sans rien dire et, désormais, sans ne rien écrire non plus. Que des critiques positives. Des applaudissements garantis pour des pièces qui se revendiquent “divertissantes” comme des programmes de jeu télévisé. Des “super !” sur billetreduc.
Un putain de monde parfait.
Bien le bonjour Mr Mike “Blueberry” !
Juste pour dire que c’est un peu inutile de s’enflammer comme ça mon garçon : C’est juste pour rire !
Je te rassure, je n’ai pas cherché ici à faire de la grande littérature ! ( rassuré hein ?)
Mais juste à créer un texte “prétexte” capable d’abriter toutes sortes de décalages et de gags par rapport au concept de la voix-off. (Pour le “tester” si tu veux.)
Tu vois, c’est un peu comme si tu critiquais un film des ZAZ brothers ( y’a t’il un pilote dans l’avion) en reprochant le manque de scénario ! C’est possible … mais c’est un peu absurde.
Tu pourrais également le confronter à quelque chose de totalement opposé, comme un film de KIM KI-DUK ou de KUBRICK par exemple, pour renforcer encore un peu plus son l’effet “navrant” ou “débile” … ( ce que tu as fait en comparant mon spectacle avec celui de Chéreau … )
Après, je comprends parfaitement que tu ne sois pas sensible à ce genre d’humour un peu potache … mais moi perso, un bon ZAZ ça me fait bien rire, et même en le comparant aux “enfants du paradis” ( si si ! ).
De plus pour un pièce “vulgaire” je te signale que les trois seuls gros mots du texte sont “merde”, “bordel” et “gueule”.
Y’a vraiment bien bien pire, et j’ai pas l’impression d’être encore Bigard. ( Qui rempli le stade de France quand même. )
Bref, ma pièce n’a pas beaucoup plus d’ambition que d’être instantanément absurde et décalée. ( hormis le sous texte sur la condition de la femme et notre pseudo démocratie )
Je ne compte pas révolutionner le théâtre français, et je ne joue absolument pas dans la même cour que Mr Chéreau ( homme terriblement talentueux au demeurant ).
Tu sais, c’est comme aller soit chez Fauchon, soit chez Quick.
Moi j’aime beaucoup les deux, et je ne vais certainement pas manger, à vie, soit l’un soit l’autre.
ce qui est assez surprenant également, c’est que tu ne parle pas du tout de la technique corporelle des comédiens qui je te le rappelle jouent TOUT sur le concept du playback, concept extrêmement ardus à mettre en place et demandant aux acteurs un synchronisme parfait entre la mélodie de leur voix et la théâtralité de leur corps ! (…Des mois de travail quand même… )
Bref, c’est un énorme ( énorme ! ) travail de précision qui ne laisse en général pas les gens de marbre, conscients de la rareté et de la difficulté du procédé.
Très sincèrement ce sont des heures et des heures de répétitions et je pense que tu es peut être passé à côté de la performance purement physique.
A ce titre, je pense donc que de clamer que “le degré zéro de la production artistique est atteint” est à la fois injuste et maladroit.
Sinon tiens toi bien, l’écriture à pris plusieurs années !
Comment est-ce possible dois tu te demander ?
Et bien encore une fois ce sont plusieurs petites choses qui ont du t’échapper … Mais pour te donner un exemple : Comment faire comprendre au spectateur ou il doit regarder sur scène quand la voix des comédiens ne parvient pas directement à ses oreilles ? Autrement dit sans aucun repère sonore physique ? ( qui parle ? )
La solution est à l’écriture mais je te laisse le soin d’y réfléchir … et tu verras que c’est un vrai casse tête chinois.
Tout ça pour dire qu’entre la première ligne écrite et le resultat sur scène il s’est passé 4 ans, et que de ce point de vue, je n’ai aucunement l’impression de me “foutre de ta gueule” sachant le travail et l’investissement de chacun pour se projet … ( et je ne te parle même pas de la création de la bande sonore qui à elle seule à pris 3 mois).
Je t’avoue également que mes maîtres à penser sont Peter Brook et Mnouchkine, et que ma première mise en scène était ANDROMAQUE de Racine … ( C’est fou non ? )
J’ai envie d’essayer tout les styles, de la comédie loufoque aux drames intimistes et contrairement à toi ( enfin je pense ) je ne suis pas enfermé dans un seul mode de pensé.
Bon et pour la blague, ta critique était tellement énorme ( tu veux vraiment me pendre ?) que j’ai décidé de l’intégrer dans le spectacle ! C’est pas beau ça ?
Et avec toute la troupe, on trouve que “Les fossoyeurs du théâtre” c’est un super titre … on va surement le garder aussi …
“Monde de merde” …
P.S : En tout cas je suis ravi d’avoir suscité autant de réactions de ta part ami ! Tu dois bien m’aimer dans le fond.
Je regrette juste que tu te sois senti obligé de m’insulter et que tu te sois senti volé … mais si tu viens me faire un bizou, je te promet de te rembourser !
MEREJ
Donc ce gars fait de la merde qu’il vend au prix du pain, mais il nous explique que cette merde est quand même vachement sophistiquée, demandant une virtuosité technique dont nous autres n’avons aucune idée. Il explique ensuite qu’il a fait des études et se veut le disciple de vénérables maîtres, que ses comédiens suent sang et eau pour monter ce spectacle qui est cependant, il le reconnaît bien vite : merdique. En bon couillon festif et inconséquent qui pense que tout travail, même de merde, mérite salaire il demande donc aux pigeons qui franchissent la porte de son théâtre de payer le même prix que ceux qui ont la chance de voir les comédiens qui, avec le même sang et la même eau, ont réussi à produire du pain.
Laissez-moi deviner… vous êtes de gauche vous, non? musulman peut-être? ça vous irait bien, au teint.
Tu as tout compris !
C’est formidable.
Je suis bien de gauche !
Et sinon, non, je ne force personne à y aller.
Cependant c’est vrai, c’est un gros travail, et les comédiens suent beaucoup.
Je tenais juste à dire qu’on ne se fout pas de la gueule des gens.
Après on à tout à fait le droit de trouver ça mauvais.
Et sinon … t’as raison : ils sont pas gentils les Musulmans ! Bouuuuu … les méchants !
MEREJ
// Je tenais juste à dire qu’on ne se fout pas de la gueule des gens. //
Vous veniez pourtant de dire que vous étiez de gauche, non?
Mais je t’assure.
Je peux faire les deux !
Pourquoi ? C’est si rare ?
MEREJ
J’écris “vulgaire” et vous me répondez que vous n’avez inséré que trois jurons dans le texte. Comme si la vulgarité ne pouvait pas venir des situations, des blagues lourdes ou de la fille habillée en lapin playboy. Non. La “vulgarité” ce sont les jurons.
Bon, je ne vais pas revenir sur le principe de la pièce, que vous confirmez (des gazouillis d’auto-satisfaction me parcourent en cet instant), un semblant d’histoire sans intérêt qui n’est là que pour permettre de créer des décalages hautement burlesques. Je passe sur cette prétendue existence d’un “sous-texte” (ce mot, ici, m’a fait rire. Comme quoi je peux aimer l’humour potache) parce que je suis d’une nature généreuse et que j’ai pris mes cachets avant de vous répondre. Et, enfin, concernant le temps passé, je vous répondrais avec cette réplique que vous connaissez certainement : “Voyons , monsieur, le temps ne fait rien à l’affaire”.
Non, un point m’intéresse plus particulièrement.
Le zéro artistique.
La performance physique permettrait au spectacle d’échapper au degré zéro de la production artistique. J’ai bien conscience que certains acteurs engagent leur corps. Heureusement puisque ils restent désespérément muet (à la fin Connor parle rapidement sans bande son et on a, un instant, le doux rêve qu’il se passe enfin quelque chose sur scène). Non, le degré zéro est atteint pour un tas de raisons.
Parce que la pièce est illustrative par exemple. Faire jouer les didascalies est une hérésie. C’est, encore une fois, tuer le théâtre en ce qu’il est un spectacle vivant.
Quel intérêt de nous expliquer en bande son que Connor se gratte le nez et que celui-ci le fasse devant vous ? Je me suis demandé s’il n’y avait pas une passion mortifère pour la transparence derrière ce parti pris assassin. Un “ne cachons rien au spectateur de notre tambouille interne”, un côté “zone interdite” sur M6.
L’acteur n’a donc plus rien à jouer. Il n’a pas d’émotion à faire transmettre par son jeu puisque celles-ci sont complaisamment fournies par la voix off.
Il n’a donc rien à nous dire. Rien à nous faire ressentir.
Ne reste plus que les décalages. Non pas dans son jeu, corseté qu’il est par la lecture de son texte, des indications de jeu et de ses pensées, mais par la destruction en règle de la magie du théâtre. De son illusion.
Au lieu de nous transporter dans un univers que vous auriez créé, au XVIIème avec Molière ou dans l’attente des déportés de guerre avec Dominique Blanc, vous nous amenez dans les toilettes de votre théâtre avec votre femme-robot.
Bon. Voilà. Après tout, oui, les fast-food existent.
Il est juste un peu triste d’en installer un dans le Louvre -comme il est actuellement prévu de le faire.
PS : Vous êtes charmant quand vous me parlez de bisous ou que vous m’annoncez avoir intégré ma critique au spectacle. Moi aussi, après tout, je suis un rieur. Mais je sais aussi les imites de mes ricanements.
MSD vainqueur par trois actes à zéro.
Je ne suis pas si malchanceuse…
J’en ai douté pourtant ce soir là après avoir assisté aux Non dits. Voyez-vous j’aime le théâtre, c’est un art qui est doté d’une force incommensurable et qui peut vous emmener dans un univers imaginaire extrêmement riche. Mais là… rien, je n’ai pas ressenti la moindre émotion. Cependant, soyons honnête à l’instant même où la pièce fut terminée, j’ai alors été subjuguée par un flot émotionnel certes très varié. J’ai d’abord été surprise : Ma cochlée informerait-elle mon cerveau qu’elle perçoit des applaudissements ? Diantre c’est étrange ! Ensuite mon attention s’est portée sur les acteurs et l’étonnement a alors fait place à une profonde tristesse et à un mouvement d’empathie envers ces être qui au fond avaient fait ce qu’ils avaient pu. Ce n’est qu’à la sortie du théâtre qu’un sentiment d’agacement et d’injustice m’a submergée. Ce n’était pas tant pour l’argent dépensé que pour la soirée que j’avais gâchée. J’ai en effet rarement l’occasion d’aller au théâtre et je me sentais donc bien infortunée d’avoir assisté à cet ersatz de pièce.
Mais voilà, après avoir lu cet échange et en avoir délecté les passages les plus croustillants : “hormis le sous texte sur la condition de la femme et notre pseudo démocratie ” (à guise d’exemple parmi tant d’autres) je dois avouer que cela valait bien de passer une soirée affalée sur les canapés du Ciné 13 à prier pour qu’une intervention divine m’arrache à ce supplice (ça ou une rupture d’anévrisme)
Monsieur Buis, vous vous voyez comme un amuseur, eh bien mission accomplie, cet après midi j’ai beaucoup ri.