Merde à Gutenberg
Le 24/09/09 à 10:07 par XP
“La vieille, très vieille tactique dite du contre-emploi consiste en ce que le pouvoir en place fait toujours appliquer sa politique par des hommes de l’opposition pour mieux la sidérer.
Ainsi, des socialistes ont privatisé, des pacifistes ont déclaré la guerre, et des gens de la droite libérale ont augmenté les impôts.”
Le trait d’esprit qui précède n’est pas de moi, puisque je l’ai volé à un commentateur d’Ilys dont les ayants droits n’auront aucun recours quand ils verront les fulgurances de leur pépé publiées dans mes oeuvres complètes pour la plus grande joie des banquiers de mes petits-enfants à moi.
Ce que je veux dire par là, c’est que vous ne trouverez plus desormais ce genre de raccourcis saisissants que sur la toile et plus jamais sur du papier payant, que Pascal, La Bruyère et surtout mon cher Montaigne auraient sans doute délaissés la plume et tchatés comme des malades, que la littérature mais aussi par extension la civilisation française se reconstruisent là où ses gardiens autoproclamés ne l’attendent pas et que bientôt, les éditions de la Péiade disponibles dans les rayons des biliothèques de Washinton ou de Chicago consacrés aux écrivains français de la première partie du siècle 21 ne contiendront dans leurs parties hautes que des échanges entre blogueurs talentueux nettoyés par les éditeurs des interventions des produits de la massification des connaissances, c’est à dire de l’école de Jules Ferry, c’est à dire des gardiens de vaches à bac+7, c’es à dire des servantes thraces, c’est à dire des trolls.
Je dis même qu’avec un bon modérateur, Socrate pourrait aujourd’hui couper en deux les sophistes aussi bien qu’il le faisait il y a 2500 ans et mieux qu’il aurait pu le faire depuis 2500 ans.
Pareil à ce que la photographie n’est pas de la peinture mise en pellicule et que le cinéma ne consiste pas à fimer du théatre, les blogs n’ont pas vocation à simplement mettre en ligne des textes.
Il s’agit d’autre chose… de quelque chose qui reste à inventer, qui n’est certe pas radicalement différent de ce qui jadis se publiait, mais qui l’est en revanche foncièrement…Notre cher Philippe Muray a dynamité nos codes parce qu’il publiait sur le net et qu’il a de fait mis entre lui et les écrivains d’avant la distance qui sépare Balzac de Fellini… Peronne ne pourra toucher du doigt ce qui sépare “la société du spectacle” de Guy Debord et la “festivisation du monde” cher à Muray s’il n’a pas integré qu l’un écrivait sur du papier tandis que l’autre tapait sur son ordinateur, que le premier parlait avec une plume tandis que l’autre tenait une caméra.
Il ne s’agit pas de mépriser les grands anciens qui parlaient avec la plume, mais au contraire d’honorer leurs mémoires en faisant ce qu’ils auraient fait, à savoir lâcher la plume…Ou pour le moins, tenir la plume comme s’il sagissait d’une caméra pour, comme le dit Houellebecq après qu’il ait furtivement balayé l’époque avec son oeil de lynx et tiré sur sa Gitane, “sauver les phénomènes”.
Il faut sauver les phénomènes….. peindre la vallée en feu, sans souci d’appeler les pompiers, puisque ce n’est pas notre affaire.

Cher XP vous affichez là le vrai sens de la Tradition.
“…que la littérature mais aussi par extension la civilisation française se reconstruisent là où ses gardiens autoproclamés ne l’attendent pas…” : OUI!!
Excellente mise au point. Ceci dit, ne sous-estimez pas ce que Guy Debord a réussi à faire dans le domaine du cinéma… Voyez par exemple ce film, qui est un petit chef d’oeuvre d’orgueil sans réplique, intitulé “Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici porté sur mon film…”
Hola, Néron est d’accord avec vous, XP.
Devant Rome qui brûlait, la Bête faisait des vers.
Muray c’est un Philippe Bouvard qui se prendrait au sérieux.
Il aurait fini, comme lui, au Figaro madame!
Borin, Salope ! Ta Gueule !
Ben vaut mieux le Fig Madame que les Inrocks, Libé ou le Mond Dip, qui sont les vrais moisis.
À force de lire ici ou là du “notre cher Philippe Murray”, j’ai fini par en lire et je dois avouer avoir été passablement déçu. Pour ma part, je trouve qu’il relève justement de la technique que vous dénoncez en préambule : passer pour le chef de file des nouveaux réactionnaires, et cracher sur l’Eglise et la Chrétienté allègrement ; dénoncer la “bien pensance”, et entonner l’antienne du plus grand crime jamais commis à propos de la shoah (cf la totalement ratée “Histoire du socialisme à travers les âges”). Ceci dit, et pour être honnête, reconnaissons lui de bonnes intuitions et le sens de la formule, ce qui n’est déjà pas si mal pour un journaliste. Dommage qu’il n’ait vu la “bien-pensance” que dans l’oeil de son voisin… Quand à son concept d’homo festivus, ce n’est rien de plus que la remise au goût du jour de l’homme du divertissement pascalien ou du “panem et circenses” romain. C’est une constante de l’homme et non une particularité de notre temps (on pourrait même, à contrario, analyser notre époque comme celle de la “défestivisation” du monde…). Toujours est-il que pour décrire nos contemporains, je préfère de loin le concept du “petit monsieur satisfait” – “el señorito satisfecho” – cher à Ortega Y Gasset. Pour conclure, Murray me semble, au contraire de vous, quelqu’un qui s’arrête aux apparences et échoue à atteindre les phénomènes. Personnellement, je ne lui donne pas grand chance de figurer dans les rayons des bibliothèques à venir. Ou bien à peine y tiendra-t-il la place d’un Laurent Tailhade en les nôtres ?
Ah XP, cela faisait longtemps que vous n’aviez rien écr.. tapé.
Vous n’avez rien perdu de votre superbe je vois, mais vous serez gentil de me citer la prochaine fois (même si la blague sur mes ayants-droits est fort plaisante)que vous usez de mon génie d’analyse.
@ RPatrick Bateman
Rien du tout! je ne vus citerais pas!
Je vais faire un livre de 300 pages dans lequel il y en aura à peine 30 de moi, où vous serez cité sans que votre nom doit mentionné, et pour les droits d’auteur, vous pourrez toujours vous gratter, sauf votre respect.
fracassin > Peut-être un effet de mode, peut-être la joie d’avoir enfin un vivant dans sa bibliothèque. J’en ai lu quelques extraits sur le net, lu des critiques et bien des blogueurs qui calquent servilement leurs analyses sur les siennes, sans me donner envie d’en lire plus. D’ailleurs pourquoi, puisque XP le surclasse déjà ?
Mais vous avez tort, il y a une particularité de notre temps, au-delà du “pain et des jeux”. Notre société pour sa majeure partie n’a plus à se soucier beaucoup des degrés inférieurs de la pyramide des besoins, elle veut de la considération, du rêve, l’amour, s’amuser. Ce qui change profondément la nature de la fête telle qu’on la vivait. Car autrefois – ce qui est encore vrai dans certaines professions, et pour certaines populations – la fête était une période brève de fantaisie dans un dur labeur quotidien. Un défoulement. Aujourd’hui ce devrait être une condition permanente, qui se répéterait à l’infini, ce qui est rarement le cas – les gens s’ennuient, et s’ennuient de s’ennuyer. Car on se lasse même de la fête. Alors on mime le divertissement, on fête la fête, on essaye d’exister par les relations sociales. Qui sont devenues dans notre société pacifique d’abondance, la façon de se valoriser, d’être un “gagnant”. Alors c’est à qui a le plus d’amis sur Facebook.
Dans cette société, lire Montaigne seul dans sa chambre, c’est être un no-life.
Lumineux ! Effectivement ,à notre époque;la vérité s’exprime içi…Hors des vieux codes de communication (oraux,écrits et télévisuels).
Alors on mime le divertissement,”
Et on singe avec conviction la vie inimitable.
Vae Victis > Je vois peu de particularité de notre temps dans ce que vous décrivez : nous sommes riches ? D’autres époques l’ont été, et dans notre partie du monde, celles où l’on mourrait de faim sont somme toute assez rares ; que l’esprit de la fête ait disparu, c’est officiel, et on nous exhorte régulièrement à le retrouver ; que la fête soit ennuyeuse, on le sait dès longtemps : de Horace à Baudelaire en passant par Villon, la littérature ne cesse de nous le répéter ; que l’on existe – en partie – par ses relations sociales n’est plus une nouveauté (on exposait, au XIX° siècle, sur le manteau de la cheminée, les cartes de visite récoltés dans dans la semaine pour épater la galerie) … Rien de nouveau sous le soleil. Non, ce qui le plus marquant, peut-être, bien qu’on le retrouve aussi à d’autre périodes de l’Histoire, c’est le côté “autosatisfaction” de nos fêtes officielles, l’Empire du Bien comme dirait Murray, mais qui ne relève après tout que de la propagande et touche assez peu le peuple, sinon le “petit monsieur satisfait” (au choix : syndicalistes, journalistes, enseignants, politiques, éducateurs, artistes, humoristes, blogueurs, fonctionnaires, employés fonctionnarisés, grands patrons, RMIstes, bénévoles rémunérés, …).
Pour finir, quand vous dites : “Dans cette société, lire Montaigne seul dans sa chambre, c’est être un no-life” qu’entendez-vous par “cette société” ? La communauté des hommes, des Français, des parisiens, des petits messieurs satisfaits ? L’organisation politique, sociale, médiatique ? Vos connaissances, vos collègues, vos amis, votre famille ?
Et au delà, est-ce que lire Montaigne seul dans sa chambre – reconnaissons au passage que lire Montaigne à plusieurs à la piscine, ce n’est pas commode – n’a pas signifié de tout temps être un no-life ? C’est quoi la life ?
ps : à ce propos, je crois qu’il est mort Murray (et il n’est pas le seul). De là “notre cher Philippe Murray”, expression lexicalisée sur laquelle on retombe régulièrement.
@ dindon pas farci : ” Borin, Salope ! Ta Gueule ! ” …
… “Misère – intellectuelle et morale – au Borinage”.
Non. Murray n’est pas mort. Ce triste Néo-con ratapoil et sans talent est réfugié dans une île à fiscalité privilégiée, au services de quelques miiliardaires traqués par le peuple en lutte, et à qui il faut bien un bouffon.
Proxima station, Esperanza !
“réfugié dans une île à fiscalité privilégiée”
Vous faites bien d’évoquer le sujet:
D’abord, quand on est riche, échapper au fisc, ce n’est pas seulement un droit, c’est un devoir.
Anecdote révélatrice à propos de Muray:comme il ne vendait pas beaucoup de livres, savez vous comment il assurait son train de vie? Pas en glandant à l’éducation nationale ou dans une usine à gaz à la con du ministère de la culture, mais en écrivant des polars sous pseudo et en en vendant beaucoup.
C’était un homme libre, qui savait faire de l’argent. Pas un socialiste, pas un larbin.
@Fracassin
“notre cher Philippe Muray”, ç’est une formule qui renvoie à quelque chose de précis: le talent, en littérature, pourrait se définir par cette capacité à créer un climat de proximité, voire d’intimité avec le lecteur. Une oeuvre est réussie lorsque à chaque fois qu’on la relit, on va voir l’auteur, comme on passe voir un ami.
C’est ce qu’Orson Wells disait à propos de Montaigne, “l’écrivain-ami” par excellence, dont il disait qu’il était pour lui un ami qui habite sous les toits, et qu’il passait voir une fois par semaine.
Alain Sanders -je crois, à vérifier- dit la même chose à propos de Jacques Perret.
Léon Daudet, en dépit du fait qu’il disait pas mal de bêtises, savait à merveille créer ce climat d’intimité.
Et puis aussi Saint-Augustin, Nietzsche, Gombrowitcz, Kafka, Proust, Céline, Robert Walser, Sénèque…Autant de gens qui ont doués de ce talent très rare de vous parler au creux de l’oreille.
A l’inverse, quand je lis le journal de Jules Renard, j’ai l’impression d’aller voir un type que je ne connais pas, une vague relation que je n’ai pas choisi, un beauf alcoolique croisé à l’occasion d’un mariage.
Donc, “notre cher Plilippe Muray”, ce n’est pas une formule creuse.
C’est grace à ce climat d’intimité si difficile à créer que vous pouvez contredire l’auteur, savoir s’il met un point d’interrogation derriere des phrases qui ressemblent à des assertions, s’il s’amuse alors qu’en apparence, il est sérieux comme un pape, et c’est donc ce climat d’intimité qui donne à l’oeuvre du relief, et la tranforme en labytinthe à plusieurs entrées.
@Beam#4
On avait demander à Cocteau ce qu’il emporterait s’il devait fuir de chez lui à cause d’un incendie, et il avait répondu “le feu”.
Un écrivain ne doit pas éteindre l’incendie, mais le peindre.
Léon Daudet, à propos du transparent Armand Dayot, ce “zéro qui ne se multiplie pas :
“Vous croyez ce fauteuil vide. Vous vous asseyez. Quelqu’un jette un cri. C’est Dayot”.
Merveilleux Daudet.
Je vous raconterai Proust, vu par Daudet.
Daudet, a ses amis de l’AF, quand ils disaient que le Vogage au bout de la nuit était une offense à la patrie:
“Quand il s’agit de littérature, la Patrie, je lui dis merde”.
Ca me fait penser à ce qu’a dit Barres à Daudet, à l’enterrement de Proust, à l’occasion duquel ils se sont réconciliés:
“Nous avons perdu notre jeune homme”.
Moi ça me plairait de savoir les titres des polars qu’a écrit Muray. Des infos ?
@ dindon : un bout de réponse chez le Sorpasso :
http://lacageauxphobes.blogspot.com/2007/08/il-y-un-avant-et-un-aprs-muray.html
(voir les commentaires)
@ Dindon : Le sieur Goux ne peut pas ne pas savoir. Sa contribution est donc attendue d’urgence. Si quelqu’un peut l’alerter…
@ XP & co. : si quelqu’un pouvait remédier à la différence entre le titre du post ( “Merde à Guttenberg” ) et celui inclus dans les liens vers lui ( “collection-ed-la-pleiade-2050″), ça ferait un peu moins désordre.
@ XP & co. (bis) : une petite retouche typographique serait bienvenue au sujet de Gutenberg (avec un seul “t”) ; il s’agit tout de même d’une personnalité strasbourgeoise (on trouve encore trace de lui aux archives municipales, notamment du procès avec son associé local, incluant ce qu’on peut considérer comme un proto-brevet) alors un peu de respect SVP.
@XP
Cocteau ? oui il avait le feu un peu partout, oui on est au courant.
Un ecrivain doit peindre le feu et non pas le combattre ? Ah bon ? c’est une définition académique ? Officielle ?
C’est le retour du naturalisme ?
Le zola est de retour avec son pot de chambre en guise de ciel ?
@ XP : merci pour la retouche typographique.
@ beam : ” Cocteau ? oui il avait le feu un peu partout, oui on est au courant. ” …
… Son bon mot vous a insupporté au point d’entraîner ce rappel à deux balles ? La jalousie, c’est pas joli joli.
@Beam
“Cocteau avait le feu partout, on est au courant”.
C’est moche et con comme du Jules Renard.
Sinon, libre à vous de considérer que peindre le feu, c’est la même chose que de peindre un pot de chambre et son contenu.
Mais vous m’avez très bien compris. Vous faîtes l’âne pour avoir du son, comme on dit.
@Denis l
Vous prenez une citation pour un bon mot ?
@XP
Vous prenez un trait d’humour de Cocteau pour une référence littéraire ?
Vous prenez ma lapalissade (absolument neutre par rapport à l’érotisme flamboyant et explicite de certains écrits pédérastiques de Cocteau qui lui ne montait pas sur ses grands chevaux et ne se sentait pas outragé comme un militante d’Act Up) pour une basse attaque ?
Pas pour une basse attaque. Mais pour un trait d’esprit à peine digne de figurer dans le journal de Jules Renard, ce qui n’est déjà pas grand chose.
Rappelons à ceux qui n’auraient pas lu cet idiot que c’est lui qui a écrit à propos de Mallarmé “intraduisible, même en français” et de Nietzsche “je pense de lui qu’il y a top de Z dans son nom”…
Tout ça pour faire rire des primaires genre Jean Amadou ou les crétins qui vont applaudir les amateurs de cet humour franchouillard et moisi au théatre des deux ânes, de ce bon sens populaire bien gras que les maurrassiens appellent “la clarté française”.
Je ne suis pas maurrassien, et je ne veux pas non plus faire un gagne pain de mes phrases qui sont écrites sur le net comme on parle, comme on répond à quelqu’un avec qui on a une conversation au coin d’une rue, sur un banc, au hasard d’une rencontre. Bref mes phrases ne sont pas calculées et je suis pas critique litéraire et ne me targue pas de l’être.
Mais ça ne m’empêche pas de croire que les écrivains ne sont pas des Übermensch au delà du bien et du mal…au dessus des lois, souverains privilégiés qui seraient absous de tout parce que Grands Prêtres du Temple de l’AAAArt de la Littérature.
Et moi, non seulement je pense qu’un artiste est un Ubermench, mais aussi que ceux qui ne comprennent pas ça ne sont non seulement pas fait pour produire de l’art, mais pas non plus pour en consommer.
L’art sert à tracer un No man s’land, une zone de non-droits dans laquelle l’élite est chez elle et dont elle a besoin pour survivre.
L’art n’est pas du tout fait pour relier les hommes entre eux, mais pour les séparer, ou pour le moins définir ce qui les sépare.
Ce No man’s land, ce chateau fort imprenable exite la haine des manants, des gens qui ne sont pas nés pour y être accueuilli et qui font tout pour le prendre d’assaut.
Pour comprendre ce phénomène, il suffit d’écouter ce pauvre Eric Naulleau enrager devant le chateau-fort Houellebecq en le traitant de “romancier de gare”, ou ce pauvre Soral chougner devant le chateau-fort Dantec en criant “c’est de la science-fiction, c’est pas du réel”.
Ca me fait penser à un type que j’ai croisé il y a quelques temps, qui exercait la profession de vigile, la nuit, qui travaillait avec un chien, et qui pétait de trouille. Son entourage avait peur pour lui, il tremblait à l’idée qu’il pète un cable, qu’il tire dans le tas ou qu’il prenne une crise cardiaque, mais en fait, il s’acharnait à faire ce job qui n’était pas fait pour lui parce qu’il voulait faire mentir la réalité et se convaincre qu’il pouvait le faire.
Et bien lorsque Eric Naulleau s’en prend à Houellebecq ou Soral à Dantec, c’est exactement le même phénomène qui opère: ce sont des gardiens de vaches égarés dans une époque ou on ne garde plus les vaches, mais dans laquelle, pour tromper leur ennuie, on les envoie en fac de lettres.
Certains, les plus cons, s’imaginent qu’ils sont vraiment faits pour les lettres et pour la vie de chateaux-forts, d’ou leurs livres insipides et leurs jugements à la con.
@Beam
“Je ne suis pas maurrassien….”
Mon Dieu que cette réponse est conne… Comme si j’avais dit, strico-sensu, que vous étiez maurrassien…..
Vous n’êtes pas sur Causeur, ici, il va vous falloir faire un effort pour vous mettre à niveau.
@ XP : Vous êtes un peu injuste avec Jules Renard : les plus grands écrivains ont eu des jugements aberrants, voire révoltants, sur certains de leurs frères (de plume)… vous en êtes d’ailleurs un exemple permanent ! Franchement, vous l’êtes aussi à l’égard des Maurrassiens, dont je doute quelque peu qu’ils avaient Jules Renard en tête en vantant la “clarté française”, laquelle est une réalité… n’incluant d’ailleurs pas Maurras ! De Calvin à Montesquieu et de Montaigne à Sade, la clarté domine jusque dans les noirceurs du dernier. Ceci étant dit, je vous l’accorde, aucun des quatre précités n’aurait réussi la dictée de Pivot haut la main^^.
@ XP : Dieu merci, “certains s’imaginent qu’ils sont vraiment faits pour les lettres et pour la vie de châteaux-forts”, et à juste titre : le nom de Renaud Camus s’impose ici. Mais bon, je vois ce que vous vouliez dire…
@Denis
Ce n’est pas vraiment à Renaud Camus, auquel je pensais. Du peu que j’en connais, je l’aime bien
D’ailleurs, j’arrive à identifier, en générale, l’origine de la haine que me vouent certains blogueurs, puisque dans tous les cas, c’est moi qui ait choisi de la susciter.
En revanche, je n’ai jamais compris pourquoi Didier Goux me déteste. C’est drôle, quand on y pense.
Moi aussi j’aime bien Renaud Camus…
Mais enfin, XP, je ne vous déteste nullement ! Vous avez une bien curieuse façon de renverser les rôles. Je me souviens que mon premier “contact” avec vous fut pour vous signaler tout innocemment une faute de français que vous aviez laissé passer dès le premier paragraphe de l’un de vos billets. En retour, je me suis pris une volée de bois vert, et, depuis, vous ne perdez jamais une occasion de m’allumer (je ne dis pas que je ne le mérite pas, du reste). Cela m’amuserait d’ailleurs plutôt. Mais de détestation, je vous l’assure : point.
Pour ce qui est des romans alimentaires de Muray (avec un seul “r”, ne nous lassons jamais de le rappeler…), il font partie de la série “Brigade mondaine”. Il en a écrit beaucoup, sans doute une centaine, ou pas loin, tout comme moi.
Le problème est que nous n’étions pas les seuls et qu’il m’est donc pratiquement impossible d’attribuer tel ou titre à Muray de façon certaine.
De toute façon, vous seriez fort déçus, les uns et les autres : écrire un “Brigade” se résume à respecter un cahier des charges contraignant et rigide, et je puis vous assurer que vous ne retrouveriez rien de Muray dans ceux qu’il a écrit.
Pour ce qui est des fautes, je me pose là également, vous le remarquerez…
@ XP : Je vous rassure, j’avais bien compris que vous n’en aviez pas après Renaud Camus – mais bon, après le coup du château, je ne pouvais pas ne pas l’évoquer. Lui aussi, d’ailleurs, incarne une certaine clarté française, malgré un – très léger – penchant pour la préciosité.
Et merci de nous faire nous ressouvenir du sieur Goux, lequel nous doit quelques détails croustillants sur les contributions polaresques de feu son confrère Muray. Peut-être la rédaction d’Ilys pourrait-elle offrir une sorte d’”incentive” à l’intéressé sous forme de l’addition de son blogue à la liste des liens ?
@ Didier Goux : Petit problème chronologique, désolé.
Et merci. Concernant les “Brigade Mondaine”, je crois que savoir lesquels sont redevables à Muray, relève simplement d’un souci bien occidental d’exhaustivité. Pour ce qui est des contraintes, on vous croit volontiers sur parole, mais la recherche de traces de sa personnalité ou de ses idées dans ces titres, pourrait occuper de façon amusante quelques longues soirées d’hiver, notamment pour le plaisir de l’exercice “intellectuel”.
@Didier Goux
J’ai une assez mauvaise mémoire, et surtout, je suis nanti d’une mauvaise foi dont je suis toujours prêt à m’excuser après coup mais à laquelle je n’ai pas l’intention de renoncer, parce que ça m’amuse d’être de mauvaise foi et de mentir comme un charretier, à condition toutefois que mes victimes ne soient pas tout à fait dupes.
Pour m’excuser, je Vous invite à déjeuner la prochine fois que je vais à Paris.
On rêverait d’être une mouche sur les murs du restaurant, buvant les échanges entre l’écrivain mercenaire de luxe et le penseur transversal.
@ XP : Vous jurez comme un arracheur de dents^^?
@Denis
Si ça ce fait, je vous raconterais. Bon, il faudra me croire sur parole.
Sinon, je voulais dire que je jure comme vache qui pisse et que je mens comme un Polonais.
Mais vous aurez rectifié de vous même.
XP dit “Mon Dieu que cette réponse est conne… Comme si j’avais dit, strico-sensu, que vous étiez maurrassien…..”
Ohlala, un paranoïaque atteint de la maladie de Gilles de la Tourette…
Houellebeck un Ubermensch ?
On l’imagine bien le partouzard dans son club d’échangistes petits bourgeois à Issy les Moulineaux en train d’aligner ses phrases de seigneur par delà le bien et le mal, au-dessus de la mêlée…
Pour Dantec, c’est le contre exemple qui prouve que vous avez tort. Ou que votre doctrine n’est pas cohérente. D’après vous un écrivain doit peindre le feu, et non pas l’éteindre.
Dantec prend parti, et à sa manière le combat. Il le décrit pour mieux l’éteindre.
Houellebeck d’ailleurs comme Muray ( qui est en passe de devenir le prochain caudillo post mortem pour tous les orphelins modernes) ne prennent pas parti, ne combattent rien.
Je ne leur dénie pas le qualificatif d’écrivains, bien sûr, mais je leur dénie la capacité de faire changer quoi que ce soit dans les esprits. Au contraire, (et d’ailleurs Muray en est l’exemple parfait ) ils vont dans le sens exact des modernes (avec talent et style, je vous l’accorde).
Et bien… j’ai de quoi vous faire sursauter, Mister Beam et denis l. … en effet, j’ai un collègue de travail, de type congoïde, antillais, très sympa, qui a découvert Muray avec “Désaccord Parfait” je crois me souvenir… puis il a lu “Plateforme” de Houellebecq… et ne s’en n’est pas remis. Il a enchaîné avec “Chers Djihadistes” puis “Les particules élémentaires”… tout ça sur quelques deux ou trois années. Il m’a demandé, ensuite, quelques suggestions de lecture… je l’ai orienté sur Bainville, car il aime l’Histoire et admire Napoléon Ier… et bien ça l’a bouleversifié au-delà de toute espérance, il a adoré. Son épouse, camerounaise d’origine, a voté pour Jean-Marie au premier tour… comme quoi… elle lui a dit : “Il faut sonner la fin de la récréation…” Quand il m’a dit ça, mon collègue, j’étais mort de rire… et lui faisait quand même un peu la gueule. Authentique.
Oui oui oui… ça existe. Hu hu hu !
XP : ça joue ! Prévenez-moi lors de votre prochain passage (vous vivez où, du reste ?) dans le cloaque parisien (que je fréquente personnellement le moins possible, mais bon : je ne travaille pas loin…). On va se coller du cholestérol ras la tronche (phrase de beauf s’il en est)…
Bon, pour ce qui concerne Muray, je peux essayer de retrouver des titres. Mais, très franchement, vous les achèterez pour rien…
Parce que j’ai dit”votre réponse est conne, je suis atteint de la maladie de la Tourette? Il en faut pas plus que ça?
Sinon, qu’est-ce que ça vous peut vous faire, que Houellebecq partouze? Vous êtes de la police des braguettes? Et surtout, qu’est-ce que ça vient faire là?
Et puis, pourquoi voulez-vous que ces gens “changent quelque chose dans les esprits”? Vous les prenez pour qui? Pour des assistantes sociales? Des psychologues? Des médiateurs de la République? Dess écrivains citoyens?
Vous vous croyez où? Sur un fil de Causeur.fr?
@Didier Goux
Je suis grenoblois. Mais je fais des sauts à Paris assez souvent. Je vous prévindrais.
@Nébo
Dans l’emission de Finky ce matin, il y avait une beurette HALLUCINANTE (si tu peux télécharger l’emission, fais-le), qui défendait l’héritage du colionalisme, fustigeait le racisme anti-blanc, décrivait la HALDE comme une police politique et qui a plié en deux l’ ethno-masochiste quiétait en face d’elle mieux que ne l’aurait fait un adhérent du bloc identitaire…. Tu es en train de me faire changer d’avis, avec tes copains noirs qui lisent Bainville^^
Il n’ya que Finky pour dénicher des engins pareils:)
Ahah
Leroy dit la même chose quand il s’énerve ” vous vous croyez où ? sur Ilys ?”
Désolé mais je préfère ceux qui s’engagent vraiment quand ils prennent la pause de s’engager.
Houllebeck prend la pause et ne s’engage pas.
Muray prend la pause et ne fait rien avancer.
Contre exemples pour être plus clair:
Bloy prend la pause et prend des risques.
Raspail prend la pause et s’engage.
Stevenson ne prend pas la pause ( de s’engager) et il écrit des romans fantastiques ( je ne sais pas si ça fait avancer quoi que ce soit mais ce n’est effectivement pas la question)
idem pour Poe ou Kipling…
Mais pour revenir à vos chers Houllebard et Muray, eux font semblant de prendre parti. Ils l’on bien seriné dans leurs écrits, ils n’ont fait que ça ( faire semblant ) et en réalité ne font rien. Voilà où se trouve le mensonge.
Ha, il dit ça, Jérôme Leroy?
Notez que je l’aime bien qand-même, de même que ses camarades de Causeur. Ce que je n’aime pas, c’est la foule de bouche de métro qui encombre les fils du site. Avec seulement les auteurs et sans la populace qui commente, Causeur serait un site parfait.
Pour le reste, la distinction que vous faites entre Poe et les écrivains fantastiques d’une part et ” les écrivains engagés” d’autre part démontre que la littérature, ce n’est pas votre truc.
Cela dit, ce n’est pas grave. Il n’y a pas mort d’homme. Il y a plein d’autres choses dans la vie. Par exemple, le sudoku, les mots fléchés, la politique, le jokari ou les discussions sur Causeur.fr.
Sur ce, je vous laisse, je suis attendu.
XP
Vous avez lancé un billet avec des phrases à “l’emporte pièce” du style : “Un écrivain ne doit pas éteindre l’incendie, mais le peindre.”
et vous refusez la discussion surtout quand elle démontre que vos êtes incohérent.
En tout cas le foot c’est votre truc, la botte en touche…
Punaise, moi qui suis maurrassien, adepte des mots fléchés et du jokari sur la plage, j’en prends plein la gueule.
C’est pourtant sympa le jokari.
Si Jérôme Leroy a dit ça, il n’est pas gentil.
Sinon ce serait bien d’accréditer l’idée que la véritable œuvre de Muray est cryptique et contenue dans ses productions alimentaires que personne ne connaît ni ne peut retrouver de manière certaine.
Didier Goux est bien méchant avec les brigades, certes on n’y trouve rien de “particulier” (sauf à considérer que la survivance du roman de boeuf tienne de la résistance, ce qui est concevable), mais, pour le principe, que de tels romans de gare salaces soient écrits, édités et lus et qu’ils aient permis à Muray et à d’autres de manger sans se compromettre avec la nègritude éditoriale pour bonnes femmes leur confère une estime certaine…
Portons un toast aux Brigades et à leur armée des ombres !
@ beam : Vous êtes vraiment trop con. Ceci étant dit, vous avez le mérite de ne pas chercher à le cacher.
@ Nebo : Tout existe. Mais un principe de base, c’est que les exceptions confirment la règle, elles ne l’infirment pas. Désolé du rappel un poil primitif.
@ XP : Je l’ai aussi entendue ce matin, il s’agit de Malika Sorel :
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/index.php?emission_id=14
Vous aurez tout de même noté qu’il s’agit d’une Républicaine tricolore et acharnée. Ce genre de discours “fait du bien par où ça passe”, mais s’il présente l’intérêt d’être instrumentalisable – ce qui est beaucoup – il ne saurait constituer une fin en soi.
@ Didier Goux : Merci oh oui merci :-)
@ Nicolas : ” ce serait bien d’accréditer l’idée que la véritable œuvre de Muray est cryptique et contenue dans ses productions alimentaires ” …
… Votre enthousiasme pour le contenu du – remarquable, il faut bien le dire – commentaire # 40 ( le 26/09/09 à 16:01, donc ) fait chaud au coeur. Vos compliments nominatifs à son auteur frisaient le dithyrambe, hélas vous les avez exprimés dans un corps de caractère si petit que personne n’a pu le lire. C’est ballot quand même.
@Beam
Je rejoins l’analyse de mon camarade Denis, vous êtes incroyablement con.
Retournez jouer avec vos crottes de nez sur les fils de Causeur.fr, ça nous fera des vacances.
@ xp (#49): “Dans l’emission de Finky ce matin, il y avait une beurette HALLUCINANTE”
Malika Sorel (pas Soral, hein :-)
L’extrait audio de l’émission:
http://www.fdesouche.com/articles/69242