Bégaudeau n’a-t-il vraiment rien à dire ? suite
Le 10/09/09 à 22:31 par Il sorpasso


Bon, je sens bien que mon article en laisse quelques-un sur leur faim. Si, si.. Moi le premier. Ca manque un peu de concept. Bon, pas tant que cela si on prend la peine de penser Bégaudeau comme un concept (le concept du type qui se prend pour un concept du non-concept, je vais m’expliquer, oui, oui).
Bégaudeau, c’est la critique réactionnaire inversée. Le réactionnaire pense, peut-être à tort, nous allons le voir, que le socialiste franco-social-démocrate type éduc-nat, gerbant sa haine de la vérité, de la beauté, de l’érotisme et de la beauté, cibles de son obsession pour l’égalitarisme et signe de la conscience qu’il a de sa propre médiocrité, est l’idiot utile de l’impérialisme libéral américain, auquel il ouvre une autoroute pour ses sous-produits culturels à destination des décérébrés citoyens moulinés par quelques années d’école républicaine trustées desdits socialistes.
Certes, le socialiste, en général, n’aime pas l’Amérique, il y a trop de riches, trop de pauvres et pas assez de socialistes. Il a même parfois la critique facile pour son cinéma de bourrin. Mais ce cinéma de bourrin sait souvent flatter la fibre compassionnelle (haine du pèquenot redneck, injustice du noir condamné à tort, larmoiement sur l’éternelle condition féminine,etc..) laquelle est fort sensible chez le fonctionnaire gauchiste. On peut même être témoin d’une fusion entre l’acteur hollywoodé, le gauchiste et le besoin subconscient de strass et de subversion contrôlée de celui-ci, carburant de base d’une chaîne de télévision comme Canal+, par exemple.
Bégaudeau ne contente pas de valider ce cinéma de bourrin comme étant potentiellement de gauche, il déclare avec sa verve de poète, prenant le contrepied du réac cité, que c’est le cinéma de bourrin, et donc, l’abrutissement proposé par la culture libérale marchandisée, qui est l’idiot utile (François n’a pas ces mots ni cet esprit de synthèse, il a autre chose à faire, je résume pour lui) du socialisme franco-social démocrate typé éduc-nat’.
En effet le cinéma de Tarantino est essentiellement basé sur l’action, même lorsqu’il parle, et il est fort bavard (”chez Tarantino, l’action est essentiellement parole” je cite, toujours le même article), le personnage tarantinnesque ne pense pas énormément, comme Bégaudeau, et le fait savoir. C’est alors toute sa conception du monde qui s’exprime, et qui fait tourner le monde, un monde de blabla débilo-fun, entre deux rafales sur des nazis virtuels. En cela, en effet, Tarantino “rend le monde meilleur”, comprendre le monde idéal peuplé de zombies consuméristes, parfaitement égaux dans la décérébrération volubile expansionniste, que Bégaudeau déclame tel un prophète de salle des profs collège de banlieue.
Le cinéma US, en cherchant à faire du gros pognon avec la profonde satisfaction que ressent l’individu lambda perdu dans un monde merdique lorsqu’il débranche son cerveau quelques instants, de plus en plus longs, solde bien “toutes les guerres” : pourquoi l’individu lambda irait se faire trouer la peau, pour quels convictions, idéologies, buts, fois, terres, au fait ?
J’ai fait l’erreur de croire qu’il n’y avait pas de sens dans l’article de Bégaudeau. Il n’y en a pas, évidemment, mais cela fait sens, comme on dit à France-Info, le but, pourtant évident, de l’article était bien une apologie du non-sens et de la débilité comme moyen et but du pacifisme (ce massacre de l’intelligence, du beau, du différent, de la pensée), un no brain’s land radieux pour ectoplasme prolixe.
Formidable aveu donc, du socialisme en territoire marchandisé, qui comprend enfin que ce qu’il désire de tout son être, c’est le néant de l’esprit par la noyade sous des tonnes de discours absurdes et demeurés, et qu’en cela, Hollywood est son ami.
Quelque part, dans cet article de Transfuge, on vient de passer un cap. Oh c’était déjà dans Entre les murs, le fait que le rouleau-compresseur des voix qui ne disent rien et qui ne s’arrêtent pas de déballer leur crétinerie sont l’horizon indépassable du socialisme à bout de souffle. Le point de ralliement est trouvé, le moyen et le but s’accordent, la fusion opère.
Ouf, ça y est, on peut passer à autre chose.

Rah, non, c’est un crime de réduire Tarantino à du “blabla débilo-fun” de chasse aux nazis.
Tarantino est un maître cinéaste, un génie du second et du premier degré. Ceux qui ont vu Kill Bill (entre autres) le savent.
Sinon, je n’ai pas bien saisi la conclusion de l’article, j’ai l’impression qu’il n’y en a pas…
(ouais je sais ça fait troll mais bon)
J’ai lu son anti-manuel de littérature dernièrement (oui, je suis un type bizarre), j’ai trouvé ça moyen, voire lourdingue par endroits. Un peu comme un film de Tarantino pourrait l’être.
En fait, je conseillerais plutôt de l’écouter chanter : http://zabriskiepoint.free.fr/mp3/zabriskie_point_adieu_chantal.mp3
Mais qu’est-ce qu’on a à foutre de l’opinion de Bégaudeau sur Tarantino ? C’est un peu comme si on demandait à Labro son avis sur Kafka… On va avoir droit à quoi après ? Bégaudeau jugeant Woody Allen ? Un article de Bégaudeau sur Robert Altman ? Bégaudeau nous expliquant Pabst ? Une analyse complète scène par scène et plan par plan de Blue Velvet par l’immense indispensable et indépassable Bégaudeau ?
Rien à branler de l’avis de ce minus habens qui n’est qu’un pur produit de l’avance sur recette, et pas un des meilleurs. L’avis des cloportes sur les tigres ne nous intéresse pas. Qu’il se le tienne pour dit, ce guignol.
Manier les ciseaux pour coller des bouts d’œuvres ensemble ne fait pas plus de vous un “maître cinéaste”, que de découper des scènes de tableaux ne ferait de vous un peintre de génie. Par contre un maître margoulin, sans aucun doute.
En France, on ne cesse d’invoquer l’exception culturelle à tout propos, mais le plus comique c’est qu’on ne se passe jamais du biais américain. Même lorsqu’il s’agit de diffuser un film asiatique comme Infernal Affairs, on préfère son remake américain, avec le bovin Matt Damon. Et tout est à l’avenant. Très peu de films asiatiques, quelque soit leur qualité, percent le marché occidental. Aux USA, c’est pire encore, ils ont tout au plus ouïs-dire par la rumeur, qu’on ferait des films hors du pays. Leur marché est encore plus cadenassé que le marché chinois. Et c’est là où Tarantino intervient. Il jouit de cette situation où les produits culturels asiatiques ne trouvent pas leur public en Occident, en raison des réseaux de distribution. Il fait du copier/coller, du mixage tel un DJ, ajoute assez de citations et d’aphorismes non-sensiques pour gagner un statut d’intellectuel engagé, et se taille une réputation sur des films que la critique sinon détesterait. C’est un mécanisme puant.
Concernant le marché chinois, seul l’accès à l’exploitation en salles est véritablement contrôlé. Le marché des VCD et DVD, c’est un joyeux foutoir où vous êtes assuré de pouvoir trouver tout et n’importe quoi à très bas prix (et qualité assez variable il est vrai). Les marchés occidentaux en comparaison sont bien plus fermés, et il reste plus difficile d’entendre une bonne chanson à la radio par ici qu’en URSS au temps de Brejnev.
Pour l’exploitation en salles, ils n’autorisent que 10 films étrangers pas an.
je connais surtout pulp fiction et jackie brown,tarentino est surexcité qd il cause en interwiew pire que scorsese..les dialogues entre travolta et samuel jackson sont excellents dans pulp,à conseiller à vos enfants pour qu ils deviennent pas des tapettes,au fait on dit pas éduc-nat mais éducnaze (chez nous natios de base)
Bégaudeau est tellement insignifiant que j’ai oublié de parler de lui dans l’autre commentaire… Nicolas a tout dit, je le plussoie donc.
@ Pied léger
Le commentaire de Nicolas avançait quelques arguments expliquant en quoi Bégaudeau est insignifiant, le votre est encore plus insignifiant que l’ insignifiance supposée du susnommé.
Moralité : arrêter de regarder les films de Tarantino, cela rend votre pensée visiblement caduque.
“arrêter” avec un z à la fin, je sais, c’est impardonnable comme erreur. Pour ma défense je tiens à préciser que j’ai regardé “pulp fiction” quatre ou cinq fois quand j’étais jeune.