Cachot pour une étudiante innocente
Le 22/07/09 à 20:51 par Il sorpasso
Une cinquantaine d’universitaires vient de signer un appel pour la libération de Clotilde Reiss, française retenue en Iran sous l’accusation d’espionnage : elle avait pris et envoyé sur internet des photos d’une récente manifestation d’opposants au régime. Ce gloubiboulga halluciné, mélange des pires niaiseries concernant la culture et le partage des connaissances, souligne, comme on pouvait s’y attendre, le problème de principe de réalité défaillant, dont Reiss et ses soutiens semblent être affligés. Ils ont en effet du mal à concevoir qu’un régime qu’ils dénoncent (mais pas ici, s’y connaitraient-ils en diplomatie ?) comme totalitaire puisse réellement prendre des mesures liberticides en période de trouble, et balayer d’un revers de main tout le fatras droits de l’hommisme et sa propagation selon les principes débilitants du sacro-saint échange avec l’autre. Je vous laisse goûter la prose d’ouverture (sur l’Ouverture) digne d’un opéra burlesque :
Le partage des connaissances, au-delà des frontières nationales, constitue un processus fondamental dans l’élaboration du savoir. La mobilité des étudiants et des chercheurs est garante de cette logique intellectuelle basée sur la découverte de l’autre. La coopération scientifique à un niveau international doit dès lors transcender les clivages et les crises politiques afin de répondre à cette nécessité d’échange culturel et scientifique.
où on confond allègrement découverte de l’autre et compréhension de la culture de l’autre, compréhension qui aurait permis d’éviter le genre de mésaventure que connait notre bécassine des temps universitaires modernes. Et je ne parle même pas d’un jugement de valeur de cette culture, ou du moins, de la politique extérieure de son pays. Grands dieux.
Pourtant, le deuxième paragraphe laisse entrevoir de la pondération et même une forme de mise en garde :
Nous nous réjouissons qu’actuellement près de 2 000 étudiants iraniens aient choisi la France pour poursuivre leurs études et leurs recherches dans tous les domaines, y compris en sciences sociales. Trop rares sont au contraire les étudiants et universitaires français ou non iraniens qui s’intéressent à l’Iran du passé et du présent ; le risque est de voir le pays pâtir d’une méconnaissance qui est source d’incompréhensions néfastes et de propos simplificateurs.
Une compréhension de l’autre, selon le régime universitaire, ne peut aller que dans le sens de l’acception, du respect mutuel, et ne semble, pour ces humbles soldats prométhéens, que relever de leur fonction, de leurs attributions et de leur statut. Le quidam doit donc attendre que ces derniers rendent leurs rapports pour ce faire une opinion digne de ce nom :
Nous tenons dès lors à souligner combien il est important que des étudiants et chercheurs puissent mener des études de terrain en Iran. Leur présence constitue la garantie de connaissances et de relations interculturelles solides, bénéfiques aussi bien pour le pays d’accueil que pour le pays d’origine des chercheurs. Les universitaires font un travail somme toute ordinaire mais cependant essentiel, en cherchant à connaître les cultures et les sociétés du monde.
Mais on n’en saura pas plus des activités de Clotilde Reiss qui l’ont menée à sa fâcheuse incarcération. Pourtant, fort de leur recherche de terrain et de leurs échanges répétés, on aurait pu s’attendre, de la part de cette brochette de savants, à un jugement global de la situation. Il ne faut pas rêver.
Nous, étudiants, doctorants, chercheurs et professeurs familiers de l’Iran, tenons à exprimer notre profonde inquiétude suite à l’arrestation de Clotilde Reiss, notre amie et collègue, détenue depuis le 1er juillet 2009 à la prison d’Evin (Téhéran). Clotilde a consacré l’entièreté de son parcours académique à l’étude de la langue persane et de la culture iranienne.
Son travail l’a donc naturellement amenée à séjourner en Iran afin d’y effectuer les indispensables recherches de terrain. Après avoir soutenu son mémoire de master portant sur l’enseignement primaire de l’histoire-géographie en Iran, elle a accepté – quoi de plus banal ? – le poste de lectrice de français que lui avait proposé l’Université d’Ispahan. Emprisonner une étudiante parce qu’elle cherche à comprendre l’Iran et la culture iranienne est absurde et va à l’encontre de l’entente mutuelle, du respect des peuples et de la paix. Pour toutes ces raisons, nous appelons vivement à la libération de Clotilde Reiss.
Quoi de plus banal ? Il est certain que l’idée de séjourner dans ce pays en période d’élections sensibles, qui plus est sous la blanche bannière de l’innocence occidentale, ne peut être qu’un immaculé parcours de santé. D’ailleurs, comme le précise une de ses amies «La politique, ce n’est pas son truc. Ce qui compte pour elle, ce sont les rapports humains*». Il est peut-être aussi là, le problème. Il y a des moments où la politique se devrait d’être un de vos trucs. Ça peut aider. Un chercheur iranien qui connait Melle Reiss se veut, lui, plus pragmatique «L’arrestation pour “espionnage” est une pratique très courante de la République islamique, y compris avec les opposants internes. L’opinion publique a l’habitude de ce genre d’étiquetage». Il faut croire que sa connaissance de l’autre et de sa culture a été sur ce point légèrement foireuse. On a peine à imaginer qu’un régime théocratique musulman puisse user de la surveillance pour contrôler les mails des ressortissants étrangers issus de pays hostiles au régime. Surtout si ses ressortissants sont des universitaires. Pour qui la politique n’est pas leur truc.

SK vous n’avez pas de cœur ; la famille de cette brave idiote explique pourtant très bien ses motivations:
«Sa motivation, c’est la connaissance de l’Iran»
«c’est une dame valeureuse et altruiste qui ne fait pas de politique»
«Je commence bien entendu à m’inquiéter. Bien sûr, elle est innocente, elle n’a rien à se reprocher et on ne peut rien lui reprocher. Sa motivation, c’est l’art, c’est la culture, c’est la connaissance de l’Iran».
Et elle qui connaissait si bien l’Iran, celui du terrain, du cœur, elle ne pouvait se douter que les recommandations du Quai d’Orsay (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/iran_12262/index.html) quant à ce pays ne soient pas que des conneries.
Comment pouvez-vous ne pas avoir de compassion pour une étudiante avide de s’enrichir d’une autre culture ? Ou d’un valeureux marin désireux de connaître le monde qui n’avait d’autre rêve que de voguer avec femme et enfant au larges des côtes somaliennes ?
“nous nous rejouissons que plus de 200 étudiants iraniens aient choisi la france pour étudier y compris les sciences sociales”
ouf , l’honneur de l’école de sociologie françaouaise est sauf !
on vient d’iran pour l’étudier
bourdieu n’est pas mort en vain
je sais ,je suis odieux,mais personne ne s’est jamais donné la peine de m’expliquer à quoi pouvait bien servir la socio ,sinon à passer le temps/justifier des postes de profs/vitupérer la société telle qu’elle est au lieu de s’insérer dedans
@R. Mercader
Pour ma part j’aime à penser que lesdits étudiants iraniens relèvent le niveau, surtout en sociologie (je vois d’ailleurs mal comment ils pourraient le faire baisser), ou du moins, qu’ils s’esclaffent en lisant Bourdieu.
Et si la sociologie sert à une chose, ce sera au moins à connaître l’essentiel de l’actualité de la doxa.
Hé bien… Jusqu’où iront-ils creuser le tunnel de la connerie.
Et “connaissance” avec “information”, “politique” et “diplomatie”… Si la politique, “c’est pas son truc”, alors qu’elle ne fasse pas de politique. Il y a bien un moment où ces heureux descendants de soixante-huitards vont devoir revenir à la réalité, et cesser de croire qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent où qu’ils veulent, parce que ressortissants de ce pays de toutes les libertés, sans que cela prête à plus de conséquences que lors de l’un de ces honteux blocage d’université française…
Il faudrait ici qu’ils expliquent en quoi diffuser des photos interdites par le régime, de manifestations interdites par le régime, sur fessebook ou twitter (en contournant donc nécessairement les passerelles de filtrage du pays, ce qui est évidemment interdit par le régime), contribue à comprendre l’Iran et sa culture.
Dure réalité dont il semble qu’il vaille mieux être conscient lorsque l’on prétend chercher à connaitre et comprendre le pays. Huhuhu tout cela prête presque à sourire.
Cela dit, les iraniens ne sont désignés comme étant musulmans par les autres musulmans que lorsqu’ils aident hamas et hezbollah. Sinon, ce ne sont que des chi’a. Voyons, un état musulman n’aurait pas ce genre de pratiques.
“tout le monde sait que si marie-chantal apprend le farsi c’est pour faire chier père” (d’après Lacan)
(elle qui rêvait harem, parfum d’Orient et traite des blanches, elle va être déçue fifille. Vous voyez pas que les Iraniens respectent les droits de la conne ?)
Comme quoi l’Iran a du bon…………
Si l’Iran avait pu faire la meme chose avec Boudieu, on ne serait pas dans une telle merde!
Cela se confirme, les français sont les pires touristes du monde…
@ msd
je ne sais plus de qui est cette définition lapidaire du tourisme
“le tourisme ,c’est le fait de transporter dans des endroits qui seraient mieux sans eux ,des gens qui seraient mieux chez eux”
mais elle contient son fond de vérité
chaque année c’est pareil
comment échapper au traditionnel voyage touristique ?
ben,en allant apprendre le farsi en iran !
il me revient qu’à la mort du divin bourdieu , francecul réalisa une émission thématique sur la socio et l’apport du maitre dans la discipline (serrez ma haire et ma discipline , non ,ça c’est molière , tiens une idée ,réécrire tartuffe et les sociologues ) , inutile de chercher sur le site ,la radio de l’intelligence n’était pas sur le ouèbe à l’époque
c’était ,comme souvent en francie ou en francisque-land ,d’une platitude affligeante , avec des récitants qui lisaient les meilleurs morceaux des enquètes du maitre , il me souvient à présent d’un lecteur bougon ,illustrant une enquète parlant de la difficulté de la vie du chef d’établissement scolaire en milieu difficile , terminant sa péroraison (le garçu avait ,semble-t-il ,été contraint de faire vérifier l’intégrité d’une élève par un généraliste commis d’office) par (c’est la voix du chef d’établissement ,là ) “ça m’a couté 300 balles”
de dieu !
une voix geignarde , un texte mollasson ,des considérations ras du plancher , un public oppinant à chaque discours , on avait l’impression d’entendre “parole du seigneur” ,marmonné à chaque fois !
bon ,du moment qu’ils l’ont pas panthéonisé………
comme ça les étudiants iraniens pourront aller sur sa tombe
faire un p’tit pique-nique festif , en se repassant les meilleurs moments des skètches