Social-traître
Le 03/07/09 à 12:06 par Robert Marchenoir
Il est tout à fait naturel que les industries faiblement productives soient délocalisés vers les pays où le travail est bon marché. Les pays où le travail est plus cher ne pourront conserver un secteur industriel que s’ils innovent, s’ils se concentrent sur des produits de haut de gamme, s’ils font en sorte d’être les meilleurs du monde dans les marchés qu’ils occupent.
Mais si une entreprise n’est pas compétitive, elle ne doit pas survivre. Maintenir des emplois dans des entreprises qui ne sont pas viables ne rend service à personne.
Quel est le salopard ultra-libéral qui ose encore tenir des propos de ce genre, après que la crise financière a démasqué l’arnaque capitaliste ? Alors que tout le monde voit bien qu’il faut mettre en place un gouvernement mondial, dirigé par Obama et Sarkozy, une fois qu’ils auront appris par coeur les Saintes Ecritures de John Maynard Keynes ?
Il s’agit d’Aleksandar Zuza, un responsable du syndicat de gauche suédois IF Metall, qui représente les ouvriers de Saab.
Saab, le constructeur automobile qui faisait la fierté de la Suède avant de passer sous le contrôle de General Motors. Il vient d’être revendu à Koenigsegg, un constructeur suédois de voitures de sport de très grand luxe qui n’emploie que 45 personnes. Dans un climat de septicisme général : comment un repreneur aussi minuscule pourrait-il faire les investissements nécessaires, là où l’énorme General Motors a échoué ?
Nous devons essayer de relancer la marque, dit Aleksandar Zuza. Mais il ajoute : si, dans un an ou deux, Saab ne redevient pas compétitif, il faudra mettre la clé sous la porte.
On dervait leur envoyer Henri Guaino, pour leur expliquer l’économie. Vous savez, celui qui vient de se prendre le réel dans la gueule, sous la forme de caillasses propulsées par quarante enrichisseurs culturels de Montfermeil, destinées à une patrouille de police qu’il avait accompagnée, pour voir.

Saab a longtemps (un peu moins ces dernières années peut-être) fonctionné comme une marque simili-haut de gamme avec sa clientèle de fanatiques qui ne rouleraient pour rien au monde dans autre chose, plus en tout ca comme cela que comme GM. Puis si j’ai bonne mémoire, ils ont un important portefeuille de brevets, en particulier pour tout ce qui est dispositifs automobile propre, antipollution et toutes ces fadaises qui pourraient se transformer en jackpot grâce aux législations climatiques.
Je n’ai à proprement parler rien contre votre système, seulement il faut être honnête et admettre le raisonnement jusqu’au bout.
Parce que le “on doit être compétitif, innover, se concentrer sur les produits haut de gamme” au-delà d’un certain point c’est de la fumisterie du même niveau que les gauchistes pensant que l’éducation de masse peut mener la plèbe non pas vers forcément l’élite mais tout au moins à un niveau raisonnable.
La vérité c’est qu’on ne peut pas à l’échelle d’un pays comme la France (et encore que moins aux US) sérieusement envisager qu’une majorité de sa population soit d’une haute qualification…..et ce n’est pas uniquement un problème d’éducation, c’est simplement le fait que vous ne ferez jamais des ingénieurs de personnes n’ayant tout simplement pas la capacité de l’être.
Le secteur du luxe ayant ses limites naturelles (un nombre de clients restreints) & le service en ayant également (malgré le nombre incroyables d’idées à la con au final très peu se révèlent viables)…à un moment donné il faut bien admettre que mathématiquement on laissera sur le carreau une masse de gens assez importante si l’on ne veut que que des emplois à haut degré que de qualification.
Il faut donc dire clairement cela & l’accepter; ou bien préciser que l’on désire sabrer un pourcentage non négligeable de la population puis mettre en place une politique eugéniste.
Car sinon la pensée magique libérale comme salut générale de l’humanité c’est pas loin d’être aussi con que la pensée magique trotskyste.
@ Moi : à qui répondez vous ? si c’est à moi, je disais simplement que le rachat d’une entreprise comme Saab par un petit constructeur très haut de gamme avait plus de sens que le rachat par ce même petit constructeur de… disons Skoda. Rien en plus.
@ Nicolas: je répondais à R. Marchenoir de manière générale, pas tellement sur le cas Saab ou en effet votre analyse semble pertinente.
Vous voyez qu’il ne faut pas désespérer, Marchenoir, vous direz à Guaino, que les “enrichisseurs culturels” (vous les avez vu même dans la nuit?) ont compris comment on entre dans l’histoire.
Votre remarque est intéressante, Moi. Mais elle devient absurde parce que vous en tirez des conclusions extrêmes, et donc fausses.
Toutes choses égales par ailleurs, il y a aura moins de chômage dans un pays qui passe son temps à inventer des voitures hybrides essence-électricité, que dans un pays qui se passe son temps à produire des voitures énormes qui gaspillent le carburant.
Cela ne veut pas dire que tous les citoyens de ce pays doivent, individuellement, être des ingénieurs capables d’inventer la Toyota Prius.
En revanche, si 1) on laisse croire aux citoyens de ce pays que tout le monde peut et doit faire l’université, 2) on leur fait comprendre que le summum de la réussite professionnelle est de faire sociologue gauchiste, ou fonctionnaire 3) on instaure un salaire minimum élevé, 4) on fait venir des millions d’immigrés pour occuper les emplois les moins qualifiés, 5) on fait venir des milliers d’immigrés pour employer des emplois très qualifiés qui pourraient parfaitement être occupés par des citoyens (voyez la médecine), 6) on a des syndicats qui soutiennent les entreprises non viables au lieu de syndicats qui réclament leur fermeture, 7) on a une éducation nazionale qui s’emploie à rendre imbéciles les éléments les plus prometteurs, eh bien on est absolument certain d’avoir un chômage élevé.
La délocalisation apporte indéniablement de nombreux avantages. Elle rend service au pouvoir d’achat du consommateur en approvisionnant notre marché en biens provenant de l’étranger dont les prix sont plus abordables et elle contribue à l’essor économique des pays qui l’accueillent. L’essor économique qui sort ces pays du coûteux assistanat, freine l’émigration, crée la richesse donc de nouveaux besoins à satisfaire, ouvre des horizons d’expansion à nos entreprises compétitives restées sur place.
L’inconvénient majeur est la perte de l’emploi local. Il n’est toutefois pas déterminant par rapport aux avantages évoqués. Et il devrait pouvoir être résorbé par une politique volontariste d’incitation à la mobilité professionnelle, la reconversion, l’apprentissage et le perfectionnement du métier. La France est, elle-aussi, le pays qui attire de nombreux investissements et délocalisations provenant de l’étranger. Qui s’en plaint-il ? Nous bénéficions d’atouts de taille qu’il conviendrait d’entretenir et de développer : le pouvoir d’achat, la proximité du grand marché européen facilement accessible grâce à notre position géographique et à la qualité de nos infrastructures, la main d’œuvre certes chère mais toujours compétitive et de qualité.
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Moi,
“La vérité c’est qu’on ne peut pas à l’échelle d’un pays comme la France (et encore que moins aux US) sérieusement envisager qu’une majorité de sa population soit d’une haute qualification…..”
Bien sûr que si. La question n’est pas dans le ratio d’ingénieurs dans une société. D’ailleurs, nos entreprises en sont déjà pleines. Et si c’avait été le critère, les démocraties populaires n’auraient jamais échoué sur le plan économique.
Elle est dans la flexibilité du droit du travail et dans le potentiel de notre main d’œuvre. Dans nos techniciens et ouvriers spécialisés capables de se projeter sur des chantiers étrangers afin d’encadrer et former des locaux. Capables de s’adapter aux exigences nouvelles, innover sur la moindre petite parcelle confiée à leur responsabilité, sans cesse se perfectionner, changer de métier s’il faut…
C’est une question d’état d’esprit, tout compte fait.
@ R.Marchenoir: bien évidement je grossi un peu le trait nonobstant il me semble que vous aussi.
Il va de soi que distribuer des Licences ès incapable à tour de bras à des couillons maitrisant tout juste la lecture pour en faire des travailleurs sociaux & autre conneries parasites ou payer grassement des connasses qui n’en branle pas une à un guichet de poste recevant 15 clients/jour et qui ne sont même pas foutues de dire bonjour…est d’une connerie sans nom.
Par contre l’argument éculé du “on fait venir les immigrés pour occuper les emplois que les Français ne veulent pas ou ceux ou l’on manque de personnel” ça c’est du foutage de gueule; c’est juste une conséquence logique de la religion du “greed is good” qui nous a amené à la mondialisation.
Si on ne trouve la plupart du temps que des africains dans les cuisines des bistrots parisiens ce n’est pas parce que les blancs sont des feignasses qui ne veulent pas bosser; c’est parce que Mamoudou lui il est prêt à bosser pour 3x rien à n’importe quelle heure et ramener ses cousins si besoin, le peu qu’il gagne étant déjà une fortune quand il envoi ça au pays via Western Union.
Forcément le Français qui lui voudra être payer un minimum & ne pas être a disposition de son employeur H24 car il a d’autres aspirations que de vivre à huit dans un clapier et de financer une case en Afrique…bah il a plutôt intérêt à être fonctionnaire.
Idem pour la médecine, si l’on veut plus de médecins qu’on augmente le numerus clausus ce n’est pas le nombre de qualifiés qui manque.
Mais encore une fois le chirurgien Français qui a fait 10 à 12 ans d’études même si clairement il n’a pas fait médecine pour l’argent (ou alors il s’est bien fait niqué) il aura d’autres attentes que les types venus du tiers-monde.
@ madimaxi
“La délocalisation apporte indéniablement de nombreux avantages. Elle rend service au pouvoir d’achat du consommateur en approvisionnant notre marché en biens provenant de l’étranger dont les prix sont plus abordables et elle contribue à l’essor économique des pays qui l’accueillent. L’essor économique qui sort ces pays du coûteux assistanat, freine l’émigration, crée la richesse donc de nouveaux besoins à satisfaire, ouvre des horizons d’expansion à nos entreprises compétitives restées sur place.
La pensée magique dans toute sa splendeur, il suffit de créer pour avoir une croissance sans limite & à la fin tout le monde il est riche ;)
> “Idem pour la médecine, si l’on veut plus de médecins qu’on augmente le numerus clausus ce n’est pas le nombre de qualifiés qui manque. Mais encore une fois le chirurgien Français qui a fait 10 à 12 ans d’études même si clairement il n’a pas fait médecine pour l’argent (ou alors il s’est bien fait niqué) il aura d’autres attentes que les types venus du tiers-monde.”
Ce n’est pas du tout la raison, la médecine ne manque pas de candidats, c’est même le contraire à en juger par les taux d’échec en première année. Seulement les médecins étrangers coûtent beaucoup moins chers à la Sécu, car ils sont sous-payés. Selon des dispositions lointaines qui nous ramènent à l’avant guerre, où les notables Français avaient faire pression pour interdire ces emplois libéraux aux étrangers, en particulier aux notables Juifs fuyant la montée du nazisme. Les dispositions sont restées, elles ont été aménagées et permettent de faire de substantielles économies, au prix de quelques arrangements avec la morale la plus élémentaire.
Encore une fois sus à la Sécu.
Sans le socialisme, c’est d’ailleurs typiquement le type de métier qui ne serait pas “menacés”. Car dès qu’il s’agit de sa santé, entre un praticien Français, et un autre exotique, qui ne parle pas bien la France, je crois que pour tout le monde le choix est vite fait.
@ V.V: euh c’est exactement ce que je disais non ?
@ Vae Victis/Moi/Madimaxi/RM
On s’en fout, de ces conneries. Le problème de fond n’est pas là.
Le problème qu’il faut régler de toute urgence, c’est “pourquoi Blueberry/Mike Steve Donovan a truqué le concours pour me voler ma victoire.
@ XP: selon Yahia Gouasmi Blueberry aurait passé un pacte avec les sionistes; cela serait le premier pas dans sa stratégie de prise de pouvoir sur Ilys: tenter de vous évincer en vous infligeant une humiliante défaite.
Pour consoler un peu Millie ; pour qu’elle n’ait vraiment aucun doute que, ce concours étant odieusement truqué, elle n’a pas loupé la victoire de peu. Ainsi n’aura-t-elle vraiment rien a regretter.
Waw, une caution de gauche pour le libéralisme économique ! Érection générale !
Se “prendre le réel dans la gueule” ça peut aussi vouloir dire être foutu au chômage car l’entreprise qui nous emploi est délocalisée en Asie par des gros et gras en manque perpétuel de cellulite supplémentaire, non pas parce qu’elle ne fait plus de bénéfices mais parce qu’elle en fera bien plus une fois peuplée de travailleurs du tiers-monde.
Vous êtes vraiment si pressés que ça de voir l’occident être uniquement foutu de faire le pourvoyeur de services pour la Chine ?
“Réacs” et “libéraux”, putain de contradiction quand on voit le libéralisme économique comme culturel prendre possession de la planète entière à vitesse grand V…
Robert Marchenoir : Vous me faites penser au chevalier Roland. Combat d’arrière-garde. L’empereur était déjà dans son lit à Cologne quand le preux pétait à souffler dans son cor.
On ne délocalise plus aujourd’hui : On se rapproche du client !
En Europe, on n’a plus besoin d’industrie et d’ouvrier à la con qui ne rêve que d’engendrer des fonctionnaires branleurs, inventeurs fous de taxes incroyables et surpayés voire nantis.
Délocaliser XP et Blueberry au Zimbabwe me parait une solution, dure certes, mais intéressante.
Moi,
“La pensée magique dans toute sa splendeur,…”
C’est, en tout cas, ce que l’histoire du développement économique enseigne. Si le concept de la mondialisation vous effraie, prenons la ville comme exemple d’une démonstration simple. Nous y observerons le même schéma de formation de pôles des compétences (convergences ?).
Un centre-ville avec ses monuments majestueux, témoins de sa splendeur inoubliable. Un centre universitaire regroupant les étudiants pas loin de celui-ci… belle opportunité de s’en inspirer. Une zone industrielle pourvoyeuse en besoins matériels de la cité. Des corons déshérités l’entourant, fiers de leur identité et de leur utilité et en même temps confiants en droit de pouvoir changer de quartier selon le seul mérite. Un quartier résidentiel habité par des forces vives soucieuses à la fois du confort et de la tranquillité et du libre et rapide accès aux endroits précités où elles exercent leurs responsabilités.
Il est plaisant pour les riverains de retrouver près de chez soi un commerçant épicier, restaurateur, boulanger… lorsqu’ils n’ont pas le temps ni la nécessité de s’approvisionner au supermarché longeant le périphérique. Mais il n’est pas nécessaire à chaque quartier de disposer de sa propre usine à gaz, chaussures, béton…
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“il suffit de créer pour avoir une croissance sans limite & à la fin tout le monde il est riche ;)”
Peut-être pas. Mais il n’y a pas de croissance sans la volonté de la créer. Et la volonté vraie ne connaît pas de limites.
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XP,
“On s’en fout, de ces conneries. Le problème de fond n’est pas là.”
Euh… Sorry, je débarque. Pas tout suivi. Mais Robert, on se connaît ;)
@ Robin des Bois
“Vous voyez qu’il ne faut pas désespérer, Marchenoir, vous direz à Guaino, que les “enrichisseurs culturels” (vous les avez vu même dans la nuit?) ont compris comment on entre dans l’histoire.”
C’est très fin ce que vous écrivez, pour une fois ; ça nous change, un peu – le questionnement entre parenthèse, malgré qu’il soit drôle, reste tout de même trop raciste à mon goût.
@ Nicolas : Cela fait quelques années que les Saab ne sont que des Opel déguisées, voire (cas de “leur” 4 X 4) des gas-guzzlers US maquillés. Cela a tout de même fini par se savoir, qu’on payait très cher une Opel Vectra (certes avec la clef de contact sur la console centrale : ah, tradition prestigieuse et individualisme rebelle réunis, quand vous nous tenez !). Plus généralement, les Scandinaves ont surtout misé sur les bio-carburants, lesquels sont une rare imbécillité.
Si l’on cherche des trucs scandinaves qui bougent et qui sont high tech, que l’on songe au sous-marin surclassant toutes les défenses de l’U.S.Navy, à l’étude – un rien forcée – dans une base navale américaine. Et si l’on cherche des trucs scandinaves qui bougent et qui présentent un bon rapport qualité-prix, que l’on songe au Saab Gripen (de la branche de SAAB indépendante de GM, of course, avec même l’implication de la branche de Volvo indépendante de Ford…).
http://en.wikipedia.org/wiki/Gotland_class_submarine
http://en.wikipedia.org/wiki/JAS_39_Gripen
Les voitures, en revanche…
“bio-carburants”
Terme aussi d’une rare imbécilité, le pétrole étant par définition un bio-carburant, qui plus est produit par la nature.
Hello, Madimaxi. Vous êtes en visite chez les fachos ?
A d’autres : ne pas oublier qu’une autre différence importante entre un libéral et un socialiste, c’est l’optimisme.
” ne pas oublier qu’une autre différence importante entre un libéral et un socialiste, c’est l’optimisme ” …
… très juste, le socialiste est bien trop optimiste sur la nature humaine :-)
Hahaha ! Y avait une chance sur deux, Denis.
C’est vrai que le socialiste entretient un optimisme excessif sur ses capacités à transformer la nature humaine.
Mais ce que je voulais dire, c’était le contraire : c’est le libéral l’optimiste, car le libéral va se bouger le cul. Non pas pour transformer la nature humaine (celle des autres, de surcroît…), mais pour bosser.
Donc : on va devenir les esclaves des Chinois, gna gna… Ben, si on veut. Mais les Chinois peuvent aussi se dire : on devient les esclaves des Occidentaux, gna gna…
L’optimisme du libéral, c’est ça :
http://ilikeyourstyle.net/2009/03/15/banc-dessai-comparatif/
@ Robert : Vous ne semblez pas comprendre que dans moins de dix ans, il y aura 60 millions (soixante millions, et moi et moi) de bons voire de très bon pianistes — chinois. Ils vous joueront du Bach entre deux pauses café et retourneront bosser comme des gueux.
Il n’y a que les vrais (soulignons) réactionnaires occidentaux qui puissent aujourd’hui comprendre ce genre de donnée et faire ou ne pas faire ce qu’il faut ou ce qu’il ne faut pas faire. Même les Chinois n’en savent rien, en fait.
Ceci n’est pas un appel au suicide ou au génocide, c’est un appel à l’intelligence, si on sait encore ce que c’est que ce truc à la con…
J’avais bien compris les intentions de RM. En fait, on pourrait synthétiser ces deux approches, en disant que le libéralisme est d’autant plus remarquable qu’il fait pousser de l’optimisme en ayant pris grand soin de l’enraciner dans le pessimisme. Raison pour laquelle il est le seul optimisme valable, viable. En termes spirituels (au sens très général du terme) comme en termes matériels, il est le seul à pouvoir réellement PRODUIRE quelque chose.
A propos des chinois… :
http://incarnation.blogspirit.com/archive/2009/06/22/how-the-west-was-won-part-two.html
Vous n’aimez pas les pianistes, Sibersator ? Ils sont déjà là, je vous signale. Je trouve ça très bien, moi. Je préfère un virtuose chinois à un voleur africain. Pas vous ?
@ Denis L : “En termes spirituels (au sens très général du terme) comme en termes matériels, il est le seul à pouvoir réellement PRODUIRE quelque chose”
Ben voilà, bravo ! : Réunir en une phrase l’âme et la matière (en zappant les intellos des mes deux) empêchera bien des gens “de bon sens et de bonne réaction” de se dissoudre, de s’anéantir en pensant n’importe quoi de pas vraiment urgent et de s’adapter sinon de progresser.
@Denis
“le libéralisme est d’autant plus remarquable qu’il fait pousser de l’optimisme en ayant pris grand soin de l’enraciner dans le pessimisme. ”
Tache originelle+libre arbitre
chair faible+esprit prompt.
Les antilibéraux ne parlent d’ailleurs QUE de ça.
Par ailleurs, le discours antilibéral est prométhéen: la terre a ses limites, la nature humaine a ses limites, le génie de l’homme, sa créativité ont leurs limites…:
Traduction, nous pouvons determiner quelles sont ces limites, à quels moments nous les atteindront, et determiner l’action des hommes en fonction de ce savoir.
la difficulté, c’est que les esprits simples le prennent pour un discours anti-prométhéen (”nous connaissons nos limites…”)
Alors que croire que le génie de l’homme est sans limite, c’est paradoxalement un discours plein de sagesse et de modestie.
“Alors que croire que le génie de l’homme est sans limite, c’est paradoxalement un discours plein de sagesse et de modestie.”
D’autant plus que le génie de l’homme est de se considérer comme une chiure de mouche face à l’Univers infini, mais avec néanmoins la volonté de gravir les échelons du Savoir envers et contre tout. Cela me rappelle tout de même une chute originelle…
@ Robert : Je n’ai rien contre les pianistes, ni contre les Chinois et subséquemment contre les pianistes chinois, bien au contraire.
J’adore Bach, au naturel, c’est tout…
@Nébo
“avec néanmoins la volonté de gravir les échelons du Savoir envers et contre tout. ”
Non non non.
C’est justement celui qui perçoit (ou croit percevoir) les limites qui s’imagine qu’il peut franchir tout les échelons.
Celui qui se croit “sans limite” sait que son ascenscion est sans limite précisement parce qu’il est infiniment petit, une chiure de mouche, comme vous dites, gros malpoli^^
Oui… nous sommes d’accord… la Bible dit même, je ne sais plus où, que l’homme était de peu inférieur aux anges avant la chute. C’est en chutant qu’il s’est aperçu, soudain, de ses limites… depuis il s’organise des ersatz d’infini… comme le retour à la terre… et des choses comme ça.
“depuis il s’organise des ersatz d’infini… comme le retour à la terre… et des choses comme ça.”
Vous êtes sérieux quand vous dites ça ?
@Moi
“La pensée magique dans toute sa splendeur, il suffit de créer pour avoir une croissance sans limite & à la fin tout le monde il est riche ;)”
L’autre soir, je suis tombé sur un gentil nanard à la française, “pour cent brique t’as plus rien.
Toile de fond de cette comédie: au début des années 80, montée du chomage, sur fond de délocalisation et paupérisation de la classe moyenne confrontée au chômage, tandis que les puissants se gavent (comme toutes les comédies et particulièrement celles qui sont sans prétention, celle-ci traduit l’air de son époque).
En effet, on a massivement délocalisé depuis 30 ans… Et le pouvoir d’achat des Français a augmenté de 60%; A vue de nez, ceux qui en ont le plus profité sont les classes moyennes, et même les classes moyennes inférieures, les ouvriers employés.
Qu’on me montre un seul ouvrier de chez Renault en 1975 qui soit aujourd’hui moins riche, et dont le fils est moins riche que lui à son âge.
Ert encore deux voix pour le sondage.
Farpaitement… mon cher XP, je remets toujours à leur place les gros cons syndiqués à la FNAC qui se plaignent à propos du pouvoir d’achat et dés que l’occasion se présente se trahissent en se branlant sur la dernière PlayStation, le PC Dell avec lequel ils téléchargent gratis des films entiers, des albums entiers. Et quand ils gueulent à propos des délocalisations je leur fais remarquer que leurs tee-shirts et leurs Blue Jeans sont fabriqués en Chine ou en Inde et qu’ils sont contents de pouvoir s’habiller.
@ Dindon : Vous savez, entre “Home” de yann bidule bertrand et “Maréchal nous voilà”… y’a pas une très grande différence pour moi. Et là je vous semble sérieux ?
@ Nebo : “Maréchal nous voilà” n’avait RIEN de totalitaire, contrairement à “Home”. On ne risquait pas sa vie à refuser de le chanter. Même la “Justice” “française” a reconnu il y a quelques années que le Régime de Vichy ne relevait pas d’une entreprise de domination totalitaire.
@ Sibersator : Je vous en prie, n’applaudissez pas, il est bien connu que je donne le meilleur de moi-même sur les fils de RM. Que voulez-vous, c’est bien simple : il m’inspire.
@ XP
“Par ailleurs, le discours antilibéral est prométhéen: la terre a ses limites, la nature humaine a ses limites, le génie de l’homme, sa créativité ont leurs limites…:
Traduction, nous pouvons determiner quelles sont ces limites, à quels moments nous les atteindront, et determiner l’action des hommes en fonction de ce savoir.
la difficulté, c’est que les esprits simples le prennent pour un discours anti-prométhéen (”nous connaissons nos limites…”)
Alors que croire que le génie de l’homme est sans limite, c’est paradoxalement un discours plein de sagesse et de modestie.”
Comme toujours avec vous XP au final tout est question de foi; de même que vous pensez que les peuples européens se débarrasseront relativement aisément de la chienlit grâce à la technique, d’un simple revers de la main vous mettez de côté tout les problèmes actuels (démographiques galopante, ressources NON illimitées & j’en passe) en ayant simplement la foi: quelqu’un finira bien par inventer quelque chose pour nous sortir de tout ça.
Si à terme on peut en effet raisonnablement envisager que le progrès technique/scientifique nous apportera de nouvelles solutions….le problème demeure qu’en attendant le développement actuel n’est pas viable; et en ce qui me concerne ça me fait une belle jambe que dans 70-80 ans on puisse arriver à régler cela, je suis intéressé en premier par la situation que je vais connaitre moi.
Car j’ai beau être curieux de savoir où nous en seront dans quelques siècles….je ne serais malheureusement pas là pour le voir & en profiter.
“En effet, on a massivement délocalisé depuis 30 ans… Et le pouvoir d’achat des Français a augmenté de 60%; A vue de nez, ceux qui en ont le plus profité sont les classes moyennes, et même les classes moyennes inférieures, les ouvriers employés.
Qu’on me montre un seul ouvrier de chez Renault en 1975 qui soit aujourd’hui moins riche, et dont le fils est moins riche que lui à son âge.”
En effet dans l’absolu c’est indéniable, seulement vous savez très bien que cette comparaison n’a que peu de sens.
Le fils est riche de ce qui n’existait pas en 1975 et de ce qui a progressé depuis….mais bon on ne peut pas manquer de ce qui n’existe pas.
En revanche l’ouvrier de chez Renault en 1975, il n’avait pas la crainte de perdre son boulot presque du jour au lendemain, sans grande perspective possible derrière.
Il n’avait pas non plus la crainte que ses gosses soient emmerder parce que leurs collège est colonisés par la marmaille des Chances pour la France
Etc…
Alors au final l’ouvrier de 2009, qui a un écran plat, un ordinateur & un téléphone portable je ne suis pas sur qu’il vive mieux que celui de 1975.
“Alors au final l’ouvrier de 2009, qui a un écran plat, un ordinateur & un téléphone portable je ne suis pas sur qu’il vive mieux que celui de 1975.” (Moi)
Citation de la grand’mère d’un blogueur de la réacosphère (Aquinus ? Fromage Plus ?) : “Tu sais, à notre époque, on était très pauvres. Mais on était heureux : on ne manquait de rien.”
(Avec mes excuses si je la déforme, car c’est de mémoire, et en espérant qu’il me rectifie le cas échéant.)
“Et quand ils gueulent à propos des délocalisations je leur fais remarquer que leurs tee-shirts et leurs Blue Jeans sont fabriqués en Chine ou en Inde et qu’ils sont contents de pouvoir s’habiller.”
L’argumentation vole à des altitudes incroyables dis-donc…
C’est un peu comme dire “le peuple de l’URSS était bien content de pouvoir manger grâce au rationnement prévu par l’état.”
On a pas le choix idiot, même si l’air est pollué on est bien obligé de respirer…
“En termes spirituels (au sens très général du terme) comme en termes matériels, il est le seul à pouvoir réellement PRODUIRE quelque chose”
Sûr qu’avant le libéralisme, l’humanité n’existait pas.
Pas de religions, de philosophies, le néant total. Sans parler de l’aspect matériel des choses : manger des glands et se vêtir de fougères n’était pas très agréable…
““le libéralisme est d’autant plus remarquable qu’il fait pousser de l’optimisme en ayant pris grand soin de l’enraciner dans le pessimisme. ”
Ce propos étant fortement ancré dans le réel désolé de venir avec mes rêves fleuris de hippie anti-consumériste, mais les divers mouvements révolutionnaires, qu’ils soient socialistes, cocos, anars ou autres ne faisaient-ils pas précisément “pousser de l’optimisme” (foi dans un changement de société) “enraciné dans le pessimisme” (conditions de vie des classes populaires) ?
“les divers mouvements révolutionnaires, qu’ils soient socialistes, cocos, anars ou autres ne faisaient-ils pas précisément “pousser de l’optimisme” (foi dans un changement de société) “enraciné dans le pessimisme” (conditions de vie des classes populaires)”…
… Ah bon ? Le fondement idéologique des socialismes, est précisément que la nature humaine est fondamentalement bonne, et qu’en changeant la société, seule coupable de l’imperfection environnante, cette nature bonne pourra enfin s’exprimer. Merci, donc, d’être de bonne foi (mais je ne suis pas naïf au point de penser que vous puissiez l’être) et de comparer terme à terme ce qui est comparable : le substrat idéologique à un bout du processus, un optimisme DURABLE (on ne parlera donc pas ici des bouffées d’enthousiasme révolutionnaire ou pseudo-révolutionnaire, comme l’électrification de l’URSS ou mai 1968).
Eh oui Môsisseu, tout ça c’est un complot des capitalistes. Le Français on l’a obligé a acheté chinois, il n’a pas eu le choix. C’est pas comme si la provenance était inscrite sur les étiquettes… C’est pas comme si le Français voulait faire des économies, acheter au meilleur prix, gagner du pouvoir d’achat. Non du tout, on est OBLIGE d’acheter chinois. Sinon c’est le goulag capitaliste. D’ailleurs ceux qui ont refusé, c’est bien simple on ne les a plus jamais revus ; une nuit la police est venue, et puis plus rien. Leur crime : acheter français.
En termes spirituels (au sens très général du terme) comme en termes “matériels, il est le seul à pouvoir réellement PRODUIRE quelque chose” (denis l.) // Sûr qu’avant le libéralisme, l’humanité n’existait pas. Pas de religions, de philosophies, le néant total. Sans parler de l’aspect matériel des choses : manger des glands et se vêtir de fougères n’était pas très agréabe… (de passage)” …
… Toujours cette manie typique des collabos (potentiels ou effectifs) de l’Islam, et autres critiques systématiques et radicaux de la modernité occidentale : la lecture littérale – ou bien la mauvaise foi. La réalité – exprimée brièvement car “de passage” ne mérite pas qu’on lui consacre trop de temps – est que sur la longue durée un “système” (qui précisément a pour lui de ne pas en être un a, puisque se réinventant en permanence) a surclassé tous les autres. Ajoutons que ce “système”, surtout vu par les Ilysiens les plus représentatifs (à mon avis), n’est pas dissociable de ses racines, et que les Vikings, Grecs ou Romains n’étaient pas respectivement des guerriers, des philosophes ou des organisateurs, préservés des horribles motivations matérielles. Capitalisme, libre échange, et tutti quanti existaient déjà chez nos ancêtres – évidemment un peu différemment. Comme nous aujourd’hui, ils étaient habituellement à la pointe de la technique comme ils étaient habituellement à la pointe de la pensée. Eux aussi – du moins les Citoyens – étaient plus libres que tous les autres humains de l’époque.
(qui précisément a pour lui de ne pas en être un au sens réducteur du terme, puisque se réinventant en permanence)
On notera la complémentarité spontanée des comms respectifs de V V et de ma pomme. Un chef d’orchestre n’est pas toujours indispensable pour obtenir un bon résultat – en l’occurence, flinguer intégralement la prose de “de passage” :-)
Et ça aussi, c’est très occidental et horriblement libéral.
Les votes contre l’UE ne sont pas anodins. La population de l’Europe occidentale est majoritairement contre le libéralisme, toutes tendances confondues et notamment la France.
Normal, leurs conditions de vie en pâtissent sévèrement.
Seulement leurs dirigeants n’ont absolument pas l’intention de bouger d’un iota leur ligne de conduite. Ils n’ont d’ailleurs pas le choix, ce ne sont plus les vrais décisionnaires.
Le peuple gronde donc contre ce mouvement occidental anti-démocratique et vous, vous êtes la réaction “anti-gronde”, ce qui vous place finalement du côté du pouvoir.
Sacrés ilysiens, enfin quelqu’un a le courage de dire tout haut ce que le pouvoir dit tout haut !
” Le peuple gronde donc contre ce mouvement occidental anti-démocratique et vous, vous êtes la réaction “anti-gronde”, ce qui vous place finalement du côté du pouvoir. ” …
… Mais comment donc. Il est bien connu que le pouvoir en France est libéral. Et que le pouvoir sarkozyste, en particulier, est ultra-libéral. Cela se voit tous les jours, s’entend tous les jours, et se vérifie par le %age du PIB absorbé par les prélèvements obligatoires :-)))))
* * *
A part ça, je note que la conception du “passage” de notre visiteur, est un rien extensible. C’est d’ailleurs comme ça que les peuples occupés respectivement par les Communistes et les Musulmans, ont trouvé le temps : long.
Et désolé de ne pas partager cet émoi pour l’ouvrier, qui reste le principal responsable de son malheur. Car les délocalisations ça fait au bas mot 30 ans qu’on en parle, depuis le milieu des années 70, comme de l’arrivée du chômage de masse, et des fermetures d’usines. La plus élémentaire compassion aurait voulu qu’on lui foute un bon coup de pied au cul, qu’on le sorte de sa “condition” et de sa “culture ouvrière”, qui se rapprochent des gémissements allogènes. Comme l’a fait Thatcher, avec un amour maternel indéniable. Certes sur le moment c’est dur, brutal, mais à terme tellement plus sain. C’aurait été un moyen de le préserver de cette croyance absurde, qu’il suffit d’incendier des pneus et de faire un caprice pour changer la donne. De le réintroduire dans l’économie, de lui rappeler qu’il produit des choses, et que même il doit les vendre, et qu’il faut pour cela que des gens les achètent. Le pneu enflammé c’est l’équivalent de la prière au ciel pour le marxiste.
” Le pneu enflammé c’est l’équivalent de la prière au ciel pour le marxiste. ” …
… Et hop ! Au best of. Il n’y a qu’Ilys pour produire des choses si justes à partir du fumier de “de passage”. C’est notamment en cela qu’Ilys est libéral.
“Et ça aussi, c’est très occidental et horriblement libéral.”
Ahahah n’importe quoi ^^ Ca va les chevilles ?
Tu sais, si tu te rends dans un club de fléchettes chinois et que tu commences à leur dire que leur occupation favorite est une distraction de pédérastes, nul besoin d’occident ou de libéralisme pour aboutir au même résultat : ça s’appelle défendre son os.
D’ailleurs vous le faites avec tant d’empressement que n’ayant même pas eu le temps de répondre au 10ème de ce qui m’est dit je suis déjà accusé de m’épancher trop longuement ici.
Je vous laisse entre petits bourgeois rebelles, je repasserai quand j’aurai le temps.
Juste un truc pour Denis L. : effectivement le pouvoir en France n’a pas institué de système 100% libéral , mais il faut voir d’où Sarkozy part aussi… Si en l’espace de 2 ans il avait transformé une France assez socialiste dans son fonctionnement en eratz des USA il ne se serait jamais maintenu à son poste.
“C’est notamment en cela qu’Ilys est libéral.”
Ahahah mais tu t’arrêtes jamais toi !
Et Jésus, l’eau en vin, un indice sur ses sentiments politiques ?
“Il y aura toujours des pauvres parmi vous” (l’Evangile)
“Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus” (Epître aux Thessaloniciens)
#47 Mais vous avez raison, sur ce que pense les gens. C’est pourquoi, XP, à un niveau supérieur perçoit que la crise est spirituelle. Et c’est pourquoi, je dis que nos pays sont menacés de devenir n*****. Car nous avons des demi-sauvages, qui ne pensent plus à innover, à se projeter, à aller de l’avant, à penser, créer, ect… mais à taper comme des sourds sur une civilisation devenue trop lourde à porter. C’est comme si au moment où le combat était le plus intense, ils se mettaient à casser leurs fusils, à se tartiner le visage de terre, et tentaient de retraiter dans de quelconque profondeurs. Mais le monde n’est plus assez vaste pour fuir. Ce qu’on appelle la mondialisation n’est autre que des porte-conteneurs. Et c’est là où l’on goûte à la contradiction la plus révélatrice chez les gens qui se piquent de connaître le Réel. La mondialisation ce n’est pas de la politique, ou bien après, ce sont des navires. Des bateaux avec des caisses dessus. C’est ça le réel. On peut vouloir tout ce qu’on veut, on n’allongera plus les distances. Le monde est destiné à encore rapetisser. Et il vaut mieux que ce soit nous qui maitrisions ces outils, plutôt que les Chinois, ou je ne sais trop qui. Mais le moujik, lui, ne rêve que de se tartiner la gueule de terre.
@ de passage : “Ca va les chevilles ?”…
… Très bien merci : Ilys est un blogue d’élite – merci de l’avoir confirmé par contraste (non qu’on avait des doutes, mais c’est gentil tout de même de votre part).
Qu’il ait fallu de tout temps, du protozoaire marin au Conti’, s’adapter ou périr est une évidence que personne ne peut nier. Les ouvriers mis au chômage savent qu’ils mènent un combat d’arrière garde, que Dame Nature a une aversion pour les branches mortes et qu’elle a la serpette facile. Tout une gamme de nouvelles applications et technologies issues de la quatrième révolution industrielle (celle de l’environnement, après le charbon, le pétrole et le numérique) n’attendent que le génie européen pour s’épanouir. C’est une adaptation qui se fera, dans la douleur certainement, mais c’est un mal nécessaire. Là où le ciel est bien moins clément pour nos chères têtes (de moins en moins) blondes c’est le basculement du centre de gravité économique mondial vers des pays comme la Chine, 1) non européens par leur culture ou leur substrat ethnique 2) dont le QI moyen est de six points supérieur au nôtre. Et cela au moment même où l’Europe (et le reste du monde blanc) a décidé d’abaisser volontairement son QI moyen en faisant venir sur son sol des populations plafonnant à un QI de 85.
@ Vae Victis: “C’est pas comme si la provenance était inscrite sur les étiquettes… C’est pas comme si le Français voulait faire des économies, acheter au meilleur prix, gagner du pouvoir d’achat. Non du tout, on est OBLIGE d’acheter chinois.”
En même temps sur nombre de produits il n’y pas de choix; si l’on veut acheter un ordinateur ce sera forcément du “made in china” que ce soit un pc daubique d’un assembleur coréen acheté en supermarché ou le dernier MacBook Pro.
Et même en tapant dans le haut de gamme, ça devient difficile de trouver des produits qui ne sont pas fabriqués dans des pays à faible coût de main d’œuvres….genre Bang & Olufsen qui fabrique maintenant pas mal en République Tchèque.
On pourrait aussi parler du textile ou l’ensemble des griffes de prêt à porter se sont mises à fabriquer en Turquie, au Maroc ou en Chine….alors qu’au milieu des années 90 on trouvait encore du “Made France/UK/Italy/USA”.
“Et désolé de ne pas partager cet émoi pour l’ouvrier, qui reste le principal responsable de son malheur. Car les délocalisations ça fait au bas mot 30 ans qu’on en parle, depuis le milieu des années 70, comme de l’arrivée du chômage de masse, et des fermetures d’usines. La plus élémentaire compassion aurait voulu qu’on lui foute un bon coup de pied au cul, qu’on le sorte de sa “condition” et de sa “culture ouvrière”, qui se rapprochent des gémissements allogènes.”
On revient au problème de départ; peu importe le nombre de coup de pied cul le problème est que l’on ne va pas transformer la population ouvrière en employés de ssii ou chercheurs en NST…donc concrètement vous voulez en faire quoi de ces gens ?
Les faire descendre au niveau des ouvriers des pays en développement vu que finalement dans la concurrence mondial ils sont de valeur équivalente en terme de production ?
“donc concrètement vous voulez en faire quoi de ces gens ?”
Les faire absorber par l’underclass venue du Tiers-monde. C’est ce qui se produit tous les jours dans les quartiers populaires de France et du Royaume-Uni. Ceux qui ne parviendront pas à se sortir du ghetto seront absorbés par celui-ci. Culturellement, l’affaire est déjà pliée. Les jeunes prolos occidentaux sont chaque jour davantage islamisés et négrifiés. Le football, sport prolétaire par excellence a bien illustré le changement démographico-culturel de notre pays: d’abord des FDS dans les années 50, puis des descendants d’immigrés européens dans les années 70-80, enfin des Arabes, des Noirs et des convertis.
C’est d’ailleurs en cela que l’alliance rouge-vert est tellement “naturelle”, logique pour quiconque observe froidement les faits. Non seulement les idées, mais les personnes de gauche et les musulmans convergent gravitairement dans une détestation commune du beau et de la transcendance. Que Soral, ancien du PC se fasse le chantre des colonisateurs barbus, qu’il sache en bon marxiste que son vivier naturel se trouve dans les cités du 93 est un indice qui ne trompe pas. Que De Villepin, membre de l’hyperclasse mais souverainiste agnostique et orientaliste version 0.9, adopte une approche similaire est complètement logique. C’est l’alliance de toutes les hérésies pour instaurer la “Cité des Hommes” (titre du dernier torchon de DdV), par opposition à la Cité de Dieu de St-Augustin. C’est la projet babélien sous des traits contemporains.
Tout simplement parce qu’il n’y a pas de différence entre un ordinateur sur une chaine de montage à Taïwan, et le même sur une chaine de montage en France ; sauf celle du prix… Avant d’en arriver à une hégémonie de productions délocalisées, il y a eu une période de flottement, et l’Européen faisant ses emplettes a simplement voulu maximiser son pouvoir d’achat en achetant moins cher. Il n’y nullement été contraint, la mondialisation c’est lui aussi. Il n’y a pas production sans demande ; sauf dans les pays communistes. Après que ce même individu soit le pire des hypocrites, c’est aussi une évidence. Nebo fait bien de le lui rappeler.
Concernant les ouvriers. Des régions entières de ce pays ne sont pas dévastées parce que les ouvriers sont défavorisés. Ca tient à la mentalité ouvrière, faite de pneus enflammés, de luttes collectives ancestrales, de syndicalisme révolutionnaire ; tout un ensemble de choses mortifères qui le rend très peu flexible. A mille lieux de l’employé de PME, principalement dans le petit commerce. Quand l’employé de restaurant voit que son resto périclite, il ne fait pas grève, il ne monte pas de stand merguez, il n’occupe pas son lieu de travail. Il n’attend pas de se retrouver au chômage. Simplement, il cherche un autre job. Si besoin est il change de région, il fait des saisons, ect… Si ça ne suffit pas, il change de secteurs d’activité. Il s’adapte.
Ensuite ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas de travail, il y a des tas d’activités qui pourraient se développer si on voulait un peu libéraliser l’économie et ne plus surtaxer le travail. C’est ce qu’a compris Sarkozy avec l’autoentrepreunariat. L’une des rares bonnes choses qu’il ait fait. Et là encore on entend les syndicats glapir.
@ Vertumne : la politique du “sauvons les meubles, il restera une petite élite blanche” c’est bien gentil mais au final la loi du nombre fait que cela revient quand même à disparaitre, la France ne sera qu’un fantôme d’elle même; ça n’a aucun intérêt.
Pour ce qui est des jeunes prolos occidentaux, je crois au contraire que la “Riberysation” est marginale….et ne fonctionne pas à grande échelle; il me semble qu’au contraire une radicalisation de ces derniers (c.a.d ceux qui ont à subir les CPF au quotidien) est parfaitement envisageable….voir la monter du ressentiment en Autriche etc..
“Et Jésus, l’eau en vin, un indice sur ses sentiments politiques ?”
“Il y aura toujours des pauvres parmi vous” (l’Evangile)
“Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus” (Epître aux Thessaloniciens)
Ça, un blog d’élite ??? Vous ne marchez pas, vous courez !
Merci pour la rigolade en tout cas Denis.
Quand à assumer tranquillement que la classe ouvrière française disparaisse pour le bien de tous, soit par sa transformation en employé de bureaux soit par son acceptation de sa dhimmitude et son absorption démographique, c’est proprement gerbant.
Vous qui passez votre temps à remarquer les différences entre CPF et occidentaux vous n’arrivez pas à comprendre qu’un pays qui n’a plus de production industrielle est foutu, dépendant qu’il est de ses fournisseurs ? Si les pays constructeurs nous font la guerre, on fait quoi ? On leur achète des chars ?
Qu’un pays qui n’est plus composé d’un peuple mais d’une élite autochtone et d’une masse populaire étrangère est inéluctablement voué à sombrer aux mains de ces derniers ?
Vous sucez ceux qui détruisent ce pays tout en ventant son génie…
#61 Vous ne visitez pas beaucoup nos campagnes. C’est là-bas qu’ils y sont les plus acculturés, alors que le voisinage se fait distant. Il y a un inversement, le modèle envié de la société ce n’est plus la cour de France, mais la cour des miracles. Du prolétaire au fils de bobo.
@ Moi: “la politique du “sauvons les meubles, il restera une petite élite blanche””
Ce n’est même pas une politique, juste une simple constatation des faits. Que cela nous plaise ou pas l’Europe en général, et la France en particulier se brésilisent à vitesse grand v.
http://reseaudesbahuts.lautre.net/article.php3?id_article=159
Je sais, vous l’avez déjà lu. Et quand bien même ce serait le cas vous avez déjà une idée très précise du personnage qui disqualifie son analyse. Jettez-y quand même un oeil, vous verrez, vous avez des alliés partout…
@ Vae Victis: tout à fait. Les effets délétères de cette acculturation produisent d’ailleurs des changements biologiques tout à fait tangibles:
http://www.telegraph.co.uk/education/educationnews/4548943/British-teenagers-have-lower-IQs-than-their-counterparts-did-30-years-ago.html
Et les classes moyennes inférieures ne sont pas à l’abri. Pour des esprits abrutis et simplifiés il ne fait aucun doute que le cocon rassurant de l’islam constituera un prêt-à-penser parfait.
de passage #62 > Vous ne comprenez même pas le principe de production que sous-tend la mondialisation. Ce n’est pas de faire produire des chars au xland pour ensuite les importer, ça n’aurait aucun sens. C’est de faire produire des pièces aux meilleurs coûts, dans les usines les plus compétitives, et ensuite de les assembler là où on en a besoin. C’est la production éclatée. Plus rentable. Ainsi les pièces des Airbus viennent aussi bien des pays européens, que du Japon ou des USA, ect…
En outre, les multinationales ont très bien compris qu’elles n’avaient nullement intérêt à assembler des produits de très haute-technologie dans des pays où l’on ne respecte pas les brevets. La dépendance à un sous-traitant qui si contente de produire, là où l’on conçoit, c’est de la (mauvaise) fiction.
Ensuite, je ne vois pas bien le lien de cause à effet entre mondialisation et immigration de masse. Certes les voyages étant plus faciles, les pays les plus riches reçoivent plus de sollicitations. Mais l’on voit parfaitement que des pays comme le Japon ou la Corée du Sud ne sont pas envahis. L’immigration en France ayant par ailleurs connue son pic dans les années 50 – 70, bien avant que la Chine ne devienne l’entrepôt du monde. Et dans une optique tout ce qui a de moins libérale. Rappelons encore une fois, que ce n’est pas le patronat qui a fait venir les Algériens – dont il ne voulait pas -, mais le gouvernement Français qui les a imposé.
@ V.V: “Quand l’employé de restaurant voit que son resto périclite, il ne fait pas grève, il ne monte pas de stand merguez, il n’occupe pas son lieu de travail. Il n’attend pas de se retrouver au chômage. Simplement, il cherche un autre job. Si besoin est il change de région, il fait des saisons, ect… Si ça ne suffit pas, il change de secteurs d’activité. Il s’adapte.”
Sauf qu’en général l’employé de resto il a moins de 30 ans et n’est pas marié, c’est quand même plus simple pour lui de se bouger.
Le type de 40 ans qui a deux gosses, un crédit immobilier parce qu’il n’a pas envie de payer des loyer à fonds perdus toute sa vie et dont la femme travaille…pour lui vous admettrez que c’est plus compliquer de partir à l’autre bout de la France.
“Vous ne visitez pas beaucoup nos campagnes. C’est là-bas qu’ils y sont les plus acculturés, alors que le voisinage se fait distant.”
Non en effet; cela dit il suffit de regarder le public d’un concert de rap & d’un concert de pop/rock dans n’importe quelle ville de province pour constater que le public n’est clairement pas la peine….& qu’on est très loin du grand mélange à la Plus Belle la Vie.
@ Vertumne: pour le coup je préfère avoir la foi avec XP sur ce coup; entre la Brésilisation & la disparition pour moi c’est du pareil au même.
Sans y faire attention vous allez dans mon sens. Si l’employé de resto est souvent relativement jeune, c’est justement parce que 7/10 changent de secteur d’activité, dans les 10 ans après la sortie de l’école. Car il sait que son avenir, c’est à lui de le construire, et pas au syndicat. C’est l’énorme différence.
Et puis il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, l’ouvrier il bougeait, c’était à lui de suivre le travail. Il partait de sa campagne pour aller faire des pneus, du verre, de l’acier, ect… ou pour aller couper des arbres au Canada. Paradoxalement la mobilité des Français était supérieure il y a 20 ans qu’aujourd’hui.
@ de passage pour l’éternité : ” vous n’arrivez pas à comprendre qu’un pays qui n’a plus de production industrielle est foutu, dépendant qu’il est de ses fournisseurs ” …
… Qui a dit ça ? Tout le monde ici est ravi lorsque les Français / Européens / Blancs / Occidentaux (on n’ouvre pas le débat ici) occupent des créneaux industriels pointus et vitaux, grâce notamment à la flexibilité INTELLECTUELLE de leur main-d’oeuvre y compris MANUELLE.
@ moi : ” le type de 40 ans qui a deux gosses, un crédit immobilier parce qu’il n’a pas envie de payer des loyer à fonds perdus toute sa vie et dont la femme travaille…pour lui vous admettrez que c’est plus compliquer de partir à l’autre bout de la France.” …
… Il faut tout de suite que votre exemple soit “à l’autre bout de la France”… Qui plus est, ce que vous décrivez est banal aux USA (être propriétaire avec un crédit, revendre, etc) ce qui traduit non une absence d’”enracinement” des Ricains par opposition à des Européens “enracinés” (vision “Terre et Peuple”), mais un meilleur fonctionnement du marché immobilier aux USA. Ici, nous oeuvrons avec acharnement à créer toujours plus de rigidités, de coûts inutiles, de réglementations aberrantes, de blocages et tout genre.
@ V V : Oui, l’ouvrier, traditionnellement, c’est soit un agriculteur qui se déplace, et pas qu’un peu – voire un agriculteur qui a un second emploi. Pas un type avec un “statut” à la Régie Renault ou aux Charbonnages de France.
Oui. La France manque à la fois de travailleurs manuels compétents, et d’activités high-tech. Par contre on produit des fonctionnaires. Malheureusement ils ne sont pas exportables.
Cela étant, il est vrai que le lancer de fléchettes est un peu un jeu de pédés. Enfin, il me semble.
“Hello, Madimaxi. Vous êtes en visite chez les fachos ?”
Facho = une bande de joyeux drills sympa aux idées anti-coco. C’est ce que dit mon dico-gaucho. Et si vous êtes là, Robert, je pense que je fais bien de m’en servir pour traduire.
Bien content de vous avoir retrouvé. Au plaisir de vous lire nonobstant le fait que nous nous mesurions, parfois chez Corine, à fleurets mouchetés.
“Cela étant, il est vrai que le lancer de fléchettes est un peu un jeu de pédés. Enfin, il me semble.”
Mouaif… ça dépend tout de même sur qui on les lance.
” il est vrai que le lancer de fléchettes est un peu un jeu de pédés ” …
… Je recommande à l’auteur de cette impérissable opinion d’aller la répéter dans un pub des Îles britanniques. Il pourrait bien découvrir par la même occasion que lui, n’est pas impérissable :-)
Ha ha ha ha ha ha… ouais… qu’il aille répéter ça à Dublin ou à Belfast…
Ah, bah… En Angleterre, c’est tous des pédés, de toute façon, chacun sait ça…
To Robert Walkingblack : C’est celui qui dit qui est. Cela étant, le meilleur jeu de pédé et d’enculé profond, c’est quand même la bourse, non ?
@Vae Victis
“Vous ne comprenez même pas le principe de production que sous-tend la mondialisation. Ce n’est pas de faire produire des chars au xland pour ensuite les importer, ça n’aurait aucun sens. C’est de faire produire des pièces aux meilleurs coûts, dans les usines les plus compétitives, et ensuite de les assembler là où on en a besoin. C’est la production éclatée. Plus rentable.”
Si si, je comprends très bien le principe même si je n’ai pas une connaissance approfondie de la chose, la fin de votre citation le résume très bien : rentabilité. Le jour ou notre constructeur de canons nous fera la guerre, on sera bien content de pouvoir encore acheter des chenilles… D’autre part, une grande partie des biens de consommations ne nécessite pas d’assemblage et à force de ne plus en fabriquer nous ne serions pas forcément capable de nous y remettre du jour au lendemain, le savoir-faire étant perdu.
Il y a quelques années une marque américaine voulait produire de véritables baskets “made in usa” ; ils n’ont jamais pu inscrire cette petite phrase sur leurs étiquettes pour la simple raison que la chine produit l’ensemble de leurs pompes depuis des décennies et qu’ils se sont retrouvés infoutus de faire des semelles dignes de ce nom. Les chinois (libéraux quand ça les arrange) n’ont pas voulus leur vendre de brevets, épisode clos, passage par la Chine obligatoire.
Sinon l’immigration de masse a peut-être quelque chose à voir ave la disparition des frontières non ?
@Denis L.
Justement, il ne faut pas faire QUE dans la production de pointe.
Un pays qui est au top dans les nano-technologies mais ne peut pas produire ses propres poêles est à mon sens mal barré malgré toute la “plus-value” de son savoir scientifique car dépendant sur des domaines basiques mais ô combien vitaux.
@ de passage mais très très souvent : “Il y a quelques années une marque américaine voulait produire de véritables baskets “made in usa” ; ils n’ont jamais pu (blabla)”…
… Il faudra leur expliquer comment New Balance fait pour produire deux tiers de ses paires en Occident, et ma dernière paire de chez eux est “made in the UK”. Soit l’anecdote est fausse (ce qui ne m’étonnerait pas), soit au minimum des éléments du contexte sont manquants.
” il ne faut pas faire QUE dans la production de pointe”…
… Je crois aux savoir-faire de pointe non seulement “high-tech” mais carrément artisanaux. C’est mon côté “archéo-futuriste” (et je suis sérieux même si Guillaume Faye ne l’est pas toujours…). On peut tout à fait produire dans le même pays l’Airbus A380 et les sacs Hermès. Pour prendre l’exemple d’une région dont je connais parfaitement le tissu industriel même si je n’y habite plus, non seulement l’Alsace fabrique le système de freinage du premier et tanne les cuirs du second, mais elle a la plus forte proportion de chercheurs de toutes les provinces françaises, tout en ayant donné naissance aux leaders mondiaux du caddie(TM) ou de la… brouette. Il faut simplement réaliser que le savoir-faire du tannage du cuir de veau est au plus haut niveau mondial, et que les brouettes sortent de lignes de production entièrement automatisées. Il faut savoir ce que l’on veut : dans tous les cas, c’est une question d’investissements (dans la formation et/ou l’outil de production et/ou la recherche). Or jusqu’à preuve du contraire, le pognon c’est nous (les Occidentaux) qui l’avons, et même lorsque ce sont des Exotiques qui l’ont ils viennent le placer chez nous.
Ceci étant, il faut surveiller l’évolution chinoise avec attention – sans oublier que d’ici une ou deux générations, les problèmes de vieillissement de l’Europe ou même du Japon, seront de la roupie de sansonnet par rapport à ceux de la Chine.
#80 > L’Allemagne est le premier pays producteur de machines outils. Les bureaux d’études, la R&D, se fait encore très majoritairement en Occident. Le savoir et le capital est occidental, c’est ce qui est important. Les pays scandinaves ont conservé une large part de leurs industries en automatisant leurs usines. J’ai pu voir un reportage sur une usine Légo, c’était extrêmement impressionnant de voir des chaines de montage sans ouvriers. Sans dire que tous les pays protègent leurs productions stratégiques. L’assemblage de Nike par des petites mains n’en étant pas une. Délocaliser les productions de bas niveaux participe à une meilleure allocation du capital, qui peut justement être investi en R&D, ce qui est une façon de préparer l’avenir.
Votre exemple paraît au minimum incomplet, sachant que les grandes marques de chaussures de sport sont occidentales. (Nike étant une référence à Athéna Niké, comprendre victorieuse). Qu’elles ne partagent pas leurs brevets me semble tout à fait compréhensible. La semelle est un concentré de technologies, issues de décennies de recherche, c’est pas exactement le genre de truc qui s’improvise.
Par contre ce qui est fascinant, c’est qu’au moment où la bataille économique s’annonce la plus rude, les Européens loin de s’y préparer, de s’armer en conséquence, et de rêver de victoire. Au contraire, se mettent à saborder la navire, se jettent à l’eau, et tentent de s’accrocher aux débris flottants. Etant bien plus empressés de conserver leurs zacquis sociaux, leurs postes de fonctionnaires, leurs rentes imméritées, que de créer quoi que ce soit qui leur assurerait un avenir.
Ils ont l’habitude de l’incantatoire. 60 ans d’administration coco-gaulliste, 60 ans de manifs. Le pli est pris : on manifeste contre le gouvernement et les capitalistes, ils lâchent du terrain, on négocie leur reddition, et on empoche. Sauf qu’il arrivera un jour où il n’y aura plus rien à empocher. Et ça les Français le savent confusément, ils savent qu’ils appartiennent au passé, c’est pourquoi ils sont tellement inquiets, et s’empressent d’essayer de protéger leurs minuscules conditions. C’est un sauve-qui-peut.
A l’autre bout du monde, on voit une Chine conquérante qui planifie minutieusement son expansion. Quand on voit le chemin parcouru en une vingtaine d’années, on est pris d’un vertige. On admire. Et quitte à choisir, autant être dominé par une civilisation supérieure. Panda nous enseigne le mandarin, pour servir de kapos le moment venu. :D
La mondialisation offre une merveilleuse opportunité à des sociétés
possédant un savoir faire de niche (trop capitalistique pour l’imitateur
lambda , marché pas assez vaste pour intéresser un géant) pour
prospérer à l’échelle mondiale.C’est ce qui fait la fortune de la Scandinavie , d’une partie de l’Allemagne , du nord de l’Italie
et de la Flandre.
Cela suppose l’existence de grosses PME et d’une main d’oeuvre industrielle hautement qualifiée (usines avec des bac +2 , pas d’immigrés).
Intéressante remarque, Von Mises.
“A l’autre bout du monde, on voit une Chine conquérante qui planifie minutieusement son expansion.”
Pas du tout convaincu par cette idée qui est devenue “reçue” au vu des résultats, certes spectaculaires, de ces dernières années. La force de l’économie repose sur la liberté individuelle donc celle d’entreprendre, le potentiel humain et la fiabilité des institutions. Dans ces trois domaines, la Chine est bien derrière les économies dominantes.
Si un pays gouverné par le parti unique avec son noyau de quelques milliers d’oligarques, ses millions de fonctionnaires et autres apparatchiks locaux, où la corruption et les passe-droits sont monnaie courante, où le secteur nationalisé des banques et de l’industrie lourde est toujours prédominant… devient un jour la première économie mondiale, se serait un joli pied de nez à tous les libéraux qui considèrent ces faiblesses comme rédhibitoires sur la voie du progrès.
La Chine étant partie de tellement loin sur l’échelle mondiale, il est normal que son taux de croissance soit élevé, profitant de la mondialisation et de la richesse des marchés extérieurs. Cependant, il se rétrécira inexorablement et sans les réformes structurelles, sa baisse ne fera que s’accélérer en faisant apparaître au grand jour les contradictions internes jusqu’ici masquées par l’euphorie ambiante.
Le régime qui tremble devant quelques illuminés de Falundong, qui doit faire face à l’irrédentisme tibétain et à la contestation ouïghour musulmane (140 morts et 800 blessés dans un seul “incident” d’hier), qui est toujours dépendant du secteur nationalisé obsolète dont il ne peut pas se débarrasser sans nuire à la caste privilégiée qui en tire le profit et sans mette en danger la “paix sociale” en alimentant l’armée déjà conséquente des chômeurs, n’a pas d’avenir à mes yeux.
Enfin, je me méfie des cassandres même les plus pointues dans leurs domaines de compétence. Durant la grande dépression, c’était l’Allemagne qui donnait le ton sur le plan économique dès les années ’30. Vint l’URSS et les éloges d’écrasante majorité de spécialistes, pas tous idéologues, ventant sa croissance à 2 chiffres et l’exploit du Spoutnik et de Gagarine. Par la suite, la Japon allait tous nous manger tout cru et dominer à son tour. Les pays arabes avec leurs pétrodollars… Depuis, l’Allemagne a été détruite, l’URSS est partie, le Japon est rentré dans les rangs, les Pays Arabes on oublie… La Chine ? A moins que ça ne bouge sérieusement pour renforcer ses pieds d’argile, elle finira comme la Russie 1917. Je pense…
Entièrement d’accord avec Von Mises. C’est ce que j’ai voulu dire dans mon premier commentaire sur ce fil… en beacoup moins concis.
@ madimaxi : Vos rappels sont justifiés. Si l’on ajoute l’impact du vieillissement accéléré (cf. ma pomme au # 81) ainsi que d’un autre effet de la politique de l’enfant unique (des gamins à la fois ultra-stressés par un surinvestissement affectif et des attentes disproportionnées, et gâtés-pourris, bref névrosés et égocentriques, et loin des vertus fourmilières de ce peuple), il faut relativiser la menace chinoise.
Qui plus est, il y a l’inconnue chrétienne, dont on ne sait si elle rapprochera pour le meilleur les Chinois de notre mentalité, ou si elle déclenchera une montée de l’esprit critique fatale au pouvoir en place (voire génératrice de divisions entre Chinois, une spécialité traditionnelle au moins autant que le chop-suey).
Ceci étant : pas de relâchement de la vigilance. Il est toujours bon d’avoir quelques ennemis, même un poil surévalués, sous réserve que le péril jaune ne nous distraie pas de la négrification en interne et du conflit structurel avec les Mahométans.
Être ce que nous sommes, c’est avoir à la fois cet intérêt pour les Autres qui est indissociable de l’esprit de découverte (que cette découverte soit géographique ou scientifique) ET une saine défiance à l’égard de l’envahisseur / du concurrent potentiel. S’il nous manque le premier nous nous ravalons au niveau des autres, s’il nous manque le second (comme il semble que ce soit le cas – pas sur Ilys évidemment ! – par les temps qui courent) nous nous suicidons.
@ madimaxi
Excellentissime comentaire.
Dans cette course qu’est la mondialisation, la Chine est en tête. Mais si on faisait une analogie avec le Paris-Dakar, on dirait qu’on est à Clermond-ferrand. On verra ce qu’elle va faire dans les dunes, la Chine.
M’est d’avis qu’elle va casser le moteur.
En parlant d’idée reçue, que la démocratie soit le régime le plus favorable au développement du capitalisme en est une belle.
Le marché s’oppose à la démocratie dans une certaine mesure. Car le marché renforce le pouvoir d’une minorité économique, qui a l’instruction, le dynamisme, le capital, les relations internationales et politiques, les moyens de réaction pour profiter de la mondialisation. Bien-sûr certaines familles déclineront tandis que d’autres s’élèveront, mais dans l’ensemble avec la croissance, les classes favorisées en profiteront. Cela n’est pas vrai des masses pauvres, non qualifiées, ne sachant souvent ni lire ni écrire, dépourvues de capital, et sans moyen de s’adapter à la mondialisation, qui les ballotent au gré des cours mondiaux, des cracks boursiers, ect… Elles profitent peu de la mondialisation dans l’immédiat sans accompagnement politique et redistribution, tandis que leurs activités, leur mode de vie est souvent détruit. Les pauvres ont donc tendance à s’opposer au marché et à la mondialisation, d’autant plus brutalement que l’inflation est élevée. Dans un capitalisme de copinage, comme cela se présente souvent (et qui est sa forme naturelle, sans législation ad-hoc), même à long terme la mondialisation ne leur profitera pas nécessairement. Constat renforcé lorsqu’il existe des minorités économiquement dominantes qui se développent dans un pays, tandis que la majorité de la population végète. De l’autre côté la démocratisation (1 homme = 1 voix) offre à ses masses appauvries, un pouvoir politique sans précédent. Qu’ils emploient logiquement contre le marché et ses tenants. Il suffit qu’il se présente un démagogue pour que ce soit l’explosion. On a donc deux logiques qui s’affrontent, celle du marché qui profitent à une minorité qui s’enrichit comme jamais, et celle de la majorité qui est frappée par le changement, et qui n’a pas les moyens financiers comme intellectuels pour s’y adapter.
Ce qui revient à dire qu’il y a des générations sacrifiées. Toutes ces masses rurales forcées de quitter les campagnes pour devenir ouvriers, dans des conditions pour le moins rudes. Et qu’il faut maintenir dans le rang.
Vous traitez le fait de profiter de la mondialisation comme d’une évidence, une chose d’une extrême facilité. Pourtant beaucoup de pays n’en profitent pas, ou peu, ou dans des proportions moindre que la Chine. Ce qui revient à dire que profiter des bienfaits de la mondialisation ne se fait pas tout seul, et qu’il faut une politique suivie.
Il y a un élément qui n’est jamais mis en lumière, alors que l’URSS s’est effondrée en tentant d’assouplir son communisme, dans le même temps la Chine passait par étapes à l’économie de marché, sans que le régime ne subisse de contre-coups. Un retournement à 180°, qui s’oppose à tous les dogmes constitués, presque paisible. Et depuis plus de 20 ans, ce qui fait très long pour un feu de paille, le même régime fait passer la Chine du XVIIème siècle au XXIème, à une échelle jamais vue en Occident, et dans en temps record. Voyez un peu, la révolution industrielle, la révolution numérique, l’exode rural, à une échelle d’un milliard et demi d’habitants, tout ça en quelques décennies. Et on ne compte que quelques troubles sporadiques. Mais c’est inouï ! Dans le même temps la plupart des pays d’Europe connaissaient révolutions sur révolutions, changements de régimes en pagaille, la montée du communisme, du fascisme, du nazisme, Vichy réminiscence de la résistance à l’industrialisation et au monde moderne, ect… Si la Chine était une démocratie – Dieu l’en préserve – elle ne connaitrait pas le dixième de son développement actuel.
A l’échelle de son histoire, elle connait certainement son meilleur gouvernement, et sa période la plus paisible.
Si vous faites une assez bonne analyse générale, je dois dire que l’évocation du Tibet et des Ouïghours n’est pas au niveau. Vous dites : “La Chine connait des troubles.” Ce qui pour un Occidental finissant signifie le drame absolu. L’Occidental étant devenu incapable de relever le moindre défi, empêtré qu’il est dans les droits de l’homme et autres foutaises. Car connaître des troubles n’a rien de grave en soi. C’est la façon de les résoudre qui fait la différence. La vérité c’est que le Tibet n’existe plus, c’est devenu une colonie chinoise, les Hans y sont majoritaires et les Tibétains marginalisés. Il y avait un problème, il est en voie d’être résolu. Les Ouïghours, 7 millions de péquenots à moitié Talibans vivant dans la région la plus arriérée de Chine, face à plus d’un milliard de Chinois fort remontés. Je ne miserai pas sur eux à votre place. ^^
Que la Chine ait encore beaucoup de défis à relever, c’est évident, mais ils ont la volonté de se battre, de conquérir la place que l’histoire leur a volé. Et pour cela ils placent leurs pions. Ce qui leur un énorme avantage par rapport à nous, trop occupés à geindre et à nous agripper aux zacquis sociaux hérités des Trentes Glorieuses. S’ils veulent réussir ils devront certainement passer par des étapes difficiles : leurs banques sont vérolées de créances douteuses, les comptes des sociétés cotées en bourse ne sont pas du tout transparents, leurs grandes entreprises vont devoir supporter le cout des retraites de leurs employés, la population vieillit, ils ont un capitalisme de collusion, ect…
On verra, mais s’ils passent ces étapes la Chine va devenir une grande puissance. Toute l’Asie du Sud-Est est déjà dominée économiquement par la diaspora chinoise, dans des proportions de parfois 90%. Avec des forces de projection, ils pourront sans difficultés contrôler toute cette zone géographique, placer des gouvernements amis, voire intervenir directement lorsque les ressortissants seront menacés comme cela arrivent régulièrement.
Si cela arrive le Japon – seconde puissance économique mondiale (pas mal pour un échec) – suivra. Actuellement, alors que sa constitution lui interdit de posséder une armée, il dépense pour ses “forces d’auto-défense” en chiffres absolus autant que la France. Si la Chine développe son potentiel militaire, le Japon et la Corée suivront. Pour l’heure la Chine est dans une phase d’attente, de préparation, ils jouent les intermédiaires, ils se montrent conciliants et évitent tout choc direct. Une prudence qui fait une grosse différence avec des pays comme l’Irak ou la Serbie, qui dès qu’ils ont eu quelques canons ont pris la grosse tête.
Le fait est qu’elle nous a quand même donné un peu de fil à retordre…
“Toute l’Asie du Sud-Est est déjà dominée économiquement par la diaspora chinoise”
Et une très grande partie de la Côte Ouest des USA et du Canada. Dans la grande métropole de Colombie Britannique, Vancouver, un habitant sur quatre est d’origine chinoise. Et dans les universités américaines les meilleurs étudiants en science sont les Chinois. Tant et si bien que beaucoup d’Américains Blancs délaissent les matières scientifiques, totalement monopolisées par les Asiatiques. Poussée intellectuelle, économique, et diplomatique croissante, ce pays a tout pour renverser ses concurrents. La Chine est d’ailleurs passée officiellement devant l’Allemagne comme 3e puissance économique mondiale.
http://www.radio86.fr/la-chine-en-profondeur/lactu-du-jour/7819/la-chine-troisieme-puissance-economique-mondiale-devant-l-allemagne
Il n’y a donc plus de pays européen sur le podium. Comme le souligne Denis, seul son vieillissement accéléré ralentirait éventuellement cette ascension fulgurante. Et comme l’explique V.V., le séparatisme de quelques Tibétains et Ouighours n’a absolument aucune chance de renverser le colosse de 1.5 milliards d’habitants, même avec le soutien des Occidentaux. Non, le seul talon d’Achille de ce pays est sa perpétuelle fuite économique en avant du fait d’un cadre politique extrêmement rigide. Si le chômage grimpe trop, du fait du sex ratio excessivement déséquilibré, le nombre de jeune hommes célibataires (ceux qui font les révolutions) sera trop élevé, le youth bulge pulvérisera le monopole du PCC et paralysera durablement l’Empire.
Vae Victis,
Le virage à 180° vers l’économie de marché que la Chine a effectué était, certes, le pas décisif vers sa transformation. Toutefois, il me paraît inconcevable de considérer le marché en dehors de la mondialisation qui n’est que son extension. La mondialisation dont la Chine a pleinement profité au même titre que les autres pays y englobés (à divers degrés, c’est vrai). Je saisis mal votre démonstration de la nocivité du système d’échanges globalisé illustrée par l’exemple de sa plus belle réussite. Si c’est le pragmatisme du régime chinois qui l’a optimisée comme vous dites, tant mieux pour eux. Ils en avaient vraiment besoin. Ceci ne saurait toutefois contredire le principe.
L’évocation des vingt dernières années chinoises comme critère de comparaison avec de longs processus historiques subis par le monde occidental pour arriver au même résultat mérite d’être nuancée. Premièrement, parce que ce “paramétrage” succinct connaît des précédents : l’Allemagne et le Japon répartis à zéro en ’45, la Corée du Sud et le Taïwan, pays ruraux et décentrés par rapport aux principaux axes commerciaux, transformés en rien de temps. Deuxièmement parce qu’il conviendrait d’en dégager les raisons. Le virage est la conséquence des échecs retentissants de la Révolution culturelle et autres “grands bonds en avant”. J’élargirais donc volontiers la période de transformation sur 60 ans, à partir de la création de la RPP. La période marquée par des massacres rarement égalés dans l’histoire en volume et intensité qui fait du coup passer nos révolutions, revirements, guerres civiles et sociales pour tout à fait “convenables”. J’exclus ici, bien entendu, les conflits mondiaux.
J’ai cité les cas tibétain et ouïghour pour démontrer que malgré leur marginalité que vous soulignez, ils sont loin d’être maîtrisés. Je dirais plus, ils tendent à gagner en intensité et deviennent une épine dans le pied du régime en quête de respectabilité. La respectabilité dont apparemment vous vous soucieux moins qu’eux. Bien entendu, ceci n’est pas le seul ni le principal obstacle à l’avènement de la Chine en tant que future superpuissance. Ce sont les conflits sociaux qui font leur apparition et vont crescendo. L’année dernière était riche en émeutes ouvrières et paysannes au cœur même du pays. Là où il devient impossible aux autorités de les cacher. Reste à deviner ce qui se passe dans des endroits reculés de ce pays dont la presse est muselée.
Enfin, si j’ai bien tout suivi de l’histoire des démocraties, il sera bientôt difficile aux apparatchiks du régime de contenir la montée en puissance de la bourgeoisie d’affaires et de la classe moyenne qui, tôt ou tard, finiront par réclamer les droits élémentaires de la personne et la libre jouissance des biens. Leur accession au pouvoir me paraît programmée. La transformation, dont la réussite économique due à la mondialisation fut le premier pas, sera ainsi consumée.
“De l’autre côté la démocratisation (1 homme = 1 voix) offre à ses masses appauvries, un pouvoir politique sans précédent.”
La démocratie ne se limite pas à “1homme=1voix”. C’est un système de gouvernement qui confie à la majorité élue la conduite des affaires dans le cadre de la loi. Qui lui impose le devoir de respecter et protéger la minorité, la séparation des pouvoirs et les droits du citoyen.
> “Je saisis mal votre démonstration de la nocivité du système d’échanges globalisé”
Je saisis mal où vous avez lu cela. Si vous faites référence aux premiers paragraphes du #90, je ne dis nullement que la mondialisation est nocive, mais qu’elle entraine nécessairement des douleurs. Le changement est douloureux. Il faut s’adapter, et ça les gens ne le font généralement que contraints et forcés. Quand ils sont pauvres, ils subissent ces changements de plein fouet. Ce qui revient à dire qu’il faut un gouvernement fort pour maintenir le cap.
> “Premièrement, parce que ce “paramétrage” succinct connaît des précédents : l’Allemagne et le Japon répartis à zéro en ’45, la Corée du Sud et le Taïwan, pays ruraux et décentrés par rapport aux principaux axes commerciaux, transformés en rien de temps.”
Avec de forts subsides américains. Et rien qui ne soit à cette échelle. Ce qui n’enlève rien à leur mérite. Mais leur situation était plus favorable, ce qui rend l’évolution chinoise plus intéressante encore.
Ensuite, je ne crois pas qu’il faille faire rentrer les délires de Mao dans l’analyse, car il saccage le pays et massacre sa propre population, dans un modèle de contre-développement.
> “L’année dernière était riche en émeutes ouvrières et paysannes au cœur même du pays.”
Mais c’est plus que normal. L’important c’est de savoir si oui ou non le gouvernement arrive à les museler. Pour l’instant oui. Aucune de ces émeutes n’a pris le tour de Tien-an-men. Où d’ailleurs le gouvernement avait répondu comme il le fallait, dans un contexte international difficile, car il devait recevoir la visite de Bush père.
> “Enfin, si j’ai bien tout suivi de l’histoire des démocraties, il sera bientôt difficile aux apparatchiks du régime de contenir la montée en puissance de la bourgeoisie d’affaires et de la classe moyenne qui, tôt ou tard, finiront par réclamer les droits élémentaires de la personne et la libre jouissance des biens. Leur accession au pouvoir me paraît programmée. La transformation, dont la réussite économique due à la mondialisation fut le premier pas, sera ainsi consumée.”
Mais ça se fait déjà, il y a de plus en plus d’ingénieurs et de capitaines d’industrie au PCC. Le parti prend soin de s’adapter aux évolutions sociologiques du pays. Mais je crois que vous faites fausse route, la bourgeoisie chinoise n’est pas la bourgeoisie occidentale. J’imagine fort bien un PCC au main d’une grande bourgeoisie financière, technophile, jouisseuse, raciste, dominatrice et favorable à une absence totale d’Etat en dehors de celui qu’elle a entre les mains. L’inefficacité relative de l’Etat chinois dans nombre de domaines, sa corruption… n’est peut-être pas une si mauvaise chose pour cette bourgeoisie, car cela lui permet de faire des affaires, et de conserver sa position dans la société chinoise. La corruption c’est aussi ce qui permet de contourner les mauvaises lois.
Vertumne > Bien vu.
Vae Victis,
Merci de vos réponses. C’est noté et c’est parti pour ma salle de doc afin de vous porter contradiction dans les meilleures conditions à la prochaine occasion. Il est vrai que le sujet m’intéresse pour diverses raisons, y compris personnelles.
Beware, cher adversaire !
@ madimaxi : “salle de doc”…
… détrompez-moi où ça sonne quelque peu Educ’Nat’? :-(
Je vous détrompe, Denis.
Ma salle de doc est tenue par des amis chinois dont certains feront bientôt partie de la belle-famille. Tous immigrés de fraîche et longue date et pas du tout pressés de retourner à l’Eldorado qui se construit là-bas sur place… tel qu’on croit deviner à partir de très jolis graphiques.
Originaires du Zhejiang, la province phare du développement, ils sont unanimes à souligner le calvaire du petit entrepreneur incapable de satisfaire l’appétit allant toujours grandissant de l’apparatchik du parti qui a sur eux le pouvoir le plus absolu, celui de la vie. Dans ce pays de l’injustice la peine de mort bat tous les records. Les crimes de sang n’en constituent qu’une partie. La majorité de condamnations est prononcée pour sanctionner des “infractions” économiques. Dans des procès bidon, sur simple dénonciation par jalousie ou par intérêt, devant des cours où les apparatchiks et les juges se confondent.
C’est dans cette optique qu’il faut voir les émeutes de l’année dernière qui ont eu lieu à des endroits aussi divers que sont Zhejiang, Guizhou, Gansu… Elles n’ont pas eu à l’origine les mauvaises conditions de vie mais l’injustice pratiquée par les fonctionnaires tout puissants.
L’élite financière de l’Etat n’est pas constituée de forces vives du développement économique. Elle émane de l’appareil central du parti s’appropriant tout ce qu’il juge utile à son fonctionnement et à son enrichissement. Elle est secondée pas des caciques directeurs des banques étatiques, des mastodontes du complexe militaro-industriel, de l’industrie lourde et minière, polluante et obsolète, coûteuse et déficitaire, financée par le tribut imposé à la libre entreprise qui paye ainsi son droit de s’enrichir à son tour. L’élite s’appuyant sur le réseau des apparatchiks locaux qui, payés à coup de lance-pierres, disposent en contrepartie de tout pouvoir administratif et “judiciaire” de charogner à leur niveau afin de rentrer dans “leurs frais”.
Voilà une autre facette du miracle à la chinoise. De nouveau, le parallèle avec le miracle à la soviétique me vient à l’esprit. 1975, l’URRS s’empare de Saigon. L’Angola, la Corne de l’Afrique, le Sud-Yémen y compris, tombent dans son escarcelle. Elle est cul et chemise avec l’Inde, l’Irak, le Madagascar et l’Algérie. Elle pousse en Amérique Centrale et Latine. Elle dispose d’une cinquième colonne des PC bien implantée. Elle conteste la suprématie spatiale et militaire des Etats-Unis. Elle les dépasse sur les indicateurs majeurs de l’époque que sont la production du charbon et de l’acier. Ses gros chantiers en Sibérie frisent l’incrédulité. Elle récolte des Nobel et ses travaux scientifiques en nucléaire, mathématiques et physique font référence dans le monde académique. Ses ballets, ses artistes et ses orchestres suscitent l’admiration à chaque tournée. Ses sportifs dominent les stades, pistes et arènes…
> “Dans ce pays de l’injustice la peine de mort bat tous les records.”
5000 ou 6000 exécutions annuelles, ça reste un record très relatif, au vu de la masse de population. Je lis justement que la Chine a institué des appels automatiques en cas de condamnation à mort, dont un devant une instance nationale, pour éviter ce que vous décrivez. Il y a une certaine volonté de contrer les abus de pouvoir les plus évidents. Faisant passer les exécutions de 10 000 à 5 ou 6000. On peut aussi imaginer que pour les cas litigieux, les apparatchiks ne prononcent plus de peine de mort, pour éviter ce double examen.
Mais vous avez raison, si ce système fonctionne relativement bien dans la phase première du développement, il devra évoluer s’il veut se poursuivre dans le temps.
Je ne comprends pas bien, Vae Victis. Vous passez beaucoup de vos interventions à faire l’éloge de feu notre organisation sociale libérale, d’Athènes à Venise, en disant, à juste titre, qu’elle est sans doute la cause principale de notre prospérité passée.
Par ailleurs, tous les autres exemples (comme cités plus haut, URSS, Allemagne etc.) de forte progression économique non accompagnée de la dite organisation ont rapidement finit par imploser. Donc comment pouvez vous concilier cette analyse, très pertinente, avec une confiance et un espoir irrationnels dans la pérennité du développement chinois ? (la Chine étant en vérité à l’échelle d’un continent, et fondée depuis des millénaires sur une culture du centralisme et de l’obéissance, on comprend bien qu’elle ne sera jamais libérale politiquement)
Parce qu’il n’y a pas besoin d’être libéral politiquement, pour l’être économiquement. C’est ce que j’ai expliqué plus haut dans le fil. Le Maoisme a paradoxalement favorisé l’expansion chinoise qu’on peut constater aujourd’hui, indirectement, en supprimant la classe des mandarins et tout le système légiste, qui aurait été un obstacle insurmontable. Après on constate, qu’il y a des permanences dans l’histoire, c’est ce qu’expose intelligemment madimaxi.
La Chine a mis en place un système très original, qui associe la surveillance qu’exerce le communisme sur la population, aux formes de contrôles capitalistes (qu’on trouvait par exemple dans nos usines au XIXème). C’est très efficace, ça signifie qu’il y a toujours des chefs de blocs qui contrôlent les allées et venues, des organisations hiérarchiques et horizontales (associatives et syndicales), qui encadrent la population. Mais aussi un contrôle par le marché du travail, par le règlement de l’usine, ect… Tout un ensemble de chose qui régule la société.
Le libéralisme politique est un superflu (voire un handicap) en terme d’efficacité, auquel je ne serai nullement prêt à renoncer, mais il faut bien dire qu’un pays peut s’en passer. Il peut associer la science occidentale, intégrer notre système économique, à son propre système politique. Notre civilisation peut se découper en tranches d’oignons. On peut implémenter certaines choses, et en délaisser d’autres. Nous verrons comment cela fonctionne avec la Chine. Mais en tous les cas, c’est une expérience franchement intéressante.