Libéralisme à la française
Le 30/06/09 à 17:12 par Robert Marchenoir
Extrait d’une brochure commerciale de Gaz de France :
Vous avez le choix entre :
- Le tarif réglementé (notre tarif historique). [...]
- Le prix fixe de marché: c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché. Pour aller plus loin, pour que vous ayez plus de visibilité sur votre budget, nous avons voulu que ce prix soit fixe pendant un ou deux ans selon l’offre choisie. Pendant ces durées, vous êtes à l’abri des hausses.
Voilà voilà. Partout dans le monde, les prix de marché sont fixés par le marché. Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques, “c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché.”
Trop forts, les mecs. Au-delà de cette limite, vous entrez sur le territoire hexagonal, les lois de l’économie sont suspendues. Par décret royal, 2 + 2 est différent de 4.
Certes, il s’agit d’indiquer que la fixation du “prix de marché” relève du fournisseur, alors que celle du “prix réglementé” relève de… tiens, ils ne disent pas qu’elle est décidée par l’Etat : simplement qu’il s’agit du “tarif historique” (ce qui ne veut rien dire).
Chacun sait bien, cependant, que l’histoire, c’est vieux, c’est poussiéreux, c’est ringard, c’est facho. On ne va tout de même pas prendre un “tarif historique”. On n’est pas des pédés, nous (*). On veut le dernier modèle de tarif, celui qui vient de sortir, celui avec le GPS, la peinture métallisée et toutes les options.
Ecrire que le tarif réglementé est fixé par l’Etat, cela risquerait trop d’inciter le client à y rester (ce qu’il a, bien entendu, intérêt à faire), vu qu’en France, tout ce qui vient de l’Etat est bien.
On notera aussi cette délicieuse contradiction: “prix fixe de marché”. Ben, banane, si c’est un prix de marché, c’est pas un prix fixe…
Ah, pardon : “Pendant un ou deux ans, vous êtes à l’abri des hausses”.
Donc c’est un prix de marché (mais c’est nous qui le fixons), et s’il varie, cela ne saurait jamais être qu’à la hausse.
Pile tu te fais baiser, face je t’encule.
___
(*) Je veux dire : on n’est pas des beaufs homophobes arc-boutés sur leurs préjugés moisis d’un autre temps, fermés à l’Autre et à ses richesses multi-culturelles. Mais le lecteur aura rectifié de lui-même.

Estimez-vous heureux, Marchenoir, qu’on ne fixe pas votre salaire (ou vos rétributions) au taux moyen des salaires mondiaux.
Mais peut-être l’ultralibéral que vous êtes peut l’exiger afin d’être vraiment en ligne avec ses convictions que le marché est roi.
Robin des Bois, prenez quelques leçons d’économie avant de trouer la couche d’ozone avec des électrons gaspillés en pure perte.
Un salaire fixé par le marché, c’est, en ce qui me concerne, un salaire fixé par le marché français (où ils sont nettement supérieurs à la moyenne des salaires mondiaux), et un salaire à la hauteur de mes compétences telles qu’elles sont évaluées par le libre jeu de l’offre et de la demande. Autant dire trè-è-ès en dessus de la moyenne.
Pour vous, en revanche, je ne sais pas.
En fait c’est normal : le fournisseur ne va pas répercuter chaque variation du prix. D’autant qu’il n’y a pas un prix auquel on lui fournit le gaz, mais plusieurs. Qu’il négocie avec Gazprom ou Sonatrach pour avoir un prix stable sur un an ou deux n’a rien d’extraordinaire.
L’anormal commence quand précisément il n’y a qu’une compagnie à faire cela, l’autre étant d’Etat.
Quand en plus les dirigeants de ces deux compagnies ont les mêmes copains de promo X ou Mines qui siègent dans leurs deux conseils d’administration, on touche cette merveilleuse consanguinité du capitalisme à la française et ses relations incestueuses avec l’Etat.
Ecoutez, pour tout vous dire, Marchenoir, je ne suis pas satisfait de ce que je gagne, mais j’ai aussi des doutes sur mes compétences, vous avez raison, vous avez d’ailleurs l’air d’être perspicace sur les faiblesses des autres.
Pour vous, en revanche, je ne sais pas.
[Jérôme Leroy, je vais vous rendre service en vous évitant de vous avilir plus avant par vos interventions ordurières : vous êtes banni. Robert Marchenoir]
Je proteste!
Pourquoi Marchenoir ne fait pas partie des choix du sondage?? Non pas que la victoire quasi certaine de XP ne soit imméritée, oh que non, mais enfin la au moins il y aurait eu concurrence…..ce qui est la moindre des choses pour des liberaux en kit!
@ Floxie
Venant de vous, ça me fait chaud au coeur.
Et je ne plaisante pas.
“Je sais, d’un point de vue argumentatif, ce que je vais dire est moyen”…
… Toujours cette tendance des artistes autoproclamés, à l’auto-surévaluation. Toujours cette inflation de l’ego.
Nicolas : bien entendu qu’un fournisseur de gaz ne peut pas modifier ses prix tous les jours, même en régime libéral. Et c’est heureux. Cela serait tout à fait impraticable pour ses clients.
Je voulais surtout souligner l’extraordinaire phraséologie utilisée par les marketeux de GDF, qui ferait sursauter partout ailleurs, et qui est révélatrice de l’inconscient collectif français en matière économique.
Je rappelle par ailleurs aux anti-libéraux compulsifs que le libéralisme ne rejette nullement l’existence de services publics monopolistiques là où le public serait plus efficace que le privé. Adam Smith l’avait déjà écrit.
En revanche, on voit bien, dans cet exemple du gaz et dans celui de l’électricité, que le pseudo-libéralisme promu par la bureaucratie supra-étatiste européenne consiste surtout dans une fausse mise en concurrence, engoncée dans dans des réglementations absurdes et motivée par un dogmatisme et un interventionnisme délirants.
Le résultat net d’une telle libéralisation sera très probablement nul ou négatif. Si une ou deux entreprises de fourniture d’énergie pourront, temporairement, prendre pied sur un marché qui leur était interdit auparavant, les consommateurs ne bénéficieront sans doute pas de prix plus bas, ou alors très temporairement, comme le montrent le document que j’ai cité, ainsi que les prévisions unanimes concernant l’électricité.
Et ce qui est certain, c’est que les consommateurs seront nombreux à être victimes de tromperie, d’arnaque, à ne pas pouvoir revenir en arrière après avoir quitté le tarif réglementé, et à perdre un temps considérable à se démerder parmi les règles indémerdables d’un marché jadis très simple, devenu soudain très compliqué.
Exactement comme cela s’est passé avec le “marché” des renseignements téléphoniques, dont je suis prêt à parier une caisse de saucisson de Lyon contre une photo dédicacée de Ben Laden qu’il s’est effondré depuis la “libéralisation”, vu que : a) les prix ont explosé, b) la complexité d’accès au marché est devenue prohibitive, c) la qualité de l’information fournie s’est, j’en mets ma main à couper, fortement dégradée.
Le libéralisme n’est pas un dogmatisme. C’est même tout le contraire.
L’urgence, pour une EDF qui marchait plutôt bien en termes de service, n’était pas de lui créer une concurrence artificielle et oligopolistique à côté. Elle était par exemple, et elle est toujours, de mettre fin aux privlèges exorbitants dont bénéficient ses agents en termes de retraite par rapport aux salariés du privé, et aux détournements de fonds éhontés commis par son comité d’entreprise.
@ Robert Marchenoir
“les règles indémerdables d’un marché jadis très simple, devenu soudain très compliqué.”
“L’urgence, pour une EDF qui marchait plutôt bien en termes de service, n’était pas de lui créer une concurrence artificielle et oligopolistique à côté.”
En vous lisant, on a l’impression que vous regrettez cette libéralisation, ou en tout cas la façon dont elle a été mise en oeuvre.
Par contre, je situe mal ce que vous auriez recommandé. Bien sur, supprimer les privilèges, la corruption, tout ça, c’est très bien; mais la libéralisation, ça commence surtout avec la libre-concurrence, non?
Oui, oui, nous sommes d’accord : tout cela n’a de libéralisme que le nom, pas tant d’ailleurs pour séduire les libéraux que pour faire un épouvantail pratique aux autres, de gauche ou de droite étatiste (type — méprisable — Jacques Myard).
En revanche j’aimerais savoir : quand le public serait-il plus efficace que le privé ?
Soit c’est rentable et ça ne viole les droits de personne, et il y aura bien quelqu’un d’assez riche ou entrerenant pour le faire, soit ça n’est pas rentable ou ça ne le serait qu’en violant les droits des gens, ou la rentabilité n’est pas le but de l’opération qui vise à contraindre un comportement chez mon voisin, et alors il faut l’État ou pour le financer par l’impôt-vol ou pour l’imposer via une législation circonstancielle contraire à ce que devrait être la Loi. J’imagine mal un moyen terme, et il me semble que l’intervention de l’Etat ne se fait jamais que pour voler les uns au profit des autres. Et je reste fermement persuadé qu’il n’existe pas de bonne régulation : elle est en soi mauvaise.
[...] de l’immigration, alors qu’il faut parler pour trouver les responsables du « libéralisme » au sens que dénonce Robert [...]
Vladimir et Nicolas : je ne pense pas qu’il y ait de réponse générale à vos questions, seulement des réponses particulières, pour tel ou tel service, dans tel pays, à telle époque.
Je n’ai pas étudié suffisamment l’électricité aux Etats-Unis ou la poste en Grande-Bretagne, par exemple, pour être en mesure de proposer un programme concret correspondant.
En revanche, jusqu’à plus ample informé, oui, je regrette la mise en concurrence de l’électricité et du gaz en France. Elle a peut-être des avantages, mais pour l’instant, du côté du cochon de consommateur, à qui pourtant cela est censé profiter, je ne vois que des inconvénients. S’il y a des avantages, personne ne me les a expliqués. Et les médias ne se sont pas privés de tartiner sur la question.
Le but d’un service n’est pas la rentabilité. La rentabilité n’est qu’un moyen, et plus précisément un indicateur d’efficacité et de pérennité. Le but d’un service est l’utilité.
Est-il utile de produire et de distribuer en France des préservatifs à l’effigie de Mahomet, parfumés à la fraise ? Euh… je ne sais pas. Que le secteur privé se démerde. Que mille fabricants de préservatifs à l’effigie de Mahomet fleurissent, si ça leur chante, et que leur rentabilité — ou leur faillite — réponde à ma question ci-dessus.
Est-il utile de produire et de distribuer de l’électricité en France ? Certainement. Y’a pas photo. Est-il plus efficace de le faire via un monopole, ou de laisser jouer la concurrence ? (Question qui vient avant celle de savoir s’il vaut mieux confier cette tâche au public ou au privé : il y a des monopoles confiés au privé via concession des pouvoirs publics ; exemple, le Vélib.)
Les deux modèles, sauf erreur, existent. La production d’électricité est typiquement un service pour lequel la question du monopole se pose, comme l’avait prévu Adam Smith. L’électricité est vitale pour un pays, elle ne se stocke pas, elle nécessite des infrastructures très lourdes pour la production et la distribution. On imagine difficilement cinq fournisseurs différents couvrir le territoire de cinq réseaux de pylônes à haute tension redondants, le nombre d’emplacements possibles pour des barrages est limité, etc.
Si l’on regarde les faits et non la théorie, il se trouve que le système exceptionnel de production électrique dont nous bénéficions en France, massivement nucléaire, qui nous permet de disposer d’une énergie à bas coût avec une bonne indépendance, est issu d’un monopole étatique.
On ne peut pas refaire l’histoire, mais il n’est pas sûr qu’une “mise en concurrence” sur un “libre marché” ait abouti au même résultat.
Les chemins de fer, pour les mêmes raisons d’infrastructure, sont également des candidats au monopole. Il fut un temps où chaque ligne, en France, était exploitée par une compagnie différente. Serait-il rationnel et efficace de revenir à un tel système, à une époque où nous exigeons des trains roulant à 300 km/h et se succédant toutes les dix minutes sur les mêmes voies ? Ce n’est pas du tout certain.
Prenez le cas anglais. Tout le monde est d’accord pour dire que leurs trains sont dans un état lamentable : outrageusement chers, bondés, sales, en retard, avec un service relevant du foutage de gueule, sans compter les pannes et les déraillements.
Les anti-libéraux disent : évidemment, depuis qu’on a privatisé, c’est le merdier. Mais les libéraux répondent : a) c’était la seule façon de trouver des capitaux, tellement l’investissement avait été négligé depuis longtemps par l’exploitant public, b) si ça ne marche pas, c’est au contraire que le système est à moitié fonctionnarisé, puisque les voies appartiennent à une entité à statut spécial para-public.
Et ils indiquent que tel déraillement récent, attribué par les anti-libéraux à la privatisation, a été provoqué par un mauvais entretien des voies… qui incombe à la partie fonctionnarisée du binz.
Sauf que… quand un train s’arrête en rase campagne… et que le conducteur demande par haut-parleur s’il n’y aurait pas, par hasard, parmi les passagers, quelqu’un qui aurait une clé de 12 sur lui… parce que ça serait bien utile pour réparer la panne… et qu’un passager avec une clé de 12 se manifeste effectivement… et que ce passager réussit à réparer, avec sa clé de 12, l’essuie-glace qui avait mis tout le train en carafe… (anecdote absolument authentique)… ça peut difficilement être mis sur le dos de l’étatisme, puisque les rames appartiennent à des compagnies privées et que ce sont elles qui en assurent l’entretien.
Donc, est-ce que le merdier est à mettre sur le dos de la partie privée du système ? de sa partie publique ? ou de l’interaction entre les deux, qui serait organisée en dépit du bon sens ?
Allons plus loin : n’est-il pas illusoire de vouloir découper un tel service en rondelles, une grosse rondelle publique pour le réseau (qu’on peut difficilement imaginer de démanteler pour l’attribuer à plusieurs opérateurs privés), et une série de fines rondelles qu’on va jeter aux fauves du privé, à charge pour eux de faire circuler chacun leur camelote (les trains, l’électricité, les communications) sur le réseau commun ?
Est-ce qu’un tel système, qui est utilisé pour les trains en Angleterre (et maintenant en France), pour le téléphone et l’électricité chez nous, n’aboutit pas, nécessairement, à un régime d’irresponsabilité, où il y en a toujours un qui coupe les oignons, et l’autre qui pleure ? Comme l’ont constaté par eux-mêmes de milliers d’abonnés français à Internet, ballotés entre leur fournisseur et France Télécom à la moindre panne ?
En tant que libéral, je crois à la liberté couplée à la responsabilité. Je ne suis pas un spécialiste des chemins de fer, mais, intuitivement, le système consistant à mettre en concurrence plusieurs exploitants de trains privés sur une même réseau ferré public me paraît du pur Gaston Lagaffe, induisant forcément d’épouvantables inefficacités.
Il relève également du délire de sous-traitance, dont il faudra faire un jour l’analyse approfondie, tellement l’abus de cette facilité, dans l’économie contemporaine, a amené de perte de savoir-faire, de motivations et de lien social.
Mais peut-être y a-t-il d’autres raisons, bonnes ou mauvaises, pour “démanteler le service public”, comme disent les gauchos. En France, sauf erreur de ma part, l’une des raisons pour la séparation de l’entité gérant les trains de celle qui gère les voies (toutes deux publiques) est de dissimuler, via des magouilles comptables, l’énorme déficit de la SNCF. Quant à l’ouverture du trafic de fret au privé, elle semble bien motivée par le désir, pour ne pas dire la nécessité, de casser les syndicats.
En effet, en admettant qu’un système de chemin de fer monopolistique (et public, tant qu’à faire) soit plus efficace (ce que je crois), il ne l’est qu’à condition que les syndicats jouent le jeu, et n’annulent pas, par leurs exigences déraisonnables, voire leur sabotage, l’efficacité inhérente, dans ce cas précis, à une telle organisation.
Il semble bien, concernant la SNCF, que les syndicats ont trop joué au con trop longtemps, et que la seule condition pour échapper à la faillite consiste à contourner le mafia syndicale via une semi-privatisation en rondelles d’oignon.
On adopterait, alors, une organisation qui serait intrinsèquement moins efficace, en espérant que cette perte soit compensée par le gain d’efficacité procuré par la mise hors d’état de nuire des syndicats.
Ce qui serait évidemment une situation insatisfaisante, quoique peut-être nécessaire.
Comme quoi, le libéralisme (ou tout autre système d’organisation, d’ailleurs) ne peut espérer fonctionner que si ses participants partagent tous un minimum de valeurs communes, et que ces valeurs soient de nature à faire marcher le système.
Les lois, règles (ou règles prescrivant l’absence de règles, pour les libéraux) ne suffisent pas : il faut aussi des valeurs. Contrairement aux lois, les valeurs sont non écrites, volontaires, spontanées, partagées et implicites.
Il est clair que notre société a un problème de ce côté. Il ne lui suffira pas d’appliquer le manuel de Monsieur Bastiat ou de Monsieur Hayek.
“Je ne suis pas un spécialiste des chemins de fer, mais, intuitivement, le système consistant à mettre en concurrence plusieurs exploitants de trains privés sur une même réseau ferré public me paraît du pur Gaston Lagaffe, induisant forcément d’épouvantables inefficacités.”…
… Parfaitement exact. La suite aussi, d’ailleurs. La concurrence entre opérateurs ferroviaires est un délire d’autant moins justifiable que concurrence il y a (enfin, espérons-le) entre un rail “monopolistique” et l’aérien, le routier voire même le fluvial (pour le frêt).
Certes, mais la solution peut être aussi dans l’innovation, et là on retombe sinon dans le manuel du moins dans des principes libéraux. Ainsi dans le cas de l’électricité au Japon c’est la pile à combustible qui est désormais privilégiée, à domicile. L’intervention de l’Etat ne consiste plus — ou pour l’instant ne consiste plus uniformément — à bâtir de lourdes infrastructures très coûteuses mais à favoriser via une subvention partielle des infrastructures moins coûteuses. Ce n’est pas encore l’iidéal, mais on peut penser que les prix des piles à combustible baissant, l’intervention de l’Etat ne sera plus nécessaire.
Devinez qui s’opposerait en France à ce genre d’innovations ?
Pour les chemins de fer aussi : bien entendu la concurrence est difficile sur un réseau — encore que l’on pourrait imaginer des affectataires d’un réseau public au meilleur prix pour l’usager-client, sur une base régionale, le tout reexaminé tous les dix ans par exemple : ça permettrait déjà de faire sortir une partie notable des frais de fonctionnement du périmètre public financé par nos impôts. Mais pourquoi n’y a-t-il pas de grandes lignes d’autocar, ou très peu, en France ? sinon parce que la loi prévoit qu’il faut pour en ouvrir une l’autorisation de la SNCF, manière autoritaire de stériliser toute concurrence innovante.
Bref pas de manuel, mais une réelle volonté de faire reculer l’Etat pourrait quand même trouver des pistes qui n’aboutiraient pas à l’absurdité.
De plus, l’essentiel n’est pas la propriété privée ou publique des rails ou des locomotives, mais la vérité des prix. Subventionner certaines dessertes, pourquoi pas ? Subventionner certaines catégories de la population (familles nombreuses blanches, militaires de même couleur, etc), pourquoi pas ? A condition que les coûts soient connus avec précision, et que l’intégralité de la dépense “irrationnelle” soit supportée par une entité clairement identifiée, et qui ne soit pas l’opérateur ferroviaire.
… “Mais le lecteur aura rectifié de lui-même.”
Oui oui ^^
Il y a deux autres facteurs dont il faudrait tenir compte dans ces questions : la qualité de la formation professionnelle et, surtout, la conscience professionnelle des acteurs du jeu. Les structures sont une chose, et sans doute le service public, le marché concurrentiel ou les formules intermédiaires sont-ils plus ou moins adaptés selon les cas, mais elles sont loin de tout expliquer, notamment lorsqu’on s’interroge sur la dégradation du service fourni que l’on observe depuis quelques lustres dans de nombreux secteurs.
Je lisais ce matin un article sur la maintenance du réseau de distribution de l’eau potable dans Paris Rive-gauche. La Lyonnaise des Eaux a réussi à faire tomber la déperdition due aux fuites de 25% à 3% en quelques années en changeant des tuyaux datant notamment des années soixante-dix (du XXe siècle) ; en revanche, les tuyaux datant du Second Empire sont intacts. Renaud Camus écrit que le XXe siècle aura été le siècle de la camelote. Il aura aussi été celui de l’effondrement, sans doute lié par une relation de cause à effet réciproque, de la conscience et du savoir-faire professionnels. (NB : la Lyonnaise va bientôt être remplacée par un acteur semi-public si j’ai bien compris.)
Très bon, Marcel, le coup des tuyaux Second Empire. Auriez-vous un lien ?
La conscience professionnelle, c’est ce que j’appelais les valeurs. La conscience professionnelle, c’est de travailler volontairement, sans aucune contrepartie, pour des gens qu’on ne connaîtra jamais, voire qui ne sont pas encore nés.
C’est ce que les gauchistes appellent le lien sociâââl, et qu’ils ont tellement bien détruit avec leur haine du travail, de la tradition, de l’autorité, du savoir et du christianisme.
Sans cela, une société ne peut pas tenir, quel que soit son mode d’organisation politique. Même s’il s’agit du régime libéral. Surtout s’il s’agit du régime libéral.
C’est dans Le Figaro (écrivant de mémoire j’ai légèrement gonflé le chiffre).
Il y a d’autres comparaisons intéressantes dans cet ordre d’idées. Voyez par exemple les ponts : il y a en Europe un nombre non négligeable de ponts romains qui servent encore aujourd’hui ; quand le viaduc de Millau a été inauguré, la presse annonçait fièrement qu’il était garanti par le constructeur pour trente ans (ou peut-être cinquante, je ne sais plus, mais pas plus de cinquante en tout cas). Pourtant, on ne construit pas plus vite que jadis : Château Gaillard, qui fut un des plus grands, des plus élaborés et des plus luxueux des châteaux forts, a été commandé, conçu et construit en un an ; aujourd’hui, il faut dix ou même quinze ans pour faire sortir de terre même des choses fort modestes. Dans les années 1850-1880, on posait en France environ 1 000 km de voies ferrées en moyenne par an (3 000 aux USA) : c’était la fièvre du chemin de fer ; un siècle plus tard, il a fallu vingt ans pour construire les premiers 1 281 km de lignes à grande vitesse ! Les lignes TGV sont certes plus complexes que celles du 19ème siècle, mais cela devrait, en principe, être largement compensé par l’efficacité des moyens actuels de construction d’ouvrages du génie civil. Et je me souviens que les écolos réclamaient un moratoire parce que l’on allait trop vite…
C’est un peu n’importe quoi de dire qu’on est libéral et vouloir conserver des services publics communistes ! Si on n’avait pas commencé à privatiser EDF et GDF, jamais on ne pourrait se débarrasser par exemple du fait que les RMIstes et autres parasites peuvent avoir l’électricité gratuitement ! En s’ouvrant au marché, on supprimera petit à petit ces privilèges. Et plus important que tout, les bénéfices d’EDF arrêteront d’aller à l’Etat, et donc aux communistes !
Vous dites que “Le but d’un service n’est pas la rentabilité”, mais c’est tout faux ! C’est une vision gauchiste du monde dans laquelle une entreprise ne devrait pas gagner d’argent ! Alors que son but est quand même de générer des revenus pour les actionnaires, ce qui est bien normal puisque ce sont eux qui apportent le plus à l’entreprise et à la société en générale ! Avec des entreprises de l’énergie aux mains du privé, on va peut être enfin commencer à se poser la question de la rentabilité et arrêter de fournir de l’électricité quasi gratuitement aux gens !
Marchenoir > “Les chemins de fer, pour les mêmes raisons d’infrastructure, sont également des candidats au monopole. Il fut un temps où chaque ligne, en France, était exploitée par une compagnie différente. Serait-il rationnel et efficace de revenir à un tel système, à une époque où nous exigeons des trains roulant à 300 km/h et se succédant toutes les dix minutes sur les mêmes voies ? Ce n’est pas du tout certain.”
En il y avait 5 compagnies qui exploitaient des secteurs géographiques différents, comme aujourd’hui les compagnies d’autoroute. Elles étaient toutes en état de faillite quand elles furent nationalisées. La décision la plus rationnelle aurait été de supprimer les trains. Si personne n’arrive à rentabiliser un moyen de circulation, c’est qu’il n’est pas bon. A la place on aurait des compagnies de cars, quelques milliards de plus au budget, et des dizaines de milliers de cégétistes en moins.
> “Quant à l’ouverture du trafic de fret au privé, elle semble bien motivée par le désir, pour ne pas dire la nécessité, de casser les syndicats. En effet, en admettant qu’un système de chemin de fer monopolistique (et public, tant qu’à faire) soit plus efficace (ce que je crois), il ne l’est qu’à condition que les syndicats jouent le jeu, et n’annulent pas, par leurs exigences déraisonnables, voire leur sabotage, l’efficacité inhérente, dans ce cas précis, à une telle organisation. Il semble bien, concernant la SNCF, que les syndicats ont trop joué au con trop longtemps, et que la seule condition pour échapper à la faillite consiste à contourner le mafia syndicale via une semi-privatisation en rondelles d’oignon. On adopterait, alors, une organisation qui serait intrinsèquement moins efficace, en espérant que cette perte soit compensée par le gain d’efficacité procuré par la mise hors d’état de nuire des syndicats.”
Un monopole est toujours moins efficace que la concurrence, du moins sur la durée, car un monopole tend TOUJOURS à abuser de sa position dominante et à se scléroser. Par définition, il n’a aucune raison de chercher à être efficace, à innover, à proposer un meilleur service, car il est seul sur le marché. La taille même étant un facteur d’inefficacité.
Et le meilleur critère d’efficacité en économie, c’est la rentabilité. Et le fait est que de petites compagnies privées arrivent à rentabiliser des services de fret, voire même des lignes délaissées par la SNCF. C’est le miracle de la concurrence. On peut aussi mettre en avant la “qualité du service”, comme le fait France Television, qui a crée un indicateur de “qualité” pour juger ses programmes, et justifier ses baisses d’audience. Façon de dire : Personne ne nous regarde, mais attention on fait des programmes de super qualité, CUL-TU-RELS. C’est d’ailleurs la justification de toutes les subventions, dont celles aux œuvres conceptuelles qui rameutent péniblement un public épars de quelques hères.
Winner : Adam Smith doit être communiste, alors.
Lisez attentivement ce que j’ai écrit avant de me dérouler le tapis de prières du libéralisme bas de plafond. Je n’ai pas dit que les entreprises, même publiques, ne devaient pas gagner d’argent. J’ai dit que le but d’un service public — ou d’une entreprise privée, d’ailleurs — n’est pas la rentabilité. Vous saisissez la nuance ? Une nécessité n’est pas un but.
Et si une entreprise devient monopolistique par une victoire “à la loyale” dans un marché libre contre tous ses concurrents, l’Etat doit-il la casser, pour susciter artificiellement une nouvelle concurrence ?
Dans une économie libre les mauvais services sont remplacés par les bons, quand une entreprise ne rend plus le service exigé par le client, elle voit surgir des concurrents qui lui prennent des parts de marché. Si un monopole perdure malgré la mauvaise qualité de ses services, c’est généralement parce que l’Etat l’a institué. Ou plus sournoisement, parce qu’il a institué des conditions d’entrée sur le marché coûteuses et difficiles (par des systèmes de normes, de garanties, ect…), ce qui fait la joie des oligopoles. Ou encore parce que les coûts d’entrées sont naturellement élevés, comme c’est le cas par exemple pour les OS. Mais là encore la situation évolue, en l’absence de monopole légal. Par exemple les fabricants de cartes mères sont en train d’installer de petits OS sur leurs bios, qui permettront d’avoir accès à internet, lire ses mails, et quelques autres services, sans avoir à démarrer Windows ou Linux.
@ Marcel Meyer : il est très possible de construire très vite. Il suffit de voir Shangaï. Ce qui est en cause c’est la complexité infinie et désespérante des procédures administratives françaises, même quand c’est l’Etat qui décide de quelque chose. Si bien que l’argument de l’efficacité publique tombe. La principale caractéristique de l’action publique en France, et même en Europe, c’est sa désespérante lenteur.
@Winner : privatiser ne suffirait pas pour arriver au but que vous souhaitez, je crois. En politique aussi il y a ce qui ne se voit pas, et le caractère incestueux en France des élites politiques et économiques est tel et si bien organisé qu’une EDF privée mais dirigée par des X-mines ferait naturellement tout pour se conformer à son prétendu “rôle social” et arranger les affaires des X-ENA copains de promo en continuant à fournir gratuitement de l’électricité à tout un tas de gens. En ce sens la manière de privatiser imposée par l’UE est pour une fois intelligente : EDF ne tiendra pas indéfiniment cette politique face aux compagnies distribuant son électricité, qui sont aussi ses clients et qui lui achètent de l’électricité, mais qui tireront inévitablement le coût à la baisse. C’est d’ailleurs logique puisque le seul monopole légal d’EDF était celui du transport de l’électricité : c’est cela qu’il fallait attaquer, puis attendre. On les aura !
@ Robert : mais grands dieux qui pourrait bien vouloir rendre un “service public” sans que ce soit rentable ? qui serait assez stupide pour se dire : je vais passer ma vie à faire un truc qui ne me rapportera jamais d’argent ? Sans compter que la seule manière de le faire c’est justement de prétendre que c’est si important qu’il faut le financer par la subvention publique : car du simple équilibre au déficit à combler il n’y a souvent qu’un pas ; des services dont on nous dit qu’ils sont si importants qu’ils sont des “services publics” devraient plus encore que d’autres gagner raisonnablement de l’argent pour avoir des réserves financières en cas de coup dur et pouvoir investir régulièrement.
Soit c’est utile et rentable et des clients paieront pour, soit c’est utile et pas rentable et des philanthropes, des chrétiens pieux ou je ne sais quelles bonnes âmes le feront sous forme d’associations et de fondations, seule manière acceptable de le faire, soit ce n’est ni rentable ni utile, et alors ça n’a pas à être fait, ou alors par quelq’un qui le ferait avec son propre argent à ses propres risques si tel est son caprice.
La seule justification à parler de “service public” c’est de faire croire à ses “usagers” qu’on leur fournit gratuitement ou à faible prix quelque chose pour avoir une clientèle électorale. Le service public ça n’existe pas, c’est de vol légalisé qu’il faudrait parler, ça consiste à prendre aux uns pour donner quelque chose aux autres en ayant évaporé une partie de l’argent entre temps, le tout sous des prétextes sociaux et moraux.
@Tous
Heu, Winner est un pasticheur. Assez talentueux, d’ailleurs.
Je croyais au retour de Nicolas Lobin. Vous me faites beaucoup de peine XP.
Ah ah ah ! A ma grande honte il m’a eu. J’avais lu un ou deux de ses billets en diagonale et j’ai cru que c’était au premier degré.
Il faut dire qu’il y en a, des libéraux (presque) comme ça…
(le souhait d’interdire la Burqa aurait dû me faire douter : ça viendrait davantage d’un conservateur/réac que d’un libéral bien comme il faut)
@Misanthrope modéré
en fait, il ne se fout pas que de la gueule des libéraux, mais de tous les droitards.
Ne pas confondre service public et entreprise publique (un service public peut être fourni par une ou plusieurs entreprises privées).
Ne pas confondre entreprise privée et concurrence (une entreprise privée peut posséder un monopole ; une entreprise publique peut être en concurrence avec des entreprises privées).
Ne pas confondre concurrence et baguette magique permettant de résoudre tous les problèmes.
De même que la taille importante d’une entreprise entraîne aussi bien, du point de vue des intérêts de cette entreprise, des inconvénients (la bureaucratisation, le féodalisme, la difficulté à faire circuler l’information…) que des avantages (les économies d’échelle, le pouvoir de négociation, la notoriété…), de même l’existence d’un monopole entraîne, du point de vue de la société dans son ensemble, aussi bien des inconvénients (prix plus élevés, faible réactivité aux besoins…) que des avantages (facilité à identifier un fournisseur, connaissance de l’offre, cohérence technique des produits ou des services…).
On peut défendre sans peine les théories les plus contradictoires si on ne les confronte pas à la réalité.
Les services publics (en anglais : “utilities”) ont pour caractéristiques d’être indispensables au fonctionnement de l’ensemble de la société et des autres entreprises (contrairement aux préservatifs à la fraise à l’effigie de Ben Laden, par exemple), de requérir des investissements très lourds et très longs à amortir (voire inamortissables), et d’être fréquemment basés sur des réseaux physiques de nature monopolistique.
Le “service public des routes”, en France, fonctionne grâce à des investissements dont les premiers ont été faits… par l’empire romain. Tout “calcul de rentabilité” honnête et fiable de ce “service public” devrait intégrer ces deux millénaires d’investissements.
Une authentique mise en concurrence de ce service supposerait qu’on laisse dix entreprises privées construire dix routes reliant la ville A à la ville B, percevoir chacune leur péage à l’entrée de leur route privée, et que la meilleure gagne.
Je crois ne pas avoir besoin d’expliquer pourquoi ce serait absurde. D’ailleurs, personne ne fait ça nulle part dans le monde : il doit bien y avoir une raison.
De même, je ne connais aucun réseau de métro, dans les grandes villes du monde, où chaque ligne serait exploitée par une entreprise privée différente : il doit bien y avoir une raison.
Un système de vélo urbain type Vélib ne peut être imaginé que dans le cadre d’un monopole. Vous imaginez un Vélib où chaque entreprise aurait ses propres stations et ses propres vélos ? Bien sûr que non : l’efficacité du système, la possibilité même qu’il existe, exigent la présence d’un monopole.
J’ai déjà expliqué pourquoi la nature technique même d’un réseau de chemin de fer ou d’un réseau de fourniture d’électricité incitent au monopole.
Encore une fois, incitation ne veut pas dire, dans tous les cas, obligation. Mais il y a bel et bien un lien technique entre la nature du service fourni et le fait que le maximum d’efficacité s’obtienne dans le cadre d’un système concurrentiel, ou, à l’inverse, dans le cadre d’un monopole.
Le cas des systèmes d’exploitation Microsoft (entreprise privée) est éclatant : les inconvénients du monopole sont évidents (prix plus élevés, moindre réactivité aux besoins des utilisateurs), ses avantages aussi (compatibilité universelle).
Dans ce cas, les avantages du monopole l’emportent haut la main sur ses inconvénients : et surprise, surprise, c’est Windows que tout le monde utilise, et non Pouf-pouf OS qui est peut-être dix fois plus performant (mais ce n’est pas ce qui a été jugé le plus important par les consommateurs). Là encore, la réalité fournit la preuve expérimentale indispensable à la théorie.
Un autre exemple montrera à quel point il est dangereux, en la matière, de généraliser à l’aide de simples spéculations intellectuelles. Prenons France Télécom. Ex-PTT, pour les plus jeunes.
Examinons, pour égaliser les conditions de l’expérience, la seule période où cette entité était à 100 % une entreprise d’Etat. Comparons ses performances, sur cette période, à celle de ses homologues dans le temple du libéralisme et et de la libre-entreprise, j’ai nommé les Etats-Unis (où le service public de téléphonie était fourni par des entreprises privées).
Dans une première phase, mettons entre 1940 et 1965 (à la louche), l’entité française a été nettement moins efficace que ses homologues américains. C’était l’époque du 22 à Asnières, l’époque où il fallait attendre deux ans avant d’obtenir une ligne téléphonique, à moins d’être pistonné par un ministre.
Dans une seconde phase, mettons entre 1965 et 1990 (vous vérifierez-vous même la date de début de privatisation de France-Télécom), l’entité française a été nettement plus efficace que ses homologues américains. La technologie était beaucup plus avancée (centraux numériques…), les services aussi (il n’y a pas si longtemps, aux Etats-Unis, il était courant que des abonnés ruraux se partagent une ligne à plusieurs : vous souleviez le téléphone, et si vous n’entendiez pas déjà des gens parler sur la ligne, vous pouviez y aller).
Il faut se garder de tout dogmatisme.
Je ne confonds rien, je fais très nettement la différence.
> “Un système de vélo urbain type Vélib ne peut être imaginé que dans le cadre d’un monopole. Vous imaginez un Vélib où chaque entreprise aurait ses propres stations et ses propres vélos ? Bien sûr que non : l’efficacité du système, la possibilité même qu’il existe, exigent la présence d’un monopole.”
Il pourrait très bien exister des chaines de location de vélo, comme il en existe pour les voitures. Rien ne s’y oppose. Je ferai par ailleurs remarquer que les villes asiatiques, il n’y a pas si longtemps (c’est encore vrai pour certaines), étaient encore encombrées de multitudes de pousse-pousses, sans qu’il y ait besoin d’établir un quelconque monopole.
> “Le cas des systèmes d’exploitation Microsoft (entreprise privée) est éclatant : les inconvénients du monopole sont évidents (prix plus élevés, moindre réactivité aux besoins des utilisateurs), ses avantages aussi (compatibilité universelle). Dans ce cas, les avantages du monopole l’emportent haut la main sur ses inconvénients : et surprise, surprise, c’est Windows que tout le monde utilise, et non Pouf-pouf OS qui est peut-être dix fois plus performant (mais ce n’est pas ce qui a été jugé le plus important par les consommateurs). Là encore, la réalité fournit la preuve expérimentale indispensable à la théorie.”
En fait, aux USA surtout, Apple gagne des parts de marché. Ce n’est pas un raz-de-marée, mais cela montre qu’il est tout à fait possible que plusieurs OS se partagent le marché, en même temps. Le critère de la compatibilité n’en est plus un, puisqu’il est possible de virtualiser un autre OS pour disposer de son offre logicielle. La compatibilité ce n’est d’ailleurs pas Windows qui la permet, mais le PC qui dispose d’un hardware librement utilisable. Contrairement à Apple qui a longtemps été mis sur la touche, justement à cause de la moindre innovation de ses machines. Ce qui est fort logique. Quand 1000 ou 10 000 firmes en concurrence travaillent sur des mêmes offres de produits, c’est bien plus efficace et stimulant qu’une seule entreprise. Par ailleurs la compatibilité entre systèmes est permise justement par les innovations de petites entreprises ou de particuliers, qui ont développés des formats comme le MP3, qui se sont imposés à tous, à opposé aux formats propriétaires qui imposent généralement des contraintes disproportionnées, voire malhonnêtes.
> Le secteur téléphonique est un très mauvais exemple. Car si nous disposons en France d’une offre internet peu onéreuse et globalement de qualité, c’est justement parce que le monopole de France Telecom a été battu en brèche, et qu’aucune contrainte n’a été mise à l’entrée de nouveaux acteurs, entrainant une baisse des prix et une hausse des services. Alors que dans le même temps, les pays ayant conservés un monopole étatique affichaient des prix scandaleux.
Une expérience à opposer à la “libéralisation” du secteur téléphonique sans fil, administrée par une autorité dite indépendante, qui a autorisé seulement trois acteurs, ayant d’ailleurs été condamnés pour des ententes illicites par le conseil européen de la concurrence.
Il peut parfaitement exister 50 ou 100 producteurs d’électricité, voire des milliers en comptant tous ceux qui en produisent en exploitant un petit barrage ou autre, rien ne s’y oppose à partir du moment où le marché est libre. Si un producteur n’est pas assez rentable, il disparaitra, ou sera racheté. La seule chose qui devraient dépendre des instances étatiques au sens large, ce sont les réseaux et les normes.
Le libéralisme c’est simple, et surtout ça marche.
Vous avez pas me dire que vous défendez aussi le quasi monopole de l’Education Nationale ?
Sécurrritéééé ! :D
Effectivement. Disons que l’idée qu’il se fait du droitard se traduit par un patchwork de saillies très typiquement libérales (celles qui m’ont frappé sans doute), très typiquement occidentalistes et/ou réactionnaires, sans être articulé dans une ébauche de pensée, sans quoi, évidemment, le comique ne serait plus au rendez-vous. C’est le même principe, au service d’une autre démonstration, que chez Charles Legrand ou Joël Monpère, censés personnifier la gauche dans tout son ridicule : des accents férocement trotskystes accompagnent des propos élogieux envers le libéral-libertaire-écolo Cohn-Bendit ou le sarko-compatible Jack Lang… Aucun gauchiste ne correspond vraiment à cette caricature, mais ce n’est pas le but visé…
euh tu connais mal le marché.Ainsi depuis 2001 des compagnies comme la CNR sont libres de vendre leur courant au prix qu’elles veulent.quand à l’expression “union européenne socialiste”, c’est trop risible pour répondre à ça.
“quand à l’expression “union européenne socialiste”, c’est trop risible pour répondre à ça.”
Encore un gugusse dont on avait jamais entendu parler qui prend la parole pour dire qu’il ne répondra pas aux questions qu’on ne lui a pas posé.
Et pour contredire l’article au nom d’un fait dont il impute l’ignorance à l’auteur, alors que toute l’argumentation de l’article tourne autour de ce fait.
Tout ça en trois lignes.
On devrait décerner des diplômes, pour ça.
D’ailleurs, je suis con : on en décerne déjà.
@ romain blachier : 1° Derrière la CNR, il y a bien Electrabel, non ? Et derrière Electrabel, il y a bien GDF-Suez ? Alors merci de ne pas parler de “compagnie” mais de “bureaucratie parapublique” pour évoquer la Compagnie Nationale du Rhône.
2° (si vous êtes bien qui vous prétendez être) Ici on n’est pas à la Grande Loge de France (cf. vos liens), on ne se tutoie pas.
3° Vous êtes tellement nul, que je vous demande d’effacer tous les liens vers les institutions protestantes ou supposées telles (cf. vos liens). En tant que Protestant de service en ces lieux, je considère que vous attentez à mon image de marque, par association.
@ R M : Ce con, en l’occurence, s’il est bien qui il prétend être, se verra même décerner des “diplômes” tout au long de sa vie – pardon, de son “parcours initiatique” (on ne rit pas) – jusqu’à au 33ème degré.
“jusqu’au” (pardon)