Sabordage
Le 25/05/09 à 14:52 par Mike Steve Donovan
Julien C. a donné une interview au Monde. Une longue interview. Aux questions complaisantes. C’est ça ce qu’il y a de bien avec la presse française. Grands comme petits, on sert à tous la même soupe. Et là tout particulièrement. On sent que les journalistes essaient de se faire pardonner leur enthousiasme policier premier.
Une interview donc. Où il nie être l’auteur de l’Insurrection qui vient. Il reconnait simplement en être un lecteur. Et, disons-le, un lecteur inspiré. Tant et si bien que le style de son interview devient une parfaite imitation dans la forme et le fond de l’Insurrection qui vient. Une copie conforme.
On pourrait en rire.
Mais Julien C. est un homme affreusement sérieux.
On me dira qu’après plusieurs mois passés en prison on n’a peut-être plus envie de rire. Peut-être aussi que Julien C. n’a jamais été un joyeux drille aussi. Mais ce qui m’intéresse, moi, avant tout, c’est le vide absolu de cette interview. Ce monde parallèle et fantasmé où il cherche à nous inviter. Ce monde où le pouvoir serait aux abois par sa détention. Ce monde où le pouvoir aurait peur d’un livre. Ce monde délirant où Julien C. veut finalement nous faire croire qu’il était enfermé bien avant de se retrouver en prison.
Mais non.
Julien C. sait très bien qu’il raconte des conneries.
Comme un Bruno M. ou un Jérôme L. ailleurs, ce n’est pas tant l’intelligence qui manque que la claire conscience de sa supériorité sur le vulgare pecus. Ce qui pourrait délimiter toutefois les limites de l’intelligence de ces messieurs. Et pourrait les pousser aux manipulations les plus grossières, aux contres-vérités les plus évidentes, aux ellipses les plus béantes et, finalement, à un grand n’importe quoi que même le cerveau de temps libre dégagé par les pubs coca aurait du mal à absorber sans régurgiter.
C’est que Julien C. démarre telle une formule 1 dotée du KERS. Les policiers sont des kidnappeurs. Certes, tout cela est dit du ton de la dérision et de la plus grande originalité. De l’humour même. Et, en ces temps de procès Fofana, c’est d’ailleurs très drôle et pas du tout obscène.
Mais pas un mot sur le fait que, passé le temps de garde à vue, ils sont arrivés entre les mains de la justice et du juge d’instruction. Pas un mot sur le fait que leur interpellation n’est pas une décision policière en flagrant délit. Et que c’est bien la justice qui décide de l’incrimination à laquelle ils ont à faire face -comme de son maintien en détention.
Puis on passe au terme de “anarcho-autonome” ou d’”ultragauche”. Il ne s’y reconnait pas. Ce ne serait qu’une case, celle des casseurs, créée par le pouvoir pour pouvoir y faire rentrer des gêneurs. Pourquoi pas. C’est en partie vrai.
Même si je ne vois pas très bien ce qui rapproche les actes terroristes de nos amis de Tarnac avec le saccage de quelques bureaux d’une préfecture, les blocages par des miliciens de fac ou encore les rapines des jeunes de banlieue. Ah si. Tous ces actes pourraient encourir une qualification pénale.
Mais, pour le reste, les seuls qui prétendre agir réellement pour le bien commun plutôt que pour leur intérêt personnel -c’est à dire les pires d’entre tous- ce sont bien nos amis terroristes de Tarnac. A part, peut-être, pour certains d’entre eux en tout cas, les bloqueurs de fac. Alors, comment caractériser des gens qui se fédèrent pour entreprendre des actions qui sont conçues pour, par la peur (c’est à dire la terreur ou l’intimidation, je reprends mon code pénal), faire changer les choses pour le bien de tous ? Tiens, ultragauche cela me semble pas mal. Même si j’aurais pu me contenter, pour ma part, de “connards de miliciens” ou de “terroristes”. Mais Julien C. a raison, le Spectacle a besoin de mots qui frappent plus l’imagination que “milicien”, considéré comme étant réservé à la droite, ou que “terroriste” qui apparaît disproportionné à beaucoup.
D’ailleurs, Julien C. est interrogé ensuite sur le terme de terrorisme. Sur la signification du mot. Pas sur son application en droit pour les faits qui lui sont reprochés puisque celle-ci est évidente et qu’il serait bien en mal de démontrer autre chose.
Ce passage sur le terrorisme mérite d’être observé. Il commence sa démonstration de manière classique, on sent l’élève appliqué, par un petit mot sur le fait que le terroriste d’hier peut devenir le héros ou le partenaire de demain. Il prend notamment comme exemple, parce qu’on est en France tout de même, le terroriste sous l’occupation qui deviendrait héros à la Libération. Tout cela pour en tirer une conclusion. Rien n’explique ce changement de statut que la souveraineté.
Ah.
Toutefois le terroriste de l’occupant allemand n’était nullement le terroriste de la population française. Il était déjà, pour une partie non négligeable d’entre eux, un héros. Le terroriste, c’est celui qui avant tout est considéré comme tel par la société. Et, de toute manière, c’est à dire de manière formelle, celui qui définit un terroriste, ce n’est pas l’État au bout du compte. C’est, encore une fois, la justice. Qui recherche et juge des actes qui ont pour objectif, par l’intimidation ou la terreur, de troubler l’ordre public. Et, disons le encore plus précisément, de troubler ou vouloir modifier l’ordre politique. Et le tout en ciblant prioritairement des civils, qu’on veuille les tuer ou pas d’ailleurs.
Autant dire que les sabotages de nos amis de Tarnac correspondent parfaitement à cette définition.
On me dira que je ne réponds pas à l’exemple que Julien C. soulève. En partie pourtant. Quel rapport entre l’État Français de Vichy et la Cinquième République de Sarkozy ? Allons. Il faut bien remarquer que l’action politique n’est nullement visée par la législation actuelle sur le terrorisme. Et, dans un pays où, ainsi, on peut faire de la politique, où personne ne vous empêche de multiplier les meetings, de créer votre parti, de monter votre site internet, etc. Quelle justification peut-on avancer pour cibler des civils par la terreur ou l’intimidation ?
L’Insurrection qui vient nous permet d’entrevoir une piste. Il faut éveiller les consciences. Endormies. Décérébrées par la société du Spectacle et de la vitesse. Il faut donc arrêter la population en rase campagne. A la fois pour permettre à Jérôme L. d’y prendre plaisir. Mais aussi, disons-le franchement, pour que les gens finissent, à force, par avoir peur de prendre le train. Et qu’ils finissent, peut-être, par limiter leurs déplacements. Bref. Il faut parcourir l’Insurrection qui vient pour saisir toute la profondeur insondable de cet élaboré discours.
Livre qui donne à Julien C. des accents dramatiques,
De mémoire française, il ne s’était pas vu depuis bien longtemps que le pouvoir prenne peur à cause d’un livre.
D’un livre ? Celui-ci ? Presque illisible dans sa partie finale ? Ne serais-ce pas plutôt ce que Julien C. nomme la “coïncidence d’une pensée et d’une vie” ? Autrement dit son passage à l’acte ?
Ce qui m’amène au moment le plus délicieux de l’interview. Celui qui explique peut-être pourquoi les journalistes n’ont pas souhaité lui poser la question de sa présence sur les lieux d’un des sabotages, en pleine nuit et campagne.
Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l’illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l’on juge opportun de poursuivre et ceux qu’on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n’est pas à ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c’est la justice elle-même, il n’est donc pas question pour mes camarades et moi de “clamer notre innocence”, ainsi que la presse s’est rituellement laissée aller à l’écrire, mais de mettre en déroute l’hasardeuse offensive politique que constitue toute cette infecte procédure.
Oh, bien sûr, il faudrait avoir l’esprit drôlement mal tourné pour y voir un aveu de culpabilité. Ou être un policier au front bas, incapable d’élever sa petite pensée pratique jusqu’aux hautes altitudes de conscience élevées où Julien C. règne.
J’ai cet esprit mal tourné.
Cependant, oui, la race des innocents est éteinte. Mais il y a différents degrés de culpabilité. Et, non, la procédure à votre encontre, cher Julien C., n’est pas hasardeuse politiquement. Non, il n’est pas possible de prétendre qu’un peu de terrorisme sur les voies ferrées dans les campagnes serait socialement acceptable comme le trafic de shit dans les banlieues, voire la séquestration de patrons.
Parce qu’il vous faudrait des billes pour ce rapport de force. De celles qui sont compréhensibles. Pas l’Insurrection qui vient. Pas quelque chose qui crache à la gueule de ceux qui devraient vous soutenir ensuite et vous faire passer au rang si enviable de criminel qu’il ne serait pas opportun de poursuivre. Ou bien représenter une véritable force de nuisance, et non pas quelques jeunes qui se font sauter dans des hangars en Haute-Savoie.
Je peux comprendre que votre objectif politique, cher Julien C., soit justement de faire entrer vos sabotages dans la case des actes criminels qu’ils ne seraient pas opportuns de poursuivre. Et par là vous en tirer. Voire, si vous êtes plus retors que cela, de rendre votre future condamnation intolérable et faire de cette manière passer l’idée que saboter des trains, finalement, cela fait partie des révoltes, des soubresauts sociaux inévitables et contre-productifs à poursuivre pour l’État.
Mais je doute du succès de votre entreprise. Pour une raison essentielle. Le mépris du peuple qui se dégage sans cesse de vos propos. Ce gros n’importe quoi que sont vos idées peuvent passer dans Le Monde. Mais ne toucheront jamais le peuple.

J’en étais resté à la définition d’Ilys comme étant une bande d’aristocrates parlant politique et belles femmes dans le fumoir d’un club anglais. Quelle ne fut pas ma surprise quand je surprends Blueberry se préoccupant du mépris qu’un gauchiste ressent à l’égard du peuple.
Seriez-vous un démocrate, Blueberry?
On note encore une fois le leitmotiv de la trinité satanique sport-télé-porno. Insoupçonnées correspondances..
Aetius > Je suis un humaniste surtout. Qui n’aime pas ceux qui cherche à dissimuler tant bien que mal leur mépris du peuple.
@ Blueberry : et quelqu’un qui méprise le peuple mais ne cherche pas à le dissimuler, vous trouvez aussi que c’est mal?
(Je vous ferais remarquer au passage que la morale républicaine est traditionnellement élitiste : partisane de la fin des privilèges au profit de la récompense du mérite. Dans une république qui fonctionne (disons idéale), les distinctions sociales sont donc logiquement fonction de la valeur des individus. Utopie ou pas une telle idéologie permet tout naturellement de tenir le petit peuple en faible estime. La question du vote démocratique qui conduira nécessairement la majorité à trancher la tête des élites et des élitistes que ceux-ci le soient de bon droit ou non, est une autre question épineuse. Et c’est pour résoudre un tel casse-tête que les communistes (Marx le juif antisémite en particulier) ont rêvé autrefois d’engendrer “l’homme nouveau”, c-à-d sans convoitise… La gauche est une chose mystérieuse qui se mord la queue ^^).
Pauvre Millie qui tente de briller.
Vous êtes du côté de la loi, de l’Etat, du bon sens, du peuple où est le problème ? D’après ce que je comprends vous accusez Julien Coupat de n’être pas drôle, d’être un terroriste actif, d’être une tête pensante terroriste, d’être intrinsèquement un ennemi de l’Etat en tant que membre de l’ultra-gauche, d’user d’un langage inaccessible au peuple tout en le trompant puisque Julien Coupat serait aussi coupable de vouloir faire son bonheur par la force, en gros vous dîtes que de toutes les manières qu’on tourne le prisme Julien Coupat est coupable, forcément coupable et que le Monde serait bien avisé, lui qui n’est même plus lu par les profs de fac, de le taire ou de mentionner en fin d’article que cet homme est un ennemi.
Julien Coupat est évidemment un héros de notre temps, aurait dit Lermontov.
Et il ne manquerait plus qu’il ne soit pas arrogant. Il est quand même dans la situation de devoir passer par un canal aussi ennuyeux que le Monde pour se faire entendre d’individus aussi manifestement dépourvus de syntaxe et d’intelligence que le fantôme de bégé. Qui d’ailleurs sont bien incapables de comprendre ce qu’il écrit, ce qu’il dit, ce qu’il est.
Ce que Blueberry qui n’est pas idiot, lui, mais un peu feu follet tout de même prend pour une absence d’humour est surtout un désir de prendre un peu d’altitude. L’air y est plus pur.
Quelle verve mon pauvre Lee Roy, elle ressemble assez à votre physique, gélatineuse et pleine de bière, allez évangéliser vos kabyles de 12 ans, vos petites guerrières comme vous dîtes, allez parader en criant bien fort que vous bandez comme un taureau puisque visiblement ça vous fait du bien d’éructer et lâchez moi la grappe.
C’est vrai qu’il y a une certaine contradiction à vouloir faire le bien de celui qu’on méprise. Car il s’agit bien là -si on suit Blueberry- de mépris et non de pitié ou de paternalisme.
Un aristocrate aurait le mérite de ne pas prétendre élever ou sauver ceux qu’il se plais à voir plus bas encore qu’ils ne sont vraiment.
D’un autre coté, sans vouloir trop la jouer populiste, est-il vraiment si absurde de penser que la démocratie française est si aboutie qu’aucune action politique violente ne puisse être légitime?
Putain mais c’est un vrai étau. Entre -au sol- les débiles mentaux du type shalomaloukoum qui dès que quelque chose brille à leurs yeux vous gueulent aux oreilles (pour s’en persuader) : “ce doit être du toc”, et -au plafond- les écrivains de quelque supposé renom qui se limitent pour juger les oeuvres d’un confrère moins braslongué, à analyser la bannière du blog sur lequel il publie, il y a de quoi étouffer.
@ Jérôme Leroy : En une fois comme en mille, il existe 2 PKK. Celui qui se fait appeler Phantom est précisément l’un des mecs les moins réac de la blogosphère. C’est vrai humaniste, digne héritier et courageux défenseur de la tradition républicaine de notre pays (tradition non dénuée d’élitisme, je ne me lasserai jamais de l’expliquer) qui publie (pour l’essentiel des fictions) caché à l’abrit du design volontiers agressif, xénophobe, droitard et fier de l’être de son poteau Alibekov dont – eh oui le monde est plein de complexité – il ne partage pas toutes les positions politiques. Toute votre opinion au sujet de Ben Gazarra – à savoir “ce mec est raciste” – est fondée sur un malentendu et vous êtes à ce point un être superficiel que jamais la lecture de ses interventions ne vous a amené à réviser votre jugement.
@ Aetius : encore une fois il existe une certaine gauche encore attachée à l’idéal républicain, même susceptible de se revendiquer du communisme, dont la vision du monde (au sens de Weltanschauung), parce que fondée sur une hiérarchie de valeur (en particulier morale) entre les êtres, est tout ce qu’il y a de plus aristocratique. De même qu’il existe un populisme, une démagogie, typiquement “de droite” que l’on désigne le plus souvent par le terme “poujadisme”. Tous les chefs militaires, les meneurs d’hommes, et autres “sauveurs de la nation” qui arrivent au pouvoir par la force (type Napoléon, Boulanger ou même Mishima) se réclament de la ferveur populaire, se disent appelés par elle à leurs fonctions de dictateurs.
La véritable question n’est pas de savoir qui des gauchos-bobo ou des poujadistes possède le monopole de l’amour du peuple, mais de bien comprendre que ces gens n’en ont pas du tout la même définition.
Pourquoi tous ces soi-disant amis du peuple sont-ils issus de la grande bourgeoisie ? La question se pose. C’est peut-être une des raisons qui fait que le peuple ne se reconnaît pas dans le combat de Julien C. Trop élitiste, finalement. A l’image des TGV, cibles de la colère des insurgés de Tarnac.
A la question posée par le journaliste du Monde : “Vous êtes issu d’un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…” l’interviewé répond par une pirouette : “Il y a de la plèbe dans toutes les classes” (Hegel).
Nous sommes tous des plébéiens.
C’est ça, Millie, c’est ça, et moi je suis démocrate. La preuve, je commente chez Ilys
Bg ghost, qui soigne soigneusement son invisibilité sans doute de peur qu’on s’aperçoive de sa musculature de pou mort et doit entretenir des rapports complexes avec son image (ça arrive souvent quand on abuse de l’onanisme) m’oppose comme argumentation ma huitaine de kilos de surcharge pondérale qui sont surtout le résultat d’un appétit pour les plaisirs dont je suis assez heureux pour tout dire. Ceci dit, cela n’a jamais empêché un coup de boule dans la tronche d’un fascistoïde un peu trop va de la gueule. Ce n’est pas une menace, c’est une promesse.
Quant aux les remarques assez niaises sur l’extraction bourgeoise de Julien Coupat, nous ferons simplement remarquer à ses auteurs que penser l’aliénation suppose de ne pas être aliéné. Il aurait été assez difficile pour Marx de théoriser la baisse tendancielle du taux de profit après dix heures de fond dans une mine de charbon.
D’ailleurs, chez les ilysiens, il y en a tout de même quelques uns, qui n’ont pas une pensée totalement informe, ce n’est pas l’extraction prolétarienne qui semble sauter aux yeux au premier abord
Ici à Ilys, si on refaisait l’affaire Dreyfus, on le pendrait.
Ici, police et armée ne sont jamais suspectes.
L’innocence est une denrée que vous ne trouvez jamais du côté des plus faibles.
Lee Roy non seulement vous écrivez comme un pot de chambre mais je vois bien que votre cerveau atteint sa plénitude quand trois neurones y sont connectées. Vos réflexes de grand singe me font dire ce que vous êtes le pilier de comptoir qui, le coude sur le zinc, déclare un peu débraillé qu’il va se battre, pauvre type.
“Il aurait été assez difficile pour Marx de théoriser la baisse tendancielle du taux de profit après dix heures de fond dans une mine de charbon.”
Certes. Mais George Orwell et Simone Weil, quoique issus eux aussi de la bourgeoisie, ont vécu l’aliénation dans leur chair et ça ne les a pas empêchés d’écrire leurs livres. Au contraire, ils ont pu témoigner de la misère humaine avec d’autant plus de crédibilité qu’ils en ont fait l’expérience. Rien de tel chez Julien Coupat et son maître à penser Guy Debord. Avez-vous remarqué qu’il cultive sa ressemblance avec l’auteur de la Société du spectacle, jusqu’à adopter la même coupe de cheveux ? Julien C. ou la révolte esthétique.
Je suis persuadé que l’argent est la pire des aliénations. Pire que l’aliénation par le travail, dans la mesure où elle est beaucoup plus sournoise.
Oui, Sébastien, effectivement mais je ne crois pas me tromper en disant que ce ne furent que des expériences, des choix d’intellectuels(1), et que Dans la dèche à Paris ou à Londres comme La condition ouvrière reste des témoignages a postériori, qui ne sont pas écrits en direct.
Ce que vous dites de l’aliénation de l’argent est assez juste mais elle n’empêche pas de penser. On est tout de même moins fatigué et moins aliéné dans un salon ou sur un blog qu’à l’usine. Vous avez remarqué comme moi qu’il y a assez peu de blog émanant de la classe ouvrière.
(1) note à l’intention des pous morts islamophobes: comme de faire, par exemple, une honnête PMS qui permet vingt ans après de pouvoir encore donner la punition aux petites fiottes avec pseudos amerloques.
Les ouvriers ne tiennent pas de blogs parce qu’ils sont aliénés par leurs 35 heures (ou un peu plus) d’usine par semaine… Tout à fait, on y croit.
Jerôme Leroy a quelque chose en plus par rapport à Julien C c’est qu’il nous fait rire. (c’est vrai, je ris toujours à ses jaillissements verbaux, un peu trop branlocentriques mais dans leur ensemble quand même comiques et c’est un vrai compliment)
La bouillie inbitable et absolument délirante mais pas marrante du tout de Julien C ( contrairement à celle de dali par exemple qui était un vrai comique et beaucoup plus actif et qui a eu de l’influence sur le peuple parce qu’il devait l’aimer) cette marmelade antipathique de Julien C montre comme le dit bien Blueberry qu’il méprise le peuple et qu’il ne démontre rien, et n’apportera rien.
@beam
“contrairement à celle de dali par exemple qui était un vrai comique et beaucoup plus actif et qui a eu de l’influence sur le peuple parce qu’il devait l’aimer”
Très intéressant. Voilà une opinion originale, comme je les aime.
La conscience qu’avait Dali de ce qui le séparait du peuple, il l’affichait et l’assumait jusqu’au comique, et très paradoxalement, il montrait par là qu’il l’aimait bien.
Rien a voir avec ce mépris refoulé, plus ou moins inconscient, qui travaille en sourdine et qui tourne à la haine.
Très girardien, tout ça. Dali, de part ses goûts, sa personnalité, ses inclinations, n’était pas du peuple, n’était pas “comme tout le monde”, et le fait de prendre acte de cette distance permettait une sorte d’estime mutuelle.
Comme Don Guichotte et Sancho, qui selon René Girard, s’entendaient si bien parce que justement, ils étaient tellement loins l’un de l’autre et le savaient tellement qu’ils n’entraient pas en rivalité, ce qui permettait qu’une véritable amitié puisse exister.
(pour ceux que le sujet intéresse, voir “mensonge romantique, vérité romanesque” de RG).
Millie > Non, je ne trouve pas cela mal. Mais je donne beaucoup d’importance à la transparence.
Jérôme Leroy > Il n’est pas question de lui faire un procès en arrogance. Celui en terrorisme suffira amplement. Mais d’observer, malgré le recul que Julien C. a sur les années 70 ou 80, qu’il tombe très exactement dans le même travers de se couper du peuple alors même qu’il prévoit tout un beau petit système le concernant.
Aetius > C’est une bonne question. Pour le dire trop rapidement, j’ai la sensation que si on souhaite le bonheur collectif, le bien de tous et toutes ces conneries, oui, la légitimité d’une action violente pour y parvenir dans notre démocratie serait atrocement faible.
Robin de Loxley > Pendre Dreyfus ? Quelle drôle d’idée. Pourquoi ne pas le lapider ou l’écarteler pendant que vous y êtes ? Barbare. Cela dit, l’innocence est une denrée devenue quasiment introuvable. Il faut se situer bien hors du monde pour pouvoir y prétendre. Et Julien C. n’est ni un faible, ni un innocent.
Le problème sur ce site c’est que l’on n’y voit jamais l’ombre du début du commencement d’un doute; il n’y existe que des certitudes.
Les certitudes ressortent du militantisme mais pas du débat d’idées.
Blueberry, vous êtes pire que la justice, avec vous il n’ y a même pas de présomption d’innocence. Sauf sans doute à votre endroit!
Je ne suis pas la justice. Ce n’est pas moi que Julien C. doit convaincre. Moi, je me contente d’observer que sa vie est chamboulée par une coïncidence improbable. Celle qui le fait, lui, le lecteur assidu de l’Insurrection qui vient, se retrouver en pleine nuit et en pleine campagne pile à l’endroit d’un sabotage d’une voie ferrée. Terrible coïncidence. Funeste coïncidence. Qu’il ne doit pas nier puisque la question n’est manifestement pas pour lui de démontrer son innocence, à laquelle il semble autant croire que moi, mais d’interroger l’opportunité des poursuites à son égard.
Sans juger le fond de l’affaire du sabotage ou du non sabotage, on peut trouver proprement hallucinant le discours de Coupat publié dans Le Monde. Si vraiment il est innocent des faits incriminés, alors comme le titre Blueberry c’est un sabordage…ou pire un suicide. Ou alors encore pire : il veut être un martyre laïc. Ou bien c’est encore au delà de tout (ou en deçà) : il veut son quart d’heure de gloire warholien.
C’est pour cela que son envie de célébrité et sa paranoïa peuvent faire penser à Dali par anti-thèse.
Dali avait le sens de la littérature gorgée de liens et de synchronicités imbriqués dans une cosmogonie cohérente.
Il n’était pas seulement comique, il avait en effet le sens du tragique et du romanesque et savait qu’il pouvait influencer les esprits comme le précise XP.
Sa volonté d’être intelligible et d’ordonner le chaos l’a poussé à devenir monarchiste et ultra individualiste. Son sens politique n’est donc pas en reste puisqu’il s’est efforcé de délivrer un message d’un classicisme vivifiant et d’une liberté assumée.
On peut penser aussi à son ami le peintre Mathieu qui a montré qu’il avait également le sens des responsabilités.
Mèèèèèèèèèèèh
“La conscience qu’avait Dali de ce qui le séparait du peuple, il l’affichait et l’assumait jusqu’au comique, et très paradoxalement, il montrait par là qu’il l’aimait bien.
Rien a voir avec ce mépris refoulé [sous-entendu celui de la gauche pour le peuple], plus ou moins inconscient, qui travaille en sourdine et qui tourne à la haine.”
Voilà à mon avis une très bonne définition du poujadisme. Une définitions non manichéenne, parce que séduisante. La droite aisée aime le peuple avec un mélange de paternalisme et de grande dureté, c’est-à-dire avec la ferme intention de ne pas se faire d’illusions sur lui. L’amour de droite en quelque sorte, c’est aimer l’autre pour ce qu’il est tout en veillant à bien rester soi : c-à-d en respectant et en utilisant les hiérarchies sociales/naturelles qui nous séparent de l’autre – avec humilité lorsqu’on est pauvre, en s’appuyant sur l’injustice qui nous favorise lorsqu’on est riche.
L’amour de la gauche pour le peuple en revanche est à l’exact opposé : c’est un amour tout entier d’identification. Aimer quand on est de gauche ne signifie non pas cultiver un rapport de force/une tension hiérarchique, mais de les transcender. Le bourgeois Julien Coupat qui se sent prolétaire n’a pas besoin pour cela de descendre à la mine : il trouve dans ses instincts de révolte contre l’autorité/les injustices en général toute la proximité intellectuelle dont il a besoin avec ceux qui en sont réellement victimes. Mieux encore, il peut légitimement se considérer comme la victime idéale qu’il voudrait profondément, dans son rêve de justice, que tous les déshérités soient. Le “pauvre idéal” étant (tradition profondément judéochrétienne) celui à qui sa pauvreté, ses souffrances, auraient conféré un “alterpouvoir” sur ses oppresseurs : le pouvoir de l’intelligence, de la sensibilité, permettant la revanche sacrée de l’Esprit sur la matière.
La question soulevée par Jérôme Leroy de savoir si effectivement la dèche et la galère favorisent ou non (et surtout dans quelle mesure) l’intelligence, fait partie du grand casse-tête de la gauche. Naturellement sa chère Ursse avait trouvé la parade artificielle idéale à cette question éternellement insoluble : maintenir l’humanité entière dans la plus profonde servitude tout en veillant à lui assurer le confort matériel minimal nécessaire à l’entretien de sa colère, et un accès raisonné à l’éducation qui rend fou.
@ Kroulik : Que vous arrive-t-il? Vous bêlez? ^^
A voir l’animosité de Millie contre Leroy des médiocres, on serait tenté de croire que leur entrevue en ces lieux décidée ne s’est pas très bien déroulée. Ne me dites pas que sa dureté de discours est destinée à compenser la mollesse de l’organe (depuis longtemps éclipsé par la prééminence graisseuse censée abriter les “plaisirs du palais” qu’il dit affecter), je n’en croirais pas un mot.
Loser un jour, loser toujours, les communistes, comme les musulmans, ne sont qu’agglomérat de ratés revanchards.
@ Oreste : Allons allons… Pas de médisance.
La réalité est plus amusante encore : il n’a jamais osé franchir le cap de me contacter en privé. ^^ Comme il le dit lui-même il y en a qui sont surtout forts en gueule.
hi hi hi
@Millie
Allons allons, ma chère Millie…Il ne vous a pas contacté… Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas osé vous contacter…. Il va le faire plus tard, sans aucun doute.
RDB : “Ici à Ilys, si on refaisait l’affaire Dreyfus, on le pendrait.”
Mais jamais personne n’a voulu pendre Dreyfus ! L’envoyer en congés sur une petite île tropicale bien tranquille, oui. Par contre.
Oreste,Bonne Chance. I’ll pray for you.
Au risque de me faire descendre au motif que je ferais chuter le niveau du débat avec mes questions naïves (voire idiotes), j’aimerais savoir pourquoi ces derniers temps on voit fleurir en ces lieux quantité de remarques désobligeantes touchant au physique (l’éventuelle surcharge pondérale de Leroy, la sveltesse supposée de l’un ou de l’autre, les lolos de Millie, etc) ou au statut social (le poste de travailleur social de CSP, de guichetier de banque pour Xyr, de trader pour XP, etc) des uns et des autres.
J’entends volontiers que certaines données peuvent aider à cerner le personnage derrière les commentaires, mais est-il tout à fait nécessaire d’associer l’injure à la simple information ?
Discrimination ?! J’appelle la HALDE !
@ Oreste : Ne vous fatiguez pas ! l’infranchissable ligne jaune n’a pas encore été dépassée, celle de l’épiderme
@ hank : Je participe peu aux débats me sentant souvent pas au niveau des vos joutes verbales. Cependant, je note aussi des attaques “ad hominem” digne des zincs les plus sordides et des derniers des imbéciles
commentaire censuré sur Causeur :
Si les révolutionnaires d’aujourd’hui avaient un tant soit peu d’énergie et d’amour du peuple, ils auraient pu nous séduire, ou nous donner une petite illusion qu’ils ont quelque chose à dire.
S’ils avaient un discours comme celui-ci ( extrait du manifeste futuriste) on aurait pu sourire et comprendre :
« La splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive…une automobile rugissante qui a l’air de courir sur de la mitraille… »
Mais non la jeunesse marxiste a d’autres idées : comme celle de saboter des trains parce que ça va trop vite, élever des chèvres et manger du fromage en prononçant des mots de chichiteux comme “individuer”, illégalisme” et j’en passe des jargons de marxiste en pull col roulé en laine et des idiomes de psychorigides, des conneries de maniaco dépressifs qui ont lu Pif Gadget dans leur jeunesse.
[...] le même sujet, on lira avec profit les commentaires plus ou moins éclairés de Blueberry, Koz, Guillermo, du Chafouin, et de bien d’autres que je n’ai pas lus. Posted in [...]
Hank : comme je vous comprends. Cela sent un peu trop l’ordinaire, parfois.
Beam : censuré ? futurisme, vitesse, accélérateur de modernité, et puis le reste , hein. L’instinct chez eux, l’instinct…