Avec Pâquerette, sphincters et anus deviennent directement disponibles à la chorégraphie. Il s’agit, par là, de pousser au plus loin un mouvement déjà repérable dans l’histoire récente de la danse. Pendant ces vingt dernières années, des expériences ont consisté à bousculer la hiérarchie entre les différentes parties du corps et à injecter, dans la chorégraphie, un travail sur la sensation des organes, de son intérieur, de ses orifices. Notre projet est de poursuivre et de radicaliser ce mouvement en rompant le consensus qui a, jusque-là, malgré tout préservé les anus de la chorégraphie.
Nous souhaitons, par une démarche à la fois chorégraphique et militante, prendre en brèche le puritanisme de l’allocation territorialisée des parties intimes et érogènes. En désexualisant les trous du corps, Pâquerette resexualise le corps dans son entier. L’enjeu est donc tout autant géographique que symbolique. Prendre conscience des effets stérilisants de la géographie dominante appliquée aux corps nous permet de laisser de nouvelles élaborations symboliques voir le jour.
“Quatuor chorégraphique pour deux anus et godemichés”, Pâquerette, Cecilia Bengolea et François Chaignaud
Sur le site Mouvement.net, la journaliste Eve Beauvallet rappelle dans un article magistral que la pionnière Martha Graham réclamait une danse provenant des impulsions du vagin. Rien de nouveau bien sûr. Il y a quelques mois, au Centre Pompidou, le danseur Steven Cohen filmait déjà son anus (et tous ses autres orifices) en gros plan, à l’aide d’une caméra macro au cours d’un spectacle bouleversant, intitulé Hitler, et consacré aux grands bouleversements de l’histoire… La danse moderne ne pouvait pas continuer à ignorer cette partie-là du corps et toutes les expérimentations actuelles ne font jamais que repousser toujours plus loin la frontière des tabous. Reste à savoir si c’est bien fait, si c’est beau, émouvant, troublant, inquiétant, ou tout simplement ennuyeux. Et ça, pour le savoir, il faut aller voir.
Quand il s’agit d’orchestrer le vide… Les mots magiques (”bousculer la hiérarchie”, “radicaliser ce mouvement en rompant le consensus”, “une démarche à la fois chorégraphique et militante”, “prendre en brèche le puritanisme”, ”effets stérilisants de la géographie dominante”, “repousser toujours plus loin la frontière des tabous”…), les mots de cette rébellion moderne, conformiste et triomphante et qui continue à vouloir combattre les moulins d’un monde devenu indifférent. Les mots rances qui n’ont plus aucun sens, et qui tournent à vide, sur eux-même, comme un chien dans son panier. Jusqu’au grotesque.

Avec ce genre de “manifestations” “artistiques”, on est vraiment tombé au fond du trou (façon de parler hein…)
La pochette de l’album “The origin of the feces” de Type-O-Negative montrait aussi le fondement de la pensée du chanteur. (demander à google)
Entartete Kunst !!!
“Reste à savoir si c’est bien fait, si c’est beau, émouvant, troublant, inquiétant”
En tout cas, Jack Lang est emballé !
Si Steven Cohen symbolise les grands événements de l’histoire en filmant ses “orifices”, je n’ose même pas penser à la manière dont a été représenté Hiroshima… ^^
Je ne sais pas pourquoi mais cette info me remémore le souvenir du couple de pd qui s’est inséré un hamster dans le cul en criant Armageddon une fois la douleur devenue insupportable.
Des précurseurs ?
Evoque-t-il l’élargissement de l’union européenne ?
Désexualiser la sodomie. Ces nouveaux barbares de la non-culture n’ont décidément aucune pudeur.
@ Ash : Vous faites référence à un hoax :
http://www.snopes.com/risque/homosex/gerbil.asp
@ SK : L’usage “artistique” de la rondelle n’est pas tout à fait neuf, je pense ici à une comédie musicale (!) canadienne des années 90 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zero_Patience
(lire la dernière phrase de la rubrique “Commentaires”)
La rondelle, c’est la cul-ture !
@denis l.: diable, j’étais pourtant persuadé que le Docteur Perchut était le véritable précurseur en la matière…
@ Martini : Moi qui pensais qu’on allait m’objecter Joseph Pujol…
… en revanche le Dr Helmut Perchut m’était inconnu. Merci de cette torche^^ culturelle supplémentaire éclairant dorénavant mon existence.
Pour l’histoire du hamster, je me permet de vous copier/coller ce passage mémorable du Jardin des Supplices, de Mirbeau. Ça a quand même plus de tenue que les pathétiques chorégraphies évoquées ci-dessus…
Vous prenez un condamné, charmante milady, un condamné, ou tout autre personnage — car il n’est pas nécessaire, pour la réussite de mon supplice, que le patient soit condamné à n’importe quoi — vous prenez un homme, autant que possible, jeune, fort, et dont les muscles soient bien résistants… en vertu de ce principe que plus il y a force, plus il y a
lutte, plus il y a lutte, plus il y a douleur!… Bon… Vous le déshabillez… Bon… Et, quand il est tout nu — n’est-ce pas, milady? — vous le faites s’agenouiller, le dos courbé, sur la terre, où vous le maintenez par des chaînes, rivées à des colliers de fer qui lui serrent la nuque, les poignets, les jarrets et les chevilles… Bon! je ne sais si je me fais bien comprendre?… Vous mettez alors, dans un grand pot percé, au fond, d’un petit trou — un pot de fleurs, milady! — vous mettez un très gros rat, qu’il convient d’avoir privé de nourriture, pendant deux jours, afin d’exciter sa férocité… Et ce pot, habité par ce rat, vous l’appliquez hermétiquement, comme une énorme ventouse, sur les fesses du condamné, au moyen de solides courroies, attachées à une ceinture de cuir, qui lui entoure les reins… Ah! ah! ça se dessine!
Il nous regarda, malicieusement, du coin de ses paupières
rabattues, afin de juger de l’effet que ses paroles produisaient sur
nous…
—Et alors?… fit Clara, simplement.
—Alors, milady, vous introduisez, dans le petit trou du pot
— devinez quoi?
—Est-ce que je sais, moi?…
Le bonhomme se frotta les mains, sourit affreusement, et il
reprit:
—Vous introduisez une tige de fer, rougie au feu d’une forge… d’une forge portative qui est là, près de vous… Et, quand la tige de fer est introduite, que se passe-t-il?… Ah! ah! ah!… Imaginez vous-même ce qui doit se passer, milady?…
—Mais allez donc, vieux bavard!… ordonna mon amie dont les petits pieds colères trépignaient le sable de l’allée…
—Là!… là!… calma le prolixe tourmenteur… Un peu de patience, milady… Et procédons avec méthode, s’il vous plaît… Donc, vous introduisez, dans le trou du pot, une tige de fer, rougie au feu d’une forge… Le rat veut fuir la brûlure de la tige et son éclaboussante lumière… Il s’affole, cabriole, saute et bondit, tourne sur les parois du pot, rampe et galope sur les fesses de l’homme, qu’il chatouille d’abord et qu’ensuite il déchire de ses pattes, et mord de ses dents aiguës… cherchant une issue, à travers les chairs fouillées et sanglantes… Mais, il n’y a pas d’issue… ou, du moins, dans les premières minutes de
l’affolement, le rat ne trouve pas d’issue… Et la tige de fer, manœuvrée avec habileté et lenteur, se rapproche toujours du rat… le menace… lui roussit le poil… Que dites-vous de ce prélude?
Il respira, quelques secondes, et, posément, avec autorité, il enseigna:
—Le grand mérite, en ceci, est qu’il faut savoir prolonger cette opération initiale le plus qu’on peut, car les lois de la physiologie nous apprennent qu’il n’est rien de plus horrible que la combinaison sur une chair humaine des chatouillements et des morsures… Il peut même arriver que le patient en devienne fou… Il hurle et se démène… son corps, resté libre dans l’intervalle des colliers de fer, palpite, se soulève, se tord, secoué par de douloureux frissons… Mais les membres sont maintenus solidement par les chaînes… le pot, par les courroies… Et les mouvements du condamné ne font qu’augmenter la fureur du rat, à
laquelle, bientôt, vient s’ajouter la griserie du sang… C’est sublime, milady!…
—Et enfin?… fit, d’une voix brève et tremblée, Clara qui
avait légèrement pâli.
Le bourreau claqua de la langue et il poursuivit:
—Enfin — car je vois que vous êtes pressée de connaître le dénouement de cette admirable et joviale histoire — enfin… sous la menace de la tige rougie et grâce à l’excitation de quelques brûlures opportunes, le rat finit par trouver une issue… une issue naturelle, milady… et combien ignoble!… Ah!… ah!… ah!…
—Quelle horreur!… cria Clara.
—Ah! vous voyez… Je ne vous le fais pas dire… Et je suis fier de l’intérêt que vous prenez à mon supplice… Mais attendez… Le rat pénètre, par où vous savez… dans le corps de l’homme… en élargissant de ses pattes et de ses dents… le terrier… Ah!… ah!… ah!… le terrier qu’il creuse frénétiquement, comme de la terre… Et il crève étouffé, en même temps que le patient, lequel, après une demi-heure d’indicibles, d’incomparables tortures, finit, lui aussi, par succomber à une hémorragie… quand ce n’est pas à l’excès de la souffrance… ou encore à la congestion d’une folie épouvantable… Dans tous les cas, milady… et quelle que soit la cause finale à cette mort, croyez que c’est extrêmement beau!…
@ U H S : On reste dans la fiction…
Je constate qu’ici aussi on va lire les “400 culs” mais qu’on ne cite pas sa source :-).
En matière de tabou, ces intermittents ne songent étrangement jamais à désexualiser le trou de la sécu, ou autre orifice budgétaire…
sans déconner ,j’ai eu du mal à y croire .
au début
puis après ,bon,c’est de l’avant garde , non ?
il y a deux ou trois ans ,un chorégraphe moderne (entendez par là “qui sait plus quoi inventer”) avait mis en scène dans la cour du palais des papes ,en avignasse ,des grognasses dévètues (plus ou moins ,hein,s’agit pas de tarir le robinet à subventions) marchant sur des urinals et se répandant en flux de vessie ,il me semble même que c’était yan fabre (pourquoi le ministère de la culture promeut-il des estrangers dont la patrie n’a qu’une envie ,en être débarassée?)
cet été ,ce fut le regrettable roméo castelluchi qui réinterpréta dante ,c’était tant tellement boufon,abscon,abstru,péteux,pédant que je me lui repassé plusieurs fois sur internet (arte.fr ,on pouvait le visionner toute une semaine ,probablement pour l’édification des masses) je vous en épargnerai la recension ,surtout pour m’éviter une nouvelle crise de fou rire
une fois de plus j’arrive après la bataille ,il eut été doux de recruter quelques nervis ou plusieurs lollards pour aller chahutter la performance,rire à gorge déployée ,voire même monter sur scène pour en faire un désordre total
RAmon. M “il eut été doux de recruter quelques nervis ou plusieurs lollards pour aller chahutter la performance”
Surtout pas! Vous voulez avoir droit à une semaine de “protestations” de réunions anti fafs-de-l’art et tout le bastringue!? Ces gens vivent de se croire briseur de tabous. Non,ce qu’il faut faire si on assisteau programme et qu’on a la chance qu’une caméra se penche vers vous à la sortie, c’est de s’éventer avec le programme en baillant et déclarant “Oh,c’est très petit bourgeois”.
@ Restif : Bien vu.
@ restif et denis
tiens oui ,vous avez raison
ou alors si on a la chance insolente de connaitre un prescripteur d’opinion (comprendre par là un cultureux au top du top ,-qui a dit top-el-hadj ? c’est malin,tiens!- un grand bourgeois qui vit dans un appartement hausmanien ,qui porte du tweed sur mesure………qui est à la tête d’une sous-sous-sous direction du ministère culturel/propaganda staffel) lui suggérer d’écrire un article,une charge,un pamphlet notifiant bien que la chorégraphie en question est dépassée ,surfaite ,plagiaire et donner des références.
et sinon ,est ce ici que j’ai lu une pseudo recension sur “principe de précaution” de mathieu jung?
ma foi ,l’idée se tient bien,c’est l’écriture qui pèche un peu
[...] et la scatologie. Mais contempler des étrons en bocal, des danseurs s’agiter avec des godes dans le derrière (tendance lourde, le stade anal comme ultime régression de l’art [...]
Non denis l, celui dont je pense n’est pas un hoax.
http://www.dailymotion.com/video/x272ph_le-hamster-raggot-depeche-afp-inter
Oui non vous avez raison. C’est bien la même histoire.
Je suis déçu :/