Grain de sel
Le 27/12/08 à 14:00 par Mike Steve Donovan
Je n’ai rien suivi de la micro-polémique. Je n’ai pas lu les commentaires. Mais je vais écrire quand même parce qu’on m’a tout récemment parlé de ce blog où je ne m’étais presque jamais rendu. Pourquoi cela ? Parce qu’il m’a rapidement ennuyé les rares fois où je suis tombé dessus.
Je suis de la génération dite “zapping” moi.
J’aurais pu en rester là.
Mais le dénommé Zak trouve maladroites les lignes du billet de Nicolas. Si, si. Alors je vais quand même y aller. Brièvement parce que Nicolas s’y est déjà attelé et que je suis vraiment très loin d’être irréprochable sur la question du style.
Mais je sais d’expérience que les phrases à rallonge comme celle que je suis justement en train d’écrire en ce moment car, si, cela en est une, sont très peu lues. Les statistiques sont effrayantes. Plus d’une quinzaine de mots dans une phrase et plus de la moitié des lecteurs ne se souviennent même plus comment celle-ci a commencé. J’exagère ? Prenons un exemple et, pour ne pas être trop malhonnête, une conclusion.
En conclusion, toutes ces réactions, parfois puériles, qui firent suite à la note : « Métaphysique de la virtualité », témoignent donc clairement de la tragique impasse dans laquelle se trouve enfermée une pensée indigente, totalement incapable d’affronter l’exigence ontologique, qui se contente de fonctionner en utilisant le slogan ou l’autocongratulation narcissique et le bavardage comme ultime recours face à sa tragique impuissance théorique.
Clairement ? Vraiment ?
J’ai une solution pour raccourcir tout ça. Éviter les répétitions. Ainsi, est-il utile de préciser qu’un nombre significatif de commentaires est aussi un nombre important ? Je pose la question.
Peut-être existe-t-il une nuance subtile qui m’échappe.
Ou peut-être est-il payé au feuillet.
Désormais, j’écrirais donc -et toujours par exemple- “énorme stupidité abyssale”. Histoire que mes rares et distraits lecteurs comprennent bien l’immensité de la chose. C’est à dire que c’est large et profond. Comme une femme qui accouche pour imager la chose si vous n’êtes pas familier des abysses. Mais ce n’est pas un compliment hein. La stupidité, à la limite, ça peut être petit et en surface. Telle une bêtise légère prononcée d’un ton badin et sans y accorder d’importance.
Un peu l’inverse de sa prose en fait.
Et puis je m’interroge aussi sur les les mots qui ont l’insigne privilège d’être en gras dans le texte de Zak. Je ne sais pas trop ce que je dois comprendre. Est-ce une volonté de l’auteur de souligner les mots importants de la langue française ?
Authenticité.
Important comme mot.
Est-ce que le dit Zak a conscience d’être lu, comme tout le monde, en diagonale ? Et que plutôt que de faire passer ses idées en allégeant le style il préfère les matraquer en les soulignant ? Attention mot important ! Ne le ratez surtout pas ! Ce mot servira plus tard dans le raisonnement !
Est-ce un indicateur d’un plan de post comme il existe des plans de cours ?
Le “strong” sert aussi pour les noms d’auteurs. Deleuze. Platon. Selon un procédé qui se révèle assez semblable aux petits tableaux des ingrédients qu’on retrouve dans tout produit manufacturé. Telle la lessive. Ingrédients : 60 % Deleuze, 30 % Platon, 10 % Marx. Plus quelques traces infinitésimales de je-ne-sais-qui-encore. Mais il faut les préciser pour les allergiques à la philosophie.
Qui ont fui depuis bien longtemps cependant.
Enfin, j’hésite à rapprocher tout cela de mes souvenirs de collégien. Lorsque ma voisine, une élève sérieuse et appliquée qui me servait d’agenda et de papeterie, soulignait certains mots de la leçon. Ou les stabilotaient. Oh. Ce doit être des mots cruciaux me disais-je alors. Et je soulignais moi aussi. Et je notais dans un coin de ma tête que cela pourrait servir pour le contrôle.
Peut-être fera-t-il une interrogation un jour.
Parvenu ici bien des lecteurs pourraient me dire que je ne comprends rien. C’est certain. Et on pourrait également m’assurer que l’ennui profond qui me saisit à sa lecture n’est que le reflet de ma forcément abyssale médiocrité. Pourquoi pas.
Mais qu’on ne prétende pas que son style d’écriture est induit par le genre. Non. Il a juste le syndrome de l’amateur éclairé. Qui, ici, parce qu’il se pique de philosophie, se doit d’exposer particulièrement ses mots savants comme un collectionneur ses plus belles pièces. Et faire le moins d’effort possible pour se montrer compréhensible au profane.
Élégant.

C’est vrai que c’est objectivement une des plus mauvaises plumes de la toile.
Ca en devient comique, comme vous le faites finalement remarquer ici.
Par ailleurs, ceci achève de rendre l’énergumène intéressant à étudier:
Il y a forcément un rapport entre la nullité du style et l’indigence du penseur, le caractère illisible des bouillies que l’on trouve sur ce blog et l’incapacité qui s’y déploie à “penser hors des cadres d’une époque révolue” et à “se rendre compte que l’univers ne se compose plus des objets dont on parle”, comme dit Lévi-Strauss.
Pour le dire simplement, ce qui se conçoit mal ne s’exprime pas clairement.
Moi, je suis certain qu’il y a une métaphysique du style, que ce n’est pas de la technique au service des idées, mais qu’il précède et qu’il appelle des idées claires.
C’est parce qu’un peintre sait peindre, qu’il a l’oeil du peintre, qu’il VOIT des choses splendides à montrer. Et l’ecriture est un art comme les autres, qui répond aux mêmes mécanismes que les autres.
Et puis il y a autres choses: les arguments et les références constantes sont des bouées auxquelles on s’accroche quand on ne sait pas nager.
Ahah! Très vrai. Très drôle.
Moi non plus je n’ai rien compris à cette “polémique” même si j’ai lu (et compris) la note du Stalker.
En fait, la philosophie contemporaine (pour ce qu’il en reste) n’est qu’un enculage de mouches zappeuses par des hippopotames parkingsonniens (et la littérature itou)
C’est un cercle de faux poètes disparus causant entre eux un langage incompris même d’eux-mêmes.
Ils confisquent ainsi aux moins crétins des autres, leur peu de sciences ou de talents en la fourrant dans des nébuleuses impossibles.
Un peu comme les théologiens d’antan dont les sermons abscons si loin du péquin moyen ont tué les dieux en chiant sur les fondations.
Tels les médecins de Molière ou les sociologues des années 60 (et suivantes !)
Cela étant, la blogosphère (comme on dit) n’est rien que du zapping et sur ce, je passe à autre chose…
“Qui, ici, parce qu’il se pique de philosophie, se doit d’exposer particulièrement ses mots savants comme un collectionneur ses plus belles pièces. Et faire le moins d’effort possible pour se montrer compréhensible au profane.”
Pour avoir lu (et commenté) son texte anti-conciliaire (”Les scandaleuses béatitudes…”), j’abonde dans votre sens. Car afin de garder un peu de crédibilité, sa diatribe se doit de demeurer dans ce brouillard métaphysique et cette forêt de références érudites qui n’impressionneront que les sous-diacres sédévacantistes qui cherchent constamment une raison de perdre la foi. Avant de se lancer dans ce genre d’interprétation théologique, on apprend : à lire un texte (notamment un texte du magistère) / à hierarchiser les sources en fonction de leur autorité / à comprendre ce qu’est la Tradition de l’Eglise / et peut-être plus fondamentalement à rester un peu humble…
@Nicolas O-F
Vous allez vous faire agonir d’insulte vous aussi, c’est la méthode du grand penseur.
Vous enseignez la philo, à ce que j’ai cru comprendre? Alors double ration d’insultes, histoire e faire passer le truc, j’en fais le pari.
çà y est c’est reparti pour une dose de masturbation intellectuelle !
vivement le printemps que vous vous trouviez des nanas, çà urge !
@XP : D’emblée j’avoue mes compétences limitées en philo (surtout en ontologie). Je maîtrise un peu mieux la théologie. Et les actuels self-made-men en théologie, tout brillants qu’ils peuvent être, donnent de dignes successeurs à Arius, Nestorius, etc. qui — reconnaissons-le — étaient loin d’être des médiocres, mais qui ont fini par prendre au sérieux les âneries qu’ils enseignaient.
Parce que faire de la théologie, comme de la philo, ça s’apprend avec des maîtres et pas seulement avec quelques bouquins néo-scolastiques triés sur le volet.
Quant aux insultes, ça m’amuse.
;-)
On s’en fout que ce soit une mauvaise plume. Nous le sommes tous surtout sur l’internet. Quand on en est une bonne, on écrit de vrais livres et on est publié par Minuit ou POL. Parfois par Gallimard quand ils ne se trompent pas. Si on a de la chance par José Corti.
Ce qui est ennuyeux c’est que ce qu’il dit est idiot, passéiste, réactionnaire au très mauvais sens du terme, et n’a en prime rien d’original : faire de la sous radical orthodoxy pompeuse et rafistolée avec des bouts de catholicisme français c’est simplement sans grand intérêt (déjà que la radical orthodoxy sortie de ses problématiques anglo-saxonnes et de l’histoire particulière du catholicisme en anglophonie, hein, ça n’a pas un sens très évident…)
@Framboise : vous n’avez pas tort. Une grande partie de nos tourments métaphysiques n’est rien comparé au plaisir d’une savante fellation. D’ailleurs….
Glooooria in excelis Deo…..
Ah, doubledieu, je décharge !
Evoquer Zak dans un billet, c’est la certitude de voir rappliquer quelques uns des chihuahuas les plus aventureux de la meute pour montrer leurs dents et accessoirement leur science aux infidèles que nous sommes.
Vous avez quelques biscuits pour eux ?
Blueberry,
Vous avez raison d’attaquer le dit phénomène sur son style. Il est illisible. Vous prenez pourtant un gros risque. Il va vous répondre en 10000 mots que vous devrez lire. C’est sa technique: le coup du boa. Il attire sa proie et l’étouffe lentement sous un déluge de mots abscons. En conclusion, c’est un tordu avec lequel le débat risque de ne pas être amusant. Bonsoir.
Hum, faut faire attention et être très prudent lorsqu’on s’amuse à citer les propos de ce genre de gusgus, car il pourrait voir clair l’animal Zak : “toutes ces réactions, parfois puériles, témoignent donc clairement de la tragique impasse dans laquelle se trouve enfermée une pensée indigente, totalement incapable d’affronter l’exigence ontologique, qui se contente de fonctionner en utilisant le slogan ou l’autocongratulation narcissique et le bavardage comme ultime recours face à sa tragique impuissance théorique…” Enfin, je dis ça en passant, mais la description zakienne n’est pas sans faire penser à certaines salons du woueb… que l’on ne nommera pas par souci de discrétion, évidemment.
Moria, certes,
mais Zak jargonne excessivement avec un style qui ferait passer les communiqués du plenum du comité central pour de la poésie. La phrase que vous citez aurait été plus claire en en supprimant de nombreux morceaux. Quelque chose comme ça:
Ces réactions, parfois puériles, témoignent d’une pensée indigente. Elles utilisent le slogan et l’autocongratulation comme ultime recours face à une tragique impuissance théorique.
La difficulté n’est d’ailleurs souvent pas de penser, mais de formuler de manière claire. A cet égard l’élagage des membres de phrase ronflant est une nécessité. Si la logique est respectée il est inutile de la scander à coups d’adverbe. Si le mot est bien choisi, l’adjectif n’apporte rien.
Et faire croire à la rigueur quand on emploie le pléonasme autocongratulation narcissique, c’est de la fumisterie.
“témoignent d’une pensée indigente”
De la part d’un garçon que personne n’a jamais surpris à articuler une seule pensée, c’est assez cocasse. Une question m’intrique: pourquoi ce genre de type s’acharne-til à écrire? Il y a d’autres choses qui doit lui correspondre mieux… Curieux….
A ce propos, comm très amusant trouvé sur ce blog:
“Pourquoi ne pas essayer, frères chrétiens, le dhikr soufi ?
“Ô vous qui croyez ! Invoquez souvent le nom de Dieu !
Louez le matin et soir.”
Coran (XXXIII ; 41-42)
“Invoque ton Seigneur quand tu oublies, et dis : « il se peut que mon Seigneur me dirige vers ce qui est plus proche que cela du chemin droit. »”
Coran (XVIII ; 24)
Ecrit par : ??????? ?????? ???? ?????? ? ? | samedi, 27 décembre 2008
@ Blueberry : Attention aux virus zakien mis en lumière par NAIF, ceci afin de respecter son mot d’ordre quasi jadnovien : “l’élagage des membres de phrase ronflant est une nécessité.”
Dès lors, lorsque vous écrivez en conclusion de votre billet :
- “on pourrait également m’assurer que l’ennui profond qui me saisit à sa lecture n’est que le reflet de ma forcément abyssale médiocrité” .
Pourrait se dire, et donc se traduire plus clairement en novlangue élaguée, par :
- “”on pourrait m’assurer que l’ennui qui me saisit à sa lecture n’est que le reflet de ma médiocrité”"
Dorénavant, et avant tout exercice d’écriture, gravez-vous ceci dans l’esprit : “l’élagage des membres de phrase ronflant est une nécessité.” :-)
@Moria
Ce garçon est un primaire; et comme tel,il est largement prévisible. Probable qu’on lise sous sa plume “son abyssale médiocrité que ce littérateur naturiste pitoyable et risible reconnait lui-même dans un éclair de lucidité rapide et fugace qui masque mal cependant le néant vide de sa pensée.
@ XP : Belle exécution à la manière du délirant polygraphe. L’animal saura goûter en esthète et en connaisseur, n’en doutons pas, l’hommage rendu à la grandeur de son talent littéraire. Sûr que celle-là, s’il ne la ressort pas en citation d’un de ses textes fleuves et atrocement indigestes dont il a le secret (pour moi ce type est un authentique sadomaso intégriste), il la mettra dans un cadre : “son abyssale médiocrité que ce littérateur naturiste pitoyable et risible reconnait lui-même dans un éclair de lucidité rapide et fugace qui masque mal cependant le néant vide de sa pensée.”
Ces lignes vous vaudront sûrement une gloire éternelle dans l’univers zakien.