Dernier métro
Le 14/12/08 à 20:27 par Il sorpasso
J’étais présent à l’anniversaire de Marc Cohen, qui fêtait dignement (dignement, en fait je ne sais pas trop, c’était la première fois que je le voyais) son demi-siècle. Quelques invités ayant déjà posé le décor, je ne reviendrai pas dessus. Enfin je dis présent, physiquement c’est possible, mentalement c’est une autre affaire, épuisé en arrivant à Paris, encore plus sur le lieu des festivités, arrivé si tôt qu’on y servait encore la soupe à l’oignon de l’after de la veille, j’ai d’ailleurs croisé le couple Goux (qui font plus jeune en vrai que sur les photos), encore moins parisien que moi. J’ai eu la mauvaise idée d’accepter d’office un verre de vin blanc, en compagnie de Blueberry (qui aurait pu être le plus mal habillé, s’il n’avait été concurrencé par une blonde qui elle ne devait pas avoir l’excuse de l’improvisation de la tenue par manque de temps) or le vin blanc me tape les tempes comme les tambours de l’apocalypse (évangile selon Saint Vincent). J’ai donc pris la douteuse initiative de noyer ce poison avec du champagne, priant pour une réaction chimique salvatrice. Malheureusement je commis la deuxième faute du débutant : négliger le solide. Que j’ai donc commencé à engloutir à partir de ma sixième coupe, ordonnancement ayant pour conséquence un fort coup de barre dès 22H, m’obligeant à m’affaler sur un tabouret de bar en enchainant les perrier-schweppes et les blagues de mauvais goût aux différentes serveuses. Entre-temps, et en vrac, à cause des flashs, comme on dit sobrement :
-ai fait à peu près quinze fois la bise à Marc Cohen, ce qui n’a pas arrangé mon mal de dos, il est bien ce concentré de gentillesse et de bonne humeur tant vanté, des labos pharmaceutiques devraient aller fouiller du côté de son adn et nous sortir du Marcolal ou Marcozac pour les taciturnes chroniques,
-ai applaudit Jean-Luc Lahaye, plus pour essayer de couvrir les insultes de Blueberry que par réel enthousiasme, afin d’éviter tout drame, (je doute que Blue veuille vivre vieux, j’ai cru reconnaître chez ce garçon un syndrome de James Dean anormalement développé),
-ai vu une montre avec la tête de Mussolini en ombre chinoise sur le cadran,
-ai discuté de Philippe Muray avec sa veuve, ce qui doit être très original pour elle, bien sûr mes questions était au ras des pâquerettes et représentent à peu près 0,1% de ce que je m’étais toujours dis que je lui demanderai si un jour je la croisais par hasard, sa patience n’avait d’égal que son charme,
- me suis fait bousculé à peu près deux fois par Didier Goux, qui venait refaire le plein de blanc avec des yeux d’assoiffé très, mais alors très décidé à aller jusqu’au bout de son action, m’en suis tenu à une vague remarque probablement très subtile, ce à quoi il a trouvé à répondre, dans sa grande magnanimité d’homme mûr « m’en fout c’est ma femme qui conduit »,
-ai discuté de Philippe Muray pendant à peu près 25 secondes avec Bruno Maillé, qui lui ne ressemble pas du tout à la photo de Causeur (surtout le pull) sa compagne avait un sourire radieux et rafraîchissant,
-ai discuté du prochain livre de Benoît Duteurtre avec Benoît Duteurtre, pour être bien certain d’avoir coché toutes les cases « penser à ennuyer X avec des questions sur l’activité de X »,
-ai regardé en toute impartialité les danseuses professionnelles de la fin de soirée tournicoter autour de leur barres respectives : la blonde avait les plus beaux seins, mais la brune avait des fesses du tonnerre, on en avait pour son argent (d’autant que je n’ai pas claqué un rond), le temps d’être sûr que je ne ratais plus rien, avant de sortir,
-ai fumé une dernière cigarette en regardant Blue héler des taxis pour les autres,
-ai fait d’autres choses que j’ai oubliées, volontairement ou pas
Bien que Bloub’ m’ait fait la remarque que cela manquait de prestance, je m’en suis tenu au dernier métro, parce que le samedi, il y a toujours des trucs à y voir. Je choisis donc judicieusement une rame avec des jeunes fumeurs de pétards avec les yeux rouges et des bonnets rayés, qui commentaient à haute voix une conversation il est vrai surprenante d’une espèce de jeune cadre placé plus loin qui tenait une véritable conférence sur le dopage, au téléphone, en hurlant. Tout cela n’a absolument aucun intérêt.
Au changement de ligne, je m’assoie sur un siège des quais en attendant. Il y a un peu de monde, ça discute, c’est plutôt calme. Arrive une jeune fille, absolument sublime. Brune, cheveux longs, petit blouson bleu et surtout, surtout, une paire de jambe à se damner, d’autant que sa minijupe était transparente. Je la regarde dans les yeux, qu’elle a rouges elle aussi, lui sourit, elle y répond par un sourire triste qui me surprend par sa franchise. Elle s’assied à deux sièges de moi, alors que presque tous ceux du quai sont inoccupés et que je dois avoir une tronche à faire peur, amplifié par les lumières chatoyantes des couloirs de métro qui savent vous faire un regard de tueur en série. J’imagine qu’elle venait de pleurer, histoire de cœur, ce genre de choses, je décide de ne pas l’ennuyer, d’autant que je ne suis alors plus très loquace. Elle se tourne vers moi, murmure quelque chose d’inaudible. Je lui demande pardon, me rapproche. Elle s’effondre en larmes, dans mes bras. Je suis un brin gêné. Des gens se retournent. J’essaye de la consoler, de la calmer, prends une voix grave et, je l’espère, rassurante. Elle me demande à quelle station je descends en posant sa main sur ma cuisse, tout en reniflant. Je comprends qu’elle a du subir quelques sévices. Cette main provoque évidemment chez moi un début d’érection. Le scénario le plus banalement stupide du gars-qui-rentre-seul-et-qui-se-fait-un-film-sur-l’espoir-mince-qu’il-lui-arrive-un-truc-dingue-incluant-des-scènes-de-sexe prend corps. Je m’efforce de faire retomber mon taux d’alcoolémie par la seule force de la volonté afin de prendre la meilleure option possible parmi les trois qui s’offrent à moi. La ramener chez moi la consoler. La ramener chez elle la consoler. La ramener chez elle sans absolument rien tenter. Je nommerais cette dernière option l’option prince charmant, par politesse. Le chevalier du samedi soir qui veille sur la ligne 10 et qui vient au secours des jeunes filles en fleurs et en pleurs sans rien oser de sexuel ou même de seulement équivoque, comme le voudrait la lamentable légende urbaine si elle existait. Je me souviens que je n’habite pas chez moi mais chez une amie russe qui n’est pas là car elle est chez son copain, que tout cela est bien confus pour provoquer le début d’assurance pourtant nécessaire à l’élection de l’option numéro un, d’autant qu’il faudra bien que j’explique la présence des sous-vêtements disposés aléatoirement dans tout l’appartement bordélique. Je commence à surchauffer mentalement parlant.
Je pris finalement la dernière option, non sans avoir imaginé, sur un trajet de deux stations, à peu près douze alternatives logistiques possibles afin de satisfaire au mieux mes bas instincts. Je lui ai demandé son âge (18 ans), bien je reste dans la légalité. Si elle rentre chez ses parents-qui-vont-prendre-soin-d’elle (oui), merde, improviser un revirement sur le trajet à pieds. S’assurer qu’elle a bien subi des sévices (oui, une bande de racailles l’a bien peloté, puis craché dessus suite à ses réprobations, le tout dans une rame de métro avec témoins, sans qu’aucuns ne daigne bouger, même ses deux amis alors présents) pour être certain de ne pas être en présence d’une apprentie mytho-nymphomane au style très travaillé. S’enquérir très subtilement de savoir si cela représente un traumatisme tel qu’elle ne pourrait vouloir d’un homme dans les 20 prochaines minutes de sa vie. Il est vrai que ce taux d’opportunisme peut provoquer un certain dégoût à la lecture, en vue des faits susmentionnés. Malheureusement, il a bien longtemps que je laisse grande ouverte la porte de mon petit inconscient et tout ce qu’il révèle de petites dégueulasseries. Je prenais donc acte de tout ce que me suggérait mon ça, mon surmoi ayant un sévère coup dans les rotules à cause de ce premier verre de blanc, tout en essayant mollement de redresser le tout par quelques pitoyables mais elle jeune elle est fragile elle est bouleversée comment peux-tu penser à ?etc, etc… Il eut été bien plus intéressant de savoir ce que suggérait le jeune ça de cette jeune fille. Cette question est malheureusement restée en suspend lors du trajet à pied final, vers chez ses parents donc, dans la nuit froide de la ville endormie, blablabla. Je regardai donc baisser la cadence du passage de balle entre ma morale et mes petites pulsions du samedi soir, arbitrant de moins en moins le match, au fur et à mesure de nos pas. Je lui offris mon bras et mon épaule qu’elle prit sans hésiter, lui réchauffai les mains avec les miennes, lui tins un discours-fleuve sur l’insécurité, la racaille et les minijupes transparentes, ponctué par ses petits rires et ses reniflements prononcés. Chaque être humain que nous croisions, quel que soit l’âge, le sexe ou la condition sociale, regardait avec insistance ses jambes. Oh mon Dieu ses Jambes. Elles resteront gravées dans les annales du chevalier errant de la ligne 10, croyez-moi. Un dernier coup d’œil en la voyant pénétrer le hall illuminé de son immeuble, tout sourires, petit nez rouge. Puis je me retirai dans la pénombre glacée, cape au vent, si l’on peut dire, mission accomplie, en grognant quelques bordel de putain de merde j’te’jure comme le veut la légende.
J’ai dû fumer le reste de mon paquet de cigarettes sur le trajet du retour pour calmer mon petit ça affamé et énervé, qui ne satisfait que très peu d’humour et encore moins de philosophie. Soit à peu près dix-huit cigarettes en quinze minutes. Je me dis que Dieu n’en avait décidément pas fini de titiller ma morale. Ou mon courage. Si bien que je restai finalement assez circonspect sur la conclusion à donner à cette soirée.
La prochaine fois, penser au taxi.

Hé hé, il y en a qui sont rentrés bredouilles hier ??! :-P
Quel bel homme, il sorpasso!
Je n’y étais pas, mais j’aurais aimé.
Superbe texte en tout cas !
Fuck, j’ai pas pu passer, j’aurais bien aimé voir à quoi ça ressemble, un mec d’Ilys.
Pourvu que Marc ne soit pas tombé saoul au point de les avoir oubliées, histoire qu’il me fasse une description demain.
Bloub s’est mal conduit ?
Il est temps qu’une guerre arrive, une grande guerre atroce où se jeter, sinon tout cela finira mal.
Le pauvre petit piou-piou effrayé… Je vois d’ici le profil des racailles en question. [...] C’est là qu’on mesure un petit peu toute la supériorité du jeune homme occidental.
Ach Paris, Paris!
Elle vous a même pas laissé son numéro ? Même pas pris le votre, pour vous remercier le lendemain ? Quelle salope ! Qu’elle ne s’étonne pas ensuite, que personne ne se dévoue pour affronter une bande de racailles. Juste pour avoir l’honneur de la ramener à la maison paternelle.
On remarquera que votre inconduite fait beaucoup de mal à la condition masculine. ^^
Ah, l’ignoble petite radasse ! Comme le fait sobrement remarquer VV, il est absolument fécal que cette jeune personne toute en jambes et en crachats berbères ne vous ait pas laissé son bigophone.
J’aurais été vous, j’aurais fini le travail dans le tri sélectif. Ça aurait peut-être réveillé ses parents.
Le pire serait que la jeune personne, une fois rentrée chez elle, se soit dit “quel dommage, encore un Pd…”
@ Restif : Pour une fois je suis d’accords avec vous : Ilys n’est qu’un nid de pédés (^^)
P’tain et son numéro de phone !!! Le looser intégral, bon tu sais au moins ou elle loge mais dans son état cette nuit là.. C’était du gâteau !
@Sibersator -vous ne saviez pas ? Le mariage de Bègles, c’était Blueberry et Xp.
> “bon tu sais au moins ou elle loge”
Même pas sûr… Si on juge qu’il faisait noir, que l’ami Il Sorpasso était éméché, et qu’il n’est pas parisien.
@ Restif : oui je le savais, mais je sais fermer ma gueule quand il le faut !
@ Restif : C’est même Denis L qui a été leur témoin (putain, je vais me faire engueuler là !)
(putain,et moi qui me croyais au parfum)
Je comprends mieux l’étrange relation Denis-Laurent. Ah elle est belle, la droite!
Que des pédés je vous dis !
@ Restif, Sibersator : Puisque de toute évidence vous y étiez, merci 1° de nous dire à quel titre (ami ou témoin du marié, ou bien ami ou témoin du marié ?) 2° de nous dire qui est qui sur la photo :
http://www.rfi.fr/actufr/images/054/france_mariage_homo.jpg
* * *
” Quelle salope ! ” (…) “l’ignoble petite radasse” (…) “encore un Pd” (…) “un nid de pédés” (…) “P’tain et son numéro de phone !!” (…) “putain, je vais me faire engueuler(*)” (…) “putain,et moi qui” (…) “Que des pédés” …
… Ilys, blogue d’élite. Et en cours de transformation en blogue littéraire.
(*) Meuh, non, pas mon genre.
Ah non Denis, le cher sibersator m’a appris que vous étiez témoins. Moi j’ai juste cafté Blueberry et Xp. Lisez mieux svp. (Vous n’aimez pas le style Guillaume Dustand? Pas chébran Denis, vous me peinez. Snif (”oh la gonzesse,elle chiale!”)
@ Denis mon amour, mon chéri : C’est pourtant toi qui a pris toutes les photos avec l’appareil que je t’avais offert pour tes 25 ans ! (Te souviens-tu seulement ?) Tu étais beau et tendre à l’époque !
Ah cruel !
@ Restif : Ces jeunes, que des putes et des pédés !
Restif
Sunday 14 December 2008 at 23:05
Le pire serait que la jeune personne, une fois rentrée chez elle, se soit dit “quel dommage, encore un Pd…”
———
Je me suis bien marré, qu’Il Soprasso me pardonne ce manque d’empathie inexcusable…
@ Laurent : A mon avis, Sibersator est en manque, vous pouvez tenter un coup, là. Autant que ça ne sorte pas de la famille, hein.
* * *
“On demande Restif sur le fil “Dernier métro” pour un renvoi d’ascenseur… Ce message est urgent… Je répète… “
Non, non je ne manque plus de rien et je ne regrette rien non plus : Je ne suis pas comme toi, mon Denis (bisou)
Je reformule et je complète : “On demande, sur le fil “Dernier Métro”, Restif pour un grattage et Laurent pour un tirage… Ce double message est urgent… Je répète…”
Arf, alors questions d’usage : âge, mensurations (toutes…) :-))
Sinon, je me félicite, que, sous mon influence, ILYS soit devenu “un nid de pédés” :-)
Ah pour IS: “je me suis fait bousculer” et non “bousculé”, erreur commune, qui n’a donc pas sa place sur ILYS…
Une fille qui pleure c’est terriblement émouvant. Enfin. Quand elle est jolie. Un truc à vous faire monter les larmes aux yeux. Pas seulement par empathie. Mais par reconnaissance aussi.
Quel plus beau rôle que celui de chevalier servant d’une jeune et charmante demoiselle en détresse ? Et cette petite l’a offert à Il Sorpasso.
Coucher avec elle aurait fait perdre bien du charme à l’histoire.
Et vous le savez. Et vous êtes jaloux. Tous. C’est pour ça que vous oubliez cette essentielle question esthétique pour vous moquer d’Il Sorpasso. Il a fait quelque chose de joli (quant aux pensées qui ont pu être les siennes, il a l’honnêteté de les dévoiler, mais ce n’est pas là l’important) et vous lui en voulez pour ça.
Ah ! Je préviens tout de suite. Je n’accepterais pas la contradiction.
@ Blueberry : Vous avez totalement raison. En prime c’est beau comme du Millie.
Je tiens à préciser (pour ceux qui ont la comprenette longue et difficile) que mes commentaires précédents - sauf le premier - ne sont que pure rigolade.
Autant l’écrire que le répéter.
@ Blueberry : Je vous contredis, mais à tout hazard.
@ Sorpasso : Consolez-vous, votre aspirant correcteur, bien que grassement appointé par l’Etat, manque de la crédibilité nécessaire pour donner des leçons de français :
http://ilikeyourstyle.net/2008/12/13/populophobie/#comment-54308
Barbarisme : “Je voue une haine viscérale contre cette soupe.”
Pataquès : “avec ce que je rajoute pour faire entendre brailler tel ou tel…”
Difficultés récurrentes avec le pluriel : “Vu tes gros bémol” (…) “je n’en veux pas au gens”
(ceci n’était naturellement qu’une sélection, au sein d’un commentaire du kiwi, de taille moyenne)
@ Sibersator : Alors c’est maintenant seulement que vous le dites ? Moi qui viens de réveiller mon avocat à votre sujet :-(
Mais Denis mon chou : C’est moi ton avocat !
Ah cruel !
Oh moi je suis comme IS: une femme qui chiale ça le fout aussitôt la trique. Sans doute par quelque biais purement esthétique…
@Denis: Comme d’autres illustres je n’apporte aucun soin à mes commentaires, que je ne prétends pas être autre chose au fond que la fiente de mon esprit… Dommage que cela vous ait échappé noble ilot de guano!
Il Sorpasso néanmoins aura bien compris que lui signaler son erreur est plus une marque de respect que de mépris. Il n’y a que Denis pour ne rien comprendre. S’il pouvait le faire silencieusement!!!
Oh. Je me rends compte que j’ai oublié d’ajouter le sarcasme à la contradiction dans la liste des choses interdites. Sinon, vous auriez pu vous contenter de me contredire Sibersator. Mais non. Vous avez fait bien pire. Vous avez commis ce que, pour des raisons esthétiques toujours, nous redoutons le plus ici. Le commentaire qui explique comment les commentaires précédents doivent être lus pour être compris dans l’intention originale de l’auteur.
Nous avons tué pour moins que ça ici.
@ Blueberry : Vous avez totalement raison. Dès cet instant, Sibersator n’est plus mon avocat.
Ah, cruel !
:-p
“Et vous le savez. Et vous êtes jaloux. Tous.”
Euh… non.
Hé ho ! Et ma facture de Novembre ?
@ Blueb : La bague en or que Denis porte au troisième orteil (gauche) est un de mes (nombreux) cadeaux. Sachez-le, au cas où !
Ah cruel !
Une facture ? Quelle facture ? ^^
Ah cruel !
Je précise aux lecteurs (déjà) endormi de Ilys que l’aria ‘Ah Crudel” est un des plus beaux morceaux de musique composé par Georg Friedrich Haendel dans son opéra “Julio Caesar”
Se référer aux catalogues idoines pour plus de précisions.
Désolé d’avoir été si chiant.
@ Denis : Finalement, après vérification, tu m’as bien payé cette facture de Novembre. Autant pour moi.
On a du se parler au bar, mais je ne me rappelle plus de quoi……
Une reformulation s’impose dans un soucis de réalisme :
Quel plus beau rôle que celui de chevalier servant d’une jeune et charmante demoiselle en détresse ? Et cette petite l’a offert à Il Sorpasso, qui a marché dans le froid glacial de l’hiver pour la raccompagner à sa porte, sans recevoir même un “bisou-bisou”. Avant de rentrer se branler.
C’est typiquement le genre de comportement irresponsable qui fait le malheur de ces Anglais, Canadiens, qui attendent des Françaises qu’elles se donnent facilement. Et plus encore le malheur des Français eux-mêmes, sans qu’ils le sachent.
Tang > “Oh moi je suis comme IS: une femme qui chiale ça le fout aussitôt la trique. ”
Et le Rimmel qui coule, alors… Une femme est tellement plus belle après avoir été battue. ^^
“Une femme est tellement plus belle après avoir été battue. ^^”…
… Dommage pour les kiwis que ça ne marche pas aussi pour eux. Le traitement denis l. en ferait des flamants roses.
@ Sibersator : Ce n’est peut-être pas la même aria mais c’est le même opéra, avec en exclusivité Laurent surpris dans son boudoir de musique (on admirera la décoration, juste un peu kitsch et néanmoins discrète, en arrière-plan) :
http://www.youtube.com/watch?v=210UR2×8_uU
(effectivement, il n’a pas tout à fait l’âge qu’il sous-entendait avoir, mais c’est ça la mentalité “petites annonces”)
(moi en tout cas j’aime les petits détails révélateurs genre la capuche - pardon, le hood - pour mieux “connecter” avec les djeuns)
Je crois être vraiment tombé sur une mine. Laurent a en effet posté sur YouTube des dizaines de vidéos…
http://www.youtube.com/profile?user=twalker742&view=videos
…dans lesquelles il se donne en spectacle, bien entendu, mais à travers lesquelles il fait passer des messages d’ordre divers, tous plus ou moins en relation avec sa sexualité, notamment (on me pardonnera certaines approximations, je ne parle pas la langue de Materazzi, je n’ai que quelques souvenirs de latin collégien) :
“Vergin tutto amor” (”j’aime tout faire avec les débutants”)
“E’ gelosia” (”voici du lubrifiant”)
“Caldo sangue” (un hymne au chauffage du sang avant transfusion, enregistré pour le Sidaction)
“Il mio bel foco” (”Mon bel enXXXeur”)
“Ahi, Troppo e duro” (traduction inutile je pense - probablement une chanson de jeunesse)
Vous avez oublié ma dernière contribution intitulée “Va fan culo”, que je vous ai dédiée, Denis. Un oubli sans doute :-)
On m’accordera que je n’invente rien. Mes souvenirs de latin remontant à la surface, je tente quelques traductions de plus :
“Quanto e bello il mio diletto” (”Quand mon mignon me dilate”)
“Col mio sangue comprarei” (”Je fais le test HIV”, enregistré pour SolEnSi)
“Incostante Mustafa?” (”Mon petit Beur m’est-il fidèle” ?)
“Lasciatemi morire” (”Ras-le-bol des trithérapies”, refusé par le Sidaction)
“Che fiero costume” (”Tu l’as acheté sur Christopher Street, ton string de cuir ?”)
Je vote bien sur la motion du Chef Bloub. En plus, il est bien evident que s’il n’y avait pas eu scratchage, le papier eut été moins bon. Les pires vestes (au sens large) font les meilleurs souvenirs amoureux. Sinon, j’aimais beaucoup Dustan. Il écrivait comme un cochon, mais il était drôle, gentil, et sans pitié avec les pédés propres sur eux les ” gays boutinisés”, comme dit Basile. Il avait une vraie grosse paire de bullocks, il me manque.
Joyeux annif au héros de la bataille du Père-Lachaise… même si je n’étais pas invité^^
Un tel acharnement, à mon encontre, à coup de mots salaces, à une telle heure… si ça n’est pas de la jalousie et le reflet d’une certaine frustration accentuée par une soirée en solitaire, cher Denis, alors je ne m’y connais pas ! :)
@ Laurent : Moi, je riais… Pas vous ? Il faudra demander à des tiers de nous départager. Et cessez de faire votre kiwi ou votre Millie, merci.
@ Laurent : Je travaille… J’ai ce qu’il convient d’appeler, chez les travailleurs indépendants, “une charette”, et elle est pour ce lundi matin. Quand je commente sur les blogues, c’est que je suis devant mon ordi, et quand je suis devant mon ordi, c’est que je bosse.
Je compatis, moi je ne travaille pas demain :-)
@ Laurent : On le savait, que vous étiez enseignant intérimaire :-)
Sur ce…
-Séquence emociòn-
“Et cette petite l’a offert à Il Sorpasso, qui a marché dans le froid glacial de l’hiver pour la raccompagner à sa porte, sans recevoir même un “bisou-bisou”. Avant de rentrer se branler.”
http://frimousse67.f.r.pic.centerblog.net/yklwoat5.jpg
“Et le Rimmel qui coule, alors… Une femme est tellement plus belle après avoir été battue”
http://www.youtube.com/watch?v=snl-J9qjm2k
Il était une fois un vilain petit canard…
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=136094.html
Il fallait quand même être bien déchiré pour trouver que je fais plus jeune en vrai !
(Mais merci : c’est toujours bon à prendre…)
@ Il Sorpasso: bonne attitude. Vous avez sauvé l’honneur de la gent masculine aux yeux de cette damoiselle en 1) évitant qu’elle fasse un parallèle entre les racailles allogènes et les mâles de son propre substrat génétique 2) montré que le eux et le nous cela veut encore dire quelque chose.
@ Denis (#50, 52): j’ai beaucoup ri, vi ringrazie.
Vertumne vous avez tellement raison. Elle va se trouver un métis, pour conjuguer le côté mâle dominant de l’allogène, et le côté bonnes manières (Nadine de Rothschild) de l’indigène. :D
@ VV: “-Mais non maman, Kevin n’est pas noir, il est métis. Oui comme Barack Obama, tu vois ? Depuis que je l’ai rencontré à ce concert de hip hop anti-fachos, je l’aime et je veux l’épouser. Il est galant tu sais, comme ce bel inconnu qui m’avait raccompagné chez moi. “
@ Vertumne : “Service!” J’étais assez en forme, étant sous pression par ailleurs (cf # 57). Hélas le public n’était pas très nombreux à cette heure-là… Sinon, vous pensez que l’Istituto Dante Alighieri va me faire un procès ?
Je suis assez impressionné par l’attente virile que je suscite chez certains de mes lecteurs mâles. J’ose y voir un peu de jalousie passablement hystérique. C’est bien normal. Qu’ils ne désespèrent pas : s’il leur arrive de vilaines histoires dans le métropolitain, un jour, peut-être serais-je également là pour les réconforter et les raccompagner chez eux tout en sachant préserver leur vertu. Mais je ne peux pas être partout.
Dustan crématisait sévère l’atmosphère à hurler contre “l’ordre hétéro-nazi” et croyait au “progrès”, le joli progrès de se dilater les neurones en se faisant pulser la cervelle à grands renforts d’extasy et autres crassoulleries (ce qui lui a joué un bien triste tour). Et puis sa syntaxe…Ces changements de police fatiguante, cette “oralité”de Trifouillis-sur Marais, franchement… Non mais lisez- cette prose désséchée, inerte, flasque : “Tonight It’s party time. (…). J’ai dansé comme je ne l’avais pas fait depuis longtemps. Comme jamais, en fait. Moins répétitif. Plus libre. Plus chorégraphique. J’ai pas mal sauté en l’air, à la fin de la nuit j’ai même tourné sur moi-même dix fois de suite. Super DJ. Le meilleur set que j’ai jamais entendu, je crois, le plus happy et deep house, vraiment géant. À un moment particulièrement top, j’ai cherché son regard, il devait être deux trois heures, ça fermait à quatre. J’ai levé le pouce. Il a fait pareil. Pendant que je dansais, un grand mec s’est penché sur moi et il a dit I like you. I pray God for you to stay alive. Ça m’a un peu déconcentré mais j’ai quand même dit Thank you”
Une langue clapoteuse, tristouille,d’une incommensurable laideur.
J’épargne aux âmes sensibles les paradis partouzards de notre moustache brenneuse, c’est moche, redondant et fatiguant .
Maintenant, le personnage était pour le moins coloré (et ce n’est pas une allusion à ses tendances Samuel Kramer “cheveux vert et idées courtes”comme disait l’autre) et mettait une certaine animation-ne serait-ce qu’en faisant enrager Act-up. (Au moins ainsi n’est-il pas totalement oublié. La critique vaut mieux que le néant…)
@ Restif : Marc Cohen, qui nous dit l’avoir connu de plus près que nous (pas de trop près quand même, on l’espère) affirme que Dustan était sympa. Une source fort différente m’avait dit cela en son temps. Et l’impression conservée de certaines émissions de radio allait dans ce sens. Sinon, tout le monde est d’accord pour dire que son écriture était à gerber, je pense. Pour en revenir aux qualités, Dustan aimait Renaud Camus, il est donc établi qu’il ne pouvait être complètement mauvais.
P.S. : Moi qui m’étais mis en tête que vous pratiquiez l’Italien, et que j’allais avoir droit à des commentaires éclairés sur quelques modestes tentatives de traduction aux ## 50 & 52, eh bien c’est raté.
P.S. (bis) : Si j’ai bien compris, Dustan s’est rendu célèbre notamment pour ne pas avoir utilisé de bouclier de brenneux ;-)
@ DenisL : personnellement, j’ai trouvé votre libre traduction très inspirée. Ai beaucoup ri (“E’ gelosia” (”voici du lubrifiant”).
E cosa ne dice, il Sior’ Lorenzo ?
egli dice egli non fa uso di un lubrificante, semper secco !
(traduction libre, là aussi)
Denis…C’est navrant votre jeu de mots. L’art du punt c’est quandmême autre chose non? Pour l’italien vous vous trompez. Oh, j’arrive à le lire (avec un bon dico pas trop loin) mais ce serait de l’arnaque que de me dire bilingue. J’ai lu Dante oui,mais avec une trad à portée de mains. Enfin ça se laire lire le Svevo, mais bilingue, bis repetita, non.
Sinon vous avez assez été félicité comme ça. Oui, c’était très drôle, et comme “Belle infidèle”, ça se pose un peu là.
Pour Dustan je n’ai parlé que de sa littérature. Le témoignage de M. Levy n’en est nullement remis en cause. Je tiens même qu’avec son éloge du backbonage Dustan était un emmerdeur modèle dans la mare homo. (Et encore une fois vous préférez le néant intégral pour ce pauvre mort? M’est avis qu’il aurait préféré qu’on cause un peu de lui, même en négativisant du léxème).
Ps Ce qui est génial dans les fils, c’est la manière dont une remarque anodine (mon méchant trait de mauvais esprit à propos de la demoiselle esseulée) fait basculer toute la direction de la causerie…
@ Restif : Backbone ? Pourquoi pas fishbone ? A la rigueur wishbone pour le côté “à voile”. Pas sûr que l’intéressé ait eu une telle colonne vertébrale d’ailleurs… Non, sauf votre respect c’était du “bareback”, l’intérêt de l’expression étant notamment qu’elle fait sens aussi bien prononcée à l’anglaise qu’à la française : en dernière analyse, c’est une affaire de viande… Ceci dit vous avez raison : l’essentiel est qu’on parle de lui, et la polémique est à cet égard plus efficace que le consensus mou.
@Denis -What a shame! Vous avez raison bien sûr, c’est du “bareback” que j’entretenais l’haletante audience (en l’occurence :vous).
Ben oui, la polémique est plus dans la note du personnage. Je me souviens de lui un soir expliquant par le menu à un grossium des boite gay ( homme parait-il connu…) et militant d’Act up : “maisvous êtes un con Untel, tout lemonde le sait à Paris. Un stupide sans culture”, bref, une langue qu’on a peu l’habitude d’entendre sur nos ondes hypocritement policées. Il m’aurait sans doute traité d’hétéro coincé privé du bonheur ineffable du massage de prostate, et d’amateur de littérature morte, incapable se saisir le beat de l’autofiction. Il m’aurait vanté Durras que je trouve tout bonnement immonde, bref (et pour peu qu’il ait eu la moindre envie de me parler) on se serait bien amusé! R.I.P
@ Restif : Ravi que vous détestiez la Duras, qui est indéfendable, n’en déplaise à certains esthètes autoproclamés. Et ce ne sont ni son mitterrandisme, ni sa laideur, ni son résistancialisme, ni son exaltation des infanticides ruraux, ni son gauchisme, ni son accablante cinématographie, qui m’influencent ici - et vous non plus j’en suis certain. C’est que ça n’a aucun intérêt.
Concernant le massage de prostate, d’excellents toubibs de ma connaissance prétendent que la prostate “massée” jusqu’au plaisir via coït anal, relève du (sodo)mythe. A usage prosélyte en prime…
Vous êtes démasqués les nazis-extreme-droite-raciste.
Par un retraité de l’éducation nationale en plus, tout un symbole.
http://www.causeur.fr/il-ne-faut-pas-desesperer-montfermeil,1495
@Denis (excusez-moi mais un méchant lutin m’avait fait manquer votre nom sur la colonne où apparaissent le suivi des fils. Il est une autre colonne de gloire où certainement votre nom s’inscrira un jour : A ilys. (Ca fera plaisir à monsieur 3piglet que je n’ai pas l’honneur de connaître, contre lequel je n’ai, ma foi, rien, pas une dent pas un ongle, mais qui ne semble guère aimer les malheureux qui aiment se délasser l’âme en postant sur Ilys. Est-ce si mal monsieur threepiglet? Vraiment? FIN)
Tout ça pour dire que sur Duras, vous aurez peut-être lu dans mes coms d’Emprunte-le-fil combien je trouvais cette truie dénuée de la moindre ombre de commencement de début de talent. Je reste eberlué de voir que certains esprits qui semblent présenter quelque envergure l’aapprécient. Comprend pas. Elle incarne à mes yeux la plus totale, la plus complète nullité -ce n’est pas écrit, c’est bavé sur la page au petit bonheur la morve, c’est une encre-perte blanche, un rythme de gangrène, un style lèpre défiguré de partout et perdant des bouts de syntaxe à chaque étalage de ces conversations qui fondent l’esthétique de toute l’”oeuvre” -même quand elle décrit Mm Duras semble parler du temps avec la concierge.
C’est pour moi la plus grande énigme de la littérature contemporaine, et je ne plaisante pas (hélas). Voilà, voilà.
@ Restif : Lisez d’abord Écrire ou Outside. Après on comprend mieux. Au reste c’est inégal. Le ravissement de Lol V. Stein est un petit roman immense et vertigineux , que je mettrais presque sur le même plan que le René Leys de Ségalen (qui est une de mes références les plus constantes). L’Amant par exemple bof. Dix-heures et demi du soir en été : bof bof. Il y a aussi dans ce qu’elle a pu écrire sur l’affaire Grégory, une hystérie et un délire (au moins en partie) assumé qui se révèlent intéressants.
Tant pis si ça parait horriblement prétentieux (de toute façon hein…) mais je crois qu’on ne peut vraiment lire Duras avec profit et intérêt que quand on s’intéresse à une question qui est chez elle essentielle, et dont l’Amant n’est que la face émergée et grand public, un peu putassière : la question du désir féminin. On pourrait dire qu’elle ne parle que de ça.
Amusant Nicolas: je ne vois pas quel intérêt pourrait avoir une écriture de femme qui ne tournerait pas autour du désir féminin. Cela dit, je ne connais vraiment rien de Duras. (lu un barrage pour la fac autant dire que ne rien faire eut autant valu)
@ Nicolas : j’ai essayé Lol V. Stein, j’ai si vite calé que je ne crois pas avoir dépassé la page 10. Bon, cela étant dit, il faut toujours finir n’est-ce pas (hum) je réessayerai donc consciencieusement, de bout en bout. Qui sait? j’aime beaucoup Segalen…Jean Lorrain aussi (pourquoi lui? je ne sais, il passe par là, son Livre des masques me cligne de l’oeil. ) Mais je ne m’attend pas à une révolution-révélation. Jamais je n’avais réalisé A QUEL POINT la littérature est subjectivité. J’aime la beauté d’un style, le pas vif d’un Constant, l’ironie souple et dansante d’un Courrier ou les litanie rythmiques du vicomte ponctuées d’allitérations comme des jets de foudre lyriques - son “Mm de Montabazon s’en était allée à l’infidélité éternelle”. Le plus grand est pour moi Saint Simon, sa lecture m’est un pur plaisir, c’est péché de gourmandise, le délice de chaque phrase glisse comme une douceur ou un épanouissement. Rien de ça dans Duras à mes yeux. Je crains qu’il n’y ait que vide pour moi là dedans. Mais j’y reviendrais au moins encore une fois. C’est bien parce que vous parlez de Joyce avec tant de flamme!
Pffff à minuit 26, Tang ? bon, allons-y quand même, vite : les femmes n’ont pas de bite, pas d’érection, leur désir n’est jamais évident, palpable. Donc elles n’ont pas non plus à faire le pas où la narration s’établit radicalement au-delà de la réalité physiologique, transmutation, négation, sublimation, transposition, ce que vous voudrez.
Au contraire elles sont d’emblée dans la narration. La seule manière dont elles puissent se représenter leur désir, c’est en se le racontant. Si bien que précisément le pas entre le corps et la narration leur manque, elles n’ont pas à le faire. Et donc elles parlent de leur désir de manière moins détournée, plus évidente (je ne crois pas qu’elles en parlent plus ou moins, tout le monde hommes compris ne parle que de ça). Ce qui fonde votre remarque. Mais a contrario et sans qu’il y ait cependant contradiction, le manque de cette tension entre la réalité du corps et la narration fait qu’elles n’ont souvent pas à trop masquer ce dont elles parlent, n’ayant pas à le transposer autant : Sand, Woolf, Jelinek… c’est assez évident. Chez Duras ça l’est moins. L’amant, bon, on comprend, mais c’est de la putassrie grand public comme je le disais. D’ailleurs ça a eu un prix et son adaptation. D’autres romans ou écrits de Duras, c’est moins évident. C’est que Duras, elle, fait en un sens ce chemin que les hommes ont à faire, mais elle le fait paradoxalement à l’envers, ou du moins cherche à le faire. Elles cherche à rétrograder vers cette sensation évidente, vers cette vérité physiologique qu’il n’y a pas (d’où je crois la figure très ambigüe chez elle de la torture). Dans le cas du Ravissement c’est encore compliqué par le fait que ce chemin impossible est reconstitué par un homme.
Voilà. La littérature universelle en dix minutes (onze : minuit 37) expliquée par le biais de Marguerite Duras :oD
@ Restif : Je vous laisse ferrailler avec Nicolas* au sujet de la Duras, cela est au-dessus de mes forces.
Quelques mots sur le Tripiglé.
Il a été humilié en ces lieux dans le passé (par moi et par d’autres, mais moi en prime je n’hésite pas à l’attaquer sur ses origines ** ; c’est un antilibéral obsessionnel… et désargumenté comme d’autres sont désargentés), ce pourquoi il nourrit une rancoeur cuisante contre ce lieu. Il a été censuré ici à plusieurs reprises. Je pense qu’il y a, dans ses rares passages parmi nous***, un petit côté clébard venant lâcher sa goutte.
J’observe au passage, et pour votre édification, qu’il y a chez le Tripiglé, tout de même, une certaine cohérence : il vomit sur Ilys hors d’Ilys, notamment chez Desouche - “chez Ilys les tarlouzes, les valets de l’Amérique, etc” - et vient rarement en ces lieux. Votre ami le kiwi fiente lui aussi sur Ilys en son blogue - dans la mesure de la capacité de son cloaque - mais vient ici tous les jours, hélas.
* Il est fort possible que Nicolas ait raison, surtout dans une optique tératologique, au sujet de la “source” de l’”inspiration” durassienne. Il n’en demeure pas moins que la nullité littéraire de l’intéressée, est vertigineuse. Je confesse ne pas avoir lu “le ravissement de Lol V. Stein” (ah! ses titres consternants), et je ne le ferai pas : le reste m’a déjà fait fait suer. La vie est trop courte, et tant pis si je meurs plus con que Nicolas.
** Mon respect fondamental pour le Peuple élu ne s’étendant pas 1° aux déserteurs de l’Alyah, qui se doublent de contempteurs obsessionnels de l’Amérique (sans laquelle ils ne seraient que cendres pour colons germains dans l’ex-Pologne) 2° aux Juifs autoproclamés et néanmoins identitairement névrosés, qui font cause commune avec les pires Ryssenolâtres contre des pro-sionistes comme votre serviteur.
*** Ses passages ailleurs - sauf sur Fdesouche, où il contribue à abrutir les Goyim d’anticapitalisme pas cher - sont parfois intéressants, et sur des forums de grands médias, voire sur Causeur, il lui arrive de mettre en difficulté des Gauchos et autres Bobos, par ailleurs pas spécialement demeurés. Il est rassurant de constater que parallèlement, le Tripiglé ne fait pas le poids devant un bon Ilysien. La hiérarchie est donc respectée.
@ Restif : je suis, pour ma part, à peu près complètement insensible à la beauté d’un style, c’est peut-être pour ça. Sauf en poésie. Et encore, pas tous le spoètes (une mention quand même pour l’incroyable beauté formelle, sonore, de T.S. Eliot quand c’est lu par quelqu’un qui sait vraiment lire de l’anglais). En fait ce qui m’intéresse c’est comment ça marche, avec ce qu’on y a mis et ce qu’on y a pas mis, là où le texte devient autonome.
“leur désir n’est jamais évident, palpable. Donc” …
… Ben, si on est très distrait et qu’elle sont très habillées, d’accord avec la première phrase, sinon pas d’accord du tout. Mais c’est surtout le “donc” que je récuse.
On est sur des planètes différentes, là, et je refuse absolument de mettre les pieds sur celle de Nicolas. Lequel ne s’en portera d’ailleurs pas plus mal.
Sur ce… (bis, ou ter)
Denis, vous m’emmerdez avec votre finasserie sans fin.
Une femme ça mouille, oui, ok. Ca a même les seins qui pointent, les joues qui rougissent, le réflexe plantaire pendant l’orgasme et ce que vous voudrez.
Reste qu’une femme excitée, elle a quoi ? une géographie de points et d’impressions du côté du ventre, où en prime elle ne voit rien.
Donc. Et je défends absolument le caractère impeccablement logique de mon donc, la relation qu’elle met entre cela et la narration qu’elle peut en faire ne peut pas être la même que celle d’un homme.
@ Nicolas : Je récuse faire preuve d’une “finasserie sans fin”, et rappelle que c’est “surtout” le “donc” que je contestais.
Il est possible que ce que vous dites soit vrai. Il est possible que le fait d’être né sous telle conjonction astrale ait un impact sur le destin. Dans aucun des deux cas je ne puis prouver le contraire. Il se trouve que je suis, dans les deux cas, totalement sceptique.
Surtout lorsqu’existent tant de différences hormonales, et qu’on connait l’impact des hormones sur l’activité cérébrale (entre autres). L’anatomie pèse peu, tout de même, me semble-t-il, par rapport à ça ? Et il n’y a pas que les hormones.
Je vous assure, Nicolas, que lue de l’extérieur, comme ça, rapidement, votre thèse a un petit côté psychanalytique.
Pardon : “je nie faire preuve”, “je conteste faire preuve”, au choix, mais pas de “récuse” avec cette tournure de phrase :-(
@ Nicolas : Tout est là. Le style est presque tout pour moi. J’aime Amiel pour son style, la première chose que je regarde chez un auteur,c’est son style etc (d’ailleurs je me gourrais vaguement de quelque chose, raison pour laquelle j’ai tant insisté sur ce point). Il n’y a donc point tant subjectivité qu’une autre approche de la littérature, un autre rapport à l’écrit. C’est bien, c’est plus clair ainsi et en plus,c’est peut-être un territoire intéressant à fouiller, où fouiner (mais j’avoue que je laisserai ça à un autre scholiaste, la théorie de la réception n’étant pas mon point fort. D’ailleurs la théorie en générale…)
Ps je reprendrai quand même mon Duras, je lirai objectivement en essayant d’oublier que je n’y crois guère. c’est curieux : j’ai bien aimé Locus Solus mais Les nouvelles impressions d’Afrique m’emmerdent prodigieusement. J’en suis venu à préférer les Journaux, les correspondances et autre Mémoires à presque tout dès lors que c’est écrit. Je lis et relis quand même du roman!
@nicolas: euh là j’allais dormir après avoir trissoté un mail… je vous relirai demain à tête un peu moins brumeuse… Mais merci, à 1h et quelques… Et pour faire écho en ego ravi: de mon côté me parlent surtout les images… Encore que - je le fiche bien de remontées d’acide que cela occasionnera à Denis - le verbe “parler” est ici bien faible…
@Denis l. Mon opinion sur Ilys est un tout petit peu plus compliquée (je n’ose dire complexe vous allez hurler) que ce que vous dites. Et en effet je ne demande pas mieux qu’à être jugé hautement contradictoire. tout cela ne peut que vous échapper, je le conçois aisément… Sur Ilys on sait bien ce que je pense d’Ilys, j’ai pu l’exprimer par le passé sur mon blog minable. Je me suis frité avec Nicolas un nombre incalculable de fois, sans pour autant que je n’aie honte à reconnaître le talent de tel ou tel billet. Simplement quand il raisonne je le suis moins volontiers - et c’ets pour cela que je ne vous suis jamais, que vous m’ennuyez définitivement paltoquet raisonneur que vous êtes. Mais d’autres fois, quand il lâche l’os pour capturer ses effluves oubliée de sa truffe humide ou joueuse, là je le suis bien volontiers…
Allez bonne nuit triste sire, avec votre cour de greluches dépeuplées et de petit-bras. :)
Ps C’est le sujet de Calvino dans Si par une nuit d’hiver…faudrait que je lise à fond sa Machine littérature.
effluve est masculin, le reste n’est que fautes de frappe…
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM): “Sur Ilys on sait bien ce que je pense d’Ilys, j’ai pu l’exprimer par le passé sur mon blog minable.” …
… Au vu du nombre de commentaires lisibles respectivement sur Ilys et sur le blogue désertique du kiwi, il y a tout lieu de penser que la plupart des habitués d’Ilys ne sont pas au courant des positions kiwiesques. Ils s’en foutent et ont bien raison. On hésite, dans l’interprétation de cette mise en équivalence des deux blogues, entre le rêve éveillé et la mégalomanie pure et simple.
@ Nicolas : C’est intéressant, ce que vous dites sur la Duras…
Il y a bien longtemps que je ne l’aie pas lue, mais je me souviens distinctement avoir été complètement absorbée par sa prose. C’était à une époque où j’avais l’impression que la prosodie de Duras était la seule à pouvoir épouser si parfaitement celle de ma voix intérieure. Il y avait symbiose, à un niveau très primaire…
Je me souviens aussi avoir été profondément marquée par le film de Peter Brook, Moderato Cantabile. Une atmosphère du type intime et pourtant froide ; et surtout cette claustration absolue à laquelle était soumis le personnage joué par Jeanne Moreau, une claustration tant de nature sociale que liée à l’éternel de la condition féminine, les deux choses inextricablement enlacées.
C’est peut-être ça, la Duras : la difficulté féminine d’accéder à l’universel, de sortir du domaine subjectif sans perturber le fonctionnement de son propre désir, ou d’être parfaitement “La Femme” avant que d’être un humain.
Je ne sais pas dans quelle mesure, effectivement, de telles considérations peuvent intéresser les hommes à qui des auteurs plus brillants et plus sonores offrent bien davantage de liberté.
vous qui naimez rien tant qu’à fouiner sur le net,wikipedia and co… faites une recherche sur “le drame du petit réactionnariat”
http://www.google.fr/search?q=le+drame+du+petit+r%C3%A9actionnariat&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a
En fouinassant bien vous découvrirez - avec horreur - que cette petite polémique fut traitée sur Ilys par un blueberry moqueur… J’espère que cet impardonnable écart de l’élite nous vaudra votre exil volontaire pour une durée quelconque mais supérieure à la demi journée. Ou bien de vous voir faire une crise de jaunisse, être pris de ragnagnas prématurées, etc…
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM): Dommage que ladite recherche ne révèle rien de tel. Dommage, surtout, que même si elle avait conforté l’affirmation kiwéenne, mon comm # 93 (du moins lu par une personne dotée de raison) n’en aurait été en RIEN contredit. Pathétique.
@ Restif & ExpertsEnGynécoOrnithologieBourbonnaise(TM): Il faut absolument encadrer ce qui suit :
“Duras… (bla bla) je me souviens distinctement avoir été complètement absorbée par sa prose.
C’était à une époque où j’avais l’impression que la prosodie de Duras était la seule à pouvoir épouser si parfaitement celle de ma voix intérieure.
Il y avait symbiose, à un niveau très primaire…”
Trois petits bijoux de phrases, non ?
Autre chose me frappe: “le blog désertique du kiwi”… la quantité devient qualité avec Denis qui par ailleurs qualifie Ilys de blog d’élite. Moins il y aura de monde chez moi moins j’aurais peur d’être un gros naze Denis. Si le peu qui s’y balade vole un peu plus haut que ceux qui voient des kiwis partout en prime cela ne gâche rien (à part ta triste existence parasitaire, visiblement)…. Mais surtout tu n’as pas compris Denis que je me contrefiche de ce blog!
On passerait sa vie à démonter tes sophismes, mais ce serait un beau gâchis quand même…
PS: des progrès à faire dans la recherche internet. Une bonne volonté appréciable toutefois. Denis doit continuer ses efforts.
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM): “des progrès à faire dans la recherche internet” …
… Il serait probablement saturant pour des nano-neurones, de comprendre que tout le monde n’est pas sous Firefox. Certains, plus modernes, sont sous Chrome. Résultat identique prévisible, en cliquant sur le lien fourni par le kiwi, sous Explorer.
Sinon, le niveau chute avec le temps, l’activité cérébrale qui décroît, la confusion qui s’installe, tout ça…
… évidemment, il n’y a pas de lien mécanique entre petit nombre et qualité. Trente prix Nobel de physique, c’est une assemblée infiniment plus élitiste que trois commentateurs sur le blogue du kiwi.
Mais il a vraiment cru être en train d’argumenter. Le pauvre…
@ Denis : Je vous signale que JE suis l’un des commentateurs du blog de celui que vous nommez (avec une espiéglerie charmante qui masque en vain une grande tendresse) : le kiwi -autrement dit Tang (Oh, c’était lui?)
Ce seul fait suffit à infirmer vos computations numérologiques.
Par ailleurs,je n’avais que survolé la longue descente d’organe à laquelle vous faites allusion, et n’avait point vu cette triplice extasiante (ah l’écrit…qu’elle pierre d’achoppement). Je vous en remercie. “La Duras” a un petit côté embaumement et verni d’happy fewisme callassien assez réjouissant. (”Allons ferme poussez, mes bons amis de cour”). Attention! Alerte: je sens mon christianisme ou ce que vous appeleriez mon”positionnement humaniste” (je ne l’ai jamais oublié celle-là…Vous en souvenez-vous Denis, c’était avec le regretté Saint-Martin aujourd’hui réincarné en Stag, et déjà vous m”accusiez de bonté déplacée) qui pointe son joli nez magnanime (le rhume de l’altruisme) : mouchons-nous et fuyons.
@ Restif : Il est logique et moral que lorsqu’on joue à la caution de qualité, on subisse quelques désagréments en cas de constat de faillite :-)
Remake du commentaire de Restif :
Je vous signale, Mon Très Cher Âmi et Seigneur Denis, que JE fais partie des commentateurs du blog que-vous-avez-parfaitement-raison-cher-Denis d’appeler désertique et minable de mon cher ami Tang, et c’est pourquoi il est faux de dire que ce blogue ne compte pas au moins un habitué cultivé et intelligent de niveau Ilysien.
Heureusement que nous avons tous les deux beaucoup de tendresse pour lui, et qu’il le sait, ce fripon!
De même, je ne faisais que survoler la longue descente d’organe à laquelle s’était livrée l’indigne salope qui est notre ennemie commune, cher Seigneur (et ami) Denis, lorsque d’un coup, figurez-vous, j’ai senti mon formidable humanisme, que vous savez christianissime, Hugolien - ce perfide - entrer en érection!
Je viens - pardonnez-moi encore Seigneur Denis - d’avoir été tenté… d’être bon! - Ne suis-je pas un véritable phénomène de vertu? - on devrait me flageller pour ça. Mouchez-moi Seigneur Denis, sinon je ne pourrais résister à me baiser moi-même!
( soupir…)