Populophobie
Le 13/12/08 à 14:24 par Nicolas
Là je dois dire que l’ami Mac Guffin me laisse sans voix.
Nicolas, malgré ce que vous croyez penser, je vous assure que vous avez beaucoup de points communs avec P.-M. Couteau, Henri de Lesquen et Fabrice Robert du Bloc identitaire.
Je ne sais pas, je peux me tromper car on se trompe souvent sur soi-même. Mais j’en doute. Passons sur mes points communs éventuels avec Fabrice Robert… Coûteaux ? Lequen ?
Qu’ont-il d’ailleurs en commun ces trois là ?
Je crois qu’en dernière analyse, ils ont en commun une certaine conception du peuple.
De la récente réflexion du Coucou-club sur le populisme aux envolées europhobes de Coûteaux, jusqu’au concept (fumeux amha) d’identité, ce qu’ils ont en commun c’est une certaine idée que le populo est sain (j’emprunte de lointaine mémoire la formule à de Gaulle, cité par Peyrefitte).
Le peuple est sain. Par définition. Donc il est désinformé, trompé, manipulé, sinon il serait conforme à sa nature profonde et se conduirait droitement en politique.
Ce n’est qu’une variation sur le pays réel et le pays légal.
L’ennui c’est que quand la formule sur le pays réel est imaginée, elle correspond, justement à une réalité : la France est encore largement catholique et sinon royaliste du moins nationaliste ou patriote. Au moment des inventaires, par exemple, parler de pays réel et de pays légal a un sens.
Aujourd’hui, je crois, beaucoup moins. Sinon plus du tout. Le pays réel aujourd’hui c’est celui qui regarde TF1, qui vote Sarko ou Ségo, qui regarde en masse Plus belle la vie. Putain, nous sommes quand même dans le pays où, musicalement, et surtout à droite, le bon peuple a fait de Johnny Hallyday sa principale référence esthétique. Johnny Hallyday : je ne sais pas si on mesure bien ce que ce simple fait veut dire quant au peuple.
Le peuple il écoute Roland Magdane sur Rire et Chansons, ou Julien Courbet sur RTL quand il est sur la route, pas Radio Courtoisie. Encore moins la redif de Jouhandeau dans les Mémorables sur France Cul.
Le peuple n’est pas sain. Il n’est pas trompé ou désinformé. La preuve en est que si on prétend le réinformer, ça ne marche pas : le peuple il continue à regarder Ruquier Claire Chazal et Drucker. Quand l’un des ses journalistes préférés est viré, il ronchonne le peuple : peu importe que PPDA ait été nul, crétin, débile, inaudible, débile mental : il le réclame le peuple. La simple innovation qui met au rancart l’une de ses petites habitude de se faire bourrer le mou lui est désagréable. Bref le peuple n’est ni trompé ni désinformé ni manipulé : il est simplement vraiment comme ça.
À la rigueur on pourrait imaginer de le désinformer dans l’autre sens, ça oui. Mais le réinformer, partir du postulat qu’avec une information honnête et exacte, ou certaines influences une fois contrecarrées, le peuple retrouverait des comportements tels que les attendent Coûteaux, Lesquen ou Robert, qui peut y croire sérieusement ?
Évidemment a pose un problème quant à la construction identitaire ou nationale ou culturelle de droite : c’est qu’alors ce n’est pas du tout le peuple qu’il faut sauver. Exit donc et la nation telle que définie depuis la grande boucherie égalisatrice de 14, la construction ethnico-identitaire ou la droite à la con qui hurle après Jeff Koons au nom de la Culture d’écomusée social-national qu’elle veut promouvoir.
Remarquez cher Mac ça tombe bien pour moi : je n’ai jamais beaucoup aimé le peuple, le folklore régional me fait généralement horreur, et je trouve de plus en plus que la culture populaire dans ses différentes déclinaisons traditionnelles ou contemporaines c’est de la merde parfaitement inintéressante.
Effectivement, Dia, la droite croit au peuple. Au démos. Et à la démocratie. Elle est bien la seule.

Jeff Koons à Versailles c’est aussi de l’écomusée Nicolas, écomusée du “contemporain”… Une énormité sur une autre, la muséification sur la contemporanéïté artistique posée comme but (l’art a-t-il jamais été autre chose que contemporain?)
A propos du peuple; ajoutez qu’il lit des polars de merdre dans les transports. C’est ce que je ne lui pardonne pas… ;)
Cette idée saugrenue que le peuple aurait désespérément besoin d’une information et d’une éducation de qualité découle en droite ligne des Lumières et de leur fantasme de l’homme, “animal raisonnable”. Non tout le monde n’est pas raisonnable. Ni intelligent. Ni de droite.
@ Tang : Peut-être, je ne parlais de Koons que parce que c’est le dada de Lesquen (en grande partie pour des raisons politiques locales d’ailleurs). Reste que Koons à Versailles, même si je ne suis pas fan, ça peut être intéressant (je ne sais pas je n’y suis pas allé). Ou ça pourrait si c’était quelqu’un d’autre que Koons. Ce qui est en cause c’est la conception même que ces gens qui critiquent l’expo se font de la culture : ils veulent que rien ne bouge, que rien ne change, que les grands appartements restent figés en une sorte de défilé à touristes chinois qui n’y comprennent rien. C’est une représentation sociale qui est en cause : la culture qu’ils défendent c’est en fait une conception culturelle qui se veut auxilliaire d’une certaine stabilité sociale. Il suffit de lire le gloubi-boulga lesquinien quand il aborde cette question au conseil municipal de Versailles pour s’en convaincre. Dit plus simplement : du mauvais bon goût bourgeois, même pas kitsch.
C’est en ce sens que je parlais d’éco-musée.
La meilleure performance de Versailles ce sont les statues sous bâches vertes qui cernent les allées, les cartons qui remplacent les bustes avec petite photo ressemblante et les éternels bouffeurs de sandwitch et de joggers au milieu des moutons, pour ce qui est du peuple on ne peut rien en dire, c’est un effet de croyance, c’est aussi un problème politique qui pose la questiàon de l’appartenance
@ Nicolas : “je trouve de plus en plus que la culture populaire dans ses différentes déclinaisons traditionnelles ou contemporaines c’est de la merde parfaitement inintéressante” …
… Marrant, moi c’est le contraire (surtout pour ce qui est des déclinaisons traditionnelles). Il est vrai qu’adolescent, j’étais un horrible snob. Avec l’âge je deviens indulgent.
Et le démos n’a rien à voir là-dedans, je vous prie de le croire. En revanche je crois encore à l’ethnos. Pardonnez ma naïveté.
“Avec l’âge je deviens indulgent.” …
… Qu’on me pardonne cette mention inutile au vu de la magnanimité qui émane habituellement de mes commentaires sur Ilys.
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM) : “il lit des polars de merdre dans les transports” …
… Snobisme à deux balles doublé d’une pathétique étroitesse d’esprit. L’idée qu’on puisse savourer du Flaubert sans la liberté du gueuloir, ou du Proust entouré de Congoïdes et par tranches de quelques minutes, est au mieux douteuse, plus probablement grotesque. Les polars, massivement américains, lus par le populo dans le métro, sont moins des polars que des thrillers, mais passons – on n’en est plus à ça près depuis longtemps. Ce sont des produits (j’assume totalement le mot, Jules Verne ou Alexandre Dumas, que j’aime tendrement, étaient des producteurs d’objets littéraires destinés à un marché) plutôt bien faits, parfois remarquablement bien faits. Ils permettent, par la tension émanant de la narration, de s’échapper de l’horreur ambiante (au profit d’une autre, précisément, plus immédiatement horrible). Par ailleurs, ils sont la plupart du temps situés dans un univers fangeux et violent, bref multiracial ; seuls les XXXs & malcomprenants y verront une contradiction avec le point précédent, en fait, cela même les rend encore plus légitimes (en sus, donc, de la légitimité à eux conférée par leur qualité objective, et leur utilité pour leur lectorat)
Détail supplémentaire : je déteste Jarry, surévalué comme c’est pas permis, mais je le sens comme sali par son recyclage (”merdre”) en pauvre tentative d’humour, ou plus prosaïquement encore en clin d’oeil sous-érudit.
@Denis :
Comment peut-on détester Jarry ? C’est un visionnaire. La pataphysique est une grande chose, qui a accueilli Duchamp, Leyris, Queneau, Vian, Baudrillard et j’en passe, une élite autrement plus brillante que l’académie française. Ubu-Roi, au-delà de l’outrance un peu potache, on y est encore, c’est le vrai visage de tous ceux qui gouvernent.
@Nicolas
“Le peuple il écoute Roland Magdane sur Rire et Chansons, ou Julien Courbet sur RTL quand il est sur la route, pas Radio Courtoisie. Encore moins la redif de Jouhandeau dans les Mémorables sur France Cul.”
J’ai du mal à vous comprendre, sur ce coup.
Vous voudriez quoi? Les croiser quand vous allez à la bibliothèque? Vous êtes pour l’élévation des masses par la culture?
Moi ça ne me gêne pas qe ma consierge lise Gavalda. Ce qui m’ennuirait, c’est qu’elle lise Muray. D’ailleurs, de plus en plus de concierge lisent Muray. J’en veux pour preuve les conneries qu’on dit sur lui sur la toile….
Féminisation de l’occident, bla bla bla….Quand ses “nouveaux lecteurs” en parlent, j’ai l’impresion qu’en fait ils ont lu le dernier Dutour ou Thierry Desjardins.
Le peuple n’existe plus et depuis longtemps. Maintenant il y a “les masses”, comme disait bien mon vieil ami José. Très bien torché, votre billet. Cette vogue du populisme chez Polemia est suspecte… Quant à Coûteaux, ça fait longtemps qu’il n’est plus très aiguisé… Quant aux identitaires, ils sont sympas, mais ils sont à la vie politique ce que les majorettes sont au spectacle de rue…
“Le peuple n’est pas sain. Il n’est pas trompé ou désinformé.”
oui oui mille fois oui ! Le beauf est pervers. Il regarde de la merde à la télé mais attention il sait et il dit que que c’est de la merde. Il vote comme un con et il le sait. Le beauf n’est jamais vraiment dupe (en ces matières). C’est ça qui condamme par avance toute stratégie (profondément gauchiste) d’éducation. Cette naïveté de croire qu’il faut expliquer, informer et encore informer. Plus fondamentalement il s’agit d’un défaut d’analyse des enjeux linguistiques :
On transpose illégitimement la guise scientifique du débat objectif au champ politique. Encore un héritage de cette pensée progressiste que dénonce déjà le com’ de Vertumme. Personne à droite n’est donc parvenu à une autre doctrine du pouvoir que démocratique et parlementaire ?
Les arguments – au moins en politique – ne visent pas à convaincre (relisez ce dernier mot) ou à apporter des “lumières”. (Lesquelles par ailleurs ? la politique n’est-elle pas le champ de l’indécidable, du kairòs, de l’instinct, de la mélancolie de la race ?)
Je n’ai pas le loisir là : Les discours visent à conquérir l’espace de la parole. On doit montrer sa capacité à assumer, conquérir, garder éhontément, occuper pleinement ce lieu (littéralement ce n’est pas une métaphore. Le corps aussi est en jeu. Demandez aux avocats).
Donc re-oui : En clair, en bref les beaufs SAVENT déjà parfaitement tout ce que fdesouche par exemple essaye de leur montrer. Ou plutôt – parce que la vérité ils s’en foutent – ils savent que ce discours est certes un des discours possible mais pour l’instant un discours qu’il ne faut pas reprendre. un discours de perdant (ils ont raison).
Dès lors Le plus important sur l’internet ce sont les stats (Regardez ma voix grossir, bientôt il vous faudra reprendre ma chanson) et surtout le naturel, le sans-gène avec lequel certains expriment leurs/nos idées. À cet égard quand il veut bien abandonner son jargon UnOurs fait un carton. Toujours proprement exact et odieux. J’adore.
Quand à moi j’attends toujours depuis plus de vingt ans qu’un discours public assumé ose ne pas être démocratique… Ah Bidou que ton règne arrive !
@Le Baron
“Le peuple n’existe plus et depuis longtemps”
Qu’on l’ait fait disparaître c’est assurément la conviction de nombreux auteurs, de Peguy (au début de l’Argent) jusque Cioran. Mais – noblesse oblige – vous parlez Baron du peuple éthnique que la révolution industrielle a enterré plus sûrement qu’une tranchée à Verdun.
Dès lors “peuple” dans le post de Nicolas ne peut plus dire que l’abstraction démocratique majeure. Ce machin introuvable et souverain au nom duquel les oligarques déficitaires et les fonctionnaires de l’urssaf mettent leur colonnes infernales en marche vers des lendemains toujours radieux. C’est un gros mot.
@ Baron : mais pourquoi attendre un discours ? Des actes ! des actes ! il est vrai que c’est un peu plus compliqué et que ça demande de faire vaiment de la politique, c’est à dire de passer des compromis et de mettre les mains dans le cambouis plutôt que de hurler continuellement qu’on est diabolisé tout en se prétendant les rois de la pampa nationaliste.
Snobisme etc… Oui, oui. Vous avez raison. Thriller plutôt que polar… Oui, oui, vous avez raison. Ad nauseam. Thriller en carton qui composent l’essentiel de vos lectures peut-être mais qui n’intéressent personne dans l’élite et bizarrement n’intéressent in fine que des pauvres hères.
Aussi laissons Denis l. voir une humanité noire à travers les yeux d’un péquenot de 23 ans français qui s’américanise le pseudo parce qu’il a vécu 2 ans à Détroit et se pense donc imprégné de l’esprit américain… Formidable… Dès le titre c’est creux, l’incipit est plat faire pâlir un journaliste de libé… Mais lisez donc, lisez…
On rappellera à l’amateur de snobisme et de Dumas que Balzac vouait à son rival mulâtre une haine farouche et sans doute injustifiée. On rappellera au dévoreur de Stevenson ce que lui-même pensait des faiseurs, des jongleurs tels Chattam et compagnie. Stevenson qui certes n’avait rien d’un snobinard…
Au final on se demande si le snob n’est pas celui qui tient absolument à défendre de la daube pour se donner l’impression d’être enfin à contrecourant… A moins qu’il ne défende véritablement ses goûts (auquel cas on se demande ce qu’il vient foutre sur Ilys, hormis s’y couvrir de ridicule en invoquant mon nom à tout propos quand je ne lui adresse superbement pas la parole, une fois de plus…)
Les autres auront bien compris de quoi il s’agit. Le grotesque serait qu’il soit possible de s’échapper du quotidien fangeux par de la daube formatée pour s’ingurgiter sans peine, et qu’il ne le serait pas avec une littérature plus exigeante. Sans doute cela vaut-il pour les médiocres comme celui qui énonça cette sottise, mais quand on fait partie de l’élite rien de plus facile…
Question subsidiaire: Les congoïdes par ci, les kiwis par là… Denis a-t-il une définition intrinsèque? Ah oui, sa grosse bite. Cherchez plus Soral XP, il est parmi nous… D’ailleurs il a une si grosse bite qu’il a lu tout Stevenson (sauf je ne sais plus quoi)…
@XP: Que les concierges lisent Gavalda etc… Je pense vraiment que la beauté échappe aux aléas de la compréhension… Je préfère que le “peuple” lise des choses grandes et magnifiques qui n’aviliront pas plus encore son âme. Ce qu’il en dira du fond de son obscurité qu’en avons-nous à foutre? Depuis quand faut-il penser quoi que ce soit d’un livre en fonction de ce qu’en dit tel ou tel? Et lorsqu’un idiot vous explique le monde à la lumière de son obscurité, des clefs que lui donnent la TV ou les brillants thriller dont Denis est si friand, cela ne vous atterre pas? Aucune différence…
Je vous aime bien Nicolas, et j’ai souvent plaisir à vous lire, je trouve cependant que ces derniers temps vous faites souvent des faux pas.
En premier lieu cette populophobie, le marqueur culturel le plus fort de la petite bourgeoisie.
Ce que je trouve pitoyable, dans un spectacle de Shirley et Dino, ce ne sont pas les singeries des acteurs, mais les applaudissements frénétiques des spectateurs, fils et petits fils de prolos et minables petits cadres enrichis qui se rassurent pour 30 euros. La petite bourgeoisie n’a de cesse de conjurer ses origines, à coup de pseudo élitisme culturel et autres tentatives de distinction qui sentent la vessie crevée et la vase de ses origines.
Si le peuple c’est de la merde, alors le petit bourgeois est son vomi. Car soyons réalistes une minute, auriez vous envie Nicolas de charriez vos poubelles à 6 heures du matin à la déchetterie ? Force est de constater que si l’on n’aime pas le peuple, on est quand même forcé de s’en accommoder.
D’où la politique de supériorité sociale des véritables élites, qui consiste à côtoyer le peuple, mais uniquement sous un mode maître/domestique, client/fournisseur.
C’est le pouvoir qui sépare, pas la culture.
@Nicolas
“Des actes ! des actes ! il est vrai que c’est un peu plus compliqué et que ça demande de faire vaiment de la politique, c’est à dire de passer des compromis et de mettre les mains dans le cambouis plutôt que de hurler continuellement qu’on est diabolisé tout en se prétendant les rois de la pampa nationaliste”.
Je croyais que les rois de la pampa étaient les gauchos…
Et je vous en prie, à propos de cambouis, je ne serais pas tranquille si c’était la grande asperge courtoise qui faisait la révision de ma Simca 1000! Mains dans le cambouis, dites-vous… Laissons les choses vraiment sérieuses aux spécialistes s’il vous plaît!
@ Framboise : si vous voulez. Reste mon interrogation : pourquoi à droite vouloir sauver le peuple ? pourquoi cet appel perpétuel au peuple-messie qui devrait se sauver si on lui en donne les moyens ou les conditions ?
J’avoue que savoir ce qu’il y a à sauver au Zimbabwe je m’en fous (cf l’autre sujet). En France un peu moins. Ce qu’il faut sauver, ou plutôt ce qu’on pourra sauver passe-t-il de quelque manière par le peuple ? c’est ça ma question. Quelque chose de ce que veut sauver la droite dans les différentes composantes énumérées par Mac est-il susceptible de se retrouver dans la classe internationale — trans-nationale dit-on chez certains — qui est en train de gagner ? (ce n’est ni le pouvoir ni la culture qui séparent : c’est le voyage en classe affaires, c’est la volonté et la possibilité, quand on a de l’argent, de ne plus être attaché à une glèbe ou à un système social et salarial territorial, version moderne du servage).
On peut dire je crois que non. L’exemple des francophons militants qui se sont échinés à ouvrir des écoles en Afrique et à parier sur les pays pauvres (ah combien de fois Albert Salon ne nous a-t-il pas fait de conférence sur l’avenir de la Francophonie au sud !) plutôt que de financer des crèches françaises à San Francisco ou à Osaka pourrait être cité comme prototype de ce fonctionnement absurde.
@ Le Baron : ” Je croyais que les rois de la pampa étaient les gauchos” …
… ça c’était un peu facile, mais la suite est délicieuse : ” je ne serais pas tranquille si c’était la grande asperge courtoise qui faisait la révision de ma Simca 1000!” Merci pour l’image, c’était merveilleux :-)
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM) :
” Thriller en carton qui composent l’essentiel de vos lectures peut-être mais qui n’intéressent personne dans l’élite” …
… Mais que sait-il de l’élite ? Et de ses lectures ?
Le tout suivi de “rappels” totalement hors sujet, et d’attaques ad hominem. La routine. Et on est censé garder son calme :-(
“il a lu tout Stevenson (sauf je ne sais plus quoi)” …
… Ben oui. En français puis en anglais. Tout sauf la poésie (sans intérêt) et les aventures germanophobes aux Samoa ou au Fidji, j’ai oublié. La liste de mes lectures, c’est à titre exceptionnel, et au détour d’un fil. Chez d’autres, ça justifie l’ouverture d’un blogue, et comme cela apparemment (au vu du nombre de commentaires) ne suffit pas à l’ego d’aspirant-artiste raté / prof frustré, ça justifie en prime l’étalage en longueur (et dans les grandes largeurs) des lectures sur d’autres blogues, nonobstant les lecteurs innocents. Et on est censé garder son calme :-(
” Depuis quand faut-il penser quoi que ce soit d’un livre en fonction de ce qu’en dit tel ou tel? ” …
… Intrinsèquement débile (comme si la critique littéraire, pratiquée par les plus grands, n’avait aucun intérêt), cette phrase atteint des sommets d’absurdité lorsqu’on sait que son auteur est précisément un aspirant critique, sur son blogue comme ici. Et on est censé garder son calme :-(
@ Nordiste : “Comment peut-on détester Jarry ? C’est un visionnaire. La pataphysique est une grande chose, qui a accueilli Duchamp, Leyris, Queneau, Vian, Baudrillard et j’en passe, une élite autrement plus brillante que l’académie française. Ubu-Roi, au-delà de l’outrance un peu potache, on y est encore, c’est le vrai visage de tous ceux qui gouvernent.” …
… Je ne suis tout simplement pas d’accord sur Jarry. On nous a déjà fait le coup du “visionnaire” qui serait censé avoir prophétisé les dictateurs fascistes du XXe siècle. A cela je ne croyais pas, alors y voir un annonciateur de nos gouvernants démocratiques-ectoplasmiques ayant peur de dire un mot trop fort, vivant dans la terreur que leurs soudards cassent le bras d’un jeune de banlieue, là encore moins. Ubu c’est une potacherie. Duchamp c’est moitié une provocation moitié une escroquerie. Leiris (pas de “y” SVP), alors là non. J’ai une cousine qui en est une des spécialistes, qui l’a bien connu, etc. J’ai tout lu, je crois. De lui et sur lui. Pitié… Vous êtes libre d’adorer les surévalués, ceci dit. Vian ? Honnêtement… Baudrillard, là c’est évidemment plus complexe. Mais qu’a-t-il à faire parmi les artistes, d’ailleurs ? Pour moi, c’est un intello, plus libre et plus perçant que la moyenne de ses collègues, doté d’un certain style (si l’on n’est pas découragé d’emblée par son verbiage).
J’ajoute que je refuse d’opposer la nullité hors Académie à la nullité du quai Conti.
Enfin, j’adore les jeux littéraires. En ce sens, et en ce sens seulement, je peux avoir un peu d’indulgence pour Queneau. Mais il ne s’agit que de jeux ! Et Queneau hors de ce domaine, franchement… Dire qu’il est mineur, c’est encore trop en dire.
Nicolas l’argent c’est une des formes du pouvoir. Et visiblement vous le connaissez mal, quand on a du pouvoir, on affrète son propre jet, la classe affaire c’est un truc de ploucs.
Sauver le peuple? Mais çà c’est le gloubiboulga de la mascarade démocratique. Le peuple n’a jamais été sauvé, il a toujours servi, et ce sont ceux qui prétendent le sauver qui l’asservissent le plus.
@ Nicolas : “ce n’est ni le pouvoir ni la culture qui séparent : c’est le voyage en classe affaires, c’est la volonté et la possibilité, quand on a de l’argent, de ne plus être attaché à une glèbe ou à un système social et salarial territorial, version moderne du servage” …
… Qu’une telle évidence soit comprise, ou peut-être faut-il dire admise, par si peu de gens, défie l’entendement. Or si on n’a pas compris cela, on est destiné à être “irrelevant”. A perpète.
J’ai déjà applaudi au coup des crèches françaises dans les villes de pouvoir et donc de richesse, vs la francophonie négrifiée/massifiée. Mais je recommence, et avec entrain. Pourquoi n’entend-on cela qu’ici, ou presque ?
La valeur d’un homme n’est pas fonction de classe. “Le peuple”, ça ne vaut pas davantage que la petite, la moyenne ou même la grande bourgeoisie. La valeur des hommes en premier lieu, elle est fonction de leur éducation, en second lieu de leur sens des responsabilités et de l’honneur. C’est pourquoi seul le mot “noblesse” avait un sens… Car il avait une signification morale – pas uniquement sociologique.
@ Framboise : Vous avez lu Nicolas un peu rapidement, je le crains.
@Denis :
Bon, je n’espère pas vous convaincre, mais :
Ubu est une potacherie, mais pas seulement. La machine à décerveler, la pompe à phynances, il fallait une intuition géniale pour voir ça en 1896. Ubu, c’est l’homme de pouvoir vu comme un enfant gâté capricieux et autiste. C’est le dictateur, mais aussi bien la vraie nature inavouée de Sarkozy, ou Meissier, ou n’importe quel chef de service un rien paranoïaque.
Sur Duchamp je suis un peu d’accord, mais il faut quand même distinguer ce que lui a cherché à faire (tuer l’art, le rendre définitivement caduc) et les conséquences exactement contraires (fétichisme de “l’oeuvre”, y compris de ses propres ready-made, pseudo-révolte débile, discours vains, etc., enfin tout le néant de l’art contemporain). Disons que le coup a raté… J’y vois personnellement quelque chose d’émouvant.
Leiris, je passe, vous connaissez mieux… Vian a ouvert les portes sur la sous-culture américaine (jazz, science-fiction, roman noir), écrit des chansons excellentes (Gainsbourg lui doit beaucoup) et des romans charmants (bon, d’accord, il faut les lire vers 15 ans, mais justement, c’est un bon passage vers la grande littérature).
Queneau, l’Oulipo, qui est l’une des branches de la pataphysique (je précise pour instruire d’éventuels jeunes lecteurs), bien sûr que c’est du jeu, mais c’est ça qui est admirable, tout ce travail, cette recherche des possibilités…
Allez on ne va pas faire dans les attaques à la personne parce que sinon ca va rouvrir les pleurnicheries de je ne sais plus qui… Parlons du fond. Un commentateur quelconque (trop) laisse entendre que lire les âneries dans le métro n’interdit pas de lire Proust chez soi. Ce qui est assez cocasse et même très.
Le même hurluberlu voit du snobisme dans le rejet de cette sous-litétrature que je qualifie comme telle parce qu’elle n’est précisément pas de la littérature mais du journalisme. Etant grand lecteur de SF je vois quand même bien la différence entre un thriller pourri et une œuvre de littérature populaire. Enfrin le problème n’ets pas de lire tout Stevenson en anglais et français mais plus humblement de le comprendre ce qui visiblement n’est pas fait. Si on ne peut plus se moquer un peu de lamentables commentateurs du grand vide qui étalent l’étendue de leurs lectures au premier venu…
Il existe une mauvaise littérature contrairement à ce que croit certain ahuri alsacien, littérature faite sans coeur et sans souffrance. Je range là dedans pas mal de daubes thrilleresques surfant très commercialement sur un créneau porteur, sans s’interroger sur ses causes profondes, ni sur sa tradition lointaine.
On observera que pour certains il est incompréhensible que l’on ose affirmer qu’on ne doit pas juger une oeuvre au prétexte que tel ou tel abruti l’aime sans la comprendre et prétend nous l’expliquer. Pour un expert en humour raz les couilles cela veut dire que la critique n’a aucune légitimité. Comme si l’influence que la critique avait sur un lecteur n’était pas fonction de l’intelligence de la critique et du lecteur.
Je comprends qu’un tel raisonnement soit hors de porté du guignol dont j’ai oublié le nom et qui a bcp de choses à me dire sur Ilys – mais bien peu chez moi où il pourrait sans peine décharger ses intestins, sans plus gêner les patrons d’Ilys et leurs lecteurs. (je n’ai hélas pas cette possibilité, le dénommé Denis s’estimant à très juste titre assez inintéressant pour nous épargner un blog, sage décision dont on ne peut que le féliciter)
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM) :
“laisse entendre que lire les âneries dans le métro n’interdit pas de lire Proust chez soi” …
… Jamais dit ça, ni même laissé entendre. Ce qui précède rappelant que “laisser entendre” à un QI de kiwi, c’est la garantie d’être mal compris. Même en s’exprimant au premier degré, d’ailleurs… Simplement et clairement dit qu’il serait aberrant de lire du Proust dans le Métro. Ni plus ni moins.
“voit du snobisme dans le rejet de cette sous-litétrature que je qualifie comme telle parce qu’elle n’est précisément pas de la littérature mais du journalisme” …
… Non non non, pas “du snobisme” du tout, du “snobisme à deux balles doublé d’une pathétique étroitesse d’esprit” ce qui est très différent. Ajoutons que la mention du journalisme est parfaitement grotesque. Aucun journaliste n’a le moindre sens du rythme, ni la moindre rigueur, or Dieu sait qu’il faut des deux pour faire un thriller simplement médiocre.
“Il existe une mauvaise littérature contrairement à ce que croit (bla bla pseudo-pamphlétaire)” …
… Jamais dit une chose pareille. Simplement démenti l’aberrant ” [ le peuple ] lit des polars de merdre dans les transports”. Les thrillers vendus par millions sont en général plutôt bons, et quasiment jamais mauvais. La mauvaise littérature existe sûrement : les éditeurs ayant refusé les torchons larmoyants et nombriliques du kiwi en savent quelque chose, les pauvres.
“Etant grand lecteur de SF je vois quand même bien la différence entre un thriller pourri et une œuvre de littérature populaire” …
… Alors là on attend des noms et des exemples. On va bien rire. Ceci étant, la SF ne fournit quasiment pas de thriller. Elle ne fournit pas non plus de littérature populaire depuis longtemps (et même sa “grande époque” n’a été “grande” que rétrospectivement). L’argument avancé est donc intégralement creux.
” On observera que pour certains il est incompréhensible que l’on ose affirmer qu’on ne doit pas juger une oeuvre au prétexte que tel ou tel abruti l’aime sans la comprendre et prétend nous l’expliquer. Pour un expert en humour raz les couilles cela veut dire que la critique n’a aucune légitimité. Comme si l’influence que la critique avait sur un lecteur n’était pas fonction de l’intelligence de la critique et du lecteur.” …
… Surabondant, filandreux, et une fois de plus creux. Rappelons que la phrase de départ du kiwi était : “Depuis quand faut-il penser quoi que ce soit d’un livre en fonction de ce qu’en dit tel ou tel?”
Bref, la routine.
Pour finir, une assez jolie séquence surréaliste (involontaire, évidemment), à signaler.
Le kiwi déplore que je commente sur Ilys. Cela surprend déjà. Le plus beau est ici : “[ denis] qui a bcp de choses à me dire sur Ilys – mais bien peu chez moi”. L’idée que j’aille perdre mon temps sur un blogue inintéressant est elle aussi surprenante – et l’invitation à venir faire monter la fréquentation en flèche, a quelque chose de pathétique.
Ben oui, j’ai des choses à dire sur ce qu’il dit sur Ilys. Précisément parce que c’est ici qu’il les dit (hélas). Là où je ne le lis pas, il ne risque pas de me pomper l’air :-)
Le problème, évidemment, est qu’il y a ici un public plus abondant que chez lui. Or comme ce ne sont pas les éditeurs de la rive gauche qui vont lui donner un public…
@ Nordiste : Je vous confirme que vous ne m’avez pas convaincu. En tout cas, admettez qu’au total, tout cela ne casse pas trois pattes à un canard… un peu comme la production académique de la même époque… et de façon très cohérente avec l’effacement de la culture française sur la scène mondiale.
Trop long…Faites court Denis. On vous lira.
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM) :
La moitié de mon précédent comm était extrait de la littérature (hu hu hu) kiwiesque ayant précédé. J’ai bien dit “extrait” :-)
Alors, oui, il y a au moins quelqu’un qui commente surabondamment.
@ ExpertsEnMicroOrnithologieAntipodique(TM) :
Et il n’y a aucune ambiguité lorsqu’il s’agit d’apporter une réponse à la question suivante : QUI souhaite ici ou ailleurs, désespérément, “être lu” ?
Gna gna gna. Toujours trop long.
Nicolas,
VOus, c’est sûr, vous avez fait des études littéraires: pour délayer autour du vide vous êtes très fort. Vous avez donc découvert que le pays réel regardait la star ac et mangeait au Mac Do ! Pensez vous que Lesquen, Couteaux ou autre l’ignoreraient ? Ne croyez vous pas que cette constatation est à la portée d’un gosse de quinze pas trop idiot ?
Longtemps, je me suis demandé ce que quelqu’un avec des capacités intellectuelles aussi limitées que les vôtres faisaient sur ilys (j’aurais du garder vos billets sur le libéralisme, rarement pareils contre-sens ne furent assénés et maintenus avec une pareille arrogance).
Finalement en me prenant un bon fou rire en lisant ce papier, j’ai compris : vous êtes inventif, surprenant. Vous tenez avec brio le rôle de villeret dans le diner…
BRAVO! c’est exactement çà.
çà me rappelle une réflexion, jadis, de ma grand’mère : “le populo aime tellement l’odeur des pots d’échappement qu’il préfére pique-niquer le long de la route “(observation faite dans les années 60)…la dégénérescence était déjà bien en marche à l’époque!
@ tovaritch : la dégénérescence est de toutes les époques – d’où la difficulté de mobiliser contre elle lorsqu’elle dépasse les bornes.
Le peuple, le vrai populo, celui qu’on voit dans les films de Renoir et qui allait aux 6 jours, ça fait bon derche qu’il a disparu. Il avait son langage -l’argot , le vrai- il se foutait totalement de ce que le bourgeois pouvait lire. Quand il était politisé (à l’époque funeste où ça commençât) il votait coco. Mais la massification médiatique a tué tout ça. Le vrai peuple avait ses rites, son Petit parisien,son billard, cahmpions sportifs, sa chanson -pardon si ça fait caricatural,je fouille comme dans les restes des dogons- et ne frayait en rien avec la culture bourgeoise. Il s’en tapait. C’est la télé qui a installé partout les mêmes attentes, la même culture de merde faite de blagues de Ruquier-Bigard. La peuple? De profundis…
Ubu roi n’est pas de Jarry. Ben non, ça fait lourd de thèse qui fouaillent ça et le prouvent. Ca existait déjà au lycée de Laval quand il y arrive. Il a changé quelques noms -Salopins deviennent Palotins, crochet à finance crochet à PHYnance mais il n’invente rien. RIEN. Le Jarry le plus intéressant c’est celui du Dr Faustroll ou de L’amour absolu,ses poème bizarrres aussi. Au moins, c’est de lui. Denis, il y a du bon Queneau : Le dimanche de la vie, c’est charmant.Chènes et chiens c’est assez beau quand même. Par contre, Milles milliard de poèmes et toute les oulipaneries m’embêtent, c’est comme La disparition de Perec. Vian, merci à lui d’avoir traduit Van Vogt et son Monde des A
@ Tang : il y a certes de mauvais Thriller,mais également certains de fort bien foutus. Le thriller est à nos jours ce que le fantastique type des Mémoires du diable (Frédérique Soulier, plus gros succès dee son époque avec Les mystères deParis) et les romans-feuilleton étaient au 19ème. La porteuse de Pain de Montépin ou Zevaco,tous les intellos chiaient dessus en coeur. Aujourd’hui c’est réédité et des pervers comme moi en font leurs délices (enfin pas Montépin mais les autres oui, du Terrail etc). Le thriller est souvent basé sur le sérial killer, notre ogre moderne, l’incarnation contemporaine de satan. Ca peut-ête très plaisant. Dois-je rougir à ce point d’avoir apprécié Les racines du mal de Dantec? Ou d’avoir pris un pied pas possible à La conspiration des ténèbres de Roszak ? Pire mon père, j’ai aimé le premier Peroz-Reverte, Le tableau du maître flamand. j’avoue. Quand c’est bien foutu, c’est comme une bonne série B. Je te dis ça en toute simplicité, ayant décidé de ne pas tenir compte de ce qui vous oppose avec Denis. Et comme le sujet ne me parait pas bien ininflammable…Maintenant c’est mon goût, et souvent les gens lisent plus par paresse, atrophiant leurs muscles d’amateurs de textes un peu plus dur (ben oui, comme bcp de chose c’est aussi en partie une habitude) que parce qu’ils attendent d’être tranquiles chez eux pour lire Musil, ça je te l’accorde sans problème. Peut-être as tu une haine particulière du genre???Il faut avoir des haines! c’est excellent.
@ Denis : Dune fut un énorme triomphe immédiatement. Et je crois savoir qu’aux states,Stranger in a strange land de Heinlen fut un best sellers, et même un livre assez important. C’est d’ailleurs a mourir de rire, on prit ce cher gros facho de Heinlein (auteur d’Etoiles gardes à vous dont certains tiennent toujours le film pour une parodie de la droite alors que c’est une pure adaptation du livre qui est on ne peut plus sérieux sur ce point : militariste à fond comme son auteur) on prit donc Heinlein pour un auteur hippie…Tout ça pour dire que la Sf a quand même donné de gros succès . Le Tous à Zamzibar de Brunner, et La planète des singes de Boule! je suis sûr que j’en oublie. Leiris? a part l’Age d’Homme… La règle du jeu, je n’y arrive pas. Plus tard peut-être.
@ Restif : Il y a de très bonnes choses dans l’esprit Oulipo, mais en direct, pas en conserve. J’ai vécu quelques excellentes soirées “Papoux dans la tête” à la Maison de la Radio ou ailleurs. Sans parler des émissions sur France Cul.
Sinon, la science-fiction n’a jamais “pris” (”pris” c’est durablement et massivement) comme littérature grand public. Il y a des exceptions, évidemment. Mais vous observerez la plupart du temps qu’elles relèvent de l’heroic fantasy, ou que la consommation “littéraire” suit un succès cinématographique.
Quant aux thrillers, je n’en débats pas avec les diplomates helvétiques centristes, genre “il y a certes de mauvais Thriller,mais également certains de fort bien foutus” ;-)
Enfin, je veux bien qu’il existe du Queneau charmant, je vous crois sur parole, mais je vous rappelle qu’on tentait de nous le vendre comme membre d’un aréopage plus que restreint et plus que surdoué. Faut pas pousser.
P.S. : Je crois qu’on sous-estime gravement la circulation culturelle (ça sonne mauvais jargon et c’en est) entre classes sociales. Les plus facilement mémorisables, les plus dansantes des mélodies composées pour les salons, se retrouvaient transposées dans les fêtes de rustauds. Plus tard, on a eu aussi, en sens inverse, les compositeurs savants, donc pour bourgeois, allant puiser leur inspiration au sein du populo non encore déraciné. Naturellement, on nous bassine avec le second sens de circulation, en oubliant le premier. N’oublions pas non plus le succès extraordinaire des opéras auprès du peuple. Une mélodie séduisante était recyclée comme “tube” par toute une ville (dans un premier temps), en quelques jours.
Ce qui est incontestable dans le domaine musical, l’est un peu moins dans le domaine littéraire, mais tout de même : les grands auteurs de feuilletons populaires, étaient lus par presque toutes les catégories, je crois – sans parler d’auteurs comme Hugo.
Je crois que c’est surtout dans les arts plastiques que l’étanchéité était forte, ainsi dans une moindre mesure que le ballet.
J’imagine que la poésie était plutôt discriminante, le théâtre l’étant moins.
Je ne crois pas au “vrai peuple”, il s’agit surtout d’un archétype d’un endroit et d’une époque. Le populo-parigot&banlieusard (avec extension marseillaise/pagnolesque en option) de la IIIe République et des régimes ayant immédiatement précédé et suivi cette dernière, disons.
En tout cas, je crois qu’il faut toujours avoir un réflexe de méfiance à l’égard de ce qui divise le demos, du moins lorsque ce dernier est identifié à un ethnos. Sous réserve bien sûr que ce réflexe soit contrebalancé par un sain inégalitarisme – par sain j’entends :
1° à géométrie variable : les hiérarchies du savoir ne sont pas exactement celles du goût qui ne sont pas exactement celles de la vertu, aucune ne coincidant exactement avec une stratification sociale ;
2° non fixiste : on peut monter ou descendre l’échelle, il faut se garder d’une révérence excessive pour le “gratin”, tout comme d’un mépris excessif pour la “lie” – et inversement – car les gènes, ça autant ça ne ment pas à grande échelle, autant à échelle individuelle ou familiale, c’est la bouteille à l’encre même chez les Blancs ;-)
@Denis “diplomates helvétiques centristes” -en d’autres temps monsieur, cela se serait fini sur le pré. Si l’occasion se présenteà nouveau, je choisi le lancer de Grisham (c’est moi l’offensé).
Quand même, le peuple qui aimait -mais aimait vraiment, de tout son coeur, Perles de cristal pu hirondelle des faubourgs,il est bel et bien mort. Je parle sans doute d’un peuple qui a commencé d’emerger sous Louis Philippe et a trouvé son acmé avec La Belle époque et acontinué de vivre sa vie jusqu’en très gros… 68. Mais il a existé,ailleurs que dans les carricatures. (Dans les souvenirs de Siné, ce qu’il a fait de meilleur, son père est le très exact représentant de ce peuple là). Mon père gosse de PAris, s’en souvient très bien de cet habitus populaire, jusqu’à l’accent parigot qui n’a rien d’une invention. Céline aussi en a parlé. Enfant mon cher père allait aux 6 jours, puis jeune homme encore. Il courait aussi les salles de boxe de quartier. Vous ne pouvez pas dire que ces gens là qui beuglaient “dans la boîte à ragout !” existent toujours. Vous ne pouvez pas nier l’effet égalisateur de la télé. Le peuple et l’opéra … Ah, oui, tous ces front popus qui défilaient en chantant la malédiction de Wotan dans La Walkirie…
(Le Gabin de La grande illusion a bien représenté le prolo français tel qu’il existait. Et tel qu’il est mort).
Ah oui : tout bien réfléchi, le thriller, c’est vraiment de la merde.
@ Restif : Allons, allons… le Français moyen, et même moins que moyen, pouvait vous chanter “le Veau d’or est toujours debout” à Paris quelques jours après la création de l’oeuvre, en banlieue quelques semaines après, en Province quelques mois après. Certes, on faisait mieux en Italie notamment avec Verdi. Vous êtes de mauvaise foi, là, avec votre Front Popu et votre Walkyrie.
Je n’ai jamais nié l’effet égalisateur de la télé. Grands dieux non. J’ai simplement dit que les différences passées étaient moindres qu’on ne nous l’a mis dans la tête – avec quelques arrière-pensées idéologiques, d’ailleurs.
Et le thriller, c’est très bien FAIT. Moi je n’aime guère, mais je reconnais la qualité.
Denis -en tous cas je pense que nous serons d’accord pour dire que le vrai peuple (ce mythe?) n’a JAMAIS écouté Jouhandeau,même à l’époque -pas si lointaine- où on pouvait entendre Jouhandeau lui-même chanter en latin (à propos j’ai raté Les mémorables. C’est téléchargeable?)
Sinon pour l’opéra, vous parlez d’une époque bien révolue. Mais ok. A cause de Bizet, ou encore mieux : des opérettes d’Offenbach qu’il est de bon ton de mépriser (voire le premier chapitre de Nana) et que moi j’aime. Le Thriller est bien foutu si on a quelqu’un aux manettes. A vrai dire je préfère le polar pur et dur, et encore. Disons les premiers Ellroy, le Chester Himes de Ed Cerceuil. Mais j’avoue préférer de loin Lupin ou Gustave le Rouge. Mais les pros du Thriller connaissent leur boulot et comme ils n’hésitent pas à payer des informateurs des sommes folles, sont souvent assez bien renseignés. Je ne classe pas un Le Carre dans les écrivains de Thriller évidemment, mais écrivain tout cours. Et un sacrément bon. Allz, vous avez raison sur la SF. Pour l’Héroïc fantaisy, ce ne sont pas les plus grands, les créateurs qui profitent de la vogue (c’est pas Howard qu’on lit…)C’est d’ailleurs devenu emmerdant la sword and sorcery. Ca a tout bouffé. Depuis Gibson (pompé à mort par Dantec que je comprend pas qu’on lui balance pas ça dans la tronche. Fut une époque où ça vous aurait dé&shonoté un écrivain à vie) je vois plus grand monde.
Ce que je veux très simplement dire au fond, pour en revenir au sujet, c’est que la classe populaire n’existe plus, avec sa cohérence, sa “culture”, ses rites… dès qu’on veut la cerner, il faut faire comme Nicolas, passer par ce que la tv et la radio ont de pire. J’ai peur que ce ne soit le destin de la planète qui s’annonce là (ouha, comment il élargit la question le keum!)§-[signe d'ironie,utile par les lectorats qui courent].
@Tang : encore faudrait-il définir ce qu’on appelle Trhiller. Par ex, je déteste Grangier. Mais on peut pas en vouloir vraiment au gens de lire ce qui n’est que l’incarnation moderne de Rocambol, non? Par contre il m’est arrivé de lire de la “haute et pure et immaculée ” littérature dans le métro. Une fois qu’on est dans son monde…
@Restif: Hum, je parle plus que du thriller des thrillers qui se lisent actuellement dans les transports, que l’on voit partout à grand renfort de pub. Avec des pseudonymes ridicules (Connelly, Chattam etc…)
Je voue une haine viscérale contre cette soupe. Mais tu le sais je crois. Et cette haine a des raisons profondes – mais non personnelles – que tu sauras sans doute mais que je ne développerai pas ici (ca ira très bien ailleurs, ca mérite un peu mieux qu’un post fût-ce sur Ilys)
Sinon oui évidemment qu’on peut lire Proust dans le métro, si on n’est pas capable de faire abstraction du monde en lisant inutile de lire, a fortiori de la littérature un poil ambitieuse.
Pour en revenir au sujet, je n’en veux pas au gens de lire de mauvais thrillers, j’en veux à de puantes machines à sous d’en écrire sans conviction. J’ai bien plus d’estime pour un King pourtant véritable best seller mais qui paie de sa personne en écrivant.
Qu’un pauvre Goux écrive des Brigades mondaines me semble une excellente chose s’il le fait avec amour du genre. Mais qu’un jeune loup aux dents longues ponde un thriller mystique parce que ça se vend bien, quitte à se mettre à la S&S pour piétiner la Rowling… Là clairement mes tripes s’en mêlent et je crachote mes postillons haineux sans hésitation…
N’hésite pas à me contredire, il y a largement de quoi, surtout avec ce que je rajoute pour faire entendre brailler tel ou tel… Vu tes gros bémol s’agissant de la BD… Je n’en attendais pas moins. Mais je maintiens qu’au delà des intentions des auteurs, notamment s’agissant de superdupont, une certaine France est chantée, dans la mesure même où elle disparaît et cette BD sur un mode ironique la fait vivre… C’est sans doute plus vrai de nos jours.
Mandryka j’ai balancé ça un peu au pif je connais très peu. Ca m’a semblé très individualiste et on rattache souvent cette valeur à la droite… (je driai qu’on rattache la droite à cette valeur personnellement, notamment parce que ça emmerdera pas mal de monde et que j’aime bien ça).
Allez un mail plutôt, affreux centriste… Ah ah. A quelles extrémités n’es tu pas rendu par deux gamins…
Tang :Oh j’aime bien les extremités. Ca m’aide a aiguiser mes talents de (lâche et rampant) diplomate.
Je trouve que Nicolas a mis le doigt sur un truc qui explique auss le thriller dont tu parles: l’habitude. Mon vénéré père avait l’habitude de dire : mettez un cul (male ou femelle), tous les soirs,à 20heures. D’abord ça va gueuler, hurler, se scandaliser. Puis deuxième étape : on s’adapte. Enfin,retirez subitement le cul : là,vous entendrez la foule éplorée réclamez à hautre voix “Le cul, le cul, rendez-nous le cul”.
“L’habitude est une étrangère/ Qui supplée en nous la raison”…
” Connelly = pseudonyme d’auteur de thrillers” …
… Allez, direct au Moron Hall of Fame. Même pas besoin de spécifier l’auteur.
Si c’est son vrai nom c’est encore pire… Dans ce cas les pseudonymes ne sont pas faits pour les chiens.
@restif: J’aime bien ton blog… Très peu de fioritures…
http://u/
“Oups ! Petit problème… Ce lien semble corrompu.”
Si c’est corrompu, alors je suis dans le coup, c’est certain.
sur ce mes précieux enfants (pour qui Dieu a donné son sang et le diable son souffre) je m’en va travailler aux laboratoires du songe.
Il est certain qu’un Celte qui n’a pas honte d’un nom légué par ses ancêtres, ça doit être humiliant pour certains…
http://www.irishsurnames.com/cgi-bin/gallery.pl?name=connolly&capname=Connolly&letter=c&user=IIS&refer=ISP&item=ss
Meaning of “Connolly” or “Connelly” : “Fierce as a hound”. On est là aussi très loin du kiwi.
“Travailler”, tout de suite les grands mots. Fumiste!
@ Restif : Vous pensez réellement qu’Il a donné Son sang pour les cons aussi ?
D’un point de vue humain, cela est impossible à croire. Si c’est vrai, quel amour. Quel amour. On confine au mystère absolu, là.
Vos ragnagnas Denis ne s’arrêtent donc jamais? Je préfère définitivement les femmes…