Les Cavaliers
Le 13/12/08 à 12:01 par SK
Saumur, vers 1868.
L’officier du 3ème Dragon assis à gauche, identifiable au casque de cuivre à turban de peau de vache tigrée et crinière, est le Lieutenant Gustave-Louis-Maxime d’Abel de Libran (né en 1835 à Aix en Provence). Il est présent le 16 Août 1870 à Rezonville, au cours de la charge du plateau d’Yron :
Cependant le général Legrand, qui se trouvait à la tête du 3e dragons, s’est élancé à son tour, en voyant un nouveau régiment de dragons prussiens, le 19e oldenbourgeois, exécuter un changement de front et menacer de prendre la brigade de Montaigu par son aile droite.
Au moment où il a reçu l’ordre de charger l’ennemi, le colonel Bilhau, commandant du 3e dragons, n’avait que deux escadrons sous la main, les 3e et 4e. (…)
Les braves dragons, à sa suite, traversent le ravin large et profond d’Yron, sans se préoccuper de la masse d’ennemis qu’ils ont devant eux, et se précipitent la pointe du sabre en avant sur la cavalerie prussienne. Ils poussent leur charge à fond, abordent franchement les houzards du 10e régiment prussien qui leur sont opposés, les culbutent, mais à ce même instant ils sont pris en flanc par le 19e dragons d’Oldenbourg, qui s’est rabattu en ligne sur leur attaque et ils se retirent en passant sur les cadavres des houzards tombés sous leurs coups. (…)
Dans cette lutte de quelques instants, le colonel Bilhau, du 3e dragons, est renversé sous son cheval, couvert de contusions, et fait prisonnier, ainsi que son lieutenant colonel, M.Collignon, atteint de deux coups de sabre pendant la bagarre.
Le capitaine adjudant-major, M. d’Abel de Libran, blessé de dix-sept coups de sabre et d’un coup de lance, est laissé pour mort sur le champ de bataille. (…)
N. Hardoin, Français & Allemands- histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871
Général de Brigade en 1893, Gustave-Louis-Maxime d’Abel de Libran décède le 3 Février 1897 à Dinan.


Du sang et des larmes, mais aussi de la gloire, surtout de la gloire.
Aaah je vois que Bidou a réussi son coup d’Etat!
Les enseignangnants et leurs polémimiques littéraires à la con ont été renversés tant mieux.
Du cul et du sabre, le retour du grand Ilys, bravo!
Il n’y a pas à dire, cela avait plus de classe que les pignoufs d’Athènes, les manifestants anti-CPE, les anars du TGV et autres canailles de banlieue.
@Framboise: La littérature a tout à voir avec l’héroïsme pourtant… En revanche c’est loin d’être le cas de l’enseignement – comme certain(e)s se plaisent à le croire. Pour les polémimiques – comme pur d’autres choses – il faut être deux pour commencer à s’amuser.
@SK: Je me demande toujours où vous allez chercher vos photos SK. Le site apparait certes mais, le lien entre l’image et sa légende? Est-ce dans l’ouvrage que vous citez?
@ Framboise : ” Les enseignangnants et leurs polémimiques littéraires à la con ont été renversés tant mieux.’ …
… Vous, au moins, prouvez qu’il existe encore un peuple Ilysien et sain ;-)
Ceci dit, il est à craindre que vous ne rêviez, comme un commentaire survenu depuis le vôtre, le suggère fortement.
Félicitons au passage l’intéressé pour s’être reconnu. C’est déjà ça : non, il n’est pas intégralement XXX.
@ SK : Merci pour la photo et le reste. Il n’est jamais mauvais de rappeler le degré de l’héroïsme français en 1870 – comme d’ailleurs, peut-être dans une moindre mesure, en 1940.
@ Nicolas : Je me pose toutefois une question : ces hommes qui agissaient comme une élite doit le faire, se complaisaient-ils durant leurs loisirs (abondants, rappelons-le, chez les militaires en général, les officiers n’étant aucunement des exceptions, moins encore s’ils étaient aristocrates) dans l’équivalent à l’époque de l’écoute de Jouhandeau sur France Culture, ou dans celui de Rires & Chansons?
Tant de sang européen, bravement mais si souvent inutilement versé, pour des histoires de bornes-frontière :-(
Ahhh, enfin quelque chose de plus intéressant que des nichons !!!
@ UnOurs : Oui, effectivement…
@ Laurent : Les précédents nichons étaient tout ce qu’il y a de plus discrets, avouez-le. Mais bon, on a compris, vous recherchez un (ou des) sabreur(s).
Dans les seventies amiantées et radieuses, où les immigrés étaient travailleurs et obéissants, il y avait une super boisson appelée le Tang.
C’était une espèce de poudre de perlimpinpin dont la composition n’a jamais été révélée (sans doutes pour éviter les procès).
Mélangée à de l’eau çà prétendait avoir tout à voir avec le jus d’orange. Évidemment c’était faux çà avait tout à voir avec l’héroïsme chimique.
Je propose que Bidou fasse du Tang sa boisson officielle, en hommage à Euthanazix.
Aux hussards, je préfère les lanciers…
Framboise ma coquine, il est si commun d’évoquer ladite boisson pour me chier dans les bottes que si j’étais vous j’irais bien vite me cacher dans les jupes de la mère Denis qui a perdu son chat… Avec bien de l’héroïsme réel, chimique ou imaginé…
Ah bon vous avez des bottes? J’aurais plutôt parié sur des Mephistos marron achetées à la défunte Camif. En tout cas heureuse d’apprendre qu’on peut chier dans vos chaussures!
Et puis c’est la mère Michel qui a perdu son chat, monsieur, ne vous essayez pas à la culture populaire que vous détestez tant. Rentrez plutôt dans votre salon mâcher de la littérature de prof écrite par des profs, comme d’autres mâchent des macarons.
Ah ah… “De la littérature de prof écrite par des profs”… J’avais envie de dire: “Tiens, une conne”. Mais je me contenterai de le penser dans le secret…
Vous voyez que vous avez compris la mère Denis. Épargnez-nous vos couineries dans ces conditions.
Tang a écrit:
“J’avais envie de dire: “Tiens, une conne”. Mais je me contenterai de le penser dans le secret…”
Eh bien si c’est une pensée secrète, pourquoi l’écrivez vous ?
Je me suis trompée ce n’est pas des macarons que vous mâchez, mais du foin!
Vous êtes de mauvaise humeur? Je vous contrarie?
Avant Internet vous deviez vous contenter de baver de l’encre dans des cahiers. Ne vous plaignez pas, on vous lit c’est déjà çà. Vous appréciez, c’est un peu trop demander mon petit bonhomme!
Bon, c’est fini ces chamailleries ? C’est fatiguant à la fin. Si cela tourne en pollution systématique des fils, je supprime. Et pas de “c’est lui qui a commencé” hein, stop.
Aaah excusez moi SK, mais quand je croise des pseudo dandys en formica qui me balancent des vérités à deux balles du style “la littérature est un héroïsme”, j’ai le goût du sang qui me vient à la bouche.
Je n’ose imaginer ce que notre lieutenant de dragons lui aurait fait subir, s’il l’avait croisé. Les Saints-cyriens se servent de la garde du sabre comme d’un poing américain quand ils sortent en grande tenue et qu’on les cherche trop, le saviez-vous?
Mille pardons, au fond je ne comprends pas ce qui pousse telle ou tel à se mêler d’une explication entre grands garçons. Mais peu importe.
@”Bon, c’est fini ces chamailleries ? C’est fatiguant à la fin.
En effet, ça devient insupportable. Pas un fil sans ces conneries, depuis quelques temps. Pas génial pour le lecteur de passage qui tombe par hasard sur le site, en plus.
Framboise, je rajouterai les Saints-Cyriens à la liste de mes grandes peurs. Après une telle description, au sommet même.
Et d’accord avec les autres. Ces altercations permanentes deviennent casse-couilles. Il va falloir couper dans le lard.
On touche là à un problème de ce site, c’est que vous commencez à vous prendre un peu trop au sérieux. Vous étiez drôles, originaux, irrévérencieux, et ces derniers temps vous faites comme une crise de grosse tête.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais si vous devez aller dans le sens des fils ronronnants d’explications de textes sur 25 lignes qui semblent à la mode ces derniers temps, vous irez dans le mur.
@ Framboise : “Ronronnants” est fort bien vu. Avec votre permission, toutefois, une petite rectification par addition : ” (…) des fils ronronnants d’explications de textes [ et d'échanges mutuellement enamourés entre hypersensibles, dont certains totalement intolérants à la critique ] sur 25 lignes qui semblent à la mode ces derniers temps (…)”.
@ Laurent : Attention à la température de la lance :-)
Framboise soyez gentil de lire au lieu de faire de la confiture de ce qui est dit.
Je n’ai jamais dit que la littérature fût un héroïsme (elle peut l’être dans quelques rares cas). J’ai dit qu’elle avait tout à voir avec l’héroïsme. A savoir qu’elle n’existe que parce que l’on rêve d’héroïsme. Les lecteurs intelligents ont très bien compris. Une greluche pleine de préjugés qui se figure savoir mes lectures a compris ce qu’elle a voulu lire.
Oui ça commence un peu à devenir n’importe quoi là, des gonzesses qui viennent troubler la quiétude de ce boudoir pour gentlemen, et sous la photo de nos braves hussards en plus !!
Il va falloir faire le ménage, enfin, plutôt renvoyer ces Fraulein à cette activité.
Si ça continue, je vous amène une tripotée de gays ici, et de gauche ! ^^
On se représente mal, aujourd’hui, la somme de courage – c’est à dire la vision de la portée de sa propre existence – qu’il fallait à ces hommes pour tenter d’arracher à d’autres furieux tout aussi motivés un bout de champ, un morceau de vallée, la perspective d’une plaine… cela au milieu d’une forêt de sabres et de lances, du fracas des cuirasses, de la menace des boulets, du sifflement des balles.
Vertuchou ! Mein grüss gott !
@ Laurent : ” une tripotée de gays ” (…) ” gays de gauche ” …
… double redondance :-)
@ Kalle : “la somme de courage – c’est à dire la vision de la portée de sa propre existence” …
… La définition est excellente, le mot “portée” étant lui, ici, simplement parfait.
RECTIFICATIF !
La personne présentée est Edmond Castelnau, Sous-Lieutenant aux Cuirassiers de la Garde Impériale
Edmond Castelnau est nommé Sous-Lieutenant 1er Octobre 1865.
En 1870 il est toujours aux Cuirassiers de la Garde.
A la formation du 13e Corps d’Armée à Paris le 16 Août 1870, il est Officier d’Ordonnance du Général Vinoy.
Sartre écrira dans “Les Temps Modernes” :
“Vinoy, comme Trochu, s’est entouré de gens convenables; il a pour chef d’état-major le général Horix de Valdan, dont on appréciera le travail lors de la capitulation ; son officier d’ordonnance est le petit Castelnau, sous-lieutenant hier aux “cuirassiers de la garde” ; le capitaine de Sermaisons est son aide de camp.”
Il rajoute, au sujet des remises de décorations :
“(…) jusqu’aux “douaniers mobilisés” récompensés en la personne du capitaine Étienne-Louis-Stanislas Médéric de Méric ; le petit lieutenant Castelnau reçoit, lui aussi, la croix des braves à titre d’”officier d’ordonnance du général Vinoy”. “Tant d’insuccès, malgré tant de héros, c’est inexplicable !” commente ce Francis Garnier toujours prêt aux remarques les plus inopportunes.”
Edmond Castelnau n’apparaît plus dans l’Annuaire Militaire de 1873.
Par contre il y a bel et bien un sous-lieutenant et un lieutenant du 3e Dragons à droite de la photo (ceux avec le casque à peau de Léopard !)
Le premier (à gauche) est le Sous-Lieutenant Louis-Charles-Valbert de Masson d’Autume.
Né le 23 juin 1843 à Autume (Jura), il est le fils de François-Ernest de Masson d’Autume , Marquis de Masson d’Autume (1813-1872) et de Madeleine-Jeanne-Stéphanie de Thy (1820-1864).
Il est nommé Sous-Lieutenant au 3e Dragons le 1er Octobre 1865.
Il passe Lieutenant le 30 Avril 1872.
En 1879 on le retrouve Capitaine (en date du 16 Octobre 1875) à l’Escadron de Dragons du 7e de Cavalerie Territoriale à Gray.
Il n’apparaît plus dans l’Annuaire de 1884 – on l’escusera puisqu’il avait épousé le 5 mai 1883 avec Jeanne-Louise-Marie Pernot de Fontenelle (1863 – 1916). Ils seront les parents de François-Régis-Léonel-Marie de Masson d’Autume , Marquis de Masson d’Autume en 1884.
Il décèdera le 22 mars 1918 à Lausanne (Suisse).
Le second (à froite) est le Lieutenant Gustave-Louis-Maxime d’Abel de Libran.
Gustave-Louis-Maxime d’Abel de Libran est né le 7 Février 1835 à Aix en Provence. Il est le frère du futur Contre-Amiral Henri-Gaspard-Alexandre d’Abel de Libran (1833-1901).
Gustave-Louis-Maxime suit les cours de l’Ecole Impériale Spéciale Militaire de Saint-Cyr où il rentre en 1855 (promotion du Prince Impérial). A sa sortie il est nommé Sous-Lieutenant au 3e Dragons le 1er Octobre 1857. Il passe Lieutenant le 14 Mars 1863.
Il épouse le 28 Novembre 1868 Octavie de la Motte-Ango de Flers (ils auront deux enfants, Fernand et Odette).
Il est promu Capitaine au 3e Dragons le 12 Mars 1870.
Il est présent le 16 Août 1870 à Rezonville, au cours de la charge du plateau d’Yron (in “Français & Allemands- histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871″ de N. Hardoin) :
“Cependant le général Legrand, qui se trouvait à la tête du 3e dragons, s’est élancé à son tour, en voyant un nouveau régiment de dragons prussiens, le 19e oldenbourgeois, exécuter un changement de front et menacer de prendre la brigade de Montaigu par son aile droite.
Au moment où il a reçu l’ordre de charger l’ennemi, le colonel Bilhau, commandant du 3e dragons, n’avait que deux escadrons sous la main, les 3e et 4e. (…)
Les braves dragons, à sa suite, traversent le ravin large et profond d’Yron, sans se préoccuper de la masse d’ennemis qu’ils ont devant eux, et se précipitent la pointe du sabre en avant sur la cavalerie prussienne. Ils poussent leur charge à fond, abordent franchement les houzards du 10e régiment prussien qui leur sont opposés, les culbutent, mais à ce même instant ils sont pris en flanc par le 19e dragons d’Oldenbourg, qui s’est rabattu en ligne sur leur attaque et ils se retirent en passant sur les cadavres des houzards tombés sous leurs coups. (…)
Dans cette lutte de quelques instants, le colonel Bilhau, du 3e dragons, est renversé sous son cheval, couvert de contusions, et fait prisonnier, ainsi que son lieutenant colonel, M.Collignon, atteint de deux coups de sabre pendant la bagarre.
Le capitaine adjudant-major, M. d’Abel de Libran, blessé de dix-sept coups de sabre et d’un coup de lance, est laissé pour mort sur le champ de bataille. (…)”
Henri Choppin, dans son “Journal de captivité d’un officier de l’Armée du Rhin (27 octobre 1870-18 mars 1871)”, précisera que “Le Lieutenant-Colonel (Collignon) est à Düssserldorf, de Libran à Magdebourg avec moi”.
En 1873, il est Capitaine Instructeur du 3e Dragons et Chevalier de la Légion d’Honneur.
Il est promu Chef d’Escadrons au 18e Chasseurs le 12 Avril 1877. En 1878 et 1879 on le retrouve détaché à l’Ecole Militaire Supérieure, Adjoint au Professeur de tactique appliquée de Cavalerie.
Il est fait officier de la Légion d’Honneur le 18 Janvier 1881.
Il est promu Lieutenant-Colonel au 17e Chasseurs le 22 Décembre 1882.
Il est promu Colonel le 29 Décembre 1887 et commande le 14e Dragons.
Il est promu Général de Brigade le 26 Décembre 1893. Il commande la brigade de cavalerie du 10 corps d’armée.
Il décède le 3 Février 1897 à Dinan.
Merci de vérifier vos informations avant de mettre n’importe quoi en ligne !!!
Glorieuse époque.
Le sabre militaire européen du 19ème siècle est une arme d’une beauté fascinante, et d’un panache inégalable.