La conjuration des imbéciles
Le 29/11/08 à 11:29 par SK
(…) La vraie question devient alors : ne peut-on plus l’ “ouvrir” de quelque façon, proférer quoi que ce soit d’insolite, d’insolent, d’hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d’extrême droite (ce qui est, il faut bien le dire, un hommage rendu à l’extrême droite) ? Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd’hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L’illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l’opposition, s’est révélée, avec l’accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l’histoire, mais d’une morale de l’histoire. D’une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience – degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d’une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite – où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l’extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd’hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d’instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs (…)
Jean Baudrilllard, Libération, Mai 1997.
Ok, c’était il y a un siècle. Mais tout de même.

c’est une expérience que nous – anars de droite – avons tous faite : commencer par faire accroire que vous êtes de goâche et vous pourrez faire avaler aux malfaisants des énormités qui conduiraient un Zemmour au Vorkoutlag !
“Les deux situations, aussi critiques et insolubles l’une que l’autre : celle de la nullité de l’art contemporain, celle de l’impuissance politique face à Le Pen. Elles s’échangent et se résolvent par transfusion : l’impuissance à opposer quoi que ce soit de politique à Le Pen se déplace sur le terrain de la culture et de la Sainte Alliance culturelle. Quant à la mise en cause de l’art contemporain, elle ne peut venir que d’une pensée réactionnaire et irrationnelle, voire fasciste…Que peut-on opposer à cette conjuration respectueuse des imbéciles ? Rien malheureusement ne peut corriger ce mécanisme de perversion intellectuelle, puisqu’il s’inspire de la mauvaise conscience et de l’impuissance de nos élites “démocratiques” à résoudre aussi bien l’impasse de l’art que l’impasse politique de la lutte contre le Front national. La solution la plus simple est de confondre les deux problèmes dans la même vitupération moralisante. La vraie question devient alors : ne peut-on plus l’”ouvrir” de quelque façon, proférer quoi que ce soit d’insolite, d’insolent, d’hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d’extrême droite (ce qui est, il faut bien le dire, un hommage rendu à l’extrême droite) ? Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd’hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L’illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l’opposition, s’est révélée, avec l’accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l’histoire, mais d’une morale de l’histoire. D’une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience – degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d’une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite – où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l’extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd’hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d’instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs. Voué au mal et à l’immoralité, Le Pen rafle toute la mise politique, le solde de tout ce qui est laissé pour compte, ou franchement refoulé, par la politique du Bien et des Lumières. Plus se durcit la coalition morale contre lui – signe d’impuissance politique – plus il tire le profit politique de l’immoralité, d’être le seul du côté du mal. Quand la droite est passée du côté des valeurs morales et de l’ordre établi, la gauche n’a pas hésité, jadis, à défier ces mêmes valeurs morales au nom des valeurs politiques. Aujourd’hui, elle est victime du même glissement, du même dessaisissement : investie de l’ordre moral, elle ne peut que voir cristallisée ailleurs l’énergie politique refoulée, et se cristalliser contre elle. Et elle ne peut qu’alimenter le Mal, en incarnant le règne de la Vertu, qui est aussi celui de la plus grande hypocrisie. Le Pen, il faudrait l’inventer. C’est lui qui nous délivre de toute une part maléfique de nous-mêmes, de la quintessence de ce qu’il y a en nous de pire. A ce titre, on doit lui jeter l’anathème – mais, s’il disparaissait, pitié de nous, livrés à tous nos virus racistes, sexistes, nationalistes (notre lot à tous), ou tout simplement à la négativité meurtrière de l’être social. En cela, il est le miroir de la classe politique, qui exorcise en lui ses propres maux, comme nous exorcisons en elle toute la corruption inhérente au fonctionnement social. Même fonction corruptrice, même fonction cathartique. Vouloir extirper cela, vouloir purifier la société et moraliser la vie publique, vouloir liquider ce qui tient lieu du mal, témoigne d’une méconnaissance totale des mécanismes du mal, et donc de la forme même du politique. Les antilepéniens, jouant de la dénonciation unilatérale et ignorant tout de cette réversibilité du mal, en ont laissé le monopole à Le Pen, qui jouit ainsi, par son exclusion même, d’une position imprenable. La classe politique, en le stigmatisant au nom de la Vertu, lui assure la position la plus confortable, où il n’a plus rien d’autre à faire que rafler toute la charge symbolique d’ambivalence, de dénégation du mal et d’hypocrisie que produisent spontanément à son profit et comme à sa solde, ses adversaires se réclamant du bon droit et de la bonne cause. Son énergie lui vient de ses ennemis mêmes, qui s’empressent de détourner ses propres erreurs à son profit. Ils n’ont pas compris que le bien ne résulte jamais d’une éviction du mal, qui prend toujours alors une revanche éclatante, mais d’un traitement subtil du mal par le mal. Tout cela pour dire que si Le Pen est l’incarnation de la bêtise et de la nullité – certes – mais de celle des autres, de ceux qui en le dénonçant dénoncent leur propre impuissance et leur propre bêtise, en même temps que l’absurdité qu’il y a à le combattre frontalement, sans rien avoir compris à ce jeu de chaises diabolique – alimentant ainsi leur propre fantôme, leur propre double négatif dans un manque terrifiant de lucidité. Qu’est-ce qui commande à cet effet pervers, tel que la gauche est bloquée dans la dénonciation, alors que Le Pen garde le monopole de l’énonciation ; l’un tirant tous les bénéfices du crime, et l’autre tous les effets négatifs de la récrimination ; lui s’éclatant dans le mal et la gauche s’enferrant dans le victimal ? Une vérité toute simple : en séquestrant Le Pen dans un ghetto, c’est la gauche démocratique qui s’enferme, qui se désigne comme puissance discriminatrice et s’exile dans son obsession. Elle rend automatiquement à l’autre le privilège du déni de justice. Et Le Pen ne se fait pas faute d’arguer de cette légalité républicaine à son profit, mais c’est surtout dans le prestige illégal, imaginaire, mais très profond, du persécuté, qu’il s’installe, si bien qu’il peut jouir à la fois des bénéfices de la légalité et de l’illégalité. De cet ostracisme il tire une liberté de langage, une insolence de jugement que la gauche s’interdit à elle-même. Un exemple de cette pensée magique qui tient lieu aujourd’hui de pensée politique. On reproche à Le Pen le rejet et l’exclusion des immigrés. Mais ceci est une goutte d’eau dans le processus d’exclusion sociale qui est en cours à tous niveaux (1.). Et de celui-là, de ce processus complexe et inextricable de responsabilité collective, nous sommes tous complices et victimes. Il est donc typiquement magique de conjurer ce virus qui diffracte partout en fonction même de notre “progrès” social et technique, d’exorciser cette malédiction de l’exclusion et notre impuissance face à elle dans un homme, une institution ou un groupe exécrables, quels qu’ils soient, un chancre qu’il suffirait d’opérer par ablation, alors que les métastases sont déjà partout. Le Front national ne fait que suivre les voies frayées par les métastases, avec d’autant plus de virulence qu’on croit en avoir éliminé l’abcès et que les germes diffusent alors dans tout l’organisme. Sans compter que cette projection magique envers le FN en use exactement de la même façon que lui envers les immigrés. Il faut se méfier de cette ruse de la contamination qui fait que, par simple transparence du mal, le positif se change en un virus négatif, et l’exigence de liberté en “despotisme démocratique”. Toujours cette réversibilité, cet enroulement subtil du mal, dont l’intelligence rationnelle ne se méfie pas (alors que toute la pathologie moderne nous en apprend tant au niveau du corps physique, nous n’en tenons pas compte quant au corps social). Il faut, pour rester en politique, se garder de l’idéologie et voir les choses en termes de physique sociale. Notre société démocratique, c’est la stase ; Le Pen, c’est la métastase. La société globale périt d’inertie et d’immunodéficience. Le Pen est la transcription visible de cet état viral, sa projection spectaculaire. C’est comme dans les rêves : il est la figuration burlesque, hallucinatoire, de cet état latent, de cette inertie silencieuse faite d’intégration forcée et d’exclusion systématique à doses égales. L’espoir, dans cette société, de réduire les inégalités sociales s’étant (presque) définitivement éloigné, il ne faut pas s’étonner de voir le ressentiment se déporter sur l’inégalité des races. C’est la faillite du social qui fait le succès du racial (et de toutes les autres formes de stratégies fatales). En ce sens, Le Pen est le seul analyseur sauvage de cette société. Qu’il soit à l’extrême droite n’est que la triste conséquence qu’il n’y en a plus depuis longtemps à gauche ni à l’extrême gauche. Certainement pas les juges, ni les intellectuels – seuls les immigrés, à l’extrémité inverse, seraient aussi en position d’analyseurs, mais une certaine bonne pensée les a largement récupérés. Il est le seul qui opère une réduction radicale de la distinction droite/gauche – réduction par défaut, certes, mais la critique sans appel qui en a été faite dès les années 60, et en 68, a malheureusement disparu de la vie politique. Il récupère ainsi une situation de fait que la classe politique se refuse à affronter (elle fait même tout pour l’effacer par les élections), mais dont il faudra bien un jour tirer les conséquences extrêmes. Si un jour l’imagination politique, l’exigence et la volonté politiques ont une chance de rebondir, ce ne peut être que sur la base de l’abolition radicale de cette distinction fossile qui s’est annulé et désavouée elle-même au fil des décennies, et qui ne tient plus que par la complicité dans la corruption. Distinction évanouie dans les faits, mais que par un révisionnisme incurable, on s’acharne à ressusciter, faisant ainsi de Le Pen le générateur de la seule nouvelle scène politique. Comme si tout le monde était complice pour saborder ce qu’il reste de démocratie, sans doute pour donner l’illusion rétrospective qu’elle a bien existé.Y a-t-il une possibilité de tirer les conséquences de cette situation extrême (mais originale) autrement qu’à travers le médium hallucinatoire de Le Pen, c’est-à-dire autrement que par une conjuration magique où s’épuisent toutes les énergies ? Comment ne pas succomber à cette excroissance virale de nos propres démons, sinon en reprenant en compte, au-delà de l’ordre moral et du révisionnisme démocratique, cette analyse sauvage dont Le Pen et le FN nous ont en quelque sorte dépossédés ? .1. L’exclusion elle-même, en même temps que la fracture sociale, s’est trouvée exclue par le décret de dissolution de l’Assemblée.”
Sans doute, ce “paradigme : gauche-droite” ne veut plus rien dire, s’il a exprimé quelque chose un jour.
En fait, il n’y aurait que les fils de Pan et les enfants de la panique.
Je sais où je suis.
@ Sibersator : Le problème est que si l’on partage votre pronostic, alors on panique.
le problème du conformisme dans les médias en écho dans causeur:
http://www.causeur.fr/sur-france-culture-l’esprit-privatise,1424
Bien sûr Leroy ne comprend pas que l’un des problèmes, c’est une radio d’Etat justement , qui ne protège absolument pas des dérives conformistes, mais bien au contraire, en est le moteur : on y retrouve les mêmes qui sont dans tous les rouages de l’Etat, les mêmes anesthésiants du discours devenus incontournables . Leroy pourrait faire l’effort d’identifier clairement le nouveau conformisme, mais non, impossible de l’intérieur…
A la question de Baudrillard, Pierre-Patrick Kaltenbach avait déjà répondu:
http://www.ppkaltenbach.org/news/tartuffe-aux-affaires
dans une démonstration magnifique. J’ai adapté son analyse à la situation présente dans un texte que je replace ici:
SUR LA SIGNIFICATION DE L’ANTIRACISME EXCESSIF (ou la Race des Tartuffe)
Par antiracisme excessif, j’entends la négation de la notion de race humaine (dans le sens du dictionnaire), cette négation qui nous laisse dépourvus, quand, par exemple, on veut dire que l’on a affaire à un asiatique, mais pas à un indien, et qu’en plus l’asiatique en question est né en Bretagne. Doit-on le traiter de bridé pour rester correct ?
Il y a différentes façons d’interpréter l’antiracisme excessif :
La première, positive, est de le considérer comme du « politiquement correct ». Après tout, les imbéciles sont nombreux, et, à tout prendre, il vaut mieux qu’ils soient antiracistes que racistes.
Un deuxième façon est d’y voir, à la manière de Finkielkraut, le nouveau totalitarisme. Cette perception est à mon avis inadéquate : l’antiracisme à lui seul ne peut pas imposer une forme de politique, et si la langue de l’antiracisme excessif nous rappelle un discours totalitaire, c’est parce qu’il est souvent utilisé par ceux qui, autrefois, l’utilisaient. Oui, je veux parler des « humanistes » à visage barbare.
A mon avis, et j’espère en faire la démonstration, le succès de l’antiracisme excessif dans notre pays est lié à la perte des repères moraux. N’oublions pas que cet antiracisme s’est développé sous Mitterrand. Certes, un calcul politique visait à mettre en première ligne le FN pour déstabiliser la droite, mais il faut voir au-delà. Après l’échec du gouvernement Mauroy et la disparition d’une idéologie claire, alors que leur venue au pouvoir avait entraîné massivement chez les socialistes des comportements aussi peu moraux que ceux de la droite honnie, il était devenu nécessaire de redéfinir ce qu’étaient le Bien et le Mal.
« C’est au moment précis où le civisme s’affaisse, où la République mangue le plus de véritables citoyens et la société de bénévoles que la génération responsable de cette horreur politique ” n’a de cesse de brandir le plus moralisatrice des morales » écrit Pierre-Patrick Kaltenbach, auteur de « Tartuffe aux Affaires ». On le voit aujourd’hui, de l’affaire Huchon à la révélation des pratiques de votes au PS, le civisme n’en a pas fini de s’affaisser.
Désigner ainsi le mal (le racisme), le débusquer partout, revient à apparaître comme un chevalier blanc. Qu’est-ce qu’après tout qu’un banal conflit d’intérêt, un trafic d’influence, voire un petit pot-de-vin, comparé au nazisme et à l’esclavage ?
Ne peut-on pas se poser des questions quand on voit le fondateur de SOS Racisme, Harlem Desir, condamné pour abus de biens sociaux ? Ne peut-on pas s’interroger sur la grande figure de l’anti-racisme en France, Axel Kahn, qui a arbitré pour les OGM en France, juste avant d’être embauché pour 2 ans par Rhône-Poulenc, qui les fabriquait ? Axel Kahn, l’homme de tous les comités d’éthiques ? Quoi, il y aurait d’un côté la morale, et de l’autre l’éthique ? Non, il ne s’agit pas de hasard : définir une nouvelle morale, faite d’antiracisme excessif et de bons sentiments proclamés, c’est éviter de se poser des questions sur l’intégrité et la corruption, cette corruption qui fait les réseaux, réseaux dont on dit avec raison qu’ils constituent le Mal français.
L’antiracisme excessif, ce n’est ni une manifestation anodine du « politiquement correct », ni le nouvel aspect du totalitarisme, c’est simplement le révélateur d’une faillite morale.
” l’antiracisme à lui seul ne peut pas imposer une forme de politique” : il n’y aurait plus besoin de faire de la politique, justement. Tout est vidé, reste l’antiracisme et les nouveaux cultes ( diversité, métissage, altérité machin etc…). Plus de politique, mais des nouvelles religions barbares, puisqu’il s’agit de croire et d’interdire non seulement d’en débattre , mais de penser simplement puisque les mots mêmes sont défendus, on l’a bien vu encore une fois avec Zemmour qui devient le nouveau Le Pen. C’est ce que dit Baudrillard : plus de politique.
Alors là, je ne suis pas d’accord, si l’antiracisme à lui seul ne peut pas imposer une forme de politique, il peut faire partie, dans le cas des humanistes à visages barbares, d’une stratégie politique: égalisation à outrance, absence de sélection dans des universités gratuites, état providence et augmentation du nombre de fonctionnaires: le communisme revient par la petite porte.
Mais je suis convaincu que c’est seulement une tendance minoritaire de l’antiracisme (englobant également les antisionistes).
La tendance majoritaire, ce sont les tartuffes, les tenants d’un ordre qui les favorise, corrompus, et qui se donnent bonne conscience à peu de frais. Mais ça aussi, c’est de la politique.
On ne peut pas appeler cela du communisme, le mot de Finkielkraut ne renvoyait qu’à la tentation totalitaire et liberticide. La promotion des communautés, l’encouragement à la diversité, tout le bazar, ce n’est pas conforme : le communiste est formel, il adore cela. C’est plus schizophrène ; à vrai dire cela n’a rien de politique.
“Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d’instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs (…)”
Voilà, en fait, tout est là.
Ce que semble dire Baudrillard, c’est que le politique (problème commun de la cité – nation ?) n’est plus dans la mesure où un certain nombre de communauté (lobbies) s’arrogent, s’approprie la promotion et la défense d’un certain nombre de solutions (propagande) en l’imposant à tous les autres (à la cité)
Il n’y a donc plus de discussion, c’est vrai.
Cela va du racisme (antiracisme) à l’Histoire (lois mémorielles de mes deux) en passant par la sulfateuse à taxes en tout genre.
@ Denis : Le secret de Pan c’est que justement on ne panique plus une fois qu’on l’a rejoint !
[...] La conjuration des imbéciles [...]
Les rédacteurs et commentateurs d’Ilys auraient-ils l’amabilité de m’indiquer trois ouvrages de Baudrillard à lire en priorité, s’il vous plait ?
D’avance merci.
@ sibersator : Hé ben, moi qui croyais bêtement que “panique” venait de “Pan” :-)
@ FRdS : Merci pour PPK, l’inoubliable auteur d’”Associations lucratives sans but”. Ce franc-tireur protestant, hélas, a hélas poussé le pragmatisme jusqu’à mettre le savoir-faire parpaillot (il était, et est peut-être encore, responsable des Associations familiales protestantes – pas un mouvement de masse, soit dit en passant) au service des familles Muzz, partant du principe (hélas probablement fondé) que ces dernières faisant désormais partie du paysage, autant qu’elles s’organisent un peu pour limiter les conneries diverses et variées qu’on observe en leur sein. En tout cas le gars est intelligent, et véritablement inclassable – et libre !
@ Denis : le mot, oui ; la philosophie et le geste, non.
@ Hank : L’heure n’est plus de lire, mais de dé-lire — et les temps sont au délire sans doute aussi… Sinon, lisez tout Baudrillard en priorité. (Au point où il en est ; il s’en fout désormais, vous pas !)
@Hank : en vrac, “La société de consommation”, quand même, aux origines; ” La consommation des signes”, “le complot de l’art”, “Cool memories” et “Amérique” pour les photos et les textes rigolos … Le Système des objets”, qui l’a fait connaître, ce vieux salaud génial l’ a pompé à l’honorable Simondon, on l’a oublié.
Nicolas complétera plus judicieusement peut-être…
@ SK, Hank : D’accord avec le choix. Il y avait aussi de bons passages dans “La gauche divine” (ce qui nous rapproche du sujet), mais surtout il faut ne jamais oublier en le lisant, que c’est un ouvrage qui a plus de vingt ans. Ceci dit, qu’Hank se prépare à pas mal de jargon, ou plus exactement de vernis, un peu partout dans l’oeuvre de Baudrillard.
Oui et cela peut être un repoussoir, ce jargon. Mais enfin, tout de même,ce n’est pas Derrida. Il y a mêmes des bizarreries très agréables, dans Cool m ou Amérique…
Derrida n’est sans doute pas indispensable, c’est vrai. (Un dix pense sable !)
Mais lisons tout, après on s’engueulera comme on pourra.
Merci messieurs.
Comprenez : je lirais tous les livres et tous les auteurs avec grand plaisir, seulement, mon budget est loin d’être illimité. Il me faut donc choisir.
@ Hank : “La société de consommation” et “Amériques” existent en poche. Si en prime vous les trouvez en occase, alors bingo. Pour “Cool memories” (cinq volumes quand même), pas de poche sauf erreur, et là l’addition peut grimper. En occase, privilégiez si vous le pouvez les boutiques parisiennes par rapport à l’Internet. Et puis Baudrillard n’est pas trop mal référencé en bibliothèques. Pour une fois que les impôts servent à quelque chose d’utile.