Papier glacé et écran glossy
Le 22/07/08 à 11:09 par Nicolas
Je ne sais pas du tout quel plaisir on peut trouver à regarder des filles un peu dénudées (ou pas) et vaguement célèbres. C’est pour moi un vrai mystère.
Car de toute évidence elles ne sont pas célèbres parce qu’elles sont belles, mais au contraire sont pour beaucoup d’entre elles réputées belles parce que célèbres. Disons connues. Enfin la plupart des gens savent dire leur nom quand ils en voient une image.
Je dis « la plupart des gens » car ce n’est généralement pas mon cas. De plus je crois qu’on peut souligner que les gens qui les reconnaissent sur des images ne sauraient pas les reconnaître dans la rue.
Qu’est-ce qui se joue là, quand ils regardent des images comme ça ? y passant parfois beaucoup de temps, y revenant comme le succès de Petite Mort, grâce auquel Blue sera bientôt multimiliardaire en carambars, en atteste.
Rêvent-ils béatement d’un monde inaccessible où ils n’ont aucune chance de rentrer car, précisément, il faut déjà y être d’une certaine manière pour y avoir accès ? Imaginent-ils vraiment que tout y est rose et merveilleux, alors que le bonheur ne peut consister, bien sûr, qu’à être riche et ignoré ? sont-ils simplement fascinés par les photos photoshopées de l’une ou l’autre pétasse en robe du soir de l’après-midi qui exhibe sa bague de fiançailles dans la vraie vie, mais devant des photographes, exactement comme le ferait une actrice de sit-com brésilienne ? avec le même sourire, les mêmes mimiques d’automate, les dents déjà rongées par le speed pris à trop fortes et fréquentes doses, mais ce n’est pas trop grave pour l’instant, elles ont de bons dentistes (précisons que ce post ne parle pas d’Adriana Lima, oh non).
Je m’en ouvrais hier à une amie, alors que nous étions mollement étendus à l’ombre de grands bambous verts et jaunes, non loin d’une bougainvillée en fleurs dans son pot. Elle posa le vieux numéro de Critique qu’elle lisait.
Je crois que leur vie est si triste et vide qu’il leur faut bien un peu de rêve. Ils ont aussi les films pornos mais pour se branler sous la douche, ils doivent préférer les belles femmes connues que tout le monde peut voir et fait semblant d’apprécier beaucoup. Ça les flatte plus. Même dans le narcissisme et la perversion, ils sont petits et décevants. En carton-pâte.
J’aime les femmes intelligentes. Je trouve ça reposant.

… Bon. Je vais me jeter par la fenêtre, ça sera sans doute plus rapide.
Psss… vous êtes au premier.
Sinon, votre amie devrait avoir compris que les hommes désirent ce que les autres hommes désirent. Du bac à sable aux magazines people. Si tout le monde le veut, ils le veulent encore plus. La fille en est magnifiée.
C’est comparable aux phénomènes spéculatifs en économie. Un produit, par exemple des tulipes, s’achètent à prix d’or. Les cours montent. On se jette dessus. Voyant cela, les suiveurs se précipitent, ils s’arrachent les tulipes. Evidemment ça finit en crack.
Pour vous le prouver, je m’en vais acheter une bougainvillée plus grosse que la votre. Voilà.
Oui, je crois qu’on peut dire que les gens, généralement, sont des cons. Ceci posé, j’ai un peu de mal à croire que si un nombre significatif se mettait à aimer des naines scrofuleuses il y aurait un effet de spéculation sur lesdites naines. De plus qu’ils aiment ce que les autres convoitent, sans doute. Mais pourquoi des images ? ça n’a rien à voir avec la réalité ces images : tout le monde le sait : elles sont mises en scène, retouchées, valent par le medium qui les utilise, etc. Tout cela est hors de la réalité tangible. Non, vraiment j’ai du mal à comprendre ce qui se passe en eux quand ils passent un certain temps à regarder des photos comme ça. Il y a là un mystère.
Tiens, Nicolas viens sans l’air d’y toucher de mettre une sacré pierre dans le jardin de René Girard.
La rivalité mimétique… Oui, peut-être, mais la théorie à sa limite, en effet:)
Ben René Girard n’a toujours pas compris que la question des valeurs était une question critique. N’importe quel lecteur de Nietzsche le sait. Sauf les personnalistes chrétiens et leurs épigones : eux ne peuvent pas s’en accommoder, puisque la question de ce qui fait la valeur des valeurs ne se pose pas pour eux, court-circuitée : ce qui fait chez eux la valeur des valeurs, ils le savent très bien, c’est que la valeur est divine (version ordre naturel ou version théologique, ou mix imprécis des deux), la valeur pour eux dépend médiatement ou immédiatement d’un arrière-monde.
C’est bien pour cela que les restes du personnalisme chrétien ne pourront qu’être bricolés vaguement pour refaire un tour de piste, rien de plus : la consolation, entre temps, a changé de camp : ce qui paraît consolant ce n’est plus la présence possible d’un arrière monde, mais son absence. La perte de valeur, quoiqu’ils en disent, n’est pas un drame, mais une consolation, j’allais presque écrire un consolament : ce qui, in fine, permet de bien vivre, au sens le plus profond possible du mot bien.
Or s’il n’y a pas de valeur, comment pourrait-il y avoir de rivalité mimétique fondé sur ces valeurs, ou même sur la forme seule de la valeur ? Au mieux il y a une nostalgie de la forme de la valeur : des ruines de valeurs où nous campons, en sachant que ce sont des ruines.
Il faudrait faire l’hypothèse que les filles en photo, ce sont des nostalgies. Nostalgies d’un monde où régnait un idéal féminin. Et qu’elles valent pas cette nostalgie même plus que par leur correspondance plus ou moins étroite au contenu de cet idéal. Parce que sinon les très belles femmes, bouleversantes de féminité et de beauté, il y en a en vrai.
Ce qu’il faut se demander c’est donc pourquoi ils préfèrent une nostalgie d’idéal à la vérité du monde ? le grain de peau refait par photoshop à celui de cette belle femme rousse très pâle que j’ai croisée hier au bureau de poste ?
Je crois que c’est parce qu’ils ont peur. La nostalgie de l’idéal, ça les rassure, c’est balisé, ça ne fait pas mal quand ça s’arrête, ça ne fuit pas entre les doigts comme du sable en décomposant les coeurs et en laissant incapable d’en retenir quoi que ce soit quand on s’aime à des centaines de kilomètres de distance, par exemple. Ça n’est même pas du sable, alors ils ne le sentent pas s’écouler. Adriana c’est une poussière impalpable, un peu dorée, un peu passée. Du blush de fête.
> “Ceci posé, j’ai un peu de mal à croire que si un nombre significatif se mettait à aimer des naines scrofuleuses il y aurait un effet de spéculation sur lesdites naines.”
Tout est possible. Dans certaines cultures, avoir les pieds tordus, afficher une croupe bovine, se laquer les dents en noir, voire se limer les dents au ras de la gencive et se les laquer en noir, étaient bien des critères de beauté.
Et le pouvoir est sexy. Elles sont riches, lascives, enviées, désirées, donc sexy.
> “Mais pourquoi des images ? ça n’a rien à voir avec la réalité ces images : tout le monde le sait : elles sont mises en scène, retouchées, valent par le medium qui les utilise, etc. Tout cela est hors de la réalité tangible.”
Oui et alors ? Tout individu qui veut plaire se met en scène, surtout les femmes. Le métier de ces filles connues, c’est d’être sexy. Elles professionnalisent un élan naturel.
Et je ne suis pas certain qu’on puisse décréter que l’image soit inférieure à la réalité. L’Occident c’est l’endroit où l’image surpasse la réalité, à travers l’art. La réalité ce sont les musées folkloriques, sur les ganteries de Millau. L’image c’est le Louvre, la poésie, ou la littérature. L’image fascine justement parce qu’elle est irréelle. Mise en scène. De la triche.
J’aime beaucoup les femmes intelligentes. Oui. On flirte un peu. Mais juste parce qu’elles demeurent irrémédiablement de l’autre sexe et, aussi, parce que c’est agréable. Le flirt. Je dois admettre qu’elles sont reposantes. Très reposantes.
Trop reposantes pour moi.
J’aime les capricieuses. Celles qui disent non même lorsqu’il est patent qu’on a raison. Celles, aussi, qui sont un peu fofolles, rigolotes et qui ne réfléchissent pas forcément aux implications des mots qu’elles prononcent. Elles vous emportent dans un tourbillon. Elles sont vives, malignes, malicieuse et rusées. Elles comprennent parfaitement ce qui se joue vraiment dans l’instant.
Et lorsqu’elles sont jolies, avec un adorable petit visage, une belle chute de reins, petites et brunes, j’en tombe facilement amoureux.
Je ne dois d’ailleurs pas être le seul, elles sont souvent sollicitées.
Adriana Lima est, physiquement, mon type de femme. Peut-être un peu grande, mais voilà, sur papier glacé, ça ne se voit pas trop. Winona Ryder aussi, dans ses anciens films, genre Reality Bites ou même Alien 4. On me dira qu’elles n’ont pas grand chose à voir. Mais pour moi si. Même si je suis bien incapable de l’expliquer.
Et non, esprits pervers, leur point commun ne se retrouve pas dans l’effet qu’elles provoqueraient en dessous de ma ceinture.
Il y a quelques années j’avais commencé une collection de criminels de guerre. Genre Panini. Aujourd’hui, j’en fais de jolies filles connues -ou pas- sur internet.
Les collectionneurs sont souvent ridiculisés. On y voit parfois une survivance un peu pathétique d’une passion d’enfance, parfois une obsession ridicule masquant le vide intersidéral d’une vie triste. Mais je n’ai pas vraiment l’âme d’un collectionneur. Il faut de la patience, de la perséverance.
Je suis plutôt homme à avoir des lubies.
Adriana est une lubie.
Nicolas, savez-vous ce que disait Baudelaire ? Il prétendait tout à trac que “aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédérastes” …
Sacré Charles !
C’est le plaisir de voir des filles, la plupart actrices, plus déshabillées que les films dans lesquels elles tournent.
Ah il faut donc AUSSI s’intéresser préalablement aux films qu’elles tournent.
Effectivement, ça doit être pour ça, alors… :oD
Cela étant, regarder des filles dénudées SOUS LA DOUCHE, que ce soit sur papier ou écran d’ordinateur, ne me paraît guère malin.
Si c’est ça, vos femmes intelligentes…
Sugar Daddy est furax car Sugar Daddy est un expert en belles et jeunes femmes et non en boudins comme Blueberry qui a commis le crime de lèse majesté de trafiquer les commentaires de Sugar Daddy sur l’horreur qui fait fantasmer Blueberry.
Sugar Daddy préfère se taper un mignon de l’UMP, au hazard Steevy, qu’un thon brésilien.
“Sugar Daddy préfère se taper un mignon de l’UMP”
Bidou est prêt à donner les coordonnées de ce jeune homme de l’UMP à Sugar Daddy.
http://julien.calabro.i-clic.net/
“J’aime les capricieuses. Celles qui disent non même lorsqu’il est patent qu’on a raison. Celles, aussi, qui sont un peu fofolles, rigolotes et qui ne réfléchissent pas forcément aux implications des mots qu’elles prononcent. Elles vous emportent dans un tourbillon. Elles sont vives, malignes, malicieuse et rusées. Elles comprennent parfaitement ce qui se joue vraiment dans l’instant.”
Je suis un peu effrayée, c’est tout à fait mon portrait. Vous semblez opposer ce type de filles aux filles intelligentes dont parlait Nicolas. Pourtant moi je demande : ça n’empêche pas d’être intelligente, non? Ou bien minauder est réservée aux filles stupides?
Sugar Daddy remercie Bidou pour sa prevenance.
Ca n’empêche pas, ça n’empêche pas. Et quand, en plus, elles le sont, cela devient terriblement attirant. Terriblement.
Ce que je voulais maladroitement dire, enfin, ce que j’ai dis avec maladresse plutôt, c’est que les filles intelligentes, c’est bien, mais que les capricieuses qui, lorsqu’elles minaudent, sont charmantes jusqu’à ce qu’on en soit boulversé, c’est mieux. Même si c’est moins reposant.
Merci à Eric d’avoir rendu sa phrase à Baudelaire, il me semble que Sollers se l’était attribuée dans une émission TV, et j’y pensais en lisant cet article.
Si on considère cette citation le mari d’Eve Angeli doit être sacrément viril !!
De toutes façons : il y aura toujours des hommes qui aimeront la capricieuse qui finit par céder de gré ou de force : Scarlett O’Hara et d’autres l’intello douce et prévenante : Melanie Wilkes.
Voir et revoir Autant en emporte le vent : tout est dedans, sur tous les sujets !
Je rappelle quand même que Melanie meure, pas Scarlett : à méditer sur ses vieux jours…
Bah ! vas-y, flirte, mon Blueberry ! Flirte autant que tu voudras… flirte pendant que le monde s’écroule, s’avilit… Vas-y, éclate-toi comme un gros égoïste… fait nous partager ta petite vie délicieuse pendant que je crève de morne et pesante solitude. Amuse-toi, rigole, séduit, pelote… hein, c’est ça… c’est pour nous dégouter… pour nous signifier que MONSIEUR se tape des gonzesses à la pelle en précisant bien que ce n’est pas avec la charcutière du quartier que MONSIEUR prend du bon temps. Hein, c’est ça ! Allez, vas-y, dit le que c’est ça… t’en meurs d’envie ! C’est quoi la prochaine étape ? Ardisson ? Fogiel ? Un article dans Paris-Match ? Dans Closer ? « Les révélations de Blueberry : je me tape sur commande des petites brunes pas trop connes et encore je ne force pas. »
On n’a pas le droit d’exposer son bonheur aux autres comme cela !
Putain, je me fais chier !
@ Stéphanie : Les intellos douces et prévenantes, c’était il y a longtemps, lorsque certaines femmes étaient à la fois éduquées à être femmes (donc à se rendre utiles et à se faire discrètes) et, EN PRIME, instruites. Les intellotes d’aujourd’hui sont (peut-être) aussi instruites, mais définitivement pas éduquées de la même manière.
En tout cas, s’il s’agit de jouer le rôle de “l’intello douce et prévenante”, il semblerait que cela conserve : Melanie Wilkes, ou plutôt Olivia de Havilland, est toujours de ce monde. Elle vit d’ailleurs à Paris et ne dédaigne pas, lors de certains grands Offices à la Cathédrale Américaine, lire l’Ancien Testament ou l’Epître – et ce dans un anglais d’une qualité à laquelle les Américains présents ne peuvent que rêver.
J’ajoute que parmi les paroissiens qui lui sont le plus dévoués, l’on compte une proportion impressionnante de personnes confirmant la validité de l’adage de Baudelaire – il est vrai que l’Eglise 2piscopalienne n’en manque pas :-)
(car cette femme est non seulement remarquable par son parcours, sa longévité et sa diction, mais par son intelligence, à l’image de sa jeune – 90 ans seulement – soeur et ennemie intime, Joan Fontaine)
“l’Eglise Episcopalienne” (sorry)