Nicolas Hulot, les écologistes et les passions collectives
Le 14/07/08 à 23:42 par XP
C’était signé Paul Éluard… Mais Louis Aragon ne fut pas en reste qui, lors de la remise d’un Prix Staline à Ilya Ehrenbourg à Moscou le 28 janvier 1953, quelques semaines seulement avant la mort du tyran, déclamait avec des accents pathétiques cet improbable dithyrambe :
“ Ce prix porte le nom de l’homme en qui les peuples du monde mettent leurs espoirs de triomphe de la cause de la paix de l’homme dont chaque parole retentit à travers le monde de l’homme qui a amené le peuple soviétique au socialisme. Cette distinction porte le nom du plus grand philosophe de tous les temps. De celui qui éduque les hommes et transforme la nature de celui qui a proclamé que l’homme est la plus grande valeur sur terre de celui dont le nom est le plus beau, le plus proche, le plus étonnant dans touts les pays pour tous ceux qui luttent pour leur dignité, le nom du camarade Staline. ”
Si l’adoration était réservée aux croyants communistes, l’admiration était largement répandue chez les gentils. Nombre de nos rues et de nos places portaient le nom de Stalingrad, voire de Staline, et, lors de la mort du dictateur le 5 mars 1953, le Président de la Chambre des députés, Édouard Herriot, contre l’avis même du ministre des Affaires étrangères, proposa à l’Assemblée de s’associer « profondément » à « la douleur du peuple soviétique » et d’observer une minute de silence à la mémoire du « maréchal Staline ». Seuls deux députés refusèrent de se lever…»
Stéphane Courtois
Commentaire personnel: On peut être classé parmi les plus grands poètes français du XXe siècle en maniant aussi mal la plume? On peut entrer à la pléiade en évoquant des cheveux gris Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes et des grappes raisonnables ?
C’est possible, une chose pareille?

Oui, c’est possible. Et qui pis est en étant un poète assez peu doué, incroyablement chiant et, pour tout dire, profondément inintéressant, surtout connu pour son grotesque « Liberté j’écris ton nom, poil au trognon ». La preuve : après être sorti du collège Pablo Neruda où l’on y est obligé par des idiotes même pas agrégées, personne ne lit plus Éluard. Ça ne viendrait à l’esprit de personne sain d’esprit. De temps en temps un universitaire facétieux fait une thèse sur un aspect obscur de son œuvre (c’est pas bien compliqué ils le sont tous) pour être sûr d’avoir une bonne planque par copinage syndical et communiste au CNRS. C’est tout. Encore est-ce de plus en plus rare. Même France Culture n’ose plus tellement faire d’émissions sur ses petits vers qui réussissent le tour de foire de n’être même pas aussi niais que ceux de Prévert.
Résumons Éluard, sorte d’Anna de Nouilles socialement conscientisée : qu’il ait encensé Staline est son moindre défaut, à Grindel. Et c’est même ce qui, dans son œuvre mérite le plus d’être sauvé s’il faut vraiment en garder un bout. Car c’est au total ce qui y est le moins néfaste, ce qui y insulte le moins l’esprit et l’intelligence, et ce qui y provoque le moins l’ennui le plus complet.
@ XP : Le surréalisme peut tout justifier. Un peu comme le cubisme, en fait ;-)
Et puis lorsqu’on a écrit ce qui suit, on atteint au statut de demi-dieu :
http://www.alalettre.com/eluard-liberte.htm
(oui, c’est totalement nul, mais c’est censé être LE poème de la Résistance, alors…)
P.S. : Alors qu’Aragon, une fois surmontés le drapeau français conchié, Irène faussement enconnée et l’intéressé lui-même enculé, demeure un écrivain plus qu’honorable et un vrai poète classique, simplement excellent.
Sinon, nul étonnement à la popularité de Staline en Urse (bourrage de crâne à un point qu’on ne peut imaginer PLUS la patrie envahie mais sauvée) ni même en France (bonne gueule, préférence pour avoir été sauvés par un lointain irréel que par les mâcheurs de chewing-gum ou les maudits Anglais, etc).
Mais ma vraie question concerne votre titre, XP : que vient donc faire Nicolas Hulot dans cette affaire ? Vous ne pensez tout de même pas que s’il mourait, il y aurait quoi que ce soit comme début de commencement de frémissement émotionnel dans la population * ? Parce que dans le genre charisme d’amibe, le Nicolas Hulot, difficile de faire mieux.
* A la rigueur une soirée d’hommage sur téefun, avec best of et tarifs de pub record (faut bien honorer la mémoire du mort)
Voila, c’est hors sujet mais ca m’a beaucoup plus. C’est paru dans LE MONDE:
Alain Bergounioux, membre du conseil national du PS, [...] élargit le problème à l’ensemble de la gauche européenne. “La social-démocratie est confrontée à trois interrogations lourdes : l’Europe est-elle une chance ou un obstacle ? Comment redistribuer dans une économie mondialisée ? Quelles solutions apporter à une société devenue multiculturelle ? Tant qu’elle n’aura pas clairement répondu, elle restera sur la défensive. A terme, l’idée même de solidarité peut être remise en question car, partout, l’individualisme progresse.”
Tu m’étonnes! Interrogations lourdes! :D
Denis, allons, vous d’ordinaire si fin, que nous vaut cette Cadichonnerie? Le point commun, c’est le consensus et l’aveuglement volontaire…
@ Denis: « Louis Aragon, le seul type capable d’assister à une réunion du Comité Central habillé en rose » – Roger Nimier