Moderne et basta
Le 03/06/08 à 2:23 par Il sorpasso
Pour faire suite à ces histoires de virginité, qui n’ont finalement rien à voir avec l’apparition de la Vierge ni avec une quelconque détumescence de verge, on peut dire que tout est absolument prévisible chez le moderne modernant. Débat (oui il parait que c’est un débat lorsque tout le monde semble absolument d’accord sur tout et que les absents pas invités ont évidemment tords) chez Calvi sur France 2. Je passe le blabla sur l’Islam rétrograde mais assimilable, les pauvres jeunes filles, les autres religions qui ne sont pas en reste, hein, qu’attendre, d’ailleurs, de la part de gens qui croient en Dieu et en une certains nombre de dogmes que ce soit de manière absolue (pas du tout cool) ou modéré (moyennement cool ) ou sceptique (en voie d’être cool et invité sur le plateau de télé, lieu supracool et moderne, ce n’est pas moi qui le dit c’est Fourest, qui s’étonne entre autre que des jeunes gens se promettent de rester vierges jusqu’au mariage (des protestants, hein ) et déclare “est ce que c’est ça d’être jeune et moderne ?” en effet, la contradiction peut difficilement exister sur ce sujet si le but est d’être absolument cool, moderne et jeune (l’âge n’est pas pris en compte, que les vieux ouverts à la coolitude se rassurent)). Non, le consensus final, farouchement proclamé dans toute la rebellitude du moderne marchant sur le non-moderne dans toute sa tolérance éclairée et éclairante, c’est qu’il fallait “une fois pour toute” évacuer les principes qui relèveraient de “la morale et des mœurs” dans ces histoire de mariage annulé. “Et basta !” comme l’assène courageusement, au dernier moment, en conclusion, un juriste gominé à lunette qui veut montrer qu’il en a et qu’il n’a pas peur de ceux qui ne sont pas là. Qu’il en a une grosse. Comme Fourest. Oui basta? Pourquoi se prendre la tête ? On est moderne et basta. Ça sonne bien. Ça sonne tout court, avec la merveilleuse intransitivité de la pensée progressiste qui va de l’avant vers le futur. Les mœurs et la morale ? Basta ! Le mariage c’est un contrat. Basta. On signe et on passe à la caisse et basta. Annulation pour cause d’un passé de criminel de droit commun ? C’est la morale ? C’est les mœurs ? Ça se discute ou basta ? Une relation extraconjugale avant pendant et après le mariage ? C’est de la morale ? Basta ! Des “incapacités à à avoir des relations sexuelles normales” ? C’est des mœurs ? De la morale ? Des mœurs moralisants ? Basta ! Si je donne ces exemples, c’est qu’ils constituent des causes actuelles d’annulation, comme, également, le mariage arrangé. Ou plutôt, on se demande ce qu’il va bien pouvoir rester comme cause d’annulation de mariage avec toute cette évacuation libératrice. On pressent de vagues complications. Ça va être tout de même difficile de compiler et décompiler ça dans des textes de loi. Sans mœurs et sans morale. Il semblerait même, parait-il que justement ces textes de lois se réfèrent, qu’on le veuille ou non, aux mœurs et à la morale. Que c’en est même la base. Qu’il faille, au préalable un consensus sur le bien, même commun. Et basta ? S’il faut en finir juridiquement avec les mœurs et la morale, on va retrouver cet espèce de monde orwellien sans queue ni tête, la liberté c’est l’esclavage, la guerre c’est la paix. Moderne Orwell ? La morale c’est pas de règles ! Les mœurs, c’est pas de loi ! La justice c’est pas la morale ! Le moderne c’est ni bien ni mal ! Surtout en matière de religion et de zigounette ! Le moderne seul peut statuer. Et il statue qu’il ne statuera pas ! Car statuer serait statuer et c’est mal pour le moderne qui ne veut pas de morale du bien et du mal.
Sinon, pour s’en sortir, le moderne va tout de même être un peu obligé d’en faire, de la morale. La sienne, on aura compris. Pas celles des autres pas modernes et qui ne passent plus, surtout à la télé. Traduisez pas celle du symbolisme patriarcal. Pas bien ! Caca ! Le moderne croit qu’il peut faire passer l’énormité qui consisterait à dire que pour refouler les règles patriarcales ou religieuses il faut l’absence de règles. Au travers de nouvelles lois, bien sûr. Il peut le penser, car tout le monde le pense. Car tout le monde veut être moderne. Et jeune. Et cool. Et invité chez Calvi pour dire qu’il n’est pas vieux ni rétrograde et le chanter en chœur avec toutes les autres précieuses ridicules et faisant la farandole des modernes sans foi ni tables de loi, piétinant joyeusement toute l’histoire de l’humanité gisante et pétrifiée par tant de connerie satisfaite étalée en couches successives. Et basta.

très bon post
mais comment diable trouvez-vous encore la force de regarder le télécran ?
C’est juste pour nous je pense. Je crois que je vais demander des subventions. Ou mettre de la publicité sur ILYS.
Le mot de la fin de cette remarquable spectacle a été tout de même pour dire que les Auvergnats il y a un siècle c’était tout pareil… alors que, bon, tout allait bien !
par contre, pas un seul mot sur mœurs des jurassiens de tout poil !
Ca devient complètement n’importe quoi.
Je me permets de faire encore de la publicité ! Mais, J’ai annoncé sur mon blogue la parution de mon roman Vivement les Vacances :
http://www.avenirdufutur.fr/?p=238
Celui-ci critique avec humour et une pointe de fantastique la société contemporaine.
Un second ouvrage, recueil de nouvelles sur le même thème est téléchargeable gratuitement.
De la publicité pour de la lingerie féminine?
Sinon, excellent article, je suis chaque fois étonné et admiratif par la qualité de la rédaction d’Ilys!