young angry white man
Le 22/05/08 à 13:52 par XP
J’ai souvent pensé au suicide.
Pas au mien, rassurez-vous, mais à celui des autres. A cause de leurs gueules, souvent, mais certaines choses plus subjectives encore sont de nature à susciter ce genre de rêveries. La voix de l’écrivain Yann Queffélec, par exemple, me fait regretter de ne jamais avoir été gardien dans un stalag pour le balancer dans le bâtiment réservé aux imbéciles qui parlent du nez.. A son propos, je l’ai entendu un jour expliqué qu’à sa naissance, son père l’a pris dans ses bras pour aussitôt concevoir un dégoût profond à l’endroit de son enfant, lequel ne s’est plus jamais démenti. Ça me réchauffe le cœur, ce genre d‘histoire, et je me sens moins seul en les apprenant.
Arlette Laguiller aussi, mériterait d’être sévèrement punie pour son timbre. Ce qui est impardonnable, ce n’est pas tant qu’elle ait depuis sa jeunesse consacrée son temps libre à la politique à seule fin que je croupisse un jour en Sibérie ou sur le plateau des mille vaches, pas davantage qu’elle soit hommasse et salariée de crédit lyonnais en retraite. Ce qui ne passe pas, c’est qu’elle parle très fort, cette bonne femme. Je suis sûr que les chiens la morde aussitôt qu’ elle ouvre la bouche. Elle pourrait bien se convertir aux thèses économiques de l’école de Chicago, ça n’y changerait rien.
D’autrefois, ce sont les noms et prénoms de mes prochains qui appellent chez moi un rejet profond de l’engeance humaine. Quitterie Delmas, je l’ai détesté avant même de savoir qui s’était, et je fais remarquer au passage que la méthode est fiable. C’est en vertu de ce racisme patronymique assumé que j’ai couché pêle-mêle sur ma blacklist Clara Dupond-Monnod, Boutros Boutros-Ghali, John-Paul Lepers, John-John Kennedy et le penseur gaulliste Sébastien Lapaque (en fait, lui, c’est pour autre chose qui a davantage avoir avec sa gueule et les idées qui son gravées sur chacun de ses pores…).
Les dents du bonheur, voilà encore une chose qui m’éloigne ostensiblement de mes contemporains. Mise à part celles de Jean Tibéri, lequel est fort sympathique, je supporte pas cette fantaisie ridicule. Un sourire de Renaud Dennodieu de Vabres, (celui-là entre dans beaucoup de cases) ou de PPDA me renforce toujours dans l’idée que bien des gens ne méritent pas de vivre.
Au sommet de l’échelle de mes répulsions, se trouve les lippes éternellement pleines de salives des fines gueules, celles qui font claquer leurs lèvres avec distinction quand ils mangent et sont nantis des visages à chier contre de Bernard Pivot ou Pierre Perret. Celui-là, en plus, il pousse la provocation jusqu’à ne pas montrer ses dents quand il se force à rire pour faire croire qu’il est jovial, ce qui le fait ressembler à une poule. C’est inacceptable, ce genre de chose. En tout cas, moi, ça me révolte.
les lèvres toujours humides de ces gens quand ils sont à table, cette manière de faire des petits bruits avec elles en tenant leurs cuillères entre le bout du pouce et celui de l’index comme des grosses tantes, je ne connais rien qui évoque mieux ce mélange de lourdeur et de puérilité dont est pétrie la chaire humaine.. J’ai de la tendresse pour les alcooliques, les drogués et même les pachydermes boulimiques, mais en revanche, ces gourmets-là me font toujours envisager l’Apocalypse future avec sérénité. Je me dis toujours en les voyant savourer que s’ils avaient été sur le Titanic, ils auraient continué à faire claquer leurs babilles comme des vaches tandis que la carcasse du bateau se serait cognée contre l’iceberg et qu‘un bruit sourd serait venu jusqu‘à eux.. Leurs gueules rougies m’évoquent aussi Pétain, sa putain de terre qui ne ment pas, ses terroirs, les labels rouges et pour le dire d’un mot, la carcasse de la France dont on ne finit plus de lécher les os à mesure que ses armées sont défaites et que son âme se fait asperger à grands jets de vitriol. Les cochons raffinés ramènent encore au souvenir de Mitterrand sur la roche de Solutré, avec son bâton, son pantalon de velours, et cette exaltation du terroir qui revenait à la bonne heure, celle où l’on s’est froidement résigné à génocider par substitution le peuple Français.
La chère est menteuse, la pomme de terre n’existait pas en France avant 1789, et du nord au sud, les français de la plus grande époque se nourrissaient de la même façon, a savoir d’une soupe, une tranche de lard, un morceau de fromage et d’un pichet dont il convenait juste de savoir si c’était du 12 ou du 13. Comme tout ce qui mérite ici bas d’être exalté, la grandeur de la France se trouve dans son essence, laquelle vole, change de corps et ne dévoile pas même ses secrets sous les plus grande plumes. Je pense de ceux qui croient aimer la France quand ils n’aiment que la croûte qui la recouvre et ses fromages de tête ce que je pense des faux chrétiens, ceux qui le sont à la manière musulmane, en s’accrochant à une pierre noire ou des traditions.
Il y a tout cela, dans le spectacle de cette andouille de Pierre Perret qui mange, car philosopher c’est apprendre à maudire, et déceler les trésors que recèlent nos impressions premières, pareil au peintre qui esquisse la femme veuve en retrouvant sa douleur dans chaque grain de sa peau.
Cette misanthropie exacerbée ne s’explique par aucune des antiennes que sert la vulgate psychologisante, car je n’ai d’une part aucune revanche à prendre sur la vie, n’ayant pour l’heure jamais été pauvre, malade, bègue ou frappé par un chagrin d’amour qui fut autre chose qu‘une blessure d‘orgueil. Par ailleurs, la tarte à la crème selon laquelle celui qui n’aime pas les autres ne s’aime pas lui-même ne peu s’appliquer à ma personne, si tenté qu’elle se soit appliquée un jour à quelqu’ un: Je me trouve fréquentable et me suis toujours enrichi à mon contact, à tel point qu’ au milieu de trop de monde, je me manque et me rejoint discrètement, tandis que ma tête bouge toute seule pour faire croire à cette bande de cons que j’écoute encore.
La vérité, c’est que le dégoût de l’autre est une grâce octroyée par le ciel. Il procède d’une conscience acérée de ce que la chaire est corrompue, que les hommes sont à fuir et promis aux flammes, mais cette aversion pour le commerce avec celui d’en face témoigne surtout de ce qu’une âme n’est pas faite pour le sang, les larmes, les plongées dans les fors intérieurs et les pogroms qui suivent les amours déçus
Je hais la patrie, les salons, les kibboutz, les fêtes de voisinages, les processions, les ligues et les chorales, car je sais de l’homme de la foule qu’il est traîné vers elle par ses pulsions de mort.
Moi, je suis un réactionnaire, le nostalgique d‘un monde coloré de blasons, quadrillé par les barrières de classes et protégé de la haine par l’indifférence. Ce que je pleure, c’est un temps où les hommes s‘aimaient encore assez pour ne pas s‘approcher.
Rien d’autre.

“…car je sais de l’homme de la foule qu’il est traîné vers elle par ses pulsions de mort.”
Le contact, voilà ce qui est dangereux. Toujours éviter le contact, toute forme de contact, avec les bleus (cf. Septentrion), les abattre à distance et ne pas aller examiner les cadavres. Et s’enfoncer dans la forêt, en effaçant bien ses traces derrière soi.
(Édition pour changer le couleur : la loi française, déplorable de schtroumpfophobie, interdit avec certaines couleurs ce qu’elle permet avec les schtroumpfs. N.)
Non, grise, la multitude, grise.
“Un jour, ils comprennent qu’ils sont poursuivis. Qui les poursuit? Et pourquoi? Jusqu’à quand brillera au-dessus d’eux l’étoile qui semble les protéger? Échappe-t-on à la multitude anonyme vêtue de gris? ”
http://jeanraspail.free.fr/bibliographie1m.htm
Que je sache, il n’est pas encore illégal de détester l’humanité moderne dans son entièreté?
Si : en France et dans l’UE, si vous désignez l’humanité entière par “gris”, ça peut-être illégal, puisqu’on vous jugera essentiellement sur l’intention supposée que vous avez eue en employant ce mot.
“Je hais la patrie, les salons, les kibboutz, les fêtes de voisinages, les processions, les ligues et les chorales, car je sais de l’homme de la foule qu’il est traîné vers elle par ses pulsions de mort.” -
Ca me rappelle René Girard et sa foule unanime contre un bouc-émissaire qui est à l’origine de toute culture. Il y a quelque-chose de tellement vrai là-dedans. Et pourtant, et pourtant, nous ne pouvons pas nous passer de nous identifier aux Autres – c’est l’essence de toute vie sociale.
Ah bon, dans la patrie des doigts de l’homme, la justice en serait déjà à ne plus juger seulement les actes, mais aussi les intentions supposées, et en l’occurrence mal comprises! Bien que, techniquement, vouloir la perte de l’humanité entière, fût-elle décrite comme grise, ne devrait pas relever du pénal, étant donné que ce qui est condamnable, dans notre “justice”, ce sont les mauvaises pensées, mais seulement quand elles sont dirigées contre des groupes particuliers. Ou alors, il faut dès maintenant interdire, sous peine d’amende et de prison en cas de récidive, l’emploi de l’adjectif “gris” et de tout mot, même banal, s’il peut se rapporter, même de façon marginal, à un groupe ethnique privilégié. Boudiou, ça me foutrait presque dans une colère n….., ah non, une colère….. violette, oui, ça, ca va ;-))))
Ce qui réunit les masses finit toujours par ramener à l’indifférenciation. Et l’indifférenciation, c’est la mort, j’allais dire l’avènement du monde gris, le non-être qui s’étend.
@Un Ours: ça s’appelle la dissolution du langage. Car c’est par le langage, les mots, que nous différencions – donc potentiellement que nous jugeons, ségrégons, classons, expulsons et préparont déjà les inévitables conflits du lendemain.
“Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu” (Jean 1:1). Quand on a compris ça, puis compris que “et la Parole a été faite chair…” (Jean 1:14) – alors on a TOUT compris.
Satan n’a pas d’autre choix que de dissoudre la Parole, quête vaine mais qu’il ne peut s’empêcher de poursuivre encore et encore pour essayer de rendre indicible sa défaite qui s’appelle: Incarnation.
La masse qui assiste à l’eucharisitie, et elle seule, a le moyen de s’unir sans devenir uniforme. Le Christ sur sa Croix est la seule clé qui permette la jonction de l’universel et du particulier, du même et du différent, de Soi et de l’Autre. C’est la seule et unique possibilité, tous les philosophes sont condamnés à tourner éternellement en rond, provoquant les pires massacres et destructions, pour revenir au Christ.
Il convient ici de rendre un solennel hommage au champion toute catégorie de la lippe baveuse, j’ai nommé Jean-François Kahn.
Je pensais en effet un peu à lui en écrivant ça.
Mais je pensais surtout à lui en écrivant ça:”Moi, je suis un réactionnaire, le nostalgique d‘un monde coloré de blasons, quadrillé par les barrières ”
Dans son “mensonge romantique et vérité romanesque”, il explique que le rapprochement des classes sociales avait
exacerbé la “rivalité mimétique”, comme il dit.
En fait, je pense que les gens s’entendraient mieux s’ils assumaient le mépris qu’ils se portent.
Pas seulement du language, cette dissolution qui accompagne finalement toute forme de réunion. Mais aussi celle de l’être autonome et séparé, avalé dans le grand tout poisseux, humide, effaçant les différences qui séparent et qui fondent (note: le gars Littell était peut-être quand même sur une piste avec le sec et l’humide?). Quand une chose est unifiée, c’est qu’elle est finie, morte puisque sans options.
Oui je suis d’accord XP. En même temps, Girard montre bien que le mouvement d’indifférentiation est inéluctable et proprement apocalyptique, que la seule résistance temporelle assez dérisoire qui reste est l’Eglise. Ce qui est frappant dans l’islam par exemple, c’est cette extrême massification, l’uniformisation de tous derrière des hurlements simples de la foule qui a un bouc-émissaire en ligne de mire: le non-musulman. J’ai toujours regretté que Girard ne soit pas arabisant sans quoi il eut pu faire une analyse mimétique du coran qui devra bien être faite un jour, maintenant que la voix est ouverte.
Cette vérité christique est tout de même terrible: une fois que l’on a compris, on sait que le monde créé va à l’Apocalypse et que c’est inéluctable, que tout processus d’ordre, de culture, de cohésion est voué à s’écrouler sous son propre poids mimétique à un moment donné: on est comme un couillon. Ce serait proprement déprimant s’il n’y avait pas le Corps et le Sang du Christ, et son Eglise.
Je vous suis, Aquinus, sur les implications métaphysiques de l’Incarnation qui nous fera devenir Dieu, sans détruire ce que nous sommes (et cela vaut aussi pour le monde), mais cela concerne le temps eschatologique, dans l’ordre de l’être. Pour le “hic et nunc”, fuir tout ce qui relève de l’universel, de ce qui détruit en reliant.
@Un Ours: oui SAUF la fusion disjonctive comme dirait l’autre, c’est-à-dire la communion par le Christ. Dans le même ordre d’idée on peut aussi citer le couple, le mariage: union disjonctive qui produit la vie. Ce sont des unions qui ne détruisent pas, qui accomplissent au contraire la singularité de chacun.
Comment faire comprendre cela à la masse, au quidam? c’est mission impossible, la masse préfèrera toujous le communisme ou l’islam. C’est ainsi.
Toutes les hérésies au fond se résume par ce projet: la révolte contre la séparation, car le terrible desavantage du christianisme par rapport à l’Islam, c’est ‘qu’il ne va pas de soit”. la séparation, ne serait-ce que dans sa compréhension, est quelque chose de difficile.
“La trinité? c’est compliqué ce truc. Un Dieu fait homme qui rend à César? Compliqué!” etc…
La trinité n’est pas plus compliquer a comprendre que le fait que la glace, l’eau, la vapeur sont une seule et meme chose a 3 etats differents.
Et puis, pour un Yosua ben Youssef, il faut une Palestine héllenisée,
Car pour ce Yosua, fils/avatar de Yavhé, il faut un fondement paien, l’avatarisme n’existe pas dans la pensée semitique.
Trinité : “Le Père est la source, son Verbe est le fleuve, l’Esprit est le courant du fleuve.” (Saint Grégoire de Nazianze)
@ un Ours : en fait ça dépend qui le dit. Delcroix explique très bien tout ce processus judiciaire et ses racines dans son Manifeste libertin.
En clair, la police de la pensée au service de la justice à la tête du client. Bin, ça valait vraiment la peine que le camp du Bien l’emporte, il y a soixante ans, pour en arriver là! Oui, vraiment l’impression de vivre dans le monde libre!
“Cette misanthropie exacerbée ne s’explique par aucune des antiennes que sert la vulgate psychologisante, car je n’ai d’une part aucune revanche à prendre sur la vie, n’ayant pour l’heure jamais été pauvre, malade, bègue ou frappé par un chagrin d’amour qui fut autre chose qu‘une blessure d‘orgueil.”
Toutes les pathologies mentales ne sont pas d’origine psychologique, rassurez-vous !
La misanthropie, une pathologie, mon cher Philippe? Allons allons…
D’ailleurs, dans ce cas, vous seriez bien malade aussi… Je le sais, je ne saute jamais un de vos billets.
Et puis surtout, “je est un autre”, c’est de la fiction, du cinéma. En vrai, je suis gentil comme tout, et Blueberry tue certainement moins de gens qu’il ne le prétend.
D’où vient votre répulsion pour Sébastien Lapaque ?
De ce que je préfère largement un gauche qui veut mêtre la France par-terre par ce qu’il la détèste ouvertement que celui qui veut la foutre en l’air en revandiquant une place de gardien du temple.
De même que je préfère un anti-catho façon (j’ai oublié son nom, celui de l’université de tous les savoirs) qu’un catho qui fait des risettes aux barbus, parce qu’il ne comprend rien à ce qu’il croit.
J’ajoute que je sens le carriériste qui chante “Maréchal nous voilà” quand il est bourré, mais qui gueule très fort à la TV pour ne pas qu’on déballe ses accointances royco.
—>xp
Je suis asser carrieriste, je suis royco; et quand je suis bourré, je chante maréchal nous voila;
mais je ne passe jamais a la télé !!!!!!!!!
“mais je ne passe jamais a la télé !!!!!!!!!”
C’est parce que lui est télégénique.
Mais je suis tres beau !
en plus, maréchal nous voila, je le chante meme a jeun !
De même que je préfère un anti-catho façon (j’ai oublié son nom, celui de l’université de tous les savoirs) > Onfray
“Mais je suis tres beau !”
Peut-être. Mais SL, c’est autre chose. Regardez sur la vidéo, comme Giséle Halmi semble en pamoison.
“Cette misanthropie exacerbée ne s’explique par aucune des antiennes que sert la vulgate psychologisante, car je n’ai d’une part aucune revanche à prendre sur la vie, n’ayant pour l’heure jamais été pauvre, malade, bègue ou frappé par un chagrin d’amour qui fut autre chose qu‘une blessure d‘orgueil.”
Cher XP, relisez-vous ! C’est vous qui tentez d’expliquer cette misanthropie en disant qu’elle ne “s’explique par aucune des antiennes que sert la vulgate psychologisante. J’en ai donc déduit que vous imaginiez qu’elle aurait pu être un trait pathologique.
Sinon, comment expliquer la misanthropie ? Serait-ce une sorte d’effroyable lucidité qui fasse voir la réalité sans les artifices ? Peut-être ?
Tiens, vous pourriez être aussi natif du capricorne, comme Paul Léautuad et … moi !
Quitterie a pourtant un très joli prénom.