Jurançon 96
Le 06/05/08 à 23:15 par Nicolas
C’est peut-être parce que j’ai diné à peu près exclusivement de foie gras et que j’ai bu la plus grande partie d’un jurançon très moelleux avec que je ne comprends strictement rien à ce commentaire de Prince.
Considérant néanmoins qu’il faut donner satisfaction au lecteur pour qu’il revienne, je vais parler d’une « certaine cycliste amatrice d’un certain système Velib à Paris, mais qui ne pourra plus témoigner des bienfaits dudit système ». Cela me rappelle effectivement quelque chose, un accident qui fut le premier mortel avec un vélib, on a dû en parler ici mais ça fait vilaine lurette et sauf erreur ce n’était pas moi.
Voilà qui est fait.
Comme j’étais aussi, en mangeant le foie gras, plongé dans Boulgakov, je ne peux que saluer Cruella et lui donner raison contre denis l. dans cette controverse à propos de l’art russe.
Cependant « Et si je vous disais que sous le régime soviétique c’était gratuit et que l’état prenais tout en charge » me semble excessif si l’on ne précise pas que comme l’Etat avait auparavant tout volé à tout le monde — du moins en théorie — , il était le seul à pouvoir fournir quoi que ce fût. Le bolchevisme, n’oublions pas, ce n’est absolument pas l’abolition de la propriété privée. C’est simplement la transformation de l’État en le seul propriétaire privé autorisé, cela dans l’espoir trompé que la propriété privée cesse d’être inégalitaire en devenant collective.
La Naingyardie semble d’ailleurs sur le bon chemin pour finir un peu dans le même fonctionnement si j’ai bien compris l’effarante idiote qui nous sert de ministre du Gosplan républicain en la regardant d’un œil distrait à la télévision : elle m’a presque fait regretter Strauss-Kahn. Vous verrez que nous finirons tous par voter socialiste, effrayés par les hausses d’impôts sarkozystes.

Elever l’échange “vers de mirliton national-communiste cités par Cruellova” VS “coup de gueule de denis l.” au rang de “controverse à propos de l’art russe”, c’est quand même limite. Et il est d’autant plus injuste de placer cette erreur de jugement sous le patronage de Boulgakov, que j’ai déjà dit en ces lieux que je tiens le roman russe pour un sommet de l’art… occidental (le roman étant fondamentalement une invention anglaise).
Comment on fait pour mettre un “TM” en l’air à la suite d’”obsédé-anti-russe-car-judéomane” et à la suite du nom sus-mentionné?
Il faut en déduire que vous n’avez pas dîné seul. Sinon, ça vous est déjà arrivé de tomber sur un jurançon légèrement gazeux ? Je pose la question parce que j’en ai bu un comme ça récemment, et bien que je l’aie trouvé tout à fait potable, je n’arrêtais pas de me demander si c’était bien normal.
P.S. JE pense que Prince faisait allusion à ça : http://paris.evous.fr/Velib-le-manquement-a-l-obligation,1529.html
(Vélib écrasé par un bus circulant dans son couloir, allusion je suppose à la politique écolo du maire de Paris…)
Il est toujours cocasse de voir un Skinhead(TM) applaudir. Ne serait-ce que parce que pendant ce temps, il ne tend pas le bras ni ne lève le coude, ce qui nous (et lui) fait des vacances. Il est encore plus cocasse, bien sûr, de voir un Skinhead(TM) applaudir à ceci : “Né en union soviétique / Fabriqué en URSS / (…) / Ensemble nos ancêtres ont combattus / Ensemble nous avons gagnés (SIC) la deuxième guerre mondiale / (…) / Les frontières étouffent, sans visa on ne passe pas”.
Sinon, il est grand temps de proclamer que le Jurançon moelleux manque cruellement de finesse… et de réhabiliter le Jurançon sec, trop peu connu.
Et comment vouiez-vous que je parle de Jurançon sec avec du foie gras ? Hein ? Etant donné que je n’aime généralement pas ce qui sort de la mer (sauf les coquilles saint-jacques, simplement poëllées, pas les trucs dégueulasses pleins de chapelure et de sauce indéterminée), ça limite. En outre je n’ai plus de sec.
@Nicolas
Vous avez tort, à la belle époque ( http://ilikeyourstyle.net/wp-content/uploads/2008/05/suspiciousmind.jpg ) je reconnais qu’on jetait à l’eau des produits très nocifs, mais aujourd’hui hélas ce n’est plus le cas. Le seul avantage c’est qu’il n’y a plus aucune chance d’être contaminé par le gauchisme en se régalant avec les produits de la mer, donc autant en profiter pour se consoler.
@Denis,
le roman étant fondamentalement une invention anglaise?
Votre passion du monde Anglo-Saxon vaut bien mes amours russes!
@ sanpiero : C’est juste une réalité. Qui ne m’empêche pas de dire que cette forme artistique a atteint son zénith en Russie. Nulle passion là-dedans.
@ Nicolas : Je ne vous ai jamais reproché de ne pas avoir pris du Jurançon sec avec du foie gras, je faisais simplement la promotion d’un vin sous-estimé par opposition à un vin sur-estimé, les deux issus du même terroir.
Je suis le premier à aimer les blancs moelleux, et je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler l’existence d’excellents Sauternes et même (en cherchant bien, certes, mais les économies se méritent) de bons Monbazillac.
Pour votre prochain foie gras, je vous suggère d’opter pour des vins d’un meilleur rapport qualité-prix que les Sauternes, et susceptibles de grimper (au moins) aussi haut : les Alsace. Lesquels vous laisseront le choix entre plusieurs cépages (pour du foie gras, Pinot Gris ou Gewurztraminer), entre deux degrés de moelleux (VT ou SGN) et entre de multiples types de sols. Parce que c’est bien là le problème du Jurançon moelleux : un manque de complexité, que ce soit dans le vignoble ou dans le verre.
@Denis,
Non, non, je ne suis pas d’accord avec le roman invention des anglais.
Dans sa forme plus moderne, certes, mais cela équivaudrait à dire que Dunlop et Michelin ont inventé la roue.
Quand on voit les prix de certains Guiraud et Rieussec, totalement sous-estimés car éclipsés par LA star du terroir, je ne suis pas sûr que le choix d’un Gewurzt VT soit forcément économique…
@ Sammael : Vous avez raison sur le principe, il vaut mieux en général laisser tomber la star du terroir, mais Rieussec, propriété des Rothschild, et Guiraud, qui a décroché un 97 du Wine Spectator, vous êtes sûr que vos tarifs sont à jour ??? Parce que, d’accord, à côté d’un Yquem tout est bon marché (quoiqu’il existe plusieurs blancs, je songe notamment à un allemand et à un américain, nettement plus chers qu’Yquem). Mais de là à considérer Guiraud ou Rieussec comme compétitifs par rapport à un Gewurz (canard) ou un Pinot Gris (oie), même en Alsace Grand Cru…
@ Sanpiero : Désolé de toujours linker vers / citer Wiki, mais ça va si vite… Bien sûr il y a des romans avant la littérature anglaise, et les Anglais n’ont pas créé tous les genres, mais tout de même :
“C’est en Angleterre au cours du XVIIIe siècle que le roman acquiert peu à peu la place centrale dans la littérature qu’il connaît aujourd’hui encore. C’est en effet par le roman que la pratique de la lecture se diffuse dans une population récemment alphabétisée. Les premiers romans à succès paraissent, tels Robinson Crusoe ou Tristram Shandy. Le renouveau du roman se propage rapidement à la France, puis à l’Allemagne.
Par ailleurs la forme du roman change. Cette période se caractérise par une grande variété dans la forme et l’esthétique romanesque. L’aspect fictif est encore mis en avant de façon ludique par un Laurence Sterne, Daniel Defoe ou Walter Scott le dissimulent sous l’apparence d’un récit authentique à caractère biographique ou historique. Par ailleurs des formes sont empruntées à d’autres genres littéraires ou extra-littéraires (correspondance, confession, récit de voyage). Enfin, c’est à cette époque que naît le héros romanesque tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec une psychologie complexe et évolutive.
Dans le foisonnement du roman anglais de l’époque, on peut tenter de distinguer les catégories suivantes :
* le roman de mœurs : Samuel Richardson, Henry Fielding, Jane Austen. Imité par les Français l’abbé Prévost et Marivaux.
* le roman d’aventure et historique : Walter Scott, Daniel Defoe.
* le roman comique : Laurence Sterne, Tobias Smollett. Ce style sera une inspiration pour Diderot en France et Jean Paul en Allemagne.
* le roman gothique, précurseur du romantisme et du fantastique. Citons Horace Walpole, Matthew Gregory Lewis, Ann Radcliffe, William Thomas Beckford. Il se caractérise par une atmosphère inquiétante, des aventures mouvementées. Ce style est à rapprocher, dans la littérature française, des œuvres de Pixérécourt, du marquis de Sade et du Polonais Jean Potocki.”
Honnêtement, à peu près tout ce que nous entendons aujourd’hui par “roman” hormis le picaresque, lequel a quasi totalement disparu, a ses racines outre-Manche. Et je répète que nulle passion ne vient obscurcir mon propos, d’ailleurs je répète aussi que le roman a atteint son sommet sous des plumes russes.
Ceci étant, j’admets une dimension militante dans mon propos, j’en ai assez de l’ignorance (hélas propagée par votre génial cousin Buonaparté) française et de cette pose devant un miroir piqué, en murmurant (en substance) : “moi j’ai les Beaux-Arts pour moi, les Anglais ont peut-être façonné la planète, mais ce n’étaient que des boutiquiers”. Ce qui est simplement faux, et sans même mentionner les Américains, les Anglais ont à leur actif l’invention du roman (et de la plupart de ses sous-genres), le plus grand des théâtreux, et une poésie de très haut niveau.
@DEnis,
Vous pensez bien que j’avais été faire un tour sur Wiki;-)
Vous avez raison de dire que “l’Etat avait auparavant tout volé à tout le monde — du moins en théorie — , il était le seul à pouvoir fournir quoi que ce fût”, mais au moins il avait la “décence” de le faire. Je ne pense pas me tromper en disant que “l’Etat voleur” est universel.
Il y a cependant une chose que ni l’Etat ni le KGB n’ont jamais réussis à voler ou violer c’est l’âme russe et c’est peut-être ça qui les a sauvé. Pourquoi met-on en avant uniquement les aspects négatifs de l’URSS, la Russie aujourd’hui?
Nobody is perfect.
@ Cruellova : Vous êtes certaine d’être sur le bon fil, là ? On sait bien que vous êtes une fille, mais quand même … :-)
Oui bof, les moelleux avec le foie gras… Je préfère un Saint romain.
une petite précision
la “décence” de le faire , c’est à dire de prendre en charge les jeunes talents