Ma pôvre Mme Michu
Le 25/04/08 à 2:16 par Vae Victis
J’aimerai bien embaucher, mais je ne trouve pas de personnel. Pourtant il y a plus de 2 millions de chômeurs. Mais les français ne restent jamais plus de 2 ou 3 jours. Je ne comprends pas. C’est bien contraint et forcé - et c’est malheureux - que je remplis de clandestins : mes chantiers, mes cuisines, mes entrepôts, mes abattoirs, ect… Et eux ils travaillent dur, Mme Michu.
Voilà la triste litanie qui nous est donné d’entendre depuis des années, et plus particulièrement ces jours-ci. Jours de grand malheur pour le patronat français, à ce qu’il faut comprendre. Même les coeurs les plus endurcis ne peuvent s’empêcher de larmoyer à grandes eaux, devant les confessions si pathétiques de ces gras patrons, qui nous veulent tellement de bien et qui se font violence pour enfreindre la loi et la morale.
Pourtant j’avais dans l’idée, qu’on avait inventé un truc génial, vraiment révolutionnaire. Une chose appelée “libéralisme”. Avec sous-jacent le concept de “marché”, où viendrait s’équilibrer “offre” et “demande” par une variable d’ajustement appelée “salaire”.
Ainsi selon cette doctrine, et dans le cas décrit d’un excès d’offres d’emplois par rapport à la demande, les salaires devraient suivre à la hausse, jusqu’à ce que l’offre soit comblée. Ou jusqu’à ce que son comblement ne soit plus rentable. Il faut donc en conclure que la situation décrite ne peut pas exister. Ou alors elle s’explique certainement par un déficit démographique. Non ? Ou peut-être alors par la mauvaise foi. Ce serait choquant.
La problématique ne concerne pas que les plongeurs (ou les manoeuvres), mais aussi les cuisiniers et tous les professionnels du secteur, d’autant plus s’ils sont expérimentés (parce qu’ils se veulent plus chers). Les restaurateurs se plaignent d’un manque de main d’oeuvre, théoriquement la rareté entraîne une augmentation des salaires. Ceux-ci augmentant jusqu’à ce que de la main d’oeuvre se montre intéressée et qu’un équilibre entre offre et demande s’établisse. Dans la réalité les salaires restent lamentablement bas, les restaurateurs se plaignent - souvent avec raison - des entraves à la liberté du commerce, ainsi que du manque d’esprit de sacrifice de leur personnel, et exigent de pouvoir embaucher des immigrés très en dessous des prix du marché. Alliance sublime de socialisme et de mauvaise foi. On veut bien être libéral, mais à condition que l’Etat fournisse la main-d’oeuvre servile à gogo, bien entendu…
Mentionnons aussi l’augmentation du SMIC de ces dernières années, qui a relégué les emplois qualifiés manuels ou non dans les limbes. Il devient plus intéressant de transbahuter des cartons en intérim, que de bosser en tant que commis dans une cuisine ou comme boulanger. “Le salaire d’embauche des jeunes diplômés, aussi, n’a quasiment pas varié en 10 ans, alors que le SMIC a énormément augmenté entre les deux. Le SMIC est à 15 k€ bruts annuels, faites le calcul avec vos salaires, vous vous rendrez compte que le facteur est pas gigantesque (pour info, il y a 30 ans, un jeune diplômé gagnait 3 fois le SMIC, maintenant, 3 fois le SMIC, c’est ce qu’on peut espérer au bout de 5 à 10 ans).” (Ash) Il y a un phénomène de rattrapage des smicards sur ceux qui ne l’étaient pas ; le SMIC tendant à devenir le salaire juste et non plus le salaire de base.
Et si un français ne peut pas vivre de la cuisine ou de la maçonnerie, un africain ne le peut pas plus. La seule chose qu’il peut faire c’est survivre et envoyer de l’argent à la famille. Quand il sera installé avec femme et bagages, lui ou ses enfants refuseront de continuer à mener cette vie. Résultat il faudra de nouveau avoir recours à l’immigration. On comprend bien que la solution n’est pas africaine, mais bien française. Et a plus à voir avec les charges sociales et les conditions de travail qu’avec le besoin d’Afrique de l’économie française. La gauche a d’ailleurs de ce point de vue une drôle de façon d’être humaniste : “Les travailleurs français ne veulent plus de ces métiers car ils sont exploités. Faisons venir des africains… pour les exploiter à leur tour.”
Sur les bancs de l’UMP on commence à s’agiter, le Figaro pond des articles aux titres aussi persuasifs que «L’insécurité des sans-papiers crée une insécurité pour les entreprises» par un proche de Ségolène Royal. Les négriers, pardon, chefs d’entreprises - montent au créneau : “Des papiers pour mes esclaves !”. Les syndicats jouent la carte du prolétariat immigré. Déjà le ministre rougeaud, dont le nom n’intéresse personne, promet des régularisations en série mais “au cas par cas”. - Tous unis contre les français.
Très bon post obviously. C’était facile aussi ! Il y a un optimisme cucul dans un certain liberalisme. La conviction que - au fond - les mouches à merde sont des abeilles industrieuses et honnêtes. Une ignorance fondamentale du péché. Le temps presse… Il faut de nouveau “méditer sur le bourreau”.
Pourtant j’avais dans l’idée, qu’on avait inventé un truc génial, vraiment révolutionnaire. Une chose appelée “libéralisme”. Avec sous-jacent le concept de “marché”, où viendrait s’équilibrer “offre” et “demande” par une variable d’ajustement appelée “salaire”.
De plus haut salaires font augmenter les couts, donc tendent à réduire une marge de profit déjà bien mince. Le prix de vente doit donc augmenter, or, qui va manger dans un restaurant 1.5 fois et demi plus chers que ses concurrents simplement parce que celui emploit des dessouches.
Ce que vous dites est vrai pour le grand patronat, a qui le socialisme a largemment bénéficié, la fiscalité permettant d’eliminer la petite concurrence, voila par exemple pourquoi il n’y a plus d’hotelier indépendant en France, et tout est chaines (Accor et Envergure ont très bien réussi de ce point de vue là). Ajoutez à cela les gains d’économie d’échelles et vous avez la success story du Cac40.
La seule façon de régler le problème serait d’ajuster la fiscalité des PMEs de façon proportionné à la taille de l’entreprise.
Le patronat s’est longtemps opposé à l’immigration africaine , d’ailleurs
dès 1950 la moitié des algériens résidant en France était au chômage
par exemple.
L’immigration clandestine de masse est récente , et date de la moitié des années 80. D’ailleurs un des hiérarques de SOS Racisme avait été condamné de concert avec un patron proche du FN pour importation de main d’oeuvre clandestine…
Le haut niveau des charges et une fiscalité clémente pour le CAC40
mais impitoyable pour les PME poussent dans l’illégalité toutes les activités à faible valeur ajoutée non délocalisables.
> “La seule façon de régler le problème serait d’ajuster la fiscalité des PMEs de façon proportionné à la taille de l’entreprise.”
Oui, voire la supprimer totalement pour les activités les plus concurrencées au niveau européen, comme le transport routier.
Mais appliquer la loi sur l’aide aux clandestins, en guise de volet répression, ce serait aussi pas mal. En Arizona ils ont eu une brillante idée : une forte amende en cas d’embauche de clandestin, puis en cas de récidive la suppression de la licence de l’entreprise.
“Pourtant j’avais dans l’idée, qu’on avait inventé un truc génial, vraiment révolutionnaire. Une chose appelée “libéralisme”. Avec sous-jacent le concept de “marché”, où viendrait s’équilibrer “offre” et “demande” par une variable d’ajustement appelée “salaire”.”
Si ce n’est que l’Etat fausse le jeu en se substituant au marché, en protégeant les chômeurs plus que de raison, avec le SMIC, en gérant l’immigration de la manière la plus socialiste qui soit (pas de réelle liberté mais des allocs)…
C’est un peu comme si vous déploriez que la loi du marché ne fonctionne pas en Biélorussie ou en Coré du Nord..
“En Arizona ils ont eu une brillante idée : une forte amende en cas d’embauche de clandestin, puis en cas de récidive la suppression de la licence de l’entreprise.”
Résultat, coût du travail exorbitant, on fait faillite, on licensie… y compris les blancs.
> “C’est un peu comme si vous déploriez que la loi du marché ne fonctionne pas en Biélorussie ou en Coré du Nord..”
Rien que ça ? Tout dans la mesure.
> “Résultat, coût du travail exorbitant, on fait faillite, on licensie… y compris les blancs.”
Oui nous ne serions rien sans les clandestins, c’est évident. A se demander comment font les danois. Pourquoi les libéraux en viennent-ils toujours à défendre un féodalisme économique, basé sur le larbinat ?
Et puis c’est vrai que le taux de chômage en Arizona est monté en flêche depuis: http://www.economagic.com/em-cgi/data.exe/blsla/lasst04000003
En France, on a toujours plus de compassion pour les esclaves exotiques que pour ceux qui sont du coin, on aime les pauvres mais quand ils sont dans un pays sympa où il fait beau et où l’on peut se baigner.
“Rien que ça ? Tout dans la mesure.”
Oh, vous savez, lorsque l’Etat suce le contribuable à hauteur de 54 % avec l’une des plus grandes proportions de fonctionnaires en Europe…
“A se demander comment font les danois. ”
Simple: ils baissent les charges sur le travail “légal”…
“Pourquoi les libéraux en viennent-ils toujours à défendre un féodalisme économique, basé sur le larbinat ?”
Quel féodalisme ? Qui se pose aujourd’hui en seigneur à qui des vassaux, des serfs doivent obéissance et reverser une partie de leurs revenus ? L’Etat ou votre patron ?
Par ailleurs que proposez-vous ? que l’on laisse des entreprises faire faillite, en nourrissant des légions de fonctionnaires pour surveiller des frontières en sachant pertinemment que cela ne fonctionera pas ? De nouvelles taxes ? Vous croyez franchement que l’on n’en crève pas assez ?
Entre l’outre alcoolisée estampillée CGT et le manoeuvre sénégalais, lequel s’avérera/s’est avéré le plus dangereux ?
Je crois que les sénégalais se reproduisent plus que les cadres de la CGT, bien sûr il est possible qu’un sénégalais devienne cadre de la CGT.
l’on pourrait trouver un compromis: on accepte les clandestins castrés ? :D
Bel article !
@ Von Mises : Honneur à vous pour avoir rappelé ceci : “Le patronat s’est longtemps opposé à l’immigration africaine”. Ce qui est parfaitement conforme à la vérité historique… et massivement ignoré. La Gauche (au sens le plus large du terme, Centre et Droite eunuque inclus par conséquent) et la composante populiste de l’Extrême-Droite (donc sa majorité écrasante) communient dans le mythe du “on les a fait venir”. Ils en tirent évidemment des conclusions fort différentes - respectivement “il serait immoral de les renvoyer” et “nous avons été trahi par le Gros Argent et les méchants Libéraux” - et néanmoins toutes deux erronées.
Un contrôle fiscal et une visite d’inspection de travail dans ce genre d’entreprise s’avère indispensable.
“on les a fait venir” qui ça “on”? je ne me sens absolument pas concerné et j’ai nul envie de subir les magouilles du patronat qu’il soit de gauche ou de droite.
“il serait immoral de les renvoyer” est-il moral de les imposer à une nation toute entière?
[...] blogueur Vae Victis n’est pas dupe [...]