Kill them all, Dieu reconnaitra les siens
Le 16/04/08 à 2:44 par Il sorpasso
Nombre de sociétés imposent l’anglais comme langue de travail à la place du français, la Commission européenne vient de supprimer le français de ses publications statistiques, et le summum vient d’être atteint avec le 53 ème concours eurovision de la chanson où notre pays sera représenté par une chanson …en langue anglaise, « Divine », du chanteur français Sébastien Tellier.
Le député des Yvelines Jacques Myard, Via le Salon Beige
Il y a aussi quelque chose qui relève de la phase terminale à prendre comme références les visqueuses tentacules bureaucratisées de l’hydre européenne ou les larves kitcho-festives de l’Eurovision en ce qui concerne le présent et l’avenir de la langue française. Spasme sénile. D’ailleurs, adosser la création francophone aux productions jetables de ce monde infantile, c’est encore le meilleur moyen d’en accélérer la purge. Salvatrice ou non, au moins la pénible agonie en sera écourtée. Mais ne rêvons pas, j’imagine déjà qu’on ricane à propos de ces déclarations, de l’autre côté, des plumitifs grimaçants à la Picouly, par exemple, encourageant les jeunes pousses stériles greffées sur le charnier de la littérature, simulant l’enthousiasme jeuniste, un sac de chaux dans la main, les biftons dans l’autre, j’ai confiance en la jeunesse slameuse de mon pays… Mais en bon député plein de surprises, Myard poursuit sa danse du ventre flasque, en agitant ses mille voiles :
En tuant la langue dans la culture, la littérature, la chanson, l’art, on ruine son génie et sa base économique, on tue la poule aux oeufs d’or. Comment la France peut-elle prétendre encore être un pôle d’attraction et de rayonnement, en particulier pour les 175 millions de Francophones, pour ceux qui en Chine, en Inde ou ailleurs, apprécient la France précisément pour ce qu’elle est, si les Français eux-mêmes renoncent à leur langue!
Il est urgent que le Gouvernement réagisse et cesse de pratiquer la politique de l’autruche
Mais il n’a jamais foutu les pieds à Las Vegas, ce con ? Ou seulement regardé une série télé qui s’y déroule ? On y trouve de très belles choses typicaly french qui rayonnent un max ! Tout est recyclable, tout est d’ailleurs déjà recyclé, il n’y a qu’à voir, ici-même, le nombre de touristes mongoloïdes en séjour express Tour Eiffel-Louvre-Champs Elysées en 5mn shopping compris pour le renifler, le cul de l’autruche qui pond des Zeuros. Car ne s’agit même pas de bouter les anglois hors de France, pour notre bon député-VRP, mais bien de foutre Jeanne d’Arc à poil pour faire cracher les American Express, alors ne soyons pas trop regardant sur le pucelage. Nous prendre Travelers Check, toi vouloir cd Grand Corps Malade ? Sac Vuitton ? Moi faire french cancan very well ! Un rapport de la commission européenne en français acheté, le deuxième offert, yes sir, c’est presque du Corneille, oui, le chanteur. Car, dans une autre catégorie de noms d’oiseaux, en apparence seulement, il n’y a qu’à marcher du pied gauche sur un programme scolaire de Lettres, pour relever les strates d’ébrouements occultes des paons acéphales qui se réveillèrent d’autres siestes digestives en plein cénacle. Peut-on le lui faire remarquer ? Non ? Alors d’accord, preux député, fends-toi de quelques plumes de ta belle roue et appelles-en à Balzac, Flaubert, Bloy et Céline Hugo, Zola, Molière et Sartre si tu préfères (moi, je préfère encore que ce soient ces derniers qu’on assassine, enfin, c’est déjà à moitié fait en les enseignant en classe), et vas sauver ton Eurovision. Et que les tags de Seine-Saint-Denis soient avec toi ! Pour le Roy, pour la France ! Pour le rayonnement de la France !

c’est fort drôle, délirant, un peu injuste pour myard, mais finalement si vrai. Ce blog me fait prendrepar moments ce que Proust appelait “ma cure d’altitude mentale matinale”, quand il lisait l’Action Française.
En parlant de langue : http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/26707896
Cher Jacques Myard,
Tes 175 millions de francophones sont, pour leur immense majorité, des gens avec lesquels je ne veux rien avoir à faire : jeunesse débile même pas convenablement islamiste des pays maghrébins, noirs africains juste bons à mendigoter en pleurant sur l’esclavage (alors que ce sont bien leurs ancêtres à eux qui ont vendu les ancêtres des Antillais, ou me trompé-je ?), lie du tiers-monde devenue par la grâce des french doctors une figure de la collante conscience universelle, etc.
Il y a eu un moment, au XXe siècle, où on pouvait imaginer que le français deviendrait non la langue de tous les pires pouilleux du monde, mais la langue seconde, la langue de culture et finalement de distinction (salut Bourdieu) d’une élite transnationale. C’était ce qu’il fallait faire, Jacques. Il fallait financer des jardins d’enfants français à San Francisco, à Boston et à Tokyo, pas des écoles francophones dans les trous du cul du monde que son Bouaké, Tamatave ou Nouakchott.
Tu as parié Jacques, tu as perdu, aveuglé par ta conscience nationâle et la vision étroitement tricolore, ta connerie économique qui te fait encore croire à des stupidités gaullistes et aussi par cette pensée qui ne sait jamais être, Jacques, chez toi, qu’obsidionale au mieux ou toute entière dans le ressentiment quand tu es en forme.
Et enlève le slip tricolore que tu t’es mis sur la tête, Jacques. Il est merdeux.
Et laisse nous faire en sorte que notre français n’ait rien à voir pour l’avenir avec la langue de tes amis francophones, leur sorte de sous-petit-nègre rappeur. « Le Français est langue royale, il n’y a que fichus baragouins tout autour » Jacques, le langage républicain-nationâl que tu cherches à promouvoir compris.
“Il fallait financer des jardins d’enfants français à San Francisco, à Boston et à Tokyo, pas des écoles francophones dans les trous du cul du monde que son Bouaké, Tamatave ou Nouakchott.” …
… Dieu que cela est vrai. La France n’avait à vendre que le haut de gamme, et dans quasiment tous les domaines. Dans un registre différent mais comparable, le luxe automobile était avant tout français jusqu’en 1939, mais dès la Libération, une politique fiscale inspirée par le poison égalitariste, a délibérément torpillé toute tentative de restauration. Haute couture, gastronomie ou parfumerie – moins ostentatoires qu’une carosserie de Chapron ou Saoutchik sur chassis Delahaye et a fortiori qu’un éléphant Bugatti – furent épargnées par cette haine masochiste, et survécurent.
Pour revenir au propos de Nicolas, on peut dire que notre stratégie linguistique a été l’équivalent d’une politique agricole qui aurait arraché nos vignobles les plus prestigieux afin de les remplacer par des céréales destinées à nourrir la planète et – bien entendu – rivaliser dans ce rôle avec les USA.
Dans le cas linguistique comme dans le cas automobile : nul complot étranger, toute la culpa est nostra.
[...] faire l’affaire, interchangeable comme le sont les marionnettes progresso-oniriques ), dans mon dernier billet, de manière caricaturale dirons les sceptiques, a commenté brièvement la mort de Césaire, sur le [...]