A quoi ça sert l’amour?
Le 05/04/08 à 11:59 par XP
Un jour, je fus à deux doigts de me marier.
Avec une fille blonde de partout. Elle m’aurait fait des enfants aux teints clairs qui auraient eu sa beauté et mon intelligence, ce qui n’est pas peu dire, d’autant plus que même si la nature avait entrepris de se foutre de nos deux gueules en faisant le contraire, nos trois petits n’auraient manqué de rien: Je conserve encore ma jolie tronche même avec trois grammes dans les veines, je fait quatre à cinq ans de moins que mon âge réel depuis mes 22 ans, et Judy était aux beaux-arts. Ça ne la prémunissait pas contre la connerie, me direz-vous, mais ce cursus en jette un peu plus que des stages dans les entrepôts de la chaîne Lidl où un diplôme de tourneuse fraiseuse, personne ne pourra me contredire sur ce point.
A propos de mon âge, une vieille m’a gueulée dessus l’année dernière en me parlant de mon orthographe lamentable. J’ai pourtant dépassé les trente ans, mais elle s’est excusé en me disant que ce n’était pas de ma faute, puisqu’on nous apprenait plus rien à l’école, à nous les jeunes. J’ai failli lui répondre que j’avais des poils pleins le cul et déjà beaucoup de mauvais souvenirs, mais je suis un garçon bien élevé, à défaut d’avoir eu des maîtres à l’ancienne.
Donc, nous aurions fait trois garçons blonds jusqu’à leurs douze ans qui auraient viré au châtain clair avec l’âge ; l’éducation dont sa mère et moi les auraient pourvu aurait oscillé entre mes coups de gueules d’adolescent mal conservé qui ne fera jamais tout à fait sa mue et des séjours dans les pensionnats vers lesquels le vieux facho borgne qui sommeillera jusqu’à mon dernier souffle en moi n’aurait pas résisté à les diriger.
Peut-être même que nous aurions donné la vie à une fille. Une petite blonde qui aurait au berceau cessé d’être une enfant pour distiller les ravages de la passion dans les cœurs de tous ceux qui seraient passés près d’elle, avant de tourner le regard et s’éclipser pour les laisser à leurs peines, au désespoir et pris dans ces querelles métaphysiques dont personne n’aura jamais la clef.
Arrivée aux alentours de la quarantaine, Judy aurait simulé une crise de nerf pour que je lui paye une opération de chirurgie esthétique. Elle aurait confié alors à son psychanalyste où son curé qu’elle m’avait épousé sur un malentendu, que le je l’avais eu au flan, que l’enthousiasme de la jeunesse et mon art de la répartie l’avaient induit en erreur, qu’ elle ne me connaissait pas vraiment, et qu‘on allait divorcer.
Moi-même, je me serais surpris alors à me sonder, la maudire et m’avouer que je n’avais jamais pris cette femme pour autre chose qu’un trophée pendu à mon bras.
Tous les cinq, nous aurions été malheureux.
Judy avait ramené chez nous une petite chatte qui s’ennuyait dans l’appartement parisien de sa sœur, un putain de canon qui ressemblait à Charon Stone, soit dit en passant. La bête et moi, nous sommes devenus très copains. Elle m’a même sauvé la vie, figurez-vous. Une nuit ou je suis rentré à la maison avec deux grammes d’alcool dans le sang, je me suis fait un grog, et comme je n’ai pas d’odorat, je suis tombé sur le canapé comme une patate sans me soucier que le gaz était ouvert. Elle s’est alors mise à faire des va et vient du bas jusqu’au sommet du rideau en miaulant aussi fort que lorsqu’elle se faisait prendre, jusqu’à ce que je me réveille et que j’aille éteindre.
Elle aurait largement eu le temps de sauter par la fenêtre ouverte et laisser la maison exploser. Gentille comme elle était, elle aurait trouvé un autre maître dans les trois jours, mais elle ne l’a pas fait. Je m’en souviendrais.
Quand elle était pleine, elle grattait mon pantalon jusqu’à ce que je cède et que j’ ouvre le placard qu’elle avait choisie. Ça ne lui servait à rien, du reste, de faire des petits, puisque je les tuais tous en leur cognant la tête contre un mur, avant de leur mettre le museau dans un chiffon d’éther et d’aller les noyer dans l’Isère, mais enfin, elle tenait à faire ça bien. Quand je lui arrachait ses chats, elle me regardait d’un air triste et sans bouger, s’endormait pour se remettre de la fatigue et venait plus tard se frotter sur moi . Quelquefois, je gardais un petit sur la portée. Elle le couvait alors comme un Vitelloni., et si je noyais tous les suivants, elle le faisait téter même s’il avait l’âge d’engrosser sa mère.
Un jour, elle s’est vraiment fâchée contre moi. Ce fut après qu’en me garant sur le parking qui bordait la rivière que je voyais de ma fenêtre, je l’ai retrouvé au sommet d’un arbre de 15 mètres dont elle n’arrivait pas à redescendre. J’ai tâché de lui faire comprendre que j’allais chercher une échelle et que je reviendrais très vite, mais elle a dû se dire que je n’avais décidemment que de la gueule et qu’il fallait sauter . Elle est tombée dans ce confluent pleins de ces canards dont j’ai vu qu’ils plongeaient leurs becs dans l’eau pour chercher à becter mon chat, j’ai commencé tout de suite à faire mon deuil, mais une minute après la chute, je l’ai vu sortir de l’eau en trombe.
Après, ce ne fut plus jamais pareil. Elle me mordait, faisait des grossesses nerveuses, se battait avec les Tecquels de toutes le vieilles du quartier, et un soir de spleen, elle a même crevé l’œil d’un rodvailer, cette conne.
Plus tard, j’ai déménagé, et je l’ai mise dans la panière à linge pour l’emmener dans sa nouvelle maison . Elle n’a jamais réussi à se faire aux nouveaux maîtres. Quand j’allais la voir pour la convaincre de manger, elle restait sous son placard en faisant la morte, comme si j’étais un étranger. Un jour, elle a sauté d’une fenêtre, et plus personne n’a jamais entendu parler de Lola.
Fin de l’histoire. Judy va bien;Elle est retournée dans le 12 ème arrondissement de Paris, chez sa sœur, la fille qui ressemble à Sharon Stone. Un ami à moi qui les croise quelquefois m’a dit qu’elles ont repris un chat qui s’emmerde dans leur deux pièce.
A vrai dire, je m’en fous. Je me souviens de Sa foune, qu’elle avait énorme malgré des fesses et des seins dessinés au fuseau, mais pas de son visage. Je ne suis pas sûr que je la reconnaîtrais si je la croisais dans la rue, d’autant plus qu’elle doit être vieille, maintenant. …Trente ans, où quelque chose d’ approchant.
C’est loin tout ça. Je ne sais même pas pourquoi je vous en parle.
Durant nos trois ans de vie commune, son frère à garé sa voiture sur une ligne du T.G.V. pour dire à sa mère qu’il l aimait, et sa cousine s’est jeté du troisième étage. Qu’on me pardonne, mais j’ en ai déjà bien assez de mes fantômes pour me garder de ceux des autres.
Je cherche toujours un fille blonde de partout, mais je voudrais qu’elle soit rigolote, quand même. S’il vous plait.
Trois ans quand même. Trois ans. Ces fichus trois ans.
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@culpidon : on passe directement de l’incompatibilité originelle des sexes une fois qu’on essaie de faire autre chose que du sexe à la grille de départ du championnat du monde de misère sexuelle, c’est pas un petit peu violent comme transition ?
Désolé, mais je crois que blonde et rigolote, il y a comme une espèce de problème. Alors que les brunes…
je sais, j’ai plu mes flêches les hommes ne sont plus viril,les femmes ne servent plus de bonne et les chiens prennent la place du maitre bref, grace au mathématitien des loges du desert qui ce prennent pour des lumieres j’ai un mal fou a remplir mon cota dans cette societé de marché désolé pour les méthodes peu hortodoxes
J’ai longtemps partagé cette quête de la fille “blonde de partout”, mais les chiffres sont là et force est de constater que ça diminue considérablement le nombre de proies potentielles. Alors je me suis résolu à prendre pour génitrice une fille châtain clair avec de grands yeux bleus. Nous avons eu un fils tout blond aux yeux bleus (comme moi). Comme quoi il ne faut jamais desespérer.
Mon Dieu…
Mais au fait XP ? Vous êtes Isèrois ? C’est bien ça ! ‘me sens moins seul tout à coup…
Bien à vous.
Hum, pas certain. D’une part, l’Isère coule dans plusieurs départements, et d’autre part, je suis un menteur pathologique…. Vous êtes blonde de partout?
Bien à vous aussi!
Je connais une fille blonde, drôle, intelligente(pour une fille), belle.
Mais elle est de gauche, c’est grave ? :d
@ Eros : Autrefois, il y a très longtemps, les femmes faisaient où le clergé leur disait de faire, et auraient voté à Droite si elles avaient eu le droit de vote (c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles n’avaient PAS le droit de vote) ; aujourd’hui, les femmes font où les enseignants, les journalistes, le show biz et les publicitaires leur disent de faire, et votent à Gauche. Il n’y a d’ailleurs pratiquement plus que des hommes pour voter à Droite :-( Et pour ce qui est de votre connaissance : oui, c’est grave, mais c’est encore pire, c’est banal.
L’amour c’est fou. :d
Sinon je trouve la question-titre de ce sujet très tourné utilitarisme de notre société.
Je pensais plutôt à une version retournée et désabusée de la chanson d’Edith Piaf du même titre.
@ Denis l: tout à fait. On peut d’ailleurs dire que là où se trouvent encore des hommes blancs hétéros, là est la volonté politique. C’est pour cela que l’« extrême droite » peuplée de young angry white men fait si peur alors que la LCR féminisée et métissée ne peut arracher que des sourires entendus.