La France s’agite ces jours-ci à autour des performances et de l’impressionnante carrure du nageur Alain Bernard, en se demandant s’il est où non dopé.
Je trouve toujours cette question-là confondante de bêtise quand elle n’est pas précédée par quelques autres:
Le dopage n’est-il pas intrinsèque au sport de haut niveau?
L’être humain est-il naturellement fait pour accomplir des exploits physiques tels qu’ils puissent faire l’objet d’un spectacle?¨Même quand la nature et la génétique ont pris soins de bien le pourvoir et même quand il travaille beaucoup, est-il naturel que même sur 100 mètres, il puisse courir à la vitesse de quarante kilomètres heure et sillonner la France en bicyclette pendant trois semaines? Certainement pas. Un athlète de haut niveau est aux hommes vigoureux et en bonne santé ce qu’un bœuf d’une tonne et demie est à une belle bête de ferme, ou une courge de dix kilos à un légume de potager sortie de terre sans l‘aide de la chimie, à savoir, littéralement, un homme extraordinaire et monstrueux.
Ils ne sont pas les seuls. Baudelaire aussi, était monstrueux. Pour peu que nous soyons intelligents et doués d’un bon sens relayé par une sensibilité correctement aiguisée, nous sommes en mesure de ramasser nos pensées et prononcer les trois jolies phrases qui toucheront nos femmes au cœur, nous pouvons prédire l’avenir proche et nous faire une idée relativement juste du petit monde qui nous entoure, mais quand un homme trouve les mots qui transperceront des inconnus qui sont encore à des siècles de sa vie où qu’il voit une Amérique devenir cent ans après sa mort une terre de barbarie éclairée au gaz, c’est que l’Opium l’a fait plonger dans la folie où que la folie l’ a fait plonger dans l’Opium.
Les gens normalement lucides sont aptes à voir clair dans le jeu de celui qui sourit comme une hôtesse de l’air en ne pensant qu’à leurs tiroirs caisses où leurs épouses, mais pour déceler le Diable dans les yeux de celui qu‘on auréole vivant, qui s’épuise à faire le bien et le fait tant qu‘il s‘émeut lui-même de sa bonté, il faut, bien davantage que de la sensibilité, les sens pointus d’un animal etsi vous les avez, ceux-là finiront par vous astreindre au banc de la foule, dans un monastère, dans la chambre d’hôtel capitonnée ou s’enterra Proust, où encore en hôpital psychiatrique, à tenter de vriller votre sixième sens et vous débarrasser de ce que les imbéciles de la psychanalyse diagnostiquent avec leurs vues basses sous le nom de délires de persécutions.
Dans tous ces cas, ce que disent où font les hommes n’est pas naturel, ils ne sont plus eux-mêmes des être naturels et se sont dont arrachés de l’état de nature. A l’aide d’artifice quand à la naissance ils n‘étaient pas déjà des monstres, où sans rien se mettre dans le nez si leur cerveau malade génère lui-même la substance chimique qui les feront se transcender.
En quoi est-il immoral de s’arracher à l’état de nature?
Elle est vilaine comme une femme sans fard, sans retouches et sans talons, ennuyeuse comme une course de vélo de sous-préfecture, mortelle comme une phrase torchée par un buveur modéré qui vend ses livres aux coiffeuses, aussi grouillante de miasmes et dégoûtante que la moustache de José Bové après une dégustation de fromages pleins d’asticots.
Que traverse le crâne d’un homme qui rêve d’un monde naturel, sans gladiateurs, sans produits chimiques et sans paranoïa créative? Des pensées bien laides, sans aucun doute.
Ils voudraient des stades où personne n’entrerait pour voler le feu du ciel et gagner, mais chacun pour se socialiser et participer, comme disait l’autre idiot; des vies simples et tranquilles autour d’une table en bois, au cours desquelles nous serions débarrassés de nos obsessions folles et de l’envie de nous dresser sur nos jambes, dominer la nature, la farder, la faire mentir, l’embellir et nous envoler vers la lune quand nous l‘auront épuisé.
Pour le dire d’un mot, ceux qui plein de ressentiment dans la voix réclament un sport sans créatine doivent être dans le fond de sacrés connards.
Il n’est d’ailleurs pas anodin que la pasionaria du contrôle anti-dopage fut longtemps la communiste Buffet. Sans doute la vue d’hommes en short la faisait-elle rêver, la S…. A quoi donc? A des stades Maurice Thorez quadrillés par des éducateurs en survêtement payés par la mairie, très loin des Dieux de l’Olympe et de leurs songes.

Ajoutez à cela le fait que, très curieusement, on ne parle de dopage que dans les sports “blancs” : le cyclisme ou, maintenant, cet horrible sport raciste qu’est la natation, raciste comme la réalité puisque c’est une question de répartition des graisses dans le corps qui fait qu’un blanc flotte mieux qu’un noir.
En fait, je crois que c’est surtout cela que ces ordures moralisatrices du PCF ou de la lutte anti-dopage ne supportent pas.
Bien vu! La voilà encore “la rage égalitariste” ! Rien de ce qui risque de permettre à certains Hommes de se hisser au dessus de la masse leur est insuportable. Rien ne doit leur échapper… L’art, le sport, l’éducation, la philosophie…même la science
@Nicolas : rien à voir avec les graisses (d’ailleurs les nageurs de compet’ sont certainement dénués de toutes graisses) mais avec la densité musculaire : les nageurs ont les muscles très vascularisé, donc gorgés de sang (ce qui explique l’effet avant/après avoir concurru sur leur physionomie). C’est cette capacité cardio-vasculaire qui leur permet de ne pas asphixier leurs muscles sur des exercices assez rapides et de faible force. D’ailleurs les nageurs pros sont “faibles” physiquement. Rien à voir avec l’extrême opposé comme les sprinters ou encore les gymnastes. Qui d’ailleurs coulent comme des pierres une fois plongés dans une piscine…
C’était la minute scientifique.
La vrai question des sports “blancs”, c’est pourquoi un tel ratio entre d’un côté le sprint et de l’autre, la gymnastique. J’ai ma petite idée…
@XP : tout à fait d’accord avec vous. D’ailleurs j’avais entendu dire que dans le football américain, le dopage était toléré : au niveau “spectacle”, je trouve qu’il n’y a pas photo. Et les pros connaissent l’espérance de vie associé à cela, mais le font quand même : j’y vois une forme de dépassement de soi interressante. De toute façon, si c’est pour se faire “suicide assister” par les héritiers une fois le grand âge venu…
Maintenant à pratiquer soit-même, je preffère le rugby.
@ tzwm : Confondre le “fair play”, sommet civilisationnel, et l’égalitarisme, me paraît problématique, pour dire le moins.
@ XP : “Il n’est d’ailleurs pas anodin que la pasionaria du contrôle anti-dopage fut longtemps la communiste Buffet.” … Bonne remarque, mais je crois qu’il s’agit aussi d’effacer l’association entre communisme et dopage.