Chasse subtile
Le 05/03/08 à 23:26 par SK
Je reproduis ci-dessous quelques lignes du journal d’Ernst Jünger, glanées sur Stalker, au hasard de mes pérégrinations nocturnes et vagabondes, pendant lesquelles je recueille les impressions comme les feuilles d’un herbier.
Wilfingen, 17 mars 1996 – Le matin au jardin – une belle journée d’avant printemps. L’ellébore d’hiver fleurit tout autour de la tonnelle et sous le hêtre pourpre; le jasmin d’hiver est fané. Les crocus commencent tout juste à percer. Sur l’étang, deux cygnes, des foulques et de nombreux canards, les verdiers picorent le thuya. Hier soir, c’était la fête au Löwen pour l’abattage du cochon – dans la nuit, rêves agités, entre autres en compagnie de Florence Gould. En face de moi, un noble élégamment vêtu; il ne faisait pas partie du rêve mais se trouvait concrètement dans la pièce. Peut-être ma lecture intensive de Dostoïevski me prédispose-t-elle à ce genre d’apparitions.
Soixante-dix s’efface, V – Journal 1991-1996

Bon.
Que peut-on écrire après avoir lu cela ?
“Peut-être ma lecture intensive de Dostoïevski me prédispose-t-elle à ce genre d’apparitions”
Notre cher Dostoïevski, putain…
Imaginons ce qu’il aurait dit de Nicolas Hulot, si il l’avait eu sous les yeux quand il rédigait “les possédés”