Ca sent la fin de règne. Pour les vieux cons soixante huitards. Ils sont aigris, tout miteux, ils sont devenus ces retraités qui s’accrochent à une époque, à ses icônes et à ses privilèges. A l’image de Cabu, par exemple. Un vieux con, qui radote les mêmes salades anticléricales, les curés en rangers, les paras en goguette, les beaufs moustachus misogynes et abrutis. Je me demande si les jeunes saisissent, tant cette vision et tous ces clichés qu’elle véhicule fait écho à un monde qui n’existe plus. Ils ont gagné un peu, et comme tous les anarchistes qui sont liés par essence au pouvoir, ils se retrouvent nus et vains une fois l’objet de leur obsession disparu. Dans une solitude désespérante, peut être. Alors ils rabâchent, comme des autistes aveugles et sourds, ils rabâchent, mais il n’y a plus que ceux qui ont conservé le souvenir de ce monde disparu qui peuvent comprendre. Peut-être ne se rendent-ils pas compte de leur victoire ? Ce sont nos Don Quichotte modernes. C’est presque touchant, c’est sûrement ridicule.
Comme Buren, tiens. En voilà un beau spécimen de vieux con. A propos du coût de ses œuvres, ses déclarations d’artiste de cour ont quelques chose de franchement héroïque : « Cela sert également de défouloir à tous ceux qui sont contre le simple fait que cela existe. Dans les commentaires actuels, je sens l’extrême droite qui se réveille : je retrouve les anciens slogans anti-Lang, les vieilles insultes antisémites. » Nous refaire le coût de la critique forcément fascisante et antisémite, c’est culotté, tout de même. Surtout pour les colonnes. Les gosses, ils aiment bien ces colonnes. Ca les amuse. Elles n’ont rien de solennel. En fait, tout le monde s’en fout, maintenant. C’est peut-être cela qui l’insupporte. C’est peut-être cela qui le rend fou, se rendre compte. De l’indifférence, d’une mortelle indifférence.
Une œuvre à sa juste valeur. Anecdotique. Au revoir M. Buren.

bonne analyse.
Est-ce que ça vaut encore la peine, de s’acharner sur les 68-tard ? N’est-ce pas une manière de les faire passer pour encore vivants ? Quant à Buren…
C’est bien par son uniformité obsessionnelle, et surtout par son rapport au pouvoir, que Buren n’a rien à voir avec les anarchistes.
“Vieux cons”, ils le sont certainement ; mais si leurs règnent s’acchèvent, que de dégats irrémédiables ils auront causés !
“Rien n’est acquis à l’homme ni sa faiblesse ni sa force …” Et c’est la même chose pour tout le monde … les anarchistes, les marxistes, les fascistes, les droitistes, les royalistes, les thuriféraires du premier et second Empire, les adorateurs de “L’Ame de Napoléon”, les souverainistes, les anticléricaux, les bigots, les “artistes”, les gôchistes, les “degôche” et les “dedroite”, les guévaristes, les trotskistes, les maoïstes, les situationnistes, les lepénistes et même les jem’enfoutistes.
La vie est mille fois plus riche que le port de ces misérables étiquettes.
L’ironie suprême c’est de se croire encore dans un monde qui a définivement disparu et de continuer à agir comme si il exitait encore.
Il ne reste plus à l’Histoire, pour punir tous ces “vieux cons” qui ont passé leur temps à démolir notre héritage et nos traditions, qu’à les accompagner vers la crise démographique qui se profile : on verra alors si les gentils zimmigrés paieront les retraites des “vieux cons”…
C’est marrant…
Malgré tout, les gens continuent à appliquer l’antique sagesse de l’évangile : “laisse les morts enterrer leurs morts”. Ne t’attarde pas à expliquer la Vie à des gens qui ont décidé d’y renoncer.
C’est tout le sens de l’oeuvre de Muray… Les soixantehuitards ont été idiots, ou disons malchanceux. Ils ont réussi à tuer effectivement l’objet de leur ressentiment : plus de fachos, plus de cathos (juste des scouts altermondialos indifferenciés de la gôche), plus rien. “Tout est permis, mais rien n’est possible”. Ils sont transformé la Cité en Nécropole géante. Et se plaignent d’avoir froid…
A suivre…