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American Gnnn

J’aime bien les publicités American Apparel. On voit bien la coupe des vêtements. Parfaitement ajustés. On devine la qualité du coton biologique, on le touche presque des yeux. La lumière met en valeur les couleurs chatoyantes et souligne les détails des vêtements de qualité équitable.

Quand on voit ça, on se dit “oh ! oh! il faudrait absolument voir ça d’encore plus près, pour bien vérifier la qualité des produits.” Caresser le tissus fabriqué par des ouvrières américaines avec de l’énergie renouvelable, c’est très important pour les ours polaires. Palper le galbe. Pour vérifier. C’est fou ce que ça réveille en moi des préoccupations éthiques et écologiques.

Punaise, les ours. Quand même, hein.

Séminaire d’Alain Laurent

Année 2010
SÉMINAIRE D’ALAIN LAURENT

Philosophe, écrivain, éditeur.

Thème de l’année :

« Chemins de traverse du libéralisme ».

Histoire et actualité de la philosophie libérale classique
Organisation : Damien Theillier, professeur de philosophie

Le séminaire se tient, sauf exception, le jeudi une fois par mois à 19h 00

Lieu : Paris 16e. M° Église d’Auteuil.

Accès libre sur inscription (attention, places limitées) : info@nicomaque.com

Deuxième séance, jeudi 11 février 2010:

Après la crise financière mondiale, le retour d’Ayn Rand 

Un vélo d’enfant. En pleine ville. Un tout petit vélo. Sur la route. Et sur le vélo, le buste penché en avant, un affreux front bombé occupant son visage comme l’armée allemande la France, une infâme petite naine. Aux commissures de ses lèvres, un peu de rouge. Du sang probablement. D’enfant sans doute. Le possesseur du vélo certainement.

Bordel.

Nos enfants ne peuvent plus jouer dehors sans tomber sur un nain.

Il n’est que neuf heures du matin.

Et cette chose m’arrivant au genou, tentant maladroitement de pédaler sur un minuscule vélo, va probablement finir, à son rythme, par me bloquer le passage pendant quelques secondes.

Elle n’a pas vu le passage clouté ?

Vous me direz, le danger pour elle vient plutôt de ce qui vient sur les côtés ou d’au-dessus, que d’en bas. Ce n’est pas en tombant à deux kilomètres heure et de vingt centimètres de hauteur qu’elle risque de faire mal. Par contre, pour peu qu’un 4×4 équipé d’un pare-buffle passe par là…

Prions.

Mais non.

Je pourrais bien entendu lui décocher un grand coup de pied dans la gueule. Briser sa petite mâchoire. Me saisir du petit corps étourdi pour le soulever au-dessus de ma tête et le projeter de toutes mes forces contre un mur ou un pare-brise. Ou alors le ligoter avec une corde solide et relier celle-ci à un crochet d’attelage d’une voiture à l’arrêt au feu rouge. Ou encore la bâillonner et la démembrer vivante et bien consciente chez moi. Quoique je pourrais aussi…

Il faut que je me calme.

Je ne vais rien faire du tout.

Déjà il y a du monde.

Et les gens sont certes soucieux du péril nain mais ne veulent pas une seconde que celui-ci soit réglé devant eux, dans la rue, avec une violence à laquelle ils ne sont pas préparés.

Ensuite je ne veux pas me salir ni les mains, ni les chaussures. Non. Il faut penser plus grand. Plus systématique. Il faut faire cela à l’écart. La prendre chez elle. Elle et ses semblables. Les emmener ailleurs, au secret. Le tout sans esclandre. Il suffirait sans doute de leur promettre de plus grandes jambes.

Et, là-bas, loin du monde, à l’abri d’une sorte de base, les envoyer dans l’espace dans un petit vaisseau. Il y a des planètes dont on soupçonne qu’elle pourrait abriter de l’eau. Peut-être la vie. Les nains y seraient bien là-bas. Ils auraient tout l’espace dont ils ont besoin. Tout serait adapté à leur taille là-bas. Là-bas ils pourraient enfin vivre entre eux.

- C’est quoi ça, Toné?
- Le dernier Jérôme Leroy, Zulmé. Un recueil de poème.
-Qu’est-ce que ça vaut, Toné?
-C’est spécial, dirons nous…Il ne s’est pas foulé..Il s’est contenté de versifier les messages de délation qu’il envoie sur la toile à trois heures du matin, quand il est ivre.
- Lis-moi en des passages, Toné, sans te commander.
.

Je souhaite que vos mères se fassent violer
Et qui plus est sans tarder

.
- Et donc?
-Rien. C’était un poème court.
-Je vois, je vois…Une espèce de haiku…
.

Quand ton père est mort, tu as sucé son cadavre,
Pendant que ta mère te godait.

.
- Tiens, écoute encore celui-là:
.

Ta soeur couine bien sous l’homme.
C’est un copain arabe qui me l’a dit

.
- C’est un poète réaliste, sommes toutes. Tout est fait pour que le lecteur imagine parfaitement la déchéance de l’artiste, à poil devant son ordinateur pendant que les voisins frappent à la porte pour lui demander d’arrêter de crier comme un cochon, sans quoi ils appelleront une nouvelle fois les urgences psychiatriques…Un autre, s’il te plait, histoire que j’achève de me faire une idée du style.
.

Allo la police bourgeoise?
Monsieur X l’homosexuel habite rue Y.
Vous pourrez le trouver chez lui le soir à partir de 18 heures.

.
- Mais Zulmé, ça ne rime pas?
- Non Toné, ça ne rime pas. Mais ça paye. La police rémunère les balances.
.

Petit enculé
Je me suis renseigné
Tu habites rue des Sauls
2ème étage porte à droite

Je prends la peine de l’écrire
dans l’espoir d’ exciter un psychopate
J’espère qu’il débarquera chez toi

.
- Ca rime encore moins.
- Tu crois que ça va se vendre, Toné?
- Je ne sais pas. Mais JérômeLeroy, c’est le genre de poète dont les oeuvres seront un jour traduites.
-En quelle langue? En Allemand?
- Non, Toné.
-En Italien?
- Non, Toné.
- En Chinois?
- C’est toujours pas ça, Toné.
- Mais alors en quoi?
- En correctionnelle, Toné.
-Un dernier pour la route?
- oui, une ode amoureuse. Accroche-toi aux rideaux, ma fille:
.

CSP, t’es qu’un PD
C’est Josiane qui me l’as dit
Elle t’a dit que j’avais une petite bite,
C’est une folle et c’est même pas vrai.

- Ca déchire, Zulmé…  Ca déchire, comme on dit.
- Allez, encore un dernier poème.
- Bon d’accord, Zulmé. La touche humoristique de l’ouvrage:

Allo le MRAP? Allo Mouloud?
Causeur est un site sioniste et fascisant!
Je le sais, j’y travaille,et j’ai l’adresse de la patronne.

-Spécial, en effet, Toné.
- Oui, très spécial, Zulmé.

Face à face, à domicile, bis

93% des Français estiment vivre dans une société où règne une grande diversité des origines et des cultures et 77% apprécient cette diversité (27% la qualifient de très bonne chose et 50% de bonne chose) contre 17% qui la qualifient de mauvaise chose, selon un sondage TNS Sofres publié dimanche.

Lepoint

Et la méthodologie, en bas de page, encore :

L’institut TNS sofres a réalisé ce sondage du 29 janvier au 3 février auprès d’un échantillon de 1.060 personnes interrogées en face à face à domicile, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus

C’est amusant, cette tendance à démarcher les gens chez eux pour des sondages sur la diversité, l’immigration etc, alors que ça coûte beaucoup, beaucoup plus cher que le sondage par téléphone, habituellement utilisé pour tous les autres sujets.

Burqass

Lu dans Le Parisien :

Les deux braqueurs qui se sont attaqués ce matin à la Poste d’Athis-Mons (Essonne) ne sont pas vraiment passés inaperçus. Au lieu des habituelles cagoules et autres écharpes, ils ont choisi d’opérer vêtus de la burqa et chaussés de baskets.

Si les braqueurs sont repris, ils méritent une distinction pour le spectacle, je n’ai jamais rien lu de plus drôle depuis très longtemps. Un Molière pour les deux comiques !

Saltimbanques, apprentis jongleurs, cracheurs de feu, clowns tristes rmistes, diplômés de sociologie, intermittents du spectacle, vous savez maintenant quoi faire pour vivre en exercant votre art : devenez braqueur-humouriste.

Et cette affaire de relancer la polémique sur la burqa…On se marre.

Saints

Sans titre

Le bouton magique, c’est fasciste

Lu sur Le Post, dans un commentaire:

“Je me suis battu un temps contre le noeud de fachos de Libertyvox (qui porte mal son nom). Ils m’ont éjecté sous prétexte que je tenais des propos gauchistes et que j’arborais en avatar le drapeau arc en ciel (pour contrebalancer les avatars pas ambigus du tout), ce qui faisait de moi ipso facto un sale PD.

J’ai porté plainte pour discrimination (surtout après avoir lu les commentaires du webmestre avec d’autres sbires du site au sujet de mon éviction).

La Halde m’a répondu trois mois après qu’il n’y avait aucune discrimination dans mon éviction.

Soutien total au MRAP”
Les demandes d’interdiction, c’est assez classique, mais l’obligtion d’ouvrir ses colonnes aux trolls, j’avoue que je n’y avais pas pensé.
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Il est donc possible qu’un de ces jours, par exemple, les trisomiques qui se défoulent dans la bouche de métro Causeur.fr saississent la Halde pour exiger d’Ilys qu’il soit contraint à respecter des quotas d’handicapés à publier sur ses fils et que ce sanctuaire de la liberté d’expression soit  transformé en forum citoyen, avec contage de lignes visant à instaurer une égalité parfaite entres commentateurs d’élites et mongoliens débridés.
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Dix lignes pour Denis, et hop, dix lignes pour Desgrouilles ou Patrice Mardon…Nébo interroge  Aquinus? Celui-ci ne doit surtout pas répondre avant l’intervention de Robin des Bois, sous peine de tomber sous le coup de la loi. Nicolas interpelle Vertumme? Que celui-ci ne commette pas la folie de répondre avant un punk à chien d’Egalité et Réconciliation, sans quoi il recevra du papier bleu dans les trois jours.
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Remarquez, ça existe déjà, ce truc: Houellebecq écrit un Roman? Eric Naulleau à le droit d’en parler…
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 La démocratie, que ça s’appelle, cette merde.

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Rappelons que selon les Grecs, il s’agit, de tous les régimes politiques, celui qui se rapproche le plus de la tyrannie.
.
Un régime populaire, en effet, nait du fait que des gens qui sont égaux dans un domaine estiment être égaux absolument. (…) Par suite, au nom de leur égalité ils estiment le droit de participer également à tout.

Aristote. Les politiques.

Dissoudre Mouloud

— Tu as vu Toné, le MRAP appelle à boycotter les produits israéliens en diffusant des polycopiés.
— Et c’est nous que ces enfoirés accusent – faussement – de « sous-entendus antisémites » ? alors qu’ils recyclent l’imagerie du juif cupide qui exploiterait les malheureux palestiniens innocents ? Mais avec quel argent font-ils tous ces rapports et tracts ?
— Avec de l’argent public qui leur vient des subventions qu’ils touchent.
— Tu veux dire que sous Sarkozy la France paye le MRAP pour faire des tracts antisémites ?
— Oui, comme sous Chirac. Et le MRAP fait partie de quantité d’instances officielles simplement parce que la liste des organisations qui y figurent est figée depuis des décennies, quoi qu’elles disent et quoi qu’elles fassent.
— Et les juifs ne font rien ?
— Si, en octobre dernier par exemple l’UPJF réclamait la dissolution du MRAP.
— En vain ?
— En vain.
— Parmi tous les parlementaires qui sont dénoncés dans ce tract, pas un n’a entrepris d’avoir la peau du MRAP ?
— Il faut croire que non : pas un n’a posé de question au gouvernement pour demander s’il était normal que la République finance un mouvement qui produit de tels tracts antisémites. Pas un n’a argué de sa mission de contrôle des dépenses pour établir combien le MRAP touche, de quelles instances officielles, sur décision de quels fonctionnaires ou élus, et ce qu’il fait de cet argent.
— Et il y a encore des imbéciles pour croire que le lobby communautaire est tout puissant ? et le clamer ?
— Oui, tu sais, ils l’auraient dit aussi dans l’Allemagne nazie que les juifs sont tout puissants, alors…

Les liaisons dangereuses du MRAP

Joyeux anniversaire à tous !


retrouver ce média sur www.ina.fr

Multiculturel

Kitten-Ducks

Le Mensonge

Je suis un journaliste dans l’âme.

Je ne m’intéresse pas aux trains qui arrivent à l’heure, modérément à ceux qui arrivent en retard mais je suis immédiatement intrigué par ceux qui n’arrivent pas. Du tout. Autre symptôme, je crois être lu et, pire encore, je suis fermement persuadé que ce que j’écris a une incidence.

Il faudrait me faire soigner.

Voilà pourquoi je ne vais vous entretenir que maintenant de la dernière pièce de Pipo Delbono, La Menzogna (Le Mensonge), qui se joue jusqu’à demain, me semble-t-il, au théâtre du Rond-Point. Autrement dit, vous n’aurez pas le temps d’être tenté d’aller voir ce qui s’y trame. Trop tard.

Je disais que je n’aimais pas les trains qui arrivent à l’heure. Ce n’est pas tout à fait vrai bien sûr. Quand je les prends moi-même, je suis bien aise qu’ils le soient. Mais, alors, je ne vois plus du tout l’intérêt d’en parler.

Vous comprendrez donc que si je vous parle de cette pièce, c’est parce qu’elle m’a horrifié.

Il me faut bien avouer quelque chose en préambule. Je n’aime pas le nu sur scène. Ou alors quand il est justifié. Et particulièrement bien justifié. Sinon je n’en vois pas l’intérêt. Or, bien souvent, le nu au théâtre est signe soit de réalisme, soit de voyeurisme. Pour le premier le cinéma existe. Pour le second il y a des établissements spécialisés à Paris qui s’en sortent déjà très bien de ce point de vue.

Ici, une jeune femme se déshabille devant nous avant que quatre ou cinq hommes ne se mettent progressivement à en faire de même. Dont Pipo Delbono lui-même. Et avant lui un trisomique, Gianluca, parfaitement glabre. Gianluca qui s’amuse sur scène à faire le petit chat. Faisant mine de se lécher les avants-bras, courant partout et imageant des coups de griffe. Avant il était, toujours aussi nu, derrière une sorte de cage en fer, uniquement vêtu de perles, à gesticuler.

C’est pratique. Les trisomiques. Ils ont une conscience altérée -pour le moins- de ce qu’on leur fait faire.

Alors pourquoi se priver ?

Et entre ces performances d’artistes (dont le célèbre Bobo, cinquante ans en hôpital psychiatrique, sourd et muet), des acteurs en soutane et autres beuglaient, criaient, oui, simplement criaient, dans le micro tenu par Pipo Delbono pendant au moins cinq minutes. Et ce n’est qu’un exemple.

Il me faut avouer autre chose. J’aime, quand on m’immobilise pendant une heure et demi dans un théâtre, qu’on me dise quelque chose. Et, de préférence, quelque chose de subtil. Sinon je peux toujours regarder Canal + de chez moi.

Ainsi, si je puis entendre que les curés sont des pervers liés à la mafia, si je puis entendre que les ouvriers sont des personnes seulement humbles et travailleuses, si je puis entendre que la domination sociale est partout et que les puissants sont des êtres dégénérés, j’aimerais tout de même qu’on me le dise de manière subtile.

Et j’aimerais aussi qu’on respecte mon rôle de spectateur. Il est facile, pour un metteur en scène, de plonger son spectateur dans le voyeurisme, dans l’embarras, de se moquer de lui, de le choquer. Quand, comme Pipo Delbono disait lui-même alors qu’il était dans le public, on ne sait pas exactement quand le spectacle commence, c’est peut-être parce qu’il n’y a pas de spectacle… Si le metteur en scène-acteur peut se balader indifféremment sur scène ou dans le public et prendre des photos de tous, je dois avouer que forte est la tentation pour le spectateur de monter également sur scène. Surtout quand ce qu’on lui propose n’a aucun sens, ou un sens trop pauvre. Mais non. Nous ne sommes pas dans la rue. Mais dans un théâtre. Les gens sont placés. Ils sont plongés dans une semi-obscurité. Ils sont dans leur rôle.

On peut trouver cette position trop confortable. Peut-être. Mais elle est indispensable si on veut mettre le spectateur en confiance. Et lui dire quelque chose. Le public ne demande pas mieux de se faire surprendre. Mais il n’aime guère être pris en otage.

J’ai cru comprendre à la fin et si on excepte la critique sociale indigente et tellement évidente qu’elle en devenait vulgaire -si je puis dire, que le corps, dans sa nudité resplendissante n’est-ce pas, lui, au moins, ne mentait pas.

Peut-être. Et encore. Avec la chirurgie esthétique, les tatouages, etc. Un corps même nu peut encore nous mentir. Mais, quand bien même. Qu’est-ce que nous dit un corps nu ? Pas grand chose. Que le type a du bide. Un sexe qui n’est pas celui à Soral. Bref, ça ne m’en dit pas grand chose sur le genre d’homme qu’il est vraiment.

Je ne comprends pas la passion des gauchistes pour les corps nus.

Au théâtre comme ailleurs, il n’y a rien de moins égalitariste qu’un corps nu. D’un coup d’œil la sélection peut se faire. On ne peut tricher que modérément. Il n’y a rien de plus discriminant que la nudité. Tandis que les femmes, ou même les hommes, peuvent par divers artifices vestimentaires et autres cacher les parties disgracieuses de leur corps et mettre en avant leurs atouts. Des gens s’étripent au moment des soldes pour des morceaux de chiffons. Des filles se maquillent pendant des heures. Avec un peu de savoir-faire et un peu d’argent, des filles pas très jolies peuvent se sublimer et même, éventuellement, rivaliser en beauté avec d’autres à l’origine bien plus belles mais ne sachant pas aussi bien se mettre en valeur.

A la limite j’ai envie de comprendre le NPA et sa candidate voilée.

Imaginons un monde ou hommes et femmes porteraient en permanence la burqa. Une noire pour les femmes. Une grise pour les hommes. C’est une idée. Le physique ne serait plus discriminant. Si on excepte certains biais sociaux qui demeureraient, la conversation reprendrait tout ses droits. Enfin. On séduirait par la seule parole. Générant, je l’entends bien, une autre forme de discrimination mais qui, étrangement, a tendance à plaire à beaucoup plus de gens. Ceux qui vous parlent sans rire de beauté intérieure par exemple.

L’idée de base est simple. Il serait formellement interdit de retirer sa burqa autrement que dans l’intimité de la chambre d’un couple marié.

Après, pour assurer le fonctionnement du système, il existe deux solutions.

Un système iconoclaste, empêchant la reproduction visuelle de personnes n’ayant pas de burqa. Afin d’éliminer la comparaison qui pourrait pousser un homme ou une femme, en découvrant leur conjoint, à se dire qu’ils ont tiré un mauvais numéro.

Ou bien l’interdiction du divorce et le châtiment sévère de l’adultère.

Voilà un système qui me semble, a priori, rêvé pour tous ces gauchistes n’espérant que l’égalité à chaque niveau.

Mais non. Essayez donc de proposer cette solution, en précisant bien qu’elle n’a aucun rapport avec l’islam, et vous verrez comment ils la recevront. Tandis qu’une Christine Boutin, qui voit certainement tous les avantages qu’elle aurait pu retirer elle-même d’une telle mesure, est par exemple pas choquée du tout par la candidate voilée du NPA. Qui, elle-même, pour des raisons esthétiques également, devrait considérer l’éventualité de passer à la burqa plutôt qu’au simple voile.

Le rouble européen en difficulté

La monnaie d’occupation technocratique connue sous le nom d’Euro devait nous protéger. Nous protéger de tout, empêcher les dévaluations, permettre la croissance à quatre chiffres, nous enrichir presque mécaniquement, etc.

Autrement dit, cette monnaie devait être autre chose qu’une monnaie, ne plus représenter la richesse produite et détenue, mais être fondée sur une sorte de confiance mystique, irrationnelle, du même ordre que celle qu’invoquent certains quand ils disent que l’Europe a évité la guerre, alors même que le seul conflit dont l’Europe se soit un peu occupée avant de devoir appeler Clinton au secours a été l’ex-Yougoslavie, succès de la paix, de la concorde et de la prospérité s’il en fut.

Ce mythe euro commence à se craqueler.

Voilà quelques jours c’est la Grèce dont l’emprunt gouvernemental se faisait, nous assurait-on, dans des conditions excellentes. Mais ces conditions excellentes étaient si contraires aux chiffres et au simple bon sens qu’on ne pouvait y voir que l’influence en sous-main de la BCE aidant à empêcher qu’on remarque en trop mauvaise part le pire emprunteur de la “zone euro”.

Ces dernières heures, c’est le Portugal qui n’a simplement pas réussi à emprunter les 800 millions d’euros dont il estimait avoir besoin et a dû se contenter de placer 300 millions de dette.

Qu’à cela ne tienne, nos bons keynésiens régulateurs et harmoniste, nos bons exécrables économistes socialistes français, in fine responsables de tout cela par leur politique de relance inefficace et purement idéologique qui vise à sauver dix emplois provisoires en y consacrant la richesse qui pouvait en créer douze durables hors de leurs théories stupides, nous expliquent, jamais à une contradiction près, que du coup le dollar retrouve son statut de monnaie refuge.

Autrement dit : quand une monnaie s’affaiblit sous le poids des dettes des États qui la partagent, on se précipite vers la monnaie d’un État tout aussi endetté, et accablé de charges militaires en plus.

Curieux refuge.

Gageons même que nos amis souverainistes vont y voir selon leur grille de lecture omnibus la prépondérance de la souveraineté unique sur la souveraineté partagée et limitée.

Ce mouvement ne doit tromper personne : le dollar est la principale monnaie de réserve dans le monde, il a de fait un statut de refuge… provisoire.

Chacun se dit que le voisin a tant de dette en dollar dans ses coffres qu’il est peu probable que cette dette soit réduite à peu de choses par la dévalorisation de la monnaie dans laquelle elle est libellée. Du moins sans signes précurseurs : ils espèrent simplement être plus prévenus d’une telle éventualité avec des dollars qu’avec des euros. Ajoutez à cela qu’avoir en dollars un petit bout de l’armée américaine est plus rassurant que d’avoir un petit bout de l’armée portuguaise, et que pouvoir acheter un jour une maison dans les Hamptons est plus rassurant que pouvoir un jour acheter une maison dans la banlieue, même chic, de Bruxelles, et vous comprenez ce qui se passe. Mais vous comprenez aussi que ce ne peut être qu’un relais : les mêmes inflations de dettes américaines consumées en politiques keynésianistes inutiles et extraordinairement coûteuses auront les mêmes effets monétaires et économiques qu’en Europe, politiques dont il paraît impossible à Obama de se détacher tant les élections de mi-mandat vont annoncer la bataille pour sa réélection, ou du moins celle d’un candidat démocrate.

De plus le couple euro/dollar a un problème commun : comparé au panier des six principales monnaies du monde (eux non compris) il baissent. À des rythmes légèrement différents, qui trahissent leurs variations réciproques, mais ils baissent.

Ajoutons à cela que les État-Unis vont tout faire pour que d’autres soient en grande difficulté monétaire avant eux, histoire de faire diversion et de pouvoir les blâmer en espérant éviter la colère puis la panique de leurs principaux créanciers.

Acheter du dollar, c’est en gros espérer que celui qui a le plus de bombardiers garantira d’une manière ou d’une autre une fraction plus grande des avoirs qu’on peut détenir dans sa monnaie, parce qu’il sera le plus fort.

Les mauvais esprits ajouteront que si l’on n’a plus que la force militaire il y a une manière très simple de réduire sa dette : entrer en guerre avec certains des principaux détenteurs de cette dette, ce qui permet de refuser de les payer. Encore alors faut-il gagner.

Attentat suicide

canape

Ce monde est un fameux bordel. Il semble que plus les mentalités s’uniformisent, plus elles éprouvent le besoin de s’exprimer des manières les plus étranges. Ce qui est presque logique, mais déstabilisant. Je n’aime pas être déstabilisé. Donc après l’ex de cinq ans, me voilà confronté à la non-ex de vingt ans. Dès la réception de la lettre à l’écriture presque calligraphiée, ça sentait le roussi. Non elle n’était pas presque calligraphiée, elle était carrément calligraphiée, mais j’ai hésité avant de me l’avouer. J’étais dans le déni. Il était presque inutile de lire, à ce niveau de présentation, les motivations des rédacteurs sont les mêmes, qu’il s’agisse d’une ancienne camarade d’école avec laquelle je déjeunais à la cantine pendant le primaire ou du représentant de la branche armée d’Al-Quaïda de Trifouilly-les-Oies : me convertir. Gentiment, d’abord, mais avec tout le ton doucereux qui fait pressentir le futur attentat suicide. Quand on vous demande des nouvelles alors qu’on ne s’est pas vu depuis vingt ans avec la même légèreté que si on s’était échangé des cartes de vœux à chaque fin d’année, il n’y a qu’une solution : ne rien faire. Parce qu’une lettre ça n’a l’air de rien, mais ça proclame une chose : je sais où tu habites, suivi d’un ricanement de nain maléfique. Cette lettre est restée sans réponse. Comme prévu, une autre et arrivée. Comme prévu, elle était beaucoup plus directe, une longue déclaration d’amour. Il y avait même un numéro de téléphone. Si ça c’est pas un ultimatum. Dès qu’il y a des chiffres, avec ces filles-là, il faut pas tortiller : c’est un décompte.

J’ai tout de suite su comment elle avait eu mon adresse. Il y a des gens qu’il ne faudrait jamais recroiser. Celles qui font les entremetteuses parce qu’on a refusé de les sauter avant tout. Si les femmes ne sont pas solidaires dans le monde du travail, quand il s’agit de désirs inassouvis c’est l’internationale du harcèlement méthodique.

Alors j’ai pris le problème à bras le corps, comme d’habitude. J’ai fait le mort.
Et puis un soir, alors que je regardais paisiblement Julien Lepers diriger un “quatre à la suite” sur “le mariage dans la littérature”, on a frappé à la porte. J’étais de bonne humeur, alors j’ai ouvert, toujours prêt à aider un inconnu égaré ou une postière à calendriers moches. C’était elle, je l’ai reconnue sans difficultés. Bon, premier problème : elle était tout à fait baisable. Et même très mignonne. Brune de taille moyenne, parfaitement proportionnée, nez fin, lèvres légèrement glossées et yeux de biche noisettes. Elle est nerveuse, parle tout bas, rougie un peu, sourit, n’ose pas croiser mon regard trop longtemps. Je ne la laisse pas trop parler, dis n’avoir reçu qu’une seule lettre (la première donc) pour ne pas l’embarrasser, écris son numéro sur un papier, sans la laisser rentrer, c’est que je suis occupé, lui demande combien de temps elle reste dans le coin, cinq jours ?,  lui dis que je l’appelle et qu’on va aller boire un verre sur le ton du bon vieux temps.

Le lendemain je n’y pense pas trop.

Le jour d’après, je me dis qu’elle a tout de même un très joli cul.

Le jour suivant, en relisant la lettre, avec cette faute d’orthographe barrée sur le deuxième paragraphe, pour achever de me convaincre, je me dis qu’elle est bien complètement dingue. Je tergiverse. Et puis, pourquoi pas ? Laissons les choses se faire, abandonnons le froid cynisme. Elle pourrait me plaire. Je pourrai prendre du plaisir à me laisser aimer comme ça sans réfléchir. Et puis, les dingues que j’ai connues m’ont laissé d’excellents souvenirs au pieu. Ce n’est pas rien. Mais je repense aussi à ce film avec Michael Douglas qui trompe sa femme avec Glenn Close qui tombe enceinte et qui finit par buter le lapin du gamin avant de s’attaquer à toute la famille. Mais je n’ai pas de femme, ni de gamins, ni de lapin donc. Ça simplifie. Mais ça ne m’aide pas beaucoup. Je suis pourtant presque sûr qu’Hollywood serait fortement intéressé par mon problème.

C., une autre ex-une vraie celle-là-qui habite loin désormais, m’appelle. J’ai l’habitude de la revoir lorsqu’elle repasse visiter ses parents dans le quartier. Nous ne couchons plus ensemble, mais nous laissons habituellement une délicieuse tension érotique-dont aucun de nous deux n’est dupe- s’installer lorsque allons prendre un verre, toujours au même endroit, toujours un samedi soir, et nous nous confions nos histoires. Ou pas. Ce sujet devrait certainement la passionner.

Elle me coupe littéralement le sifflet : selon elle, je devrais en effet céder à l’inconnu, j’aurais besoin de nouveauté, de changer d’air, j’aurais besoin de sentiments authentiques, d’engagement véritable, d’expériences sincères, sinon je finirai seul, vaguement sollicité par de pauvres femmes mariées en mal d’adultère. Touchons du bois, me dis-je intérieurement. C’est qu’elle semble susceptible, étrangement. Elle n’est pas jalouse, tout de même ? Elle aussi s’amuserait à jouer les entremetteuses, avec moi ? Quelle salope.

Le lendemain, je prends la décision héroïque de ne rien tenter avec la dingue. Soulagé je n’y pense plus.

Le dernier jour du séjour de la folle, ça me turlupine tout de même. Je me convaincs de l’appeler, lorsqu’elle sera repartie, pour la rassurer, et que ce n’est pas elle le problème, que c’est moi et…bordel, comment je vais ficeler ça ? C’est que j’ai des scrupules. Et puis je dois reconnaître qu’il faut tout de même un sacré courage pour faire ce qu’elle a fait… Et…ah ça y est, je délire, non : c’est du délire ! C’est n’importe quoi. Je ne vais pas revenir là-dessus, ça ne tient pas la route. Putain de merde, pas moyen d’avoir la paix ! Il faut être ferme.  La vie est dure, can’t always get what you want, tout ça, quoi, elle peut le comprendre, non ? Elle est adulte, non ? Oui, elle vient d’avoir trente ans, oui, c’est une catastrophe, et alors, qu’est-ce que j’y peux ? Parce qu’on a bouffé du hachis Parmentier dans une cantine assourdissante il y a vingt ans, parce que j’avais un charisme de malade et un humour de dingue à dix ans,  il y a pas moyen qu’elle m’oublie, c’est ça ?  Mais elle a rencontré personne ou quoi ? C’est pas possible ! Il font quoi, les mecs, là où elle est ? Hein ? Si je les avais devant moi, ces tocards, je leur dirais écoutez-moi, bande de nazes, vous la voyez cette voisine, collègue, amie, si vous vous voulez vous la faire, c’est pas compliqué : vous l’emmenez bouffer du hachis Parmentier dans un self et vous faites une imitation pourrie de François Mitterrand ou de Jacques Chirac des années quatre-vingts, et c’est dans la poche ! Vrai ! Pas d’entourloupe ! Sur un plateau !

Sur ce viril sermon, j’oublie l’affaire.  Décide de prendre une bonne douche. Et alors que je finis de me déshabiller, qu’est-ce que je vois arriver, par la fenêtre ? La folle. Panique. Instinct de survie. J’ai à peine le temps de me propulser derrière le canapé. J’espère qu’elle ne m’a pas vu. J’essaye de rester immobile et silencieux, difficile  après ce bond. Putain de bordel de chiottes. Je suis là, chez moi, adulte à peu près normal et adapté de trente ans tous frais, et je suis étalé en caleçon sur le carrelage froid nez à nez avec les moutons et la poussière de dessous mon canapé.  J’ai le cœur qui me  bat les tempes dans cette position à la con, et je me pense à ma voiture. Elle a forcément vu la voiture, elle sait que je suis là. Elle frappe à la porte. Long silence. Elle re-frappe. Re-long silence. Je ne l’entends pas s’éloigner sur le gravier. Ça dure une plombe, et je me demande bien qu’est-ce que j’ai fait pour en arriver là. Ma vie est un sketch. C’est un comportement adulte et adapté, ça, Il Sorpasso, hein ? Est-ce que c’est un comportement adulte et adapté de se cacher derrière son canapé quand un autre adulte à peu près normal-sauf avis médical contraire- et probablement adapté vient frapper à ta putain de porte ? Même les témoins de Jehovah tu vas leur ouvrir ! Même ces abrutis de témoins de Jehovah qui arrivent en couple tout habillés de noir et que tu sais qu’il sont barrés de chez barré tu vas leur ouvrir pour leur dire poliment que tu as, simplement, comme n’importe quel citoyen de ce pays, le droit de ne pas être séduit ni intéressé par leurs délires et ils s’en vont tristes comme ils sont venus, et tu peux de regarder fièrement dans le miroir en te disant que tu as un sacré aplomb de leur balancer que tu es papiste, tout de même, hein, quoi, non mais. Alors pourquoi tu te caches derrière ton canapé comme un gosse qui fait littéralement n’importe quoi, qui le sait, mais qui le fait quand même ? Tu peux me le dire ?

Je l’entends qui glisse un truc sous la porte puis qui repart.

J’attends encore une minute. Plus de bruits, c’est bon.

Je soupire un grand coup. Je me relève lentement, mets le nez par dessus ma fabuleuse cachette, scrute, m’approche discrètement de la fenêtre, vérifie qu’elle n’est plus là. Je soupire à nouveau, me détends. Toujours en caleçon, je vais m’ouvrir une bière, je l’ai bien méritée. Je m’assoie sur le fauteuil, sirote un peu, en regardant l’enveloppe au sol devant la porte. Elle fait un pli étrange. Je l’ouvre.  A l’intérieur, il y a un préservatif. Pas de lettres, pas de mots, juste une capote Manix. Et je reste là, longtemps, assis sur mon fauteuil, en caleçon, à scruter cette capote dans une main avec ma bière qui perle dans l’autre.

Ce monde est beaucoup, beaucoup trop bordélique pour moi.

Peroxyde


Il était de bon ton, quand j’étais un jeune branleur, de détester The Police et de considérer cette bande de peroxydés comme des gros blaireaux. Quelques camarades plus indépendants avaient tenté de me convaincre du contraire. Ils avaient essayé de me faire voir les connections évidentes entre leur musique et celle de nos idoles, nous autres hard-mods. Ils avaient essayé de me les faire admettre comme des ancêtres respectables, mais rien n’y faisait : les petits sauts ridicules comme des rastas, que nous exécrions, les coupes de cheveux improbables, style mulet RDA, les fringues de nazes, en bout de ficelle, zips, fond de pantalon informe ou autre innovation douteuse dont ils semblaient spécialement friands, et surtout, surtout, Sting. Sting, ce n’était pas possible.
Je dois reconnaître aujourd’hui que je me suis trompé. Pas sur Sting. Sur The Police. Parce que des morceaux comme ” Can’t Stand Losing You”, quand même, tiennent sacrémment la route, et ne paraissent pas du tout démodés quand on les compare à la déferlante early eighties du moment, avec des groupes comme Vampire Weekend.
Le rythme haletant et suspendu, la tension du refrain terminant crescendo, et une certaine tristesse diffuse, ce morceau est parfait. Et pourtant, comme je l’ai détesté.
Oui, je le confesse, parfois j’écoute The Police. En boucle. Je sais, c’est sidérant.

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