Je tombe sur une dépêche de l’AFP concernant un “incendie devant une synagogue”. C’est le titre. Bien. C’est le genre de choses qui arrivent me dis-je d’emblée. Les synagogues sont rarement situées en plein désert. Intrigué, je clique. Car je suis d’un naturel curieux voyez-vous. Oh. Il s’agit en fait d’une voiture incendiée projetée contre un synagogue.
Un incendie devant une synagogue donc. Pourquoi pas ? D’ailleurs, si la voiture n’était pas malheureusement décédée, qu’elle était de la mouvance autonome et qu’elle pouvait parler (un peu comme dans le film d’animation Cars) voilà ce qu’elle aurait ajouté, “prise de combustion spontanée, ivre de douleur, je me suis jeté contre le premier édifice qui passait pour atténuer mes souffrances”.
La thèse de «l’acte isolé» est privilégiée. «Les conditions dans lesquelles les faits ont été commis, les modes opératoires, le fait qu’il n’y ait aucune revendication, tout ceci me donne à penser» qu’il ne s’agit pas d’un acte organisé, a souligné le préfet de Région Midi-Pyrénées.
Je me pose des questions là. Un acte isolé. En soi, monsieur le préfet a raison. Il n’y a eu, pour l’instant, qu’une seule attaque du genre depuis le début de l’opération militaire israélienne à Gaza. Certes, on a trouvé lundi soir sur une autre synagogue très loin de là des tags avec les mots “Assassins” et “Vive démocratie Israël” (sic).
Mais pourquoi pas organisé ? Je veux dire, ils ont volé au moins deux voitures et confectionné plusieurs cocktails sans Gin (impardonnable). Sans doute ont-ils repéré à l’avance leur cible. Et peut-être espéraient-ils que la grille cède, que la voiture pénètre à l’intérieur et pouvoir jeter des cocktails molotov sur ceux qui sortiraient en hâte de la synagogue. Si, si. Étant donné qu’ils ont utilisé une voiture contre la grille, qu’on a trouvé d’autres cocktails molotov dans une autre voiture prêt à utilisation et qu’ils auraient été manifestement interrompu en plein ouvrage plutôt que pris de remords, ce n’est pas un scénario qui, comme ça, me semble complètement absurde.
La ministre a souhaité sur RMC-Info que soient retrouvés «rapidement» les «auteurs de cet acte débile et révoltant (qu’elle) condamne très fortement». Interrogée sur les liens éventuels entre cet acte et la situation au Proche-Orient, Michèle Alliot Marie est demeurée prudente. «C’est très difficile de le dire aujourd’hui», a-t-elle répondu : «la police technique et scientifique est à cette heure en train de relever tous les indices».
Heureusement que la police scientifique relève les indices matériels sur les liens entre cette attaque et la situation au Proche-Orient.
Nous serons certainement bientôt fixés.
Mais un acte “débile” donc. Ce mot est trop rare dans les discours officiels je trouve. Certes, Sarkozy a essayé de populariser ce genre de langage, mais cela n’avait que modérément fonctionné à l’époque. A moins qu’elle n’ait employé le mot “débile” dans le sens de “faible”. Mais j’ai un doute. Débile donc. D’habitude, par exemple dans le cas de la profanation d’Arras, on trouve plutôt “abject” ou “intolérable” pour accompagner “révoltant”.
Je ne vais pas vous faire le coup de la midinette, je ne vais dire “quoi ? Débile ? Cela voudrait dire qu’il y a des attaques à la voiture incendiée qui ne le sont pas ?”, mais ce mot m’interroge tout de même un peu. J’y trouve déjà une forme de relativisation. Les actes débiles sont commis par des débiles, non ? Ce n’est pas qu’ils ne savent pas exactement ce qu’ils font, mais ce n’est pas très réfléchi et cela les dépasse quand même un peu. Un acte débile, par exemple, c’est jeter des pierres depuis les hauteurs de Bonifacio. Alors qu’est-ce que vous voulez faire contre les débiles hein ? On n’y peut pas grand chose. Sont nés comme ça. Manque d’éducation. Et puis un jour ils passent à l’acte et voilà.
Tout cela évite peut-être de se poser quelques questions déplaisantes.
Alors, certes, j’en conviens, d’autres déclarations sont bien plus virulentes que celle de notre ministre de l’intérieur. Le mot d’antisémitisme est prononcé, etc. Et je vois certainement dans ce simple petit mot bien plus que ce qu’il contient vraiment. Mais quand même.
Sinon deux bonnes nouvelles, le juge d’instruction va disparaitre. Enfin, j’attends de voir, mais j’avoue espérer un peu. Et, deuxièmement, Jean Le Cam est sain et sauf.




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