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Sympathie

Revue de presse et d\'internet

  • Devant le succès du précédent, un nouveau Picsou magazine

  • Alain Vanier, Lacan | Belles Lettres, coll. Figures du savoir | 2003 | ISBN 225176013X | 118 Pages | French | PDF OCR | 6.8 MB

  • Page 6 du Monde un article sur la remise en cause partielle par la Cour suprême de la discrimination antiblanche, dite « positive ».

  • Conseils et confusion sur L101

  • Un film pour le week-end : les Deux fois cinquante ans de cinéma français de J.-L. G. en 1995.

— Ah Et désolé Grégoire, nous n’avons pas retrouvé le mot de passe du Michel Strogoff, nous ferons plus attention la prochaine fois, hein Zulmé ?
— Oui Toné.
— Promis ?
— Promis. Croix de bois…
— …Croix de fer !
— Enfin plus Croix de fer quand même.
— Oui, quand même.

 

Et enfin pour Bernanotte !


— Oui mais Zulmé, tu sais bien que je préfère la version Bossa Nova.
— Bon, mets la alors. Mais je ne sais pas si ça plaira à Bernanotte.
— Mais c’est cute comme tout !
— Justement, justement.


Vénus

Avec Lazare, nous décidons de nous installer à la terrasse de ce bar de bobos, dans le cinquième.

Je m’assois au fond, calé contre les vérandas, et Lazare sur la terrasse, en face. La serveuse arrive, blonde, menue avec un air pincé d’importance comme une stagiaire appliquée, et prend notre commande. Elle demande à Lazare de se reculer, un peu. C’est vrai qu’il prend de la place, Lazare. Il ne se ramasse pas, Lazare, il trône, il s’étale, il fait comme chez lui. C’est son côté oriental. Alors, raisonnable, car Lazare sait être raisonnable, il se rapproche de la petite table. Nous savourons nos bière, bien tranquillement, il fait nuit, il fait bon, tout est paisible, tout va bien. La serveuse revient, mécontente. Elle a maintenant ce petit air mauvais de celle qui veut en découdre. Elle demande à Lazare de se reculer encore. Veut-elle qu’il se glisse sous la table ? EIle n’en démord pas : il doit se rapprocher de la table. Je fais remarquer à la serveuse que Lazare est derrière la ligne des autres personnes installées de ce côté là, mais elle ne veut rien savoir, car là où nous sommes, “ce n’est pas pareil”. Ah. Plus étroit. Bon. Je regarde attentivement l’espace. Je ne vois aucun goulet d’étranglement, je n’observe rien de significatif. Lazare s’exécute docilement, sans rien dire, et se serre encore contre la table, les genoux un peu entravés dans un espace réduit à des proportions d’enfant. Car Lazare, ce soir, est bien aimable. Moi, je commence à bouillir. C’est mon côté aryen. Nous décidons de savourer notre bière, sans accorder plus d’importance à cet acharnement étrange. Mais la serveuse rapplique furibarde et nous dit que “cela ne va pas être possible”. Nous restons interloqués. Je me dis que nous avons dû basculer dans une faille spatio-temporelle, la même faille qui faisait disparaître inexplicablement mes chaussettes dans le tambour muet du sèche-linge automatique de la rue Juge, je pense salopards de Vénusiens, je pense à ce vin espagnol au goût un peu étrange du petit restaurant tenu par un juif séfarade où Lazare et moi avons dîné d’une énorme entrecôte, et d’ailleurs quand j’y pense, cette viande avait un goût étrange, elle aussi, un goût de persil un peu fort, et pourquoi ? pour dissimuler l’amertume d’une drogue qui nous ferait percevoir un monde parallèle imperméable à la logique ordinaire ? Et tout me paraît suspect, d’un coup. Lazare, cette fois-ci, conteste. Et lui demande ce qu’elle a, à la fin, à s’acharner ainsi, mais toujours poliment, en détachant bien les syllabes. Mais moi, je connais les Vénusiens. Alors j’explose. Je crois bien avoir été vulgaire. Des clients se lèvent, indignés, et font mine de vouloir intervenir. Je dis à l’autre, tout à côté, de se rasseoir s’il ne veut pas que je lui arrange sa gueule de petit pédé. Ca marche, il se rassoit. Je suis soulagé, j’éviterai de tâcher ma jolie chemise oxford Kitusuné de son sang, ou du mien si cela avait dû mal tourner. Un serveur arrive à la rescousse. Pour nous calmer, et nous faire comprendre. Je me rassois, un peu las, un peu résolu, mais je m’aperçois alors que nos bières ont disparu. Je suis sidéré. Je ne comprends pas. Où diable sont passées nos bières ? Je suis désormais convaincu du complot et je tente de le faire comprendre à Lazare, mais il ne ne m’entend pas, il discute et palabre avec les gens du bar, je continue à lui faire des signes en roulant des yeux, mais il s’obstine à vouloir débattre. Finalement, ils nous demandent de partir. Que peut-on faire ? rester en terrasse sans alcool et défier cette bande de zombies ? Non, résignés et abasourdis par cette tragique incohérence, nous nous levons pour partir, et tandis que nous nous éloignons, les épaules basses privés de nos bières,  j’aperçois en me retournant le sourire vicieux et satisfait de la serveuse qui nous observe : à cet instant, elle avait les yeux rouges.

Appel à la résistance

Honteux!

Dans le cadre d’une élection parfaitement démocratique, le peuple de la réacosphère est en train d’élire XP blogueur le plus con, loin devant ses deux principaux rivaux Xyr et Blueberry (alias Mike Steve Donovan), deux jeunes gens certes très cons mais qui ont encore bien du chemin à faire.

Pourtant, le conseil des gardiens de la réacosphère, le Cultural Gang Bang, a décidé de faire fi du suffrage universel et proclamer contre toute vraisemblance la victoire du candidat officiel du régime, à savoir le dénommé Blueberry.

Le peuple ne doit pas se laisser voler sa victoire!

Il doit marcher en masse sur le Cultural Gang Bang et pour faire entendre sa colère, aller voter massivement pour XP!

No pasaran!

(Leur sondage est en fin de page).

La France d’après

Celle où l’on commence à parler — oh pour en écarter l’idée bien évidemment — d’un emprunt obligatoire.

Le complot

Comment croire en la psychomorphologie après ça ?

Autrefois on haïssait le Juif parce qu’il incarnait le nomade éternel, celui qui allait de nation en nation en ignorant les frontières de ce monde, le vagabond sans attache ici-bas, incapable d’aimer une patrie définie géographiquement, incapable de ressentir une terre dans sa chair. Ce parasite qui s’immisçait dans les affaires des autres pour faire fructifier les siennes, en douce, et qui une fois démasqué s’empressait de jouer les victimes pour essayer de sauver les meubles.

Aujourd’hui, l’antisémitisme s’est retourné sur lui-même. Je parle des antisionistes, ces gens dont toute la rhétorique n’est qu’une resucée du complot judéo-capitaliste, à l’image de ce monsieur Gouasmi qui voit un sioniste derrière chaque divorce, ce sionisme donc qui serait la source de tous les maux du monde, la cause de tous les troubles, directement ou indirectement, le grand Satan qui empecherait les peuples de vivre en paix. Grille de lecture monolithique pour une pensée lourde comme du plomb : le sioniste est la vermine, le grain de sable dans la machine.

Ils prétendent combattre les sionistes et non les Juifs. Mais les Juifs qui ne se sentent pas mal à l’aise face au discours antisioniste sont des fous. Des aveugles ou des fous. Parce que de toute façon tout Juif qui n’est pas sioniste en 2009 est bon pour la chambre à gaz. Après l’épisode hitlérien et la haine découlant directement de la nature youpine décrite comme fondamentalement apatride - et ceux qui ont lu Mein Kampf le savent - tout Juif qui refuse l’existence d’un Etat pour son peuple se met une corde au cou, à l’image de ce rabbin antisioniste sur la liste de Dieudonné ou de tous ces Neturei Karta qui ne sont rien d’autre que des suicidaires.

Soral et ses amis partent en guerre contre le nouveau Juif, le sioniste. Et il faut écouter les arguments qui reviennent à chaque conférence de la liste antisioniste : Israël est un pays raciste, communautaire, il sépare les êtres humains, il est violent et nationaliste, etc. Toujours la même accusation dans leur bouche : celle de diviser les hommes qui ne rêvent en réalité que de vivre ensemble en bonne intelligence. Dieudonné a même été jusqu’à dire, face à l’affreuse sioniste Elizabeth Lévy, qu’Israël était un obstacle à l’avènement d’un monde sans frontières, un monde de mélange, de tolérance et d’amitié entre les peuples. D’ailleurs ces militants antisionistes ne militent pas pour la création d’un Etat palestinien à côté de l’Etat juif mais pour la mise en place dans cette région d’un Etat unique pour tous, multiconfessionnel et multiracial.

Là, d’un coup, tout s’éclaire. Tout bascule de façon incroyablement cohérente. Le refrain antisioniste reprend exactement la structure du refrain antisémite classique, avec la même cible, mais pour les raisons totalement inverses. Les nouveaux panzers sont la diversité, la tolérance et le métissage. Aujourd’hui les attaques les plus virulentes qui sont faites contre les Juifs le sont au nom de la moraline universaliste, soit à l’opposé du ton du pauvre Adolf qui doit se retourner dans son bunker. Hier on en voulait au Juif de ne jamais se défendre, de passer au-delà des frontières, d’habiter trop près de nous, aujourd’hui on lui en veut parce qu’il attaque trop violemment, parce qu’il construit des murs à ses frontières et parce qu’il ne veut pas qu’on vive trop près de lui.

Qu’est-ce qu’un bon Juif pour Alain Soral ? Ben un Juif comme avant, à l’époque où tout allait bien. Un Juif qui vive dans les autres nations sans avoir la sienne, qui ne cherche pas à se défendre quand on veut sa peau, qui ne soit pas trop paranoïque. Un Juif européen des années 30 quoi. Et vouloir que les Juifs se comportent comme ceux des années 30 en Europe, si c’est pas de l’antisémitisme je sais pas ce que c’est.

Vite, vite, vite

— Oh là là Zulmé il est tard.
— Oui, vite Toné, que nous allions nous coucher.

Revue de presse et d\'internet

— Il n’y a pas de journaux ?
— Si, mais les mahorais noyés on s’en fout.
— Oui, au moins autant que de Jackson mort.
— Même plus.
— Tu exagères !
— Ah ?
— Non, je veux dire que tu exagères de le dire. Pas que c’est exagéré.
— Ah, oui, peut-être.

 

Aurélien en chirurgien-boucher

Je vais avouer une faiblesse : j’ai failli, voilà quelques jours, ayant consulté le site du Parti libéral démocrate d’Aurélien Véron, en dire du bien.

Ce n’était pas un instant d’égarement : après des débuts modestes et pour tout dire un peu ridicules, trouvant toujours aussi laid cet abominable tangram vert vitaminé qui semble sorti d’une pub pour un énergisant extra-terrestre, il me semblait pourtant qu’il s’améliorait. Non seulement formellement mais aussi quant au ton et au contenu.

Heureusement je n’en fis rien. Un dieu bienveillant retint mon doigt sur le clavier et m’épargna un grave ridicule — encore plus que d’habitude veux-je dire.

Car aujourd’hui, n’ayant point déjeuné ce midi, j’entrepris pour quatre-heures de me gaver de muffins sauvagement écartelés et trempés dans du darjeeling chaud. Je mis la radio : allais-je tomber sur Radio courtoisie ou France culture ? qu’avais-je entendu en dernier des suaves pets culturels d’Arnaud Laporte tout à son onctuosité cultureuse ou de l’insupportable Fouquereau, éternel crétinoïde mongaulliste avec son anglophobie d’amiral d’eau de vaisselle ?

J’entendis Aurélien Véron — c’était donc probablement Radio courtoisie — s’entretenir agréablement avec Nicolas Lecaussin, et disant des choses plutôt sensées. Jusqu’à ce qu’arrive l’éternel message sur l’immigration. Ce fut alors un feu d’artifice des pires lieux commun du libéralisme politique éthéré. L’immigration c’est enrichissant, merveilleux et vachement profitable aux pays qui l’accueillent. Toutes conneries que nous avait déjà servies Alternative libérale avec ses affiches mauves où figurait un rasta à dreadlocks, prototype du libéral, comme on sait.

Tant que les libéraux s’en tiendront à ce discours, tant qu’ils n’auront pas clarifié leur position sur l’immigration dans le sens d’une franche hostilité peut-être tempérée de l’acceptation d’une immigration très qualifiée avec droit d’entrée en monnaie sonnante et trébuchante, ils n’auront aucune audience. D’abord parce que ceux qui sont convaincus que l’immigration est un bien par elle-même, ils sont de gauche, étatistes, syndiqués et membres de RESF. C’est dire si Aurélien Véron les attire. Ensuite, et c’est plus grave, parce que les gens susceptibles de voter pour les libéraux ne partagent absolument pas ces vues absurdement idéalistes.

Sans doute dans un monde parfait, où il n’y aurait pas de musulmans, ou alors très modérés, où les rapports entre les peuples ne souffriraient d’aucune irrationalité, où ces abrutis de sales cons de muzs ne nous verraient pas encore comme des « croisés », où les noirs ne geindraient pas sur l’esclavage à longueur de temps pour nous en culpabiliser, bref entre bisounours et à condition que les bisounours roses n’aient pas considérablement plus d’enfants en moyenne que les bisounours bleus et que tout ce monde passe son temps à faire, au pire, des farces à Grododo ou Grocalin, ce serait très bien : l’immigration de travail, pour peu qu’on décourage l’autre avec un système privé de protection sociale, serait effectivement très acceptable et même à encourager comme source de richesse.

Simplement nous ne vivons pas dans ce monde là, où les gentils petits bisounours seraient interchangeables et mus seulement par une rationalité parfaite afin de remplir avec un sage et vertueux égoïsme leurs désirs individuels, sans autres ambitions collectives que celles propres à concourir à ces buts individuels. Et je suis le premier à le regretter. Mais c’est comme ça.

Car figurez-vous, public d’élite du meilleur blog du réaco-patatoïde, qu’Aurélien ne semble pas s’être avisé de ce qu’à partir d’un certain nombre d’immigrés revanchards, particularistes, et animés de l’intention de détruire tout ce qui n’est pas comme eux, à commencer par nous, le libéralisme marcherait beaucoup moins bien. Imaginons par exemple qu’une majorité de musulmans s’installent rapidement en France. Que la majorité d’entre eux soient inexplicablement favorables à un état islamique, ou du moins à des lois islamiques. Que ces lois soient appliquées, conformément au Coran. Et imaginons qu’entre temps la France se soit miraculeusement dotée d’un fonctionnement impeccablement libéral. Eh bien Aurélien imagine que tout continuera comme avant, que la France libérale sera ainsi peuplée de musulmans sans aucun inconvénient, et que somme toute, tout ira très bien. Bien sûr, vous, moi et Aurélien aurons sans doute été décapités ou chassés (mais pas obligés de nous convertir à coups d’impôts spéciaux réservés aux non-musulmans, puisque la société serait libérale, soyez un peu attentifs, bordel !) Que ne ferait-on pas pour défendre l’idée pure du libéralisme ? même nombre dans une ratonade anti-française !

L’ennui c’est qu’on ne voit dès lors pas bien ce qui resterait de libéralisme réel, factuel, palpable, une fois tout cela réalisé. Il y aurait juste un état islamique, c’est à dire ce qui est le plus contraire au monde à tout libéralisme, un contrôle religieux tous azimuts de tous les aspects de la société, à commencer par l’économie. Tout l’acquiescement formel à tous les principes libéraux du monde n’y fera rien.

Je caricature évidemment les propos de ce bon Aurélien. Mais la caricature a aussi ses vertus grossissantes. Et après tout je ne caricature pas tant que cela : je viens d’entendre Aurélien se chagriner du sort d’une femme qui a été inquiétée par la police pour avoir, dans sa paroisse, avec son bon curé, rechargé des cartes de téléphone portable pour des immigrés clandestins. Il avait l’air vraiment ému et indigné, ce bon Aurélien. Peut-être pourrait-il simplement être indigné à meilleur escient et se rassurer : Libé, Le Monde, le PS, le PC, la Halde, la Cimade et quantité d’autorités très favorables au libéralisme vont se charger de la défendre, cette digne femme.

Pourquoi donc Aurélien ne veut-il pas voir que sa position est absurde et condamne sa démarche politique à stagner autour de 0,5% les bonnes années d’élections ? Je crois que c’est parce qu’il faudrait alors poser la question en terme de race, qu’on donne à ce mot un sens étroitement génétique ou plus culturel. Le libéralisme peut sans doute s’adresser à tout être raisonnable : comprendre que l’individu a une dignité propre, et même qu’il est le seul fondement de toute dignité, que la collectivité doit lui être subordonnée, que l’idée de régulation est absurde en soi en ce qu’elle se propose de mieux savoir que les individus ce qui est bon pour eux, remarquer que le collectivisme se réduit en pratique toujours au vol des uns par les autres… tout cela est accessible à la seule raison. Mais historiquement, empiriquement, le libéralisme est né dans certains sociétés. Ces sociétés étaient chrétiennes et occidentales. Imaginer qu’il puisse subsister dans ces sociétés une fois rendues entièrement autres par des migrations violentes et leurs conséquences n’a aucun sens, sauf à croire que c’est la pure raison qui mène le monde. Surtout quand la principale composante de ces migrations est consituée de peuples encore violemment attachés à une religion qui est bâtie sur des principes entièrement opposés à ceux du libéralisme.

Or poser les questions en terme de race n’est pas seulement interdit, ce qui rend l’antiracisme et l’angélisme migratoire un moyen de se dédouaner des accusations de la gauche. « Accorde moi que la sécu est mauvaise, je te laisse tes immigrés chéris. » Il y a de cela, ficelle à peine politique qui échoue d’ailleurs avec constance, mais ce serait avant tout prendre en compte la réalité, ses aléas, ses finesses. C’est que la théorie libérale pure, du moins telle que professée par ceux qui prétendent la représenter en France, qui ne le cède pas en universalisme idiot aux pires théoriciens stipendiés de la gauche collectiviste, n’y arrive pas, ne le veut pas. Refusant de descendre dans les articulations les plus fines des concepts, elle procède grossièrement, en tirant de quelques postulats des conséquences. Or il lui faudrait des concepts fins, applicables à la réalité présente, pas de grossières conséquences logiques.

Aurélien se présente un peu comme un chirurgien qui opérerait à la hache d’abordage. Forcément, le patient a peu de chances d’en réchapper si on laisse un jour ce dangereux maniaque entrer dans une salle d’opérations, même nanti d’un diplôme de médecine et les mains bien aseptisées.

Heureusement cela a aussi une autre conséquence : aucun de ces libéraux politiques n’est vraiment d’accord avec l’autre. C’est un fouillis de chapelles, d’associations aigries et de courants qui se détestent, ce qui est très normal, mais qui précisément parce que la plupart de leurs représentants procèdent comme j’ai dit, sont incapables de se mettre d’accord en considérant leur propre intérêt à le faire. Procéder par déductions grossières, c’est avoir une chaîne de raisonnement solidaire, dont on ne peut accorder qu’un maillon serait cassé. De là ces oukases, ces discussions infinies sur des points très secondaires, ces excommunications croisées à l’infini. Et cette tragique impuissance.

Sans compter que cela entretient l’idée que le libéralisme serait responsable de l’immigration, alors qu’il faut parler pour trouver les responsables du « libéralisme » au sens que dénonce Robert Marchenoir.

(Faut-il préciser que ce texte fait partie de notre grande série : « apprenons à mieux connaître l’àbaboucherie », et vous présente une facette des L. A. B., sous-secticule peu dangereux, mais plein d’intérêt ?)

Starálfur


Starálfur - Sigur Rós

Ethnic movers

Revue de presse et d\'internet

  • Art actuel de l’été

  • Art absolument, HS spécial Palestine.
    — Ça ne casse pas trois pattes à un canard, Toné.
    — Mais c’est bien de le savoir, Zulmé.

  • White reference

  • Exemple de carte ethnique de Detroit, pour savoir où déménager et où ne pas déménager.
    Pour affiner par code postal : Détroit c’est quand même très nègre.
    — Pour aller plus loin et Schoolbug qui compte les élèves par école selon leur origine ethnique.
    — Pourquoi n’a-t-on rien de tout ça en France, Toné ?
    — Je ne sais pas Zulmé. Je ne sais vraiment pas.

  • 22es rencontres de la Charte de Fontevrault

  • Dans Jeune Afrique, Denis Sassou Nguesso nous explique qu’il est immortel, ou quasi

  • Le Monde éco du 30 nous explique que les financiers ne devraient pas prendre de risque. Ce qui est contraire à toute idée économique. Sont cons au Monde éco. Mais ils font quand même un article intéressant sur le cabinet Mazars.

  • En page 11 du Monde du 30, Merkel s’engage à baisser les impôts de 15 milliards d’euros. Et en France ?

  • Capital découvre (p.  92) que la formation professionnelle coûte la peau des fesses pour une efficacité proche de zéro.
    — Mieux vaut tard que jamais.
    — Pas doués quand même chez Capital.

  • En page 4 du Monde du 1er, la crise fait chuter les flux migratoires dans le monde : quand on vous disait que c’était une bonne nouvelle !

  • Dans Point de vue on se rend compte que l’ex-Shatte de Perse cultive des tomates sur son balcon comme une prolo, et on apprend que ces vieux cons de l’académie des beaux-arts ont reçu comme membre étranger une vague épouse d’émir en lui prodiguant des flagorneries ahurissantes, sans doute pour mieux vendre leurs croutes à son mari.

  • Diapason sur Toscanini

  • Page 36 des Inrocks un entretien avec Woody Allen

  • Et un livre sceptique quant au réchauffement climatique : Serge Galam - Les Scientifiques ont perdu le Nord | Plon | ISBN : 2259207340 | 2008-09 | djvu | 212 pages | 3 Mb

 

« C’est de plein gré que je suis venue vivre il y a quatre ans dans ce quartier. Je croyais aux vertus de l’enrichissement par d’autres cultures et je voulais participer à l’éclosion d’une société multiculturelle », explique Anna Vagena, comédienne qui reconnaît maintenant que « la situation n’est plus tenable ». Les commerçants grecs ont déserté le quartier, les écoles fonctionnent désormais avec une minorité d’enfants grecs, les gens veulent partir et vendent leur maison au rabais.

« Ce qui nous fait le plus mal pour nous qui étions imprégnés de l’idéal d’une société ouverte, laïque, et combattions l’influence de l’Eglise orthodoxe, c’est de voir l’emprise de la religion musulmane sur notre quotidien », explique cette femme de gauche : « Faute de lieu de prières, la plupart de ces hommes, car ce sont des hommes en majorité, se réunissent dans n’importe quel lieu. Il m’arrive le matin de ne pas pouvoir sortir de chez moi, bloquée par des centaines de personnes agenouillées devant ma porte, en pleine prière. Pour nous les femmes, cela devient de plus en plus difficile de circuler et je ne parle pas de tout ce qui se passe : drogue, vols, prostitution. »

.

Le blog de l’Aube dorée.

Et sa traduction automatique (so-so) en français.

Extrait d’une brochure commerciale de Gaz de France :

Vous avez le choix entre :

- Le tarif réglementé (notre tarif historique). [...]

- Le prix fixe de marché: c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché. Pour aller plus loin, pour que vous ayez plus de visibilité sur votre budget, nous avons voulu que ce prix soit fixe pendant un ou deux ans selon l’offre choisie. Pendant ces durées, vous êtes à l’abri des hausses.

Voilà voilà. Partout dans le monde, les prix de marché sont fixés par le marché. Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques, “c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché.”

Trop forts, les mecs. Au-delà de cette limite, vous entrez sur le territoire hexagonal, les lois de l’économie sont suspendues. Par décret royal, 2 + 2 est différent de 4.

Certes, il s’agit d’indiquer que la fixation du “prix de marché” relève du fournisseur, alors que celle du “prix réglementé” relève de… tiens, ils ne disent pas qu’elle est décidée par l’Etat : simplement qu’il s’agit du “tarif historique” (ce qui ne veut rien dire).

Chacun sait bien, cependant, que l’histoire, c’est vieux, c’est poussiéreux, c’est ringard, c’est facho. On ne va tout de même pas prendre un “tarif historique”. On n’est pas des pédés, nous (*). On veut le dernier modèle de tarif, celui qui vient de sortir, celui avec le GPS, la peinture métallisée et toutes les options.

Ecrire que le tarif réglementé est fixé par l’Etat, cela risquerait trop d’inciter le client à y rester (ce qu’il a, bien entendu, intérêt à faire), vu qu’en France, tout ce qui vient de l’Etat est bien.

On notera aussi cette délicieuse contradiction: “prix fixe de marché”. Ben, banane, si c’est un prix de marché, c’est pas un prix fixe…

Ah, pardon : “Pendant un ou deux ans, vous êtes à l’abri des hausses”.

Donc c’est un prix de marché (mais c’est nous qui le fixons), et s’il varie, cela ne saurait jamais être qu’à la hausse.

Pile tu te fais baiser, face je t’encule.

___

(*) Je veux dire : on n’est pas des beaufs homophobes arc-boutés sur leurs préjugés moisis d’un autre temps, fermés à l’Autre et à ses richesses multi-culturelles. Mais le lecteur aura rectifié de lui-même.

— J’ai rarement envie de me poser dans l’herbe, au bord de cette « mer houleuse de la vie ». D’abord dans l’herbe il y a des insectes et je hais les insectes rampants : la pelouse au début de Blue Velvet, ça me met mal à l’aise à chaque fois ce grouillement. Au point que j’ai toujours une bombe d’insecticide pas trop loin chez moi : on ne sait jamais ce qui peut venir ramper chez vous. Ensuite, la mer houleuse de la vie c’est un horrible cliché. Une stéréotypie affreuse qui devrait faire honte aux mânes de Musset. Si je devais donner comme ça au débotté un exemple de ce qu’est un cliché littéraire éculé je citerais sans doute « la mer houleuse de la vie. »

— Nicolas, tu te rends compte que tu viens de faire trois références, dont une indéchiffrable pour ceux qui n’ont pas vu Annie Hall plusieurs fois, et de dire, en gros, que tu préfères les mots aux choses ?

— Et aux gens, aussi. Enfin à la plupart des gens. Pour Annie Hall c’est sans doute mon côté juif new-yorkais. Tu veux le revoir ? où a-t-on fourré ce DVD ?

— Non, et c’est ton côté égoïste, plutôt que ton côté juif new-yorkais. Contrairement à Mike, tu n’aimes pas les autres. C’est pour ça que tu ne veux pas te poser dans l’herbe.

— Tu vas bientôt me révéler que c’est parce que je ne m’aime pas moi-même ?

— Non. Tu vois, tu ramènes tout à toi !

— Allons-y pour la séance directement sortie des tests de Biba et de Femme actuelle. Et à qui voudrais-tu que je ramène quoi que ce soit, si ce n’est à moi ?

— Mon Dieu, mais juste apprécier le monde, t’arrêter, te poser !

— Laisse Dieu en dehors de ça, je t’en prie.

— Tu n’aimes pas les sirènes qui sortent de l’eau, tu ne les apprécies pas pour ce qu’elles sont, simplement.

— Oh mais non, c’est très simple un peu de beurre et une pincée de colombo, à la poêle…

— Tu recommences !

— Mais quoi ?

— Ça… ce… tu m’énerves !

— Mais pourquoi ?

— « Aimer une femme, lui faire des enfants et vivre dans un bonheur champêtre en dehors du monde », tu n’aimerais pas ça ?

— On peut rester dans le jardin, c’est très champêtre, somme toute. Sur la terrasse.

— Non ce n’est pas champêtre !

— Là c’est toi qui exagères. Je crois que nous sommes dans l’un des endroits les plus champêtres à moins de vingt-cinq kilomètres de Paris. Regarde dans le ciel, c’est un héron.

— Ce n’est pas une question de hérons !

— Mais alors de quoi ?

— D’ambiance, d’attitude.

— Et je n’ai pas la bonne attitude ? c’est ma faute ? je ne suis pas assez champêtre ? Allez, dis-moi : que dois-je faire pour être champêtre ? hein ? me mettre un chapeau de paille ?

— Tu ne comprends rien.

— Pour ce qui est de faire des enfants, on peut essayer. On leur donnera des noms de fruits, ce sera champêtre.

— Si tu ne fais pas plus d’efforts n’y compte pas.

— Mais qu’est-ce que tu me reproches ?

— Tu as toujours besoin de mettre des mots sur tout, de tenir le monde à distance.

— On se protège comme on peut.

— Mais te protéger de quoi ? des nazis peut-être ?

— Eh bien, il y avait des gens dans le Ghetto qui n’y croyaient pas non plus, tu sais…

— Tu es désespérant !

— Oui. Bon, on reprend ?

— On en était où ?

— Page 121. À toi.

— Hai ! J’ai failli avaler une arête plus longue et plus acérée qu’un stylet. Par bonheur j’ai pu la tirer à temps de mon gosier. Les dieux m’aiment !

— Ne dis tu pas, ma Drosé, que les Dieux t’aiment ? demanda Nicias en souriant. C’est donc qu’ils partagent l’infirmité des hommes. L’amour suppose chez celui qui l’éprouve le sentiment d’une intime misère. C’est par lui que se trahit la faiblesse des êtres. L’amour qu’ils ressentent pour Drosé est une grande preuve de l’imperfection des Dieux.

À ces mots, Drosé se mit dans une grande colère : — Nicias, ce que tu dis là est inepte et ne répond à rien. C’est d’ailleurs ton caractère de ne point comprendre ce qu’on dit et de répondre des paroles dépourvues de sens.

Nicias souriait encore : — Parle, parle, ma Drosé. Quoi que tu dises, il faut te rendre grâce chaque fois que tu ouvres la bouche. Tes dents sont si belles !

Je ne crois pas qu’on puisse m’accuser — je vais prudemment ne parler que pour moi — de complaisance envers Marine Le Pen. Ni de dénigrement : on doit retrouver dans les archives quelques articles qui saluent les décrispations qu’avaient entamées Marine, comme des articles plus critiques. Et parfois un peu méchants même, mais c’était si tentant… je ne crois pas non plus que ce qui se passe à Hénin-Beaumont soit anodin. Sans doute la situation financière de la ville rend de toute façon l’élection presque symbolique, puisque le chéquier de la mairie est en préfecture, résultat des malversations et corruptions diverses. Certes il n’y a aucune chance que le FN puisse gérer la ville de manière exemplaire, car il serait s’il gagnait sous le feu roulant des medias du pays entier : même l’équipe avertie et en partie excellente de Le Chevallier à Toulon n’y avait pas résisté. Certes même il y a peu de chances pour que Steeve Briois (un nazi, ça ne peut pas s’appeler Steeve ? non ?) et Marine Le Pen emportent la mairie. Mais ce n’est absolument pas l’important.

L’important c’est le front républicain. Ce vieux coup tordu qui marche encore, où il s’agit de se récrier bien haut, de faire semblant d’avoir peur pour la République et de le faire assez croire à l’électeur pour qu’il vote bien, c’est à dire comme d’habitude. Cela ne date même pas de l’après-guerre, ni même du Front populaire, mais c’est bien la vieille idée des gouvernements de défense républicaine qui réémerge des brumes de l’Affaire, du temps où les parlementaires étaient encore un peu hantés du spectre de Boulanger. C’est dire si cette vieille ficelle est consubstantielle à la République, à la vraie, à la république radicale et socialiste, celle dans laquelle s’était si bien coulé Jacques Chirac depuis sa divine surprise de 2002.

Est-ce un hasard dès lors si l’on a pu voir une récente rechiraquisation du régime ? L’un des proches colaborateurs de Dominique de Villepin, pas des moindres et pas des plus bêtes, a été confirmé au gouvernement, Sarkozy a retrouvé des accents de lutte contre la fracture sociale pour parler de la protection — fallacieuse et coûteuse — qu’offrirait le « modèle français » qu’il vilipendait voilà quelques mois encore, Nethanyaou a été quasi-sommé d’avoir à arrêter les implantations de colons — cela a d’ailleurs entraîné quelques représailles sur lesquelles on est resté discret — ou encore a-t-on imaginé une vraie-fausse commission d’enquête sur la burqa, qui permet surtout de reparler des valeurs républicaines à jets continus sur tous les plateaux de télévision, valeurs d’ailleurs si longuement et lyriquement évoquées par Sarkozy lors d’un Congrès qui ne fut sauvé que par Jacques Chirac d’un report calamiteux pour cause de quorum difficile à atteindre au conseil constitutionnel ce jour là. Autant de signes que le chiraquisme est en train, sinon d’enterrer la rupture, du moins de s’imposer comme la seule recette de cuisine qui permet au président et à l’UMP de ne pas sombrer en temps de crise.

J’écris cuisine, je pourrais aussi bien écrire tambouille.

Et s’il faut un indice supplémentaire, on remarquera que c’est Dominique de Villepin qui dès lundi matin sonnait la charge sur France2 en clamant à grands cris qu’il fallait faire barrage au Front National, avec des accents dignes de son grand air de l’ONU.

Si la crise dure — et elle durera — on ne voit pas bien ce qui pourrait bouleverser cette réorientation de la rhétorique présidentielle et majoritaire. L’exercice habituel du quatorze juillet apportera sans doute quelques éclaircissements supplémentaires. Mais on peut déjà essayer de prévoir certaines évolutions : le radical-socialisme est assez simple, sa réinterprétation chiraquienne l’est encore plus. D’abord celle-là que l’appareil politique n’a même plus besoin de fonctionner en duo : fini les temps où c’était tantôt UMP tantôt PS, ce qui avait encore un peu de vie dans le PS est passé à l’UMP ou a été neutralisé, comme Dray et sa nébuleuse d’assoces à finances. En un sens, cette république de front républicain n’a même plus besoin d’élever ses barrages : ils le sont déjà. Elle doit juste les mettre un peu en scène, faire un peu croire au diable. Les journalistes complices — ils sont d’ailleurs de plus en plus payés grâce à l’argent du soutient de l’État à la presse — font semblant de s’inquiéter, laissent penser que l’alliance de tous les républicains serait problématique, évoquent des possibilités d’échec de la ligue des vertus citoyennes… mais tout cela n’est que le jeu de paravents habituel.

Dès lors, le Front National retrouve de l’espace. Et même son espace naturel : d’un côté lui, de l’autre les voleurs, ceux qui ont mis Hénin-Beaumont dans l’état où elle est, qui ont piqué dans la caisse et qui se représentent, ou du moins leur parti. Et qu’il va bien falloir réélire, puisque sinon, hénoniens, hénoniennes, vous éliriez le diable, vous seriez mis au ban de la République et privés de ses principes comme du lait maternel. Et probablement aussi de quelques subventions.

À ce jeu, il est possible que le Front National gagne un jour, en politique moins qu’ailleurs il ne faut jamais dire jamais. Cependant cette tactique, jadis plaisamment décrite par Jean-Marie Le Pen comme l’assèchement du marigot, n’a jamais eu de bons résultats, même en 2002. Précisément parce que le front républicain ça marche encore.

Néanmoins, on peut se demander si le calcul n’est pas d’avoir à disposition un Front National décrit comme menaçant, sorte d’ogre à faire peur aux éternels enfants que sont les électeurs, que l’on sort du placard précisément dans ces circonstances sociales où l’on a besoin d’un méchant et d’un barrage républicain contre lui, barrage qui cachera d’autant mieux les difficultés politiques, économiques et sociales qu’il sera plus haut. Sans doute le calcul a été fait à l’UMP qui a présenté contre le FN un candidat au nom maghrébin : on fait difficilement mieux pour inciter ses propres électeurs de droite, et même quelques autres, à voter pour le Front National au premier tour.

On le voit, une victoire de Marine Le Pen et de Steeve Briois servirait autant, sinon mieux, l’UMP, devenu parti républicain unique avec quelques satellites, que ne le ferait une défaite. Il faut bien que le diable soit un peu crédible, et on enverra l’enfiellé Forcari faire des reportages à Hénin-Beaumont pour bien dire au bon peuple combien il a de la chance qu’ailleurs Nicolas Sarkozy et l’UMP le protègent républicainement. À défaut on aura toujours un spectre de possible fascisme à ressortir périodiquement en rappelant combien c’était limite, à Hénin-Beaumont.

Alors pas de solution ?

Non, pas de solution, mais néanmoins un espoir ténu : qu’enfin le Front National ait compris qu’il ne peut tout miser sur des élections nationales, que la tactique qui consistait pour Jean-Marie Le Pen à ne pas laisser se constituer des baronnies territoriales a été une calamité, et qu’il faut recommencer par le début et dans le bon sens en politique républicaine : d’abord avoir des fiefs locaux, bases d’où lancer ses raids et où se replier en cas d’alternance départementale, régionale ou, rêvons que ce soit un jour la cas, nationale. Alors Hénin-Beaumont aura un sens et représentera une sorte d’espoir.

Pandora

Caïn le laisse entendre à Corto en 17. Pandora est retournée sur la côte Est des États-Unis. Presque cent années après, nous en avons la confirmation.

(voir toutes les jolies photos ici)

Lorenzo

Avant c’était au détour d’une rue. Dans la file d’attente d’un magasin. En faisant mes courses le soir. A la terrasse d’un café. Alors que les portes battantes se refermaient sur une salle obscure. Ou lors d’une fête de quartier.

Une haine grosse qui montait en moi.

Et j’avais envie qu’elle emporte tout sur son passage. Qu’elle ne fasse pas que s’abattre dans mon seul cœur. Mais qu’elle écrase de tout son poids ces pauvres petites larves qui grouillaient autour. Ces petits êtres de rien du tout. Minables et pathétiques. Ces morceaux de nature humaine qui m’éclatait à la gueule leurs faiblesses, leur veulerie, leur hypocrisie. Tout ce que je tâchais désespérément, sans aucun espoir d’y parvenir, à étouffer chez moi.

Les hommes comme les femmes. Jolies ou pas, voilées ou non, qu’elles portent un string ou qu’elles n’en portent pas. Et les enfants. Les nouveaux-nés. Les petits roquets aux jambes des grand-mères et les pigeons imbéciles qui se les partagent.

Tout était à emporter et à noyer.

Aujourd’hui il n’y a plus que le silence. Je ne les hais plus. Je ne sais même plus si j’ai la force de l’indifférence à leur égard. Je ne les vois tout simplement pas. A croire qu’ils ont bel et bien fini par disparaitre. Ou je ne les connais que trop.

J’aimerais bien encore me préoccuper de tout cela. Comme avant. M’intéresser à une municipale avec Marine. Me préoccuper du sort des opposants en Iran. Voir dans tous les soubresauts du monde quelque chose de plus profond. Observer le clapotis des vagues comme autant de témoignages secrets des grands courants marins. Y chercher la raison d’un espoir. Trouver une beauté sous-jacente.

Mais je préfère aujourd’hui me poser dans l’herbe, au bord de cette “mer houleuse de la vie“, et regarder le ciel. Je ne crois d’ailleurs plus qu’à cela. Peut-être quelques sirènes de temps en temps. Qui vous relâchent parce que vous n’êtes pas de ce monde et que vous ne voulez ni les voir s’arrêter de chanter, ni leur donner des jambes.

Attention. J’ai du respect pour ceux qui acceptent de se salir les mains pour une cause dont ils pensent qu’elle est juste. J’ai du respect pour Pinochet autrement dit. Et tous ces dictateurs et autres hommes d’Etat qui le sont un peu tous et qui, au-delà de la conservation du pouvoir, ont accepté la lourdeur, l’ingratitude et le sacrifice de leur tâche plutôt que de capituler dans l’amour, la droiture et autres fadaises morales. Ah, je sais que ceux qui mettent les mains dans le monde y trouvent toute sorte de réconforts. Pouvoir. Argent. Femmes. Que sais-je encore. Mais, tout de même, quelle route plus périlleuse que celle-ci face à celle d’aimer une femme, de lui faire des enfants et de vivre dans un bonheur champêtre en dehors du monde !

Mais il y a, dans cet espoir de quelque chose de plus grand, quelque chose qui m’attire et qui me fait rire en même temps.

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